Quels sont les buts, les résultats et les moyens de cette intoxication générale ?
C’est l’instauration d’un totalitarisme d’Etat. Rien de vraiment nouveau, hélas ! Dès 1991, nous avions, pour notre part, dénoncé les prodromes de ce que nous appelions alors “une préfascisation rampante”, qui n’a donc pas été inventée par jospin, mais par ses amis et prédécesseurs. N’oublions pas qu’il s’agit là d’une tradition de “gauche” fort ancienne (parmi d’autres, plus heureuses) qui s’enracine dans la Révolution française (dont notre premier ministre disait en 1989 qu’elle formait un tout et qu’il ne fallait rien en retrancher...pas même les trancheurs de têtes et leurs excès criminels), qui, en vertu d’un perpétuel Drang nach Osten, a d’abord franchi le Rhin pour s’alourdir d’une doctrine systématique, puis a gagné les immensités russes avant d’aborder l’Extrême Orient jusqu’aux rivages du Pacifique. C’est ainsi que sont nées d’innombrables dictatures méthodiquement sanglantes comme celle de Staline, de Mao, de Pol Pot, de l’Allemagne de l’Est..., pour ne citer que quelques-unes des plus remarquables. Certaines subsistent encore et l’on ne manquera pas de protester avec une énergie indignée contre les assimilations infâmes que je suggère. Petit détail significatif : vivien est du dernier mieux avec les autorités chinoises a qui il est allé donner des leçons de tyrannie et de violation des droits de l’homme. Mais ce que je veux surtout dire, c’est qu’il n’est plus besoin désormais de goulags, de miradors, de barbelés, de chambres à gaz, d’exécutions en masse etc.. pour asservir les hommes et éliminer les indésirables. Ces procédés un peu voyants et assez malpropres ont fait place à des manières tout aussi efficaces, mais discrètes et subtiles au point que leurs victimes en redemandent sans même en avoir percé la nature. L’épuration des cerveaux et des moeurs à laquelle se livrent actuellement jospin et sa clique passe inaperçue, ce qui permet à ses auteurs de travailler en toute quiétude. Bien mieux encore, ils sont parvenus, comme nous le verrons plus bas, à rendre la grande majorité de la population approbatrice et activement complice de sa propre déchéance.
Revenons à l’essentiel. Le mot “totalitarisme” est l’un de ces terribles vocables qu’il ne faut pas employer à la légère, comme on le fait trop souvent, mais uniquement quand la réalité colle parfaitement à sa définition. Ce qui est le cas dans la France d’aujourd’hui, grâce à l’oeuvre d’un gouvernement qui, depuis cinq ans, a considérablement développé et accéléré un mouvement qu’il n’a pas créé, mais dont il a aggravé les conséquences au-delà de toute attente. Oui, ce qu’il vise, avec un succès grandissant, c’est bien d’amener la totalité des ex-citoyens à penser, à parler, à vivre et à se comporter d’une manière totalement identique dans la totalité des domaines de leur existence publique et privée. L’illusion de la liberté nous est laissée dans la mesure où nous croyons pouvoir encore l’exercer dans des secteurs insignifiants ou frivoles, tels que les loisirs, la mode, les divertissements, une “culture” officielle dûment estampillée et distribuée par des Leclerc du cinéma, du théâtre, de la musique, du cirque etc qui nous fournissent des produits calibrés et aseptisés avec juste la dose critique (inoffensive, bien sûr !) autorisée et même conseillée par les pouvoirs pour en relever le goût et faire croire à l’indépendance d’esprit de leurs confectionneurs. Les prophéties d’Orwell (comme le démontre le long texte également paru sur ce site : Histoire de France ...) se réalisent sous nos yeux, même si personne ou presque ne le “réalise”. La chasse aux déviants et aux rebelles est ouverte, contre lesquels on utilise éventuellement la manière forte, mais ces brutalités, qui se sont multipliées ces derniers temps, sont, ou bien passées sous silence quand elles risqueraient, par leurs excès mêmes, d’inquiéter, même un tout petit peu, l’opinion publique, soit, au contraire, montées fallacieusement en épingle, quand on est certain que la mentalité des foules est assez déformée pour en accueillir le récit avec faveur et se dépraver encore plus grâce à lui. Nous en reparlerons.
Le totalitarisme d’Etat s’instaure grâce au terrorisme d’Etat, dont voici quelques types de manifestations.
1° Le renforcement de toutes les sortes de fichages, de quadrillages, de contrôle, de surveillance, symbolisé par le vote de la loi sur la sécurité quotidienne, encouragé par de soi-disant Commissions indépendantes qui semblent avoir été créées, non, comme elles le prétendent, pour protéger les droits attachés à la “citoyenneté”, mais pour cautionner et justifier les abus commis par le pouvoir politique, justement dénoncé par le Forum pour la désobéissance sociale et l’insoumission (http://forum.samizdat.net) qui veut se livrer à des “actions spectaculaires” pour “résister à la criminalisation de tous ceux qui troublent l’ordre actuel -acteurs du mouvement social, précaires, étrangers, fêtards- et s’opposer aux lois sécuritaires” (Le Monde des 24-25 février). Le gouvernement français, à l’instar de beaucoup de ses congénères européens, profite du “terrorisme international” (dont il est indirectement responsable, comme eux) pour semer la terreur chez lui.
2° La fabrication, grâce à un pilonnage médiatique délibérément organisé, de véritables psychoses collectives (antisectique, antipédophile, hygiéniste et sécuritaire...) dont on peut dire, sans exagérer, qu’elle est criminelle, parce que susceptible, ainsi qu’on a déjà pu le constater, de créer une ambiance de panique, d’affolement, de suspicion et de haine propice à des actes de “lynchage” et à toutes les formes -y compris les plus graves- de dérives irrationnelles. Certes, le procédé n’a rien d’original. Tous les Etats se choisissent des parias et s’inventent des ennemis qui ont pour rôle de focaliser et de ponctionner les mécontentements et les frustrations qu’ils suscitent. Pas de “saine” administration sans boucs émissaires et sans hantises sociales qui détournent, absorbent, affaiblissent ou abolissent tout ce qui pourrait menacer son règne, à savoir le jugement, la lucidité et les énergies revendicatives. Mais il faut bien reconnaître que ces pratiques hélas ! banales, puisqu’elles conditionnent la survivance même de l’Etat, ont atteint depuis quelques temps en France un degré inégalé de virulence et de nocivité.
3° Une accentuation de la répression, en particulier dans les domaines où sévissent les obnubilations populaires concoctées par le pouvoir. Comme le rappellent M. Iacub et P. Maniglier (Le Monde du 2 février), “notre société est engagée dans une sorte de démesure répressive autour du crime sexuel”, qui est l’objet de “presque la moitié des condamnations aux Assises”, qui est “plus sévèrement puni que l’homicide”, dont les peines qui le frappent sont “assujetties à un régime spécial, dérogatoire du droit commun” (“perpétuité réelle”..libération conditionnelle soumise à des règles d’exception-injonction de soins”) qui a pour but d’éviter toute récidive et qui tend, de ce fait, à autoriser des enfermements définitifs. 150 parlementaires ne sont-ils pas allés jusqu’à demander “le rétablissement de la peine de mort à l’occasion d’une affaire de crime sexuel” ? Et les auteurs d’ajouter, en faisant allusion à la rupture des “barrières” juridiques qui servent habituellement de garanties : .. “il n’y a aucune raison pour que ne s’y engouffrent bien d’autres crimes que le crime sexuel”. A propos de “la grande campagne de traque aux pédophiles” évoquée par le même article, il faut rappeler que la dénommée royal, ministreuse de son état, a, sans doute, plus que quiconque (exception faite de la TV d’Etat qui, pratiquement tous les soirs, rabâche des affaires de pédophilie) contribué à l’établissement, dans ce domaine, d’un climat d’horreur et d’opprobre tellement pesant que de simples auteurs de délits (à condition encore qu’ils le soient vraiment !) en arrivent à se supprimer. Ca pourrait à la rigueur se comprendre s’il s’agissait de viols et d’assassinats. Nenni ! Ce ne sont que des infractions mineures. Mais ceux qui les ont commises ont tellement intériorisé la propagande officielle qu’ils se considèrent comme des monstres indignes de vivre. Je tiens la femme odieuse que je viens de citer pour largement responsable de ces morts. Puissent-elles peser lourdement sur sa conscience...au cas où elle en aurait une ! Peut-être veut-elle ainsi rétablir de manière détournée la peine de mort en “faveur” des délinquants sexuels, réels ou imaginaires. C’est encore elle qui est intervenue, malgré l’avis du parquet, contre un directeur d’école dont l’avocat a dénoncé “la pression invraisemblable” qu’elle exerçait, “foulant aux pieds toute présomption d’innocence” (Le Monde du 26 février) Dès 1997, je lui avais écrit pour lui faire part de mon indignation face à son activisme dévoyé. En bonne “gouvernante” qui se respecte, elle ne m’a jamais répondu. C’est pour moi l’occasion de stigmatiser une fois de plus cette attitude constante de mépris observée par les politiciens à l’égard des gens obscurs qui se permettent de les critiquer.
Dans un tout autre registre, j’évoquerai des faits moins dramatiques mais tout aussi édifiants parce qu’ils se réfèrent également à une grande obsession actuelle, dont on peut même se demander si elle n’est pas dominante et si elle n’englobe pas toutes les autres, je veux parler de l’hygiénisme sécuritaire. Il convient de joindre les deux mots, car selon une mentalité qui se généralise, la tranquillité des “citoyens” ne peut être obtenue que grâce à un vaste récurage de type sanitaire. La paix sociale est liée à l’instauration universelle et forcée d’une bonne “santé” physique, mentale, morale, intellectuelle, sexuelle, familiale etc.. qui exige l’élimination de toute pensée dissidente, de tous les ferments de contestation, de discorde et de rébellion, et qui s’inspire d’un modèle idéal unique. On songe à la cité “harmonieuse”...et terrifiante décrite “à la perfection”, c’est le cas de le dire, par J.P. Andrevon dans son remarquable petit roman “L’oeil derrière l’épaule”. On notera avec intérêt que ces thèmes de “pureté” et de “propreté” étaient célébrés avec enthousiasme par les régimes “hyperautoritaires” qui fleurissaient dans l’entre-deux guerres. Il n’est pas étonnant de les voir réapparaître au coeur de la démocrature française.
L’exemple concret que je voulais donner et qui présente aussi un caractère comique, je le tire de l’action lancée par le nouveau maire de Lyon. On n’avait jamais vu de “socialiste” officier à l’Hôtel (ou Autel, comme on voudra) de cette grande ville et voici qu’au bout de quelques mois seulement, son nouvel occupant est promu au rang de quasi-vedette internationale. Tout le monde s’extasie sur les résultats obtenus par lui en si peu de temps....dans le domaine social évidemment, compte tenu de son appartenance politique. Eh bien non ! C’est pour ses initiatives ultra-sécuritaires qu’il est proclamé champion toutes catégories. Je le revois à la TV, la face hilare et rayonnante, développer un discours musclé qui plongeait dans l’affliction et dans la stupéfaction un Noël Mamère “atterré” par ces propos. Il y a de quoi : car l’opération de grand “nettoyage” qui vient d’être entreprise ne concerne pas seulement les crottes de chien, mais également l’affichage sauvage auquel sont contraints des groupes “alternatifs” ou des associations de lutte contre l’exclusion qui n’ont pas l’heur de plaire au nouveau maire, qui se font pourchasser par la police (au cours d’accrochages éventuellement violents) et qui récoltent des amendes, parce qu’ils ne disposent pas des moyens nécessaires pour se payer de la pub commerciale et que sont absents, j’insiste sur ce point scandaleux, les panneaux d’expression libre que tout maire a pour obligation d’installer dans sa ville. C’est vraiment un comble : collomb prétend faire respecter la loi alors qu’il est lui-même en infraction et incite donc les autres à la violer ! La situation est bien dépeinte par cette réflexion que j’ai vu inscrite sur les trottoirs de Lyon :”Les murs s’expriment - La mairie réprime”. La droite de R. Barre n’avait jamais osé s’aventurer jusqu’à de telles extrémités ! On me dira qu’il ne faut pas mélanger les collomb avec les jospin. Je trouve, au contraire, extrêmement significatif que même un politicien de troisième catégorie, dès lors qu’il se trouve dans la mouvance du premier ministre, se croit obligé d’appliquer ses recettes, de puiser dans son inspiration et, même, d’en rajouter. A travers le maire de Lyon, comme à travers toutes les camarillas de profiteurs qui, à quelque degré de la hiérarchie qu’elles se situent, investissent l’hôte de Matignon, c’est lui qui agit et qui est responsable de leurs actes.
4° La persécution des minorités... qui se déduit logiquement de ce qui vient d’être dit et qui se déchaîne effectivement. Elle est d’autant plus redoutable que le public est maintenu dans l’ignorance d’événements qui se focalisent et se produisent autour de la question des “sectes”, autre épouvantail que brandissent les pouvoirs comme un chiffon rouge destiné à susciter la haine et la peur des foules. De toute façon, beaucoup de victimes, même si on leur en donnait la possibilité, n’oseraient pas s’exprimer, craignant des représailles ou l’aggravation de préjudices déjà subis. Nous avons abordé ces réalités aussi douloureuses qu’effrayantes en divers textes et, en particulier, dans celui que nous avons récemment publié sur le site même où vous vous trouvez actuellement : “Histoire de France...”, où vous lirez une analyse approfondie de la loi antisectique scélérate promulguée en juin dernier, de son contenu comme de son contexte, auquel nous vous demandons encore une fois de vous référer. Je le répète : sur la foi de rumeurs incontrôlées et indéracinables, à la suite de dénonciations anonymes et calomnieuses ou d’actions menées par des associations spécialisées, de nombreuses personnes sont en butte aux insultes et aux menaces, elles sont malmenées par les pouvoirs publics, souffrent de discriminations variées (comme dans le cas d’un bébé exclu d’une crèche parce que ses parents sont scientologues !), perdent leur emploi, sont obligées de déménager ou de s’expatrier, sont discréditées auprès de leurs familles et de leurs amis, et même arrachées à leurs enfants. Le suicide vient éventuellement couronner le tout, comme dans le cas de la lutte “antipédophile”, à qui elle s’apparente par l’acharnement aveugle qui anime l’une et l’autre. En proie à une passion dévorante, des groupes d’excités et de maniaques , des “allumés” irresponsables opèrent des ravages. La mère lebranchu, maoïste repentie, si j’ai bien compris, va même jusqu’à prôner la dénonciation des professeurs appartenant à une “secte”, même s’il ne font pas de prosélytisme ! Où va-t-on ? Rappelons, à ce sujet, que le gouvernement ne cesse d’encourager toutes les formes de délation, suavement désignées sous le nom de “signalements”, ce qui crée une ambiance détestable de tension, de suspicion, de méfiance et accroît considérablement les risques d’injustice. “Cafardez-vous les uns les autres, comme je vous cafarde moi-même” dit l’Evangile selon Lionel. Vieille ficelle ou, plutôt, câble antique utilisé par tous les régimes totalitaires pour provoquer chez leurs sujets de solides “attachements” mutuels faits de haine, de peur, de discorde et de souffrance (les “liens de ronces” dont parlait Jouhandeau) qui les neutralisent en les dressant les uns contre les autres, qui facilitent ainsi la tâche de l’Etat et assurent la pérennité de son despotisme.
Plus nocifs encore sont peut-être les reptiles à sang froid comme vivien, qui semble se livrer actuellement à de tels excès que certains de ses amis commencent à le critiquer et à le lâcher. J’insiste sur la nomination de ce fanatique à la tête de la MILS, parce qu’elle révèle de manière saisissante la mentalité, l’idéologie et les intentions de jospin... dont il n’est finalement que l’ombre portée et l’âme damnée. Comment a-t-on pu désigner, pour occuper des fonctions aussi délicates, sujettes à tant de dérapages, exigeant autant d’impartialité, de doigté, d’objectivité, de respect de la pensée et des comportements d’autrui, un individu aussi inquiétant, aussi marqué par l’idéologie et par ses engagements antérieurs, au passé si lourdement chargé, à la démarche aussi partisane ? Contemplez les oeuvres de vivien, imprégnez-vous de sa “philosophie” et vous saurez à qui et à quoi vous avez affaire avec jospin ...et le pire que vous pouvez en attendre, au-delà des apparences rassurantes dont il essaie de se grimer à l’approche des élections. Dis-moi qui tu places à la tête de la MILS et je te dirai qui tu es. Parfois, il suffit d’un seul acte, tellement énorme, comme c’est le cas ici, pour être renseigné sur les dispositions profondes de celui qui l’a commis, pour que se dévoile sa vraie nature.
Je ne voudrais pas abuser du genre d’hypothèses qui vont suivre, car elles peuvent très facilement devenir malhonnêtes, mais comme j’en ai été moi-même abreuvé, je ne résisterai pas au plaisir de les retourner à mes détracteurs, présents et à venir, non par simple malice ou par esprit de revanche, mais parce que je pense sincèrement que la question peut se poser pour ceux d’entre eux qui représentent des cas tout à fait outranciers. Quelle question ? Celle de savoir si ne relèveraient pas de véritables psychopathies (dont l’insuffisance de mes connaissances médicales m’interdit de préciser la nature) les attitudes extravagantes de certains exterminateurs frénétiques, tels que brard, royal, vivien ou même picard ? De qui ou de quoi essaient-ils de se venger ? Quelles frustrations, quels mécontentements, quelles déceptions tentent-ils de surcompenser ? Quels problèmes personnels mal assumés s’efforcent-ils de liquider ?
Interrogations d’autant plus légitimes que ces différentes incarnations de jospin, toutes plus ou moins hystériques, ne se contentent pas de s’attaquer aux trublions, aux empêcheurs de tourner en rond et autres mauvais sujets profondément contestataires, mais aussi à des gens pacifiques et inoffensifs dont le non-conformisme se borne à marquer de l’intérêt pour les médecines parallèles (cf. le dernier rapport de la MILS), pour des méthodes pédagogiques originales, pour des expériences “communautaires” et (ou) “spirituelles” inédites, jugées par leurs censeurs superstitieuses ou aliénantes...en attendant que soient visées directement les convictions et les institutions chrétiennes (mais non judaïques ou musulmanes qui resteront “protégées” par opportunisme politique).
Un fait récent qui en dit long : “harcelés en permanence depuis des années...surveillés par un hélicoptère qui a tourné des semaines en vain au dessus de (leurs) maisons...envahis le 21 novembre par une soixantaine de gendarmes qui vont arrêter une dizaine de personnes dans des conditions de brutalité incroyable puisqu’elles seront jetées à terre en présence de leurs enfants, avec le pistolet sur la tempe et les menottes dans le dos”...soumis à une garde à vue où seront violées les règles élémentaires de la procédure, où l’une des victimes devra subir une forme de sévices pratiquée par la Gestapo, une dizaine de babas cool installés à Montlaur viennent de porter plainte “contre les gendarmes de l’Aveyron pour discrimination, acte de barbarie, séquestration et abus d’autorité. (Motus n°9, voir sur http://www.motus.ch, p.7, case postale 52, CH-1211 Genève 13, qui reproduit un communiqué de L’Essentiel). Le crime de ces gens non-violents ? “Ne pas penser comme tout le monde” et « participer à l’élaboration d’une revue, “L’Essentiel”, qui comporte des articles sur la santé, les plantes, la spiritualité etc.. ». Certes, je n’y étais pas et je n’ai pas à formuler de jugement définitif. Mais j’ai peine à croire que ces faits (soigneusement dissimulés par la grande presse, comme d’habitude) , mais qui en rappellent d’autres et qui ont pour but l’élimination à tout prix de groupes hétérodoxes immédiatement qualifiés de “sectes”, aient été inventés de toutes pièces. Dans la mesure où ces horreurs se sont réellement produites, jospin en est directement responsable, je le répète, parce qu’il a créé l’ambiance détestable propice à de tels débordements. Il n’y a aucune raison pour que ce processus de dératisation s’interrompe tant que subsistera un seul hurluberlu décidé à ne pas rentrer dans les moules obligatoires et standardisés où chacun doit désormais se momifier. De tous côtés, nous parviennent les échos d’un raidissement policier, soit que ces “fonctionnaires” se livrent à des violences de plus en plus fréquentes, soit que, plus habilement, ils “encadrent”, avant même qu’ils ne se rassemblent et pour faire avorter dans l’oeuf leur manifestation, des gens sans défense, sans animosité, bien considérés par la population (soignants, enseignants..) et dont les revendications paraissent tout à fait légitimes. Même eux sont, de facto, empêchés de descendre dans la rue. Le rouleau compresseur poursuivra son oeuvre jusqu’à ce que tout soit parfaitement uniformisé et nivelé. Ce qui implique le franchissement d’une étape supplémentaire...
5° La chasse aux opinions non conformes. On arrive ici aux confins de l’inimaginable et, pourtant, la “gauche” a osé les transgresser. Il est vrai qu’une loi antérieure à jospin a ouvert la voie (dans laquelle il s’est engouffré) à cette formidable régression. Elle est due à un communiste, gayssot, ce qui n’étonnera personne. Sous le prétexte infiniment louable de faire échec au racisme et à l’antisémitisme, on a défini des vérités officielles ensuite érigées en dogmes auxquels tout le monde doit adhérer sous peine de poursuites. C’est complètement aberrant, attentatoire aux droits de l’homme et même susceptible de se retourner contre les intentions et les objectifs mis en avant. Même dans le domaine des sciences dites faussement “exactes”, il n’existe pas de certitudes, sauf, peut-être, au niveau de l’observation, de l’investigation et de l’utilisation macroscopiques. A plus forte raison en est-il ainsi dans les recherches qui touchent aux prétendues “sciences humaines” (histoire, psychologie, sociologie, éthique.....) où règnent, et c’est d’ailleurs ce qui fonde leur intérêt et leur grandeur, approximation, aléa et doute liés à leur complexité ou à la nécessité de les adapter à chaque personne qui est, comme chacun sait, unique, singulière et irremplaçable.
De ce fait, (et j’ai l’impression de radoter tellement j’ai eu, ces derniers temps, l’occasion de rappeler ce principe essentiel et évident dont le non-respect nous plonge immédiatement dans un monde totalitaire, celui où jospin et ses supporters veulent nous entraîner), toute opinion, aussi folle, aussi fausse, aussi monstrueuse puisse-t-elle paraître à la majorité des gens ou même à leur unanimité, a le droit absolu de s’exprimer et d’être entendue sans que son auteur soit inquiété, dès lors qu’il s’agit précisément d’une simple opinion qui n’incite pas à désobéir à la loi et qui ne s’accompagne pas de menaces, d’insultes et de calomnies. Je viens d’énoncer un truisme, une banalité qui devrait aller de soi...Or ce n’est même plus le cas ! Et pourtant, si j’honore les conditions que je viens d’énumérer, je m’attribue en même temps le droit d’user d’une prérogative élémentaire propre à tout citoyen, celle de critiquer qui je veux et sans exclusive.
Il m’est également loisible de “généraliser”, tout en connaissant et en avouant publiquement les limites du genre. Par exemple, je peux très bien déclarer que les Américains se caractérisent par “leur infantilisme pervers”, les Anglais par “leur particularisme arrogant”, les Français par “leur rationalisme prétentieux”...en sachant pertinemment et en précisant que 100 % des Américains, des Anglais etc..ne répondent pas à ces définitions sommaires, mais en assurant, à tort ou à raison, ( et c’est ce qui justifie, à mes yeux, l’emploi de l’article “les”) qu’il s’agit là d’attitudes et de mentalités nationales très largement répandues. Et si je l’estime nécessaire ou utile, je réserverai le même traitement aux Juifs ou aux Musulmans, qui ne devraient jouir d’aucun privilège. Car il existe une sorte de racisme à rebours, cultivé en particulier par les milieux bien-pensants de “gauche”, qui les conduit à reconnaître à ces catégories de la population une exception “d’intouchabilité”, alors que la plus haute expression du respect qu’on leur doit consiste à en user avec eux comme avec tout le monde, sans aucune discrimination, positive ou négative. Or on en est arrivé à un point tel que les Juifs, soutenus par l’ensemble de la classe politique, ne supportent plus la moindre critique, immédiatement condamnée par eux comme une manifestation d’antisémitisme, même lorsqu’elle vise l’Etat d’Israël. On pourrait, mutatis mutandis, faire une remarque analogue au sujet de l’univers islamique et, plus spécialement, arabe d’où fusent trop vite les accusations de racisme, même si, malheureusement et comme c’est également le cas pour les Juifs, elles correspondent trop souvent à la réalité.
Ceci dit et pour continuer dans les “évidences” actuellement battues en brèche, si je me rends coupable de telle ou telle infraction définie par la loi au détriment de tel ou tel Juif, Papou, Français, Arabe etc.. en particulier, je serai condamné à juste titre. Mais le recours aux tribunaux et à la répression...ou, pire encore, à l’intimidation politique (je vais en donner un exemple me concernant) est inadmissible quand on leur demande (comme cela se produit de plus en plus souvent) de sanctionner des opinions et des jugements (même “scandaleux” ) qui respectent les conditions légales et qui, naturellement, acceptent d’être eux-mêmes exposés de plein fouet au blâme, à la contradiction, à la réfutation etc.. Car c’est ainsi et seulement ainsi, par le dialogue, le débat, la discussion, la libre polémique que l’on peut arriver à y voir plus clair et parvenir à des conclusions toujours réformables certes, mais crédibles. De toute façon, on n’a pas à les imposer par la force (y compris de la loi) en violant la liberté de pensée, de conviction et d’expression, et en créant un véritable délit d’opinion. D’ailleurs, paradoxalement, le recours à la contrainte dessert ceux qui l’utilisent en les faisant apparaître comme assez peu sûrs de leurs thèses pour se croire obligés de les conforter et de les faire adopter par l’emploi de moyens coercitifs. Dans la brèche ouverte par gayssot et consorts, d’autres brûlent de s’introduire. Certains, par exemple, voudraient voir réprimer les propos homophobes. Et ainsi de suite : on peut continuer longtemps sur cette lancée !
J’ai promis de rapporter une anecdote où je suis impliqué et qui illustre fort bien les procédés de l’Etat en matière de “chasse aux opinions non conformes”. La voici : je me suis permis récemment de publier sur Internet un texte portant sur un sujet devenu très sensible depuis quelques années, l’amour des enfants, et, tout en respectant scrupuleusement les règles que je me suis fixé et que j’ai exposées plus haut, j’ai développé des thèses qui vont directement à contre-courant de l’opinion quasi universelle et des dogmes étatiques. Il n’en a pas fallu davantage pour que l’engeance occulte du cabinet de jospin me fasse interroger par les gendarmes afin, j’imagine, de me faire peur et de me faire taire (voir rubrique Actualités). Voilà où nous en sommes ! Plus que jamais, il convient de rappeler la célèbre parole de Voltaire disant en substance :”Je ne suis absolument pas d’accord avec vous, mais je me battrai pour que vous puissiez vous exprimer” Telle devrait être la devise d’une “gauche” qui ne semble plus se référer au patriarche de Ferney que pour mieux le trahir.
6° Le bourrage de crâne, particulièrement mais non exclusivement scolaire et universitaire, qui sert de fond, de justification et de nourriture à la persécution. Je vais me borner à de brèves remarques en des domaines qui appelleraient de très longs développements, mais qui n’ont pas leur place ici. Epinglons rapidement...
a. les parti pris doctrinaires, les préjugés et les oeillères des milieux scientifiques, et en particulier de tant de “maîtres” et de “patrons” qui condamnent, moquent ou interdisent du haut de leur fatuité et de leurs certitudes intellectuelles les recherches qui ne s’inscrivent pas dans les cadres définis par un rationalisme étroit ( tout ce qui touche, par exemple, à ce qu’ils appellent dédaigneusement les “parasciences” : rappelons-nous l’affaire de la “mémoire de l’eau” ou celle de la thèse de Madame Teissier) ou qui contredisent les tabous institués par le pouvoir. C’est ainsi que l’ethnologue Maurice Duval, qui a eu le malheur de rédiger un livre sur le Mandarom et de heurter ainsi le “tabou” des “sectes”, poussant le “politiquement incorrect” jusqu’à affirmer que cette association avait subi des “persécutions” qui représentaient “une atteinte aux droits de l’homme” et une “poche de totalitarisme”, “n’a pu obtenir son détachement au C.N.R.S. sous prétexte que “son travail était insuffisamment distancié”, s’est vu “refuser un article qui devait paraître dans la revue “Ethnologie française”et “affirme avoir été victime d’un intégrisme laïc, d’une stigmatisation qui évacue toute réflexion sur la religiosité du Mandarom au profit de la focalisation sur des caractères supposés délinquants”. (Le Monde du 20 février).
Au sujet du “harcèlement sexuel” qui sévirait à l’Université et qui, selon Francis Terquem (Le Monde du 27 février), fait l’objet d’une “nouvelle inquisition” (une de plus, ajouterais-je et qui s’inscrit tout à fait dans le ligne pudibonde prescrite par le grand Inquisiteur jospin accusé par ailleurs d’avoir, à deux reprises, censuré une campagne préventive d’Act Up) ), cet avocat a parfaitement raison de critiquer “l’organisation du pouvoir universitaire, sa structuration mandarinale, l’arbitraire qu’elle autorise”, l’importance de “critères de recrutement tels que l’entregent, la fortune, les relations et les origines”. “La réforme démocratique de l’Université”, une de plus que jospin a soigneusement évitée ! Quant au harcèlement lui-même, il ne s’agit pas de nier certains faits évidents, mais d’observer encore une fois l’existence d’une focalisation obsessionnelle qui va conduire à de nouveaux excès. Bientôt, il suffira d’avances tout à fait honnêtes et sympathiques, même formulées avec gentillesse et sans recours à la moindre contrainte, pour qu’elles soient considérées et dénoncées par certaines personnes éminemment vertueuses comme un début de harcèlement sexuel.
b. l’enseignement d’une “sagesse humaniste” au rabais absolument écoeurante par son insipidité, son vide, sa médiocrité, son insignifiance, sa facticité, son rejet a priori de toute Transcendance. Un “idéal” de cloporte dépourvu de tout exigence supérieure, tel qu’il est inspiré par les pseudo-philosophes médiatico-mondains (genre Comte-Sponville ou Onfray) et proposé à ses élèves par Alain Le Ninèze qui en donne une illustration parfaite, et donc lamentable, dans son livre :”Petites fables de sagesse pour temps incertains”. Quelle bibine ! Un vague alliage de pensées antiques et d’athéisme moderne servant de justification théorique aux arrangements mesquins et vulgaires que chacun doit consentir pour se concocter un petit “bonheur” plat, archiconventionnel et démobilisateur (loisirs, culture, famille, enfants, copains, plaisirs et désirs stéréotypés..) sans ouverture, sans horizon, sans ambition et, surtout, sans remise en cause fondamentale. A quoi s’ajoute une “éthique” de circonstance et de situation “autofondée” (sur le néant !), arbitraire et floue, élastique et relativiste à souhait, qui se contente de refléter les préjugés, les modes et les intérêts du moment, et qui se comporte comme une vieille pute accommodante, prête à toutes les “adaptations”, compromissions et lâchages, ainsi qu’on le constate dans le domaine bioéthique.
Le comble de l’endoctrinement est atteint et provoqué par les “manuels d’instruction civique” et leurs commentateurs qui colportent les haines et les phobies officielles (antisectiques, par exemple), qui inculquent un nationalisme ringard à la Chevènement, à la Pasqua ou à la Le Pen, un patriotisme nationaliste archaïque et dangereux (on tente de “réhabiliter un hymne abject comme la Marseillaise, en attendant peut-être de restaurer dans les cours des écoles le lever des couleurs !), qui, surtout, au prix d’une formidable escroquerie, décrivent magnifiquement aussi bien les principes sublimes sur lesquels repose la “démocratie” que le fonctionnement théorique des institutions “républicaines”, mais tout en laissant croire que, dans la France d’aujourd’hui, ce dernier s’inspire réellement des premiers, alors que ceux-ci ne servent que d’alibis, de couvertures, d’affiches destinées à éblouir et à abuser les foules pour dissimuler à leurs yeux des pratiques absolument contraires qui se déroulent à l’abri d’un très efficace agencement de simulacres (par exemple électoraux), qui violent les droits et les libertés de l’homme, mais pas du tout les intérêts de leurs organisateurs, fauteurs et profiteurs.
J’évoquerai aussi, pour faire bonne mesure mais sans insister, le laïcisme agnostique étroit et sournoisement antireligieux transsudé par l’Education nationale, conformément aux orientation générales suivies et recommandées par le chef du gouvernement (cf. son refus révisionniste d’admettre l’héritage religieux légué par l’Europe médiévale, renaissante et classique). Ca me remet en mémoire la récente démarche effectuée à Matignon par trois hauts prélats. C’est vraiment dégoûtant cette façon qu’a l’Eglise catholique de lécher le cul des Etats. Voilà que, tout à coup, à l’approche des élections et après 5 ans de rapports plutôt tendus, jospin et les évêques s’échangent des baisers Lamourette, décident de faire la paix et de créer des structures de concertation. Chaque partenaire s’efforce de tromper l’autre et d’en tirer parti. Etes-vous naïfs à ce point, Messeigneurs ? Vous n’avez pas de cuillers assez longues pour souper avec le diable. S’il est réélu, il vous dégustera aux petits oignons, le moment venu.
Je ne puis terminer ce bref exposé consacré aux diverses formes d’intox (autres que médiatiques) mises en oeuvre par les pouvoirs et leurs séides sans faire au moins allusion à l’effroyable tyrannie “psychologiste” qui s’est considérablement renforcée depuis quelques années sous leur égide. Je me promets de consacrer à ce fléau un exposé détaillé qui prendra place, lui aussi, sur ce site. Depuis quelques temps, cette race de flics, jusqu’ici relativement discrète, est sortie en masse de ses cabinets et de ses attributions pour faire régner partout sa loi, qu’elle présente abusivement, pour lui donner du lustre et de l’autorité, comme étant fondée sur des observations “scientifiques”, alors que la grandeur des disciplines et des recherches psychologiques, psychiatriques, psychanalytiques etc.. repose précisément sur leur extrême individualisation. Leur rôle ne consiste pas à dégager des constantes (imaginaires !) et des normes générales qui s’imposeraient à tous, mais à s’occuper de cas particuliers, de personnes singulières dont elles ont pour mission d’étudier l’histoire originale et de l’expliquer en recourant à des hypothèses et à des interprétations dont l’unique mérite est l’ingéniosité, et non l’exactitude, même si, d’aventure et par extraordinaire, celle-ci se trouve aussi quelquefois au rendez-vous, sans qu’on l’ait recherchée puisque sa présence n’est pas vraiment importante. La seule chose qui compte, c’est d’imaginer et de proposer au consultant des explications suffisamment plausibles pour opérer en lui les effets révélateurs et libérateurs escomptés. Les affirmations qu’on nous assène à tout bout de champ, du genre :”La psychanalyse nous enseigne que...”, relèvent du mensonge, de l’usurpation et de l’extrapolation illégitime.. Pas innocents, bien sûr ! Car leurs auteurs, nouveaux délégués à la sécurité (si chère à jospin et source d’innombrables dérives justement stigmatisées par le groupe Mialet), sont chargés de nous faire circuler manu militari ( avec obligation de ne pas les quitter) sur les autoroutes rectilignes de la pensée unique tracées par la caste dirigeante, obligatoires pour tous et exigeant de chaque serf le tribut d’un péage ruineux.
L’ensemble de ce qui précède (et qui n’est qu’un tout petit abrégé bien pâle à côté de la réalité) confère tout son poids à ma dernière accusation, que je considère comme capitale et que j’articulerai donc en lettres qui ne le seront pas moins. JE REPROCHE A jOSPIN (ET A TOUTES LES STRATES DE SES PARTISANS) D’AVOIR CORROMPU L’ESPRIT PUBLIC, D’AVOIR DEVOYE ET DEPRAVE LA SOCIETE CIVILE EN DECLENCHANT LA FORMIDABLE MONTEE D’INTOLERANCE QUI LA GONFLE DESORMAIS COMME UN SOUFFLé EMPOISONNE. La célèbre formule dit que le pouvoir corrompt ceux qui le détiennent, mais elle oublie d’ajouter qu’il corrompt tout autant ceux sur qui il s’exerce. jospin a fait des petits et des émules. Il s’est reproduit à des millions d’exemplaires. L’action criminelle de son gouvernement et des notables qui l’ont soutenu à tous les niveaux d’influence a déteint par contagion sur les foules, qui l’ont relayée, qui en ont pris la relève et la suite. La sombre nébuleuse jospinienne donne le ton et l’impulsion. Et tout le monde se laisse plus ou moins entraîner dans une spirale infernale dont les figurants obéissent à des réflexes conditionnés, à des instincts et à des pulsions bien “dressés” qui jouent automatiquement, après qu’un lessivage de cerveau universel et permanent a effacé chez ses victimes toute trace de jugement et d’autonomie.
A l’image et à l’exemple de notre Grand Pasteur (et de la meute de ses rabatteurs), une nuée de cagots et de matagots, de mouchards et de cafards, de censeurs et de dénonciateurs font assaut de “vertu” et de violence pour imposer l’Ordre moral défini en haut lieu. Ils exercent leurs talents et leurs méfaits à un point que l’on n’avait jamais constaté depuis la Libération. Un véritable maccarthysme s’est emparé de ce pays et le pourrit. Et il n’est pas seulement le fait des autorités, j’insiste sur ce point : il est maintenant pris en charge par quantité de “citoyens” zélés qui croient bien faire en s’adonnant à la chasse aux suspects (comme cela s’est déjà produit à divers moments de l’histoire de France) et qui, inspirés par des rumeurs et des passions incontrôlées, sont prêts à molester et à “lyncher” des innocents. Ils en arrivent à former des groupes informels ou des associations organisées qui rappellent fâcheusement certains comités de vigilance de triste mémoire, et ils préparent “en douceur” l’infiltration dans la vie quotidienne d’un totalitarisme larvé qui gagne, anesthésie et paralyse insidieusement ses “bénéficiaires”. C’est “la mort parfumée des poux”, telle que la promettait autrefois un produit désinfectant !
Oui, les gens « ordinaires » ont repris le flambeau et s’apprêtent à de joyeux autodafés. Une myriade de justiciers au petit pied, mais éventuellement dangereux parce que susceptibles de recourir à des voies de fait (à nous promises actuellement par un groupe d’anars !), vous poussent, de connivence avec les pouvoirs dont ils sont les émanations et en usant de menaces et d’intimidation, à l’auto-censure, à la lâcheté, à la peur, à la culpabilisation, à la résignation, à la démission, tentent de vous réduire au silence, au reniement de vous-même, à un alignement général et uniforme. La mouvance de “gauche” semble la plus acharnée. Voici une section du P.S qui expulse de ses locaux un “sans-papiers” qui s’y était réfugié, voici les membres d’un syndicat d’étudiants de même tendance qui usent de délation et de violence (arrachage et destruction de tracts et d’affiches) au détriment d’autres jeunes dont le seul crime avait consisté à faire connaître discrètement leurs idées à l’intérieur de l’enceinte universitaire, voici un média participatif, Indymédia, qui se dit ouvert et accueillant à toutes les idées, mais qui n’hésite pas à pratiquer la censure (en s’en glorifiant !) contre un texte qui heurtait le consensus tout en respectant la loi. Partout, on entend dire, pour reprendre la formulation ahurissante d’un lamazou, parfaitement représentatif du Français moyen : « Certaines opinions ne devraient pas avoir le droit de s’exprimer » ! On croit rêver.
Tout récemment , animant un stage dans une collectivité de 150 personnes, je me suis permis, à titre privé, à l’adresse d’adultes et en dehors de l’exercice de mes “fonctions officielles”, de tenir des propos “choquants” non conformes au catéchisme à imprimatur de jospin ; immédiatement, j’ai été dénoncé à la direction, qui m’aurait sans doute viré si un de mes “élèves” n’avait intercédé en ma faveur. On a l’impression que notre grand homme s’est pris pour Calvin et qu’il a pris la France pour Genève ! Le jospinisme, mélange archaïque de protestantisme intégriste et de trotskisme désuet accommodé à une sauce opportuniste, constitue un péril radical pour les libertés. La gauche n’est plus dans la gauche. Où s’est-elle réfugiée ? Où est-elle passée ? Je ne sais pas. Je ne vois rien à l’horizon.
Le plus terrible est que personne ou presque ne semble s’apercevoir ni s’indigner d’une situation aussi préoccupante et aussi grave. Le décervellement et l’engourdissement collectifs auraient-ils dépassé un point de non-retour ? Les questions cruciales que j’ai abordées devraient se trouver au coeur du débat électoral. Or elles en sont totalement absentes. Aucun candidat ne les évoque. Ce serait trop gênant et trop compromettant. Les gens sont fascinés par l’insécurité. Comme on les approuverait s’ils se rendaient compte qu’elle est d’abord générée par...l’Etat ! Si jospin est élu avec une Assemblée à sa convenance, on peut s’attendre au pire. Devrais-je, moi qui ai toujours milité et voté à gauche, souhaiter la victoire de chirac et de la droite, en me souvenant, par exemple, que les quelques sénateurs hostiles à la loi antisectique appartenaient tous à ce bord ? Je ne puis m’y résoudre.
Alors ? Eh bien, les choses se présenteront comme d’habitude. Le seul enjeu des scrutins sera de désigner la faction à laquelle seront attribuées les prébendes liées au pouvoir. Je m’adresse au lecteur : a-t-il vraiment envie de jouer ce rôle indigne, surtout lorsqu’il songe que le choix du bénéficiaire (qui donnera ensuite leur part à “ses gens” !) devra forcément se faire entre deux chevaux de retour dont il connaît depuis longtemps les grimaces, les mensonges , les contorsions, les palinodies, les virevoltes et les bouffonneries ? Comment pourrait-il participer à une telle farce sans se ridiculiser et sans s’humilier ? S’abstenir ou voter blanc demeurent les seules formes de civisme authentique dont nous disposions encore.
Mais surtout, il est urgent de constituer un front de résistance contre l’oppression. Ne vous contentez-pas de parlotes, de discutailleries stériles, de condamnations abruptes ou d’approbations sans lendemain. Agissez et regroupez-vous. L’engagement n’est pas nécessairement synonyme d’endoctrinement et d’embrigadement, ou de renoncement à ses positions propres. Sachez mettre de côté (je n’ai pas dit “abolir”) les différences qui vous séparent et que vous cultivez parfois avec un plaisir grandement partagé par nos maîtres qui ne peuvent que se réjouir de nos divisions et de notre impuissance. Recherchez plutôt les points qui nous sont communs afin d’établir sur eux une plate-forme, aussi large que possible, de lutte déterminée, opiniâtre, mais non-violente. La violence, il faut en laisser le monopole à l’Etat dont elle représente la nature, l’essence, la raison d’être...et la rente ! Quant à vos divergences, sachez en débattre avec sang-froid, respect de l’interlocuteur, ouverture d’esprit, qualités que nous avons rarement observées chez les groupuscules avec qui nous sommes entrés en contact et qui se caractérisaient plutôt par l’agressivité, le mépris et le repli sur soi..
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