Sectes : la loi anti-sectes Picard attentatoire aux libertés

Cette loi d’exception veut tuer les restes de liberté en instaurant le délit de manipulation mentale ! Le « fascisme démocratique » est en route...

Sous prétexte de lutter contre quelques groupes vraiment dangereux, l’Etat vise à éliminer tous les marginaux et tous les groupes religieux hors cadre. La plupart des militants de gauche s’en foutent, du moment qu’il ne s’agit que d’imbéciles de croyants. Seulement, tous les déviants (même incroyants) peuvent être visés (végétarien, pratiquants de médecine douce, promoteur d’une autre économie...)

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Le 22 juin 2000, les députés français ont voté à l’unanimité une loi permettant de dissoudre des groupes supposés être des sectes si ils ont été condamnés plusieurs fois. De plus, cette loi légalise le délit de manipulation mentale et permet de supprimer les restes de liberté d’expression ! Cette fois, le fascisme rampant redresse la tête et montre son vrai visage : celui de l’intolérance crasse, de la discrimination à tout va et de la chasse à tous les déviants.

Le ventre toujours fécond d’où sont sorties tant de bêtes immondes a accouché d’un monstre de plus ! Gare à vos matricules !

Pour l’instant, voici la reproduction d’une lettre ouverte adressée au départ à Mme Picard (la députée qui s’est chargée de la besogne). Mais d’autres personnes en profiteront.


Christian SINGER
Communauté de la Thébaïde
38940 - ROYBON - France

Madame,

J’apprends avec stupeur que les parlementaires nous concoctent une loi instaurant un délit de manipulation mentale, qui sera sans doute votée en catimini à la veille des vacances. Une telle initiative, seulement imaginable au sein de régimes fascistes ou staliniens, va se concrétiser au travers d’un texte flou, vague, filandreux et alambiqué qui ouvrira la porte à toutes les interprétations arbitraires et à tous les abus. Sans doute est-ce le but recherché. La phobie antisectique que l’on a artificiellement et monstrueusement développée depuis quelques années n’a pas épargné les "juges", qui sont aussi imbus de "préjugés" que l’ensemble de leurs compatriotes. Même ceux qui se voudraient impartiaux seront dans l’incapacité d’appliquer équitablement un texte obscur et tendancieux qui ne leur fournira aucun point de repère consistant et qui les obligera, dans chacun des cas particuliers qui leur seront soumis, à "trancher" (c’est vraiment le mot qui convient !) de la manière éventuellement la plus gratuite , la plus fantaisiste et la plus malveillante. Les pires conséquences s’ensuivront pour les gens qui auront été condamnés à tort. Mais ça n’a pas l’air de vous préoccuper outre mesure.

Il est vrai que la France cultive une longue tradition d’intolérance et de persécution religieuse (ou idéologique) , depuis la croisade contre les Albigeois, en passant par les sévices infligés aux protestants et aux jansénistes, jusqu’aux expulsions de religieux contraints, sous la Troisième République, de prendre le chemin de l’exil, comme autrefois les huguenots. En la personne du sinistre vivien, nous avons un petit père Combes redivivus. Le Grand Orient qui, non sans peine, était parvenu à se donner une image de marque présentable, reprend du service... jusqu’à ce que ça lui retombe sur la gueule. Et le tout est chapeauté et cornaqué par des gens qui se disent de "gauche" et se prétendent respectueux des droits de l’homme...en fait constamment bafoués par un pays qui a le toupet de s’en proclamer le champion toutes catégories, qui ne les invoque, des tremolos dans la voix, que pour mieux les violer et qui, en conséquence, ne cesse de se faire épingler par des organisations internationales et condamner par le Cour européenne, y compris pour tortures. Quand je pense que, dans les années 60, j’ai adhéré à la Convention des Institutions républicaines et que j’ai voté trois fois Mitterrand en 65, en 74 et en 81 ! Mais dès la fin de cette même année, constatant les dérives de toutes sortes qui déjà s’amorçaient et qui allaient, par la suite, atteindre des dimensions que nul n’aurait pu soupçonner, je pris la résolution de ne plus jamais voter...et j’ai tenu parole.

D’une certaine façon, la loi liberticide que vous nous préparez constitue un aboutissement spectaculaire des auto-reniements du socialisme français contemporain. J’espère que, pour sauver son honneur, il se trouvera dans vos rangs quelques parlementaires (ne serait-ce qu’une infime poignée) qui refuseront de voter ce texte, quel que soit son contenu, même amendé, parce qu’ils auront compris qu’il est des principes sacrés avec lesquels on ne transige pas, sous peine de perdre son âme, même lorsqu’il s’agit de viser des groupes réellement nuisibles. Même dans ce cas, un tel "remède" se révèle pire que le mal. A bien plus forte raison lorsqu’il s’agit d’associations ou de communautés, telles qu’il s’en trouve sur la fameuse liste des 172 proscriptions, qui n’ont rien à voir avec des sectes et qui, pourtant, sont délibérément confondues avec elles aux seules fins de les discréditer et de les ruiner, parce qu’elles ont le tort impardonnable de ne pas penser, de ne pas agir et de ne pas vivre comme tout le monde. J’aimerais croire, Madame, mais j’en doute fort, que vous êtes consciente et informée de l’existence de ces amalgames volontaires et criminels, ainsi que des énormes préjudices qu’ils ont déjà causés à beaucoup d’innocents, victimes de la déferlante uniformisatrice et niveleuse qui sévit actuellement en tous domaines.

Depuis quelques années, les choses se sont beaucoup aggravées. Dès 1990, nous avons dénoncé les signes avant-coureurs d’une "préfascisation rampante, molle, insidieuse" qui est maintenant en voie de durcissement. Dans tous les secteurs, on nous confectionne des "prêts-à penser" et des "prêts-à-vivre" impératifs. Ceux qui refusent de les endosser ne sont plus seulement, comme par le passé, victimes d’une censure morale diffuse, mais l’objet d’une attaque frontale, de type policier et judiciaire, visant à supprimer par la force et par l’intimidation toute expression rebelle et tout comportement réfractaire. Les seuls faits d’être végétarien, de s’intéresser aux médecines "douces", de pratiquer la "méditation" etc.., toutes choses banales, anodines et parfaitement licites, sont considérés comme des anomalies inadmissibles, vite relevées par les réseaux d’espionnage et de délation qui nous entourent de toutes parts, et susceptibles de nous attirer des ennuis et même la visite d’une brigade de gendarmerie spécialisée, comme cela s’est déjà produit . On croit rêver ! Et n’allez surtout pas me raconter que j’exagère et que je fais de la paranoïa. Le procédé est un peu facile. Je m’appuie sur des faits précis, mais il est possible que vous ne soyez pas vraiment au courant de ce qui se passe et qui commence à susciter de vives inquiétudes à l’étranger, et pas seulement aux Etats-Unis. Devra-t-on mettre la France au ban de l’Europe, comme l’Autriche ? Ce que je dis à propos de votre ignorance supposée n’est nullement destiné à vous excuser. Quand on est parlementaire, on a le devoir de se renseigner, en particulier sur les sujets dont on parle et à propos desquels on a l’intention de légiférer.

D’autre part, sous ses apparences vertueuses, votre proposition de loi est un monument de cynisme et d’hypocrisie. Car elle se donne pour objectif de protéger contre la manipulation mentale une "société" où règne partout, encouragée et célébrée par les pouvoirs, la manipulation des esprits, orchestrée, en particulier, par les publicistes, les "penseurs" officiels, les médias...et les politiciens. Mais, bien sûr, comme le laissait déjà entendre le rapport de janvier 96, il y a les "bonnes" et les "mauvaises" manipulations, les premières étant celles qui rapportent du fric et qui contribuent à maintenir le désordre établi. Autre mensonge, autre imposture : depuis des années, on nous assure que, pour lutter contre les "sectes", l’arsenal juridique existant suffit largement , qu’il ne serait besoin, tout au plus, que de lui apporter de légères retouches, qu’il ne saurait être question de voter une "grande loi sur les sectes"... Or c’est précisément ce que vous faites maintenant, sans scrupules et sans vergogne !

Je pourrais vous en dire beaucoup plus, mais j’improvise cette lettre à toute vitesse, pour qu’elle vous parvienne avant jeudi. En ce qui vous concerne, Madame, craignez de ne sortir de l’anonymat que pour tomber dans le ridicule ou dans une future et durable réprobation. Je pense à l’amendement Mirguet, du nom de cet obscur député des années 60, qui avait qualifié l’homosexualité de "fléau social". On le mentionne encore pour en faire des gorges chaudes ou manifester une juste indignation. Ne devenez pas la Mirguette des années 2010 et suivantes..ou la Boutin de gauche, grande-prêtresse du sectarisme et de l’intégrisme socialistes ! Puissiez-vous ne pas avoir à rougir dans un avenir plus ou moins lointain, quand on évoquera devant vous la loi Picard ! Il ne nous reste plus à espérer, vous et moi, que cette loi disparaisse à jamais dans les oubliettes des mauvaises plaisanteries, grâce aux bons soins de ceux qui, prenant en compte vos véritables intérêts, l’auront déférée devant le Conseil Constitutionnel et auront obtenu son annulation. Pour ce qui est d’une éventuelle réponse à ce courrier, rassurez-vous : je connais les usages. Vous l’ignorerez ou vous me gratifierez de quelques bonnes paroles ou d’une fin de non-recevoir. Ne vous fatiguez pas. Je n’écris pas cette petite lettre ouverte pour que vous me fassiez l’honneur de la prendre en considération, mais uniquement pour prendre date. Je la ressortirai en temps voulu, comme une arme à retardement. Il n’est que de prendre patience !

Vous comprendrez, madame, que je ne puis en terminant vous assurer de mon respect que dans la stricte limite des convenances Car il ne suffit pas d’être une femme et une parlementaire pour le mériter.

C. S.

P.S. Sapristi ! J’allais oublier de me présenter. Vous l’aviez deviné : je suis (ou plutôt j’étais) le gourou on ne peut plus pervers d’une secte extrêmement dangereuse dont l’effectif se réduit à quatre membres. Mais il est vrai qu’à l’époque où a paru le rapport Gest-Guyard, nous étions neuf. Comme vous le constatez, je me suis très mal acquitté de ma tâche de gourou puisque je n’ai pas su endoctriner les cinq personnes qui sont parties en 98 au point de les retenir définitivement. C’est pourquoi j’ai abdiqué mes fonctions entre les mains d’un pote-despote sur lequel nous fondons de grands espoirs et qui se révélera, à n’en pas douter, encore plus machiavélique et plus méchant que moi. A force d’exploiter mes esclaves, j’ai amassé une grande fortune dissimulée en maints paradis fiscaux, mais je pense que notre nouveau gourou me dépassera aussi sur ce point. Naturellement, je tiens à le souligner, nous appartenons au gotha et au Who is who des sectes, puisque nous faisons partie des 172 maudits, que nous avons été cités par la presse, dans des livres, à la radio etc.. Nous avons été très sensibles à ces honneurs. Comme disait à peu près Diderot, il y a des gens dont la haine et la bêtise constituent un hommage. Salut !


Affaire à suivre de près, on commence par les sectes, et on continue pas les juifs, les homos, les tsiganes, les fous... Et on se réveille dans un pays ouvertement totalitaire qui utilise des méthodes plus subtiles que les chambres à gaz.


- http://www.assemblee-nationale.fr/2... : les textes officiels
 
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Christian Singer + Zora
27 juin 2000
Màj : 27 avril 2004
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