Le massacre des cochons, la tonte des moutons, la bagarre des canards, l’étripage des bœufs sur les abattoirs guerriers.

Un festin pour les rapaces de tous poils !

Du scandale permanent de l’élevage, qu’il soit bio ou industriel, aux mensonges permanents des médias dits de contre-pouvoir.

/ Le Mouvement / Articles / Le massacre des cochons, la tonte des moutons, la bagarre des canards, l’étripage des bœufs sur les abattoirs guerriers.

 

Le journal Le Monde a publié un article abominable sur l’élevage le 28-02-2003, intitulé « La vie de cochon ».
Les petites avancées qui imposent un minimum de « respect » des animaux sont présentées comme portant atteinte à l’élevage et aux éleveurs. Le Monde « oublie » que, au lieu de chercher simplement à adoucir le sort des animaux élevés pour être tués, des personnes proposent le végétarisme ou le végétalisme, c’est à dire la suppression de toutes les formes d’élevages. Pas question que Le Monde parle de si étranges et folles opinions, c’est un journal sérieux, qui ne veut pas avoir l’air de critiquer une des activités phares de la France ou de donner la parole à des illuminés évoquant la libération animale et la lutte contre le spécisme.
Dans un pays majoritairement végétarien, que deviendraient tous les emplois de la filière viande ? On se demande pourquoi il n’y a pas de guerres encore plus souvent, ça crée tellement d’emplois dans l’armement et le bâtiment, surtout qu’il faut remplacer ceux qui sont morts au combat ou sous les bombes. Fini le chômage !
L’article nous sort le discours unilatéral et scandaleux habituel, qui se moque de la supposée sensiblerie à l’égard des animaux, qui évacue tout raisonnement, qui présente l’élevage, l’abattage et la consommation de viande comme allant de soi, qui ne donne la parole qu’aux éleveurs, qui se contente de présenter de manière plutôt élogieuse les différentes sortes d’élevages (industriel, plus proche de la « nature », bio), qui traite les animaux comme des débiles ou des machines à viande qu’il faut ménager pour augmenter la qualité et la productivité !

A entendre Gaëlle Dupont (l’auteure), les animaux d’élevage seraient traités comme des coqs en pâte, surprotégés de manière aberrante par les délires de Bruxelles, bénéficiant de nourriture à profusion et de tous les progrès de la médecine ! On devrait peut-être les envier ? Que Gaëlle Dupont prenne la place d’une truie dans un élevage industriel si la pension y est si bonne, on verra si son « opinion » ne change pas au bout de quelque temps, quand elle prendra le chemin de l’abattoir après avoir produit des porcelets en série jusqu’à épuisement. Peut être que le statut de carcasse de viande ne lui paraîtra plus aussi « naturel » quand elle sera sur le point d’être électrocutée et égorgée.
Mais c’est l’heure du salon de l’agriculture, alors il faut brosser dans le sens du poil...

Tant qu’il y aura des abattoirs, il y aura des guerres, disait Tolstoï. Tiens, il va y en avoir une nouvelle bientôt, qui s’ajoutera à toutes les autres. La barbarie ne s’arrête pas aux barrières d’espèces, d’intérêts ou de couleur de peau. Les barbares sont des barbares, qu’ils exercent leurs violences entre eux ou contre d’autres espèces, qu’ils tentent de justifier leurs actes pour des raisons très élevées ou très terre à terre, et les mentalités qui approuvent sont complices.

Le Monde, comme toutes les institutions médiatiques, se contente de colporter la pensée unique, dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres.
Parfois, on peut lire quelques voix légèrement discordantes, mais la tonalité d’ensemble reste celle des élites au pouvoir, des rabâchages bien pensants, du bourrage de crâne du prétendu civisme dans une prétendue démocratie. La pub s’épanouit à pleines pages, les suppléments Argent et Economie ont le vent en poupe, les débilités pseudo-sportives s’étalent de plus en plus, avec parfois des suppléments spéciaux garnis de photos couleurs des milliardaires pousseurs de ballon qui ont l’air souvent moins intelligents que les cochons qu’on mène à l’abattoir... On a droit aux pages Bourse, Entreprises et Communication dans tous les numéros. Et maintenant, quand on est abonné, ils nous collent une pub de plus sous l’emballage pastique quasiment à chaque fois ! Bref, comme tous les médias commerciaux, Le Monde colle aux attentes des marchés, des annonceurs... et de la moyenne des lecteurs. Pas questions de trop laisser parler la France d’en bas, et encore moins les contestataires virulents. Pour les médias d’en Haut, il faut conserver l’équilibre financier grâce aux déséquilibres des temps et des espaces de parole, c’est la règle. La vacherie vient du fait qu’on veut nous faire croire le contraire, qu’on veut nous faire avaler les anacondas du pluralisme, de la liberté d’expression, du droit de réponse, de l’égalité entre « citoyens »...
Pourtant, c’est bizarre, il n’y a pas de suppléments luttes sociales ou actions révolutionnaires ? On ne lit guère d’idées anarchistes, de développements anticapitalistes ou altermondialistes, de critique radicale du travail, du sport, de la famille, de l’Etat, de la pseudo-démocratie... Pourtant, il existe encore quelques dissidents semble-t-il. On les garde juste pour le folklore local ou la rubrique « casseurs » des manifs, mais pas question qu’ils s’expriment à un niveau national en direction de l’ensemble de la population. Alors que les célébrités et autres penseurs, eux, ont toute facilité pour pondre toujours les mêmes articles qui n’apportent rien, à part du pognon aux actionnaires.

Vous me direz que c’est la logique commerciale qui veut ça, que la plupart des médias ne sont pas des services publics, et donc n’ont pas vocation à donner la parole à tout le monde de manière équilibrée. C’est vrai, mais alors pourquoi veut-on nous faire croire le contraire en maintenant la confusion sur la vocation des médias privés ? Pourquoi France 2, France 3 et les radios du service public sont-elles aussi fermées que les autres, pourquoi est-ce qu’il n’existe pas un journal national de service public ? Pourquoi on nous gave du concept de contre-pouvoirs alors qu’on ne fait qu’assister à des luttes de pouvoirs dans lesquelles les sans voix et sans argent sont toujours broyés, ignorés et utilisés ?
On ne s’intéresse au peuple que quand il commet un meurtre extraordinaire, ou quand il veut bien jouer le rôle convenable de victime (licenciement, viol, misère...) qui lui est assigné par ceux qui l’exploitent et le manipulent (avec son consentement bien sûr).

Cette vision unilatérale, propagandiste, fausse, scandaleuse, de l’élevage n’est qu’un des révélateurs parmi d’autres de la manière qu’ont les médias de traiter leurs sujets. C’est encore plus scandaleux quand c’est Le Monde, qui se prétend si évolué et ouvert, au lieu d’un vulgaire torchon de région, qui s’y livre. Bravo au livre de Péan et Cohen pour avoir jeté un pavé dans la mare, même s’ils font partie du même marigot et que sans doute ils ne dénoncent pas assez les véritables dérives en s’embarquant dans des attaques personnelles. Les canards, petits et gros, se battent finalement dans la même eau noire, en se jetant la même vase (qui les nourrit) à la figure. Ce qui permet de noyer le poisson (ou plutôt le lecteur-pigeon) et d’éviter d’aborder les problèmes de fond. Sous la vase, bien enterrés, gisent en effet des monstres auprès desquels l’épave du Prestige n’est que de la gnognotte pour Halloween de maternelle.

Pour mieux comprendre comment la caste des journalistes est formatée, lire « Les petits soldats du journalisme », de François Ruffin.

Le problème, c’est que les cochons-carcasse-de-viande vont continuer à se faire égorger, les moutons-pigeons à se faire tondre, les bœufs-soldats iront toujours à l’abattoir et les chiens enragés continueront à hurler dans le désert. Tout ça ne peut faire que le profit des rapaces, la seule espèce qui est sûre de s’engraisser, à moins qu’elle ne finisse intoxiquée par de la viande contaminée !

-  Sur le web :

 
Version imprimable
Zora
lundi 3 mars 2003
Mise à jour : 24 juin 2004
 
 
Le massacre des cochons, la tonte des moutons, la bagarre des canards, l’étripage des bœufs sur les abattoirs guerriers.
RTF - 42.5 ko
Home
 
Mutations-Radicales :  mystique et dissidence, révolution non-violente, utopie
PrésentationContactForumPlan du site
 Home / Le Mouvement / Articles / Le massacre des cochons, la tonte des moutons, la bagarre des canards, l’étripage des bœufs sur les abattoirs guerriers.
http://www.mutations-radicales.org/article48,48.html