(Le Monde du 23-05-2002, « Des chercheurs créent des poulets sans plumes »)
Des chercheurs sont ravis d’avoir créé des poulets sans plumes, avec juste la peau sur la chair à supermarchés. Outre l’avantage de ne plus avoir à les plumer, ils mettent surtout en avant les économies que pourront réaliser les élevages des pays chauds. En effet, ces saloperies de plumes gardent trop la chaleur du corps des poulets de batterie, et les malheureux éleveurs, soucieux de la bonne santé de leur marchandise, sont obligés de dépenser des sommes considérables en aérateurs pour éviter que leurs poulets ne crèvent comme des mouches avant même d’être conduits, entassés dans des caisses, à l’abattoir. Dans le futur, les éleveurs auront moins de frais d’aération pour leurs usines à viande, et ils pourront empiler davantage de poulets au mètre carré. Ces scientifiques précisent bien qu’il serait inopportun de fabriquer du poulet sans plumes en Angleterre.
Le prochain coup, ils vont sans doute nous pondre des poulets avec fourrures pour les braves éleveurs de poulets Lapons, et des ours blancs sans poils pour les braves éleveurs d’ours blancs du Maghreb.
L’horreur et l’absurdité de l’élevage ne connaissent pas de limites. Pour les assassins et leurs complices carnivores, les animaux ne sont que des produits fabriqués sur mesure. La dignité et la liberté des êtres vivants sont niées et détruites tous les jours. Les structures de la vie (ADN) sont maintenant mises en coupe réglée pour satisfaire les appétits de pouvoirs et d’argent.
Pourquoi ne pas fabriquer des poulets sans pattes, sans yeux et sans becs, tout ça prend de la place et consomme de l’énergie, à supprimer ! Ils devraient aussi les faire carrés pour qu’ils se rangent mieux dans les caisses.
Pendant ce temps, le public moutonnier continue de bâfrer sans complexes les immondes produits sortis à la chaîne des usines à souffrance. Les préhommes sans âmes consomment du poulet sans plumes, ou alors se tournent vers des produits engraissés à l’ancienne par des éleveurs qui égorgent avec amour les bêtes qu’ils ont élevées avec tendresse pour que la viande de cadavre soit plus tendre et exempte de toxines cancérigènes.
(Le Monde du 04-05-2002, article de Michel Alberganti, "Des électrodes dans le cerveau de rats pour les piloter")
D’autres barbares scientifiques sont très fiers d’avoir commandé à distance les déplacements de rats. Un casque, avec des électrodes reliées au cerveau du rat, permet, grâce à un ordinateur, d’envoyer des impulsions qui simulent les sensations naturelles et obligent le rongeur à se déplacer dans le sens voulu. Cette merveilleuse technique d’influence à distance demande encore à être affinée, mais je vous laisse déjà imaginer toutes les joyeuses applications qui en seront faites... (les armées rêvent déjà de mouches ou d’oiseaux espions télécommandables à distance)
Nos chers scientifiques humanistes et responsables regrettent qu’on ne puisse transposer cette technique si prometteuse aux mammifères supérieurs, pour des raisons éthiques. En effet, les possibilités motrices du rat sont trop limitées, tandis qu’avec un primate... Les enfoirés d’hypocrites savent très bien que l’éthique est remise en cause en permanence, et que les applications sur toutes les espèces vivantes auront lieu quand le besoin (thérapeutique, militaire, industriel...) se fera sentir, de leur propre fait ou de la part de chers confrères. Ensuite, viendront naturellement les applications sur l’humain, comme toujours.
Les robots mécaniques sont encore chers à fabriquer et ne peuvent pas atteindre les performances des êtres vivants (pour l’instant), alors nos gentils savants robotisent les animaux. Après la domestication, la sélection et les modifications génétiques, viennent la manipulation électronique du cerveau et les implants mécaniques. Il est hélas logique que les préhumains, qui considèrent les animaux comme des tas d’engrenages bons à tout faire, les transforment pour de vrai en robots. Ils nient la liberté, la dignité et la souffrance animale, il n’est pas étonnant qu’ils cherchent à éliminer toute trace de vie indépendante, et à placer sous leur influence dominatrice les attributs du vivant qu’ils souhaitent conserver par intérêt.
Les anti-hommes en voie de robotisation intégrale (implants, os rallongés, silicone, chirurgie esthétique, portables permanents...) fabriquent donc des robots-animaux à leur image. Cette instrumentalisation monstrueuse tente d’inverser les processus de création et d’évolution par une sorte de décréation et de régression inscrite dans les chairs et les cerveaux. Il ne s’agit plus de simplement détruire et exploiter les êtres vivants de manière « classique », mais de les transformer en produits d’usine paramétrables qui nient leur nature même d’êtres vivants.
Au lieu de construire le monde et d’aider la Création à évoluer, les préhommes détruisent la Terre en fabriquent des ersatzs, des robots dévoués, des copies conformes..., à l’image de leurs désirs d’annihilation, de puissance et d’installation.
(Le Monde du 25-05-2002, « La naissance annoncée des premiers clones humains »)
Le professeur Antinori annonce que plusieurs clones sont en route et donneront lieu à des naissances. Il était prévisible que le clonage humain soit réalisé un jour ou l’autre. Cette technique est déjà largement autorisée quand les embryons obtenus sont utilisés pour la recherche à but thérapeutique. Le professeur Antinori et ses confrères ont beau jeu de se moquer des vertueux hypocrites qui font semblant de dresser des barrages éthiques aussi étanches que des éponges, et de jouer la carte des innovateurs au service de leurs patients et de la recherche. Ce ne sont pas du tout des savants fous, ils sont au contraire très malins et très avisés, et savent cyniquement profiter des désirs d’enfants délirants et des législations variables. Ils savent parfaitement que ce qui est réprouvé avec horreur aujourd’hui (le clonage à but reproductif) sera autorisé et encouragé demain. Ils prennent quelques risques minimes en sachant pertinemment que leur heure de gloire viendra. Ils seront plus tard considérés comme de courageux pionniers.
Dans cette affaire, que ce soit pour le clonage à but thérapeutique (destruction de l’embryon et utilisation de ses cellules) ou le clonage à but reproductif (implantation de l’embryon dans un utérus et grossesse menée à terme), tout le monde se moque de tous les ratés, de toutes les ébauches d’embryons avortées, et des promesses de vie détruites volontairement. Les jeunes embryons ne sont vud que comme des tas de cellules indifférenciées livrées au bon vouloir des « parents » (couples ou chercheurs).
Ce qui me choque le plus n’est pas le fait du clonage en lui-même, cette reproduction à l’identique d’un corps biologique, mais le peu de cas que l’on fait des embryons sacrifiés à cette quête absurde et dérisoire consistant à vouloir vaincre des stérilités. Le beau prétexte ! Les savants sont trop heureux de se saisir de cet imbécile et criminel désir d’enfants pour mener à bien les expériences qui les intéressent. Quelle folie que cette volonté farouche d’avoir un enfant plus ou moins issu de ses propres gènes ! Comme si les couples stériles n’avaient pas autre chose à faire !
Quant à l’utilisation de clones pour des recherches thérapeutiques, présentée comme si indispensable, il existe forcément des tas d’autres moyens pour soulager la souffrance sans en créer d’autres. A ce sujet, fin juin 2002, des chercheurs ont mis en évidence les potentialités régénératrices de cellules prises sur des adultes, ce qui rend caduque la prétendue nécessité du clonage à but thérapeutique (avec destruction du pré-embryon et récupération de ses cellules).
Avec le clonage, on a peur de la dégénérescence de l’espèce, de la chosification d’enfants (éventuellement fabriqués pour soigner des membres de la famille) et de la perte de l’identité individuelle. L’espèce humaine n’a pas besoin du clonage pour dégénérer, la « société » instrumentalise déjà ses membres, et on ferait mieux de s’inquiéter du clonage des mentalités et de la disparition, bien actuelle, de la capacité à développer une pensée personnelle. Pas besoin de duplication génétique, les préhommes ressemblent déjà à des clones qui « pensent » tous pareil. Le formatage social de plus en plus efficace et leur ferme volonté d’adhérer complètement au système, en adoptant l’une ou l’autre des panoplies autorisées, suffisent à en faire des copies conformes qui se reflètent à l’infini. Ce type de clonage, qui s’attaque aux mentalités et personnalités, est même bien plus profond que le clonage génétique, qui ne fait que formater des enveloppes extérieures.
Pendant quelque temps encore, les « sages » et les comités d’éthiques vont hurler au loup à propos du clonage pour faire bonne figure et justifier leur existence, avant de laisser pisser et de s’époumoner contre une future technique supposée être encore plus barbare (le contrôle du cerveau par exemple). En préhumanité, les limites de l’horreur sont repoussées chaque jour. Dans le domaine scientifique, ce qui était proscrit devient, un jour ou l’autre, toléré, autorisé, voir recommandé. Dans la pratique, les barrières (éthiques, juridiques...), supposées empêcher les diverses dérives des applications techniques, ne barrent rien du tout, elles ne font qu’entourer et accompagner les faits, en s’élargissant au fur et à mesure que les champs d’actions s’étendent.
Pour que le clonage mental soit parfait, il faut aussi arriver à supprimer toute idée de conscience et d’âme, ce qui nous amène au chapitre suivant...
Note du 11-01-2003 :
A présent ce sont les Raëliens qui s’y mettent, ils ont peut-être doublé le professeur Antinori ! Tout le monde délire sur la reproduction de l’humain à l’identique et le confusion du clone et de son modèle. Ils oublient que le clone n’est qu’une copie génétique (et encore, il paraît que les vaches clonées ont des différences d’aspects de leur peau), mais que les personnalités seront totalement différentes (ce qui a été observé avec les vaches clonées). Mais pour les matérialistes, tout est génétique. On fantasme sur la reproduction de soi, mais personne ne s’indigne du fait que des dizaines ou des centaines d’embryons ou de jeunes êtres meurent en cours de route quand on veut fabriquer des clones. Cette seule raison suffit amplement à condamner le clonage, expérience intutile et stupide.
(Le Monde du 03-05-2002n « Les neurosciences se lancent à l’assaut de la conscience »)
Les matérialistes intégraux, en la personne de Jean-Pierre Changeux et de ses amis, reviennent à la charge.
« Tout ce qui appartenait traditionnellement au domaine du spirituel, du transcendant et de l’immatériel est en voie d’être matérialisé, naturalisé et, disons-le, tout simplement humanisé. » J. P. Changeux, cité par Le Monde
« la biologie du cerveau et l’étude de son évolution nous mettent sur la voie qui nous donnera la clef de la conscience elle-même. »
Gerald M. Edelman, cité par Le Monde
Pour eux, les dernières avancées des neurosciences concernant l’étude du cerveau permettent d’envisager dans un avenir proche la disparition de toutes les chimères irrationnelles indignes d’un vrai civilisé. Dieu, transcendance, esprit, amour..., tout ça n’est que le fruit de sécrétions hormonales et de rouages neuronaux. Seuls des fous, des fanatiques, des arriérés primitifs et des rêveurs complaisants peuvent encore croire sérieusement qu’il existe d’autres réalités que celles qu’éclaireront les neurosciences sous la lame de leurs scalpels et les feux des imageries magnétiques. La religion sera à la rigueur tolérée, pour peu qu’on n’y voit rien de plus que du folklore et de la culture, et qu’on soit bien persuadé que Dieu est une construction rassurante produite par des cerveaux faibles.
Il est certain que les souhaits de Changeux et de sa bande de fossoyeurs se réaliseront (tout du moins en Occident). Pas parce que les neurosciences auront capturé et isolé la conscience pour la placer dans du formol, mais parce que les préhommes veulent croire aux théories délirantes de Changeux and Cie. Les sciences n’arriveront jamais à disséquer l’esprit, l’âme, la transcendance et la conscience. C’est risible ! Autant demander à un thon d’escalader l’Everest.
Il n’empêche que les préhommes réussiront sans doute à adhérer, dans leur grande majorité, à ces conceptions ultra-matérialistes, en niant et effaçant toutes les notions dites « irrationnelles ». Déjà de nos jours, on peut remarquer que pas mal de gens sont ébahis quand on leur parle d’un Dieu unique et personnel. Pour eux, c’est aussi fou que si on était encore persuadé que la Terre est plate et que le soleil lui tourne autour. Ce genre d’attitude se généralisera, pas besoin de dissections de la conscience et de pseudo-vérités scientifiques, la conscience et ce qui va avec disparaîtront tout seuls, faute de s’en servir.
Les préhommes souhaitent la matérialisation et la domestication définitive de toutes ces réalités évanescentes, inquiétantes, indomptables, imprévisibles, trop personnelles... Ils détestent ça, ils veulent du robot-homme, du clone programmé garanti zéro défaut avec options calibrées. De même qu’ils fabriquent du poulet sans plumes (sans état d’âme, puisque ni le poulet ni l’homme n’en ont), ils souhaitent de l’humain sans âme. C’est même leur souhait le plus cher.
Ils sont bien embarrassés par ce reliquat de conscience dont ils ne veulent pas. Ils cherchent à l’étouffer, à la nier et à la canaliser dans des voies connues et convenables. Si la science affirme que la conscience n’est qu’une construction matérielle, ils seront prêts à applaudir et à accepter avec empressement toutes les manipulations visant à la domestiquer et à « l’améliorer ». Un cerveau sans conscience, ultra-efficace, comparable à celui d’un brave ordinateur, voilà ce qu’ils demandent. Les humains et leurs corps sont déjà sous la coupe de beaucoup de carcans : famille, Etat, modes, capitalisme.... Pour parfaire leur sarcophage et le maintenir hermétiquement clos, il leur faut ligoter aussi la conscience.
Ce sera dur, mais on peut compter sur leur inventivité et leur capacité d’auto-suggestion pour y parvenir. On aura donc une conscience entièrement sous contrôle, un genre de camisole paramétrable pour cerveau mécanisé. L’objectif est de sécuriser, « booster » et optimiser la conscience, en écartant les pensées et émotions parasites pour ne garder que celles qui sont considérées comme « utiles ». Pour plus d’efficacité et de plaisir dans le travail, le sexe ou le loisir, l’esprit sera régulé, l’intelligence et l’émotion stimulées selon les besoins du moment. Plus question d’angoisses existentielles, de liberté inaliénable ou de mystique, tout ça sera noyé par les stimuli, l’information continue en direct, la consommation permanente...
Ce sera sans doute un peu grossier au départ, peu importe, l’enthousiasme sera tel que les expériences continueront et s’affineront. Les animaux et les délinquants en feront les frais les premiers, puis le contrôle du cerveau se généralisera.
Pour y parvenir, il suffira d’opérer des simplifications caricaturales et d’écarter tout ce qui gêne, que ce soit des faits intérieurs ou extérieurs à soi. No problem, les préhommes ont déjà montré leur très grande aptitude à la double pensée, et la Novlangue se chargera d’éliminer du vocabulaire et du champ des préoccupations toutes les notions non convenables.
Les robocops courront donc les rues, et leurs seuls soucis seront de bien huiler leurs rouages. Les « fulguro-cerveaux » avec loupiotes clignotantes seront le must pour tous les clones qui se veulent branchés sur la même source de néant. Bien entendu, tout ceci est déjà en place, les Loft Story, la pensée unique, les multinationales médiatiques..., sont là pour nous le rappeler. Il s’agit simplement, pour les préhommes, de poursuivre leur grande œuvre de déshumanisation en perfectionnant tous les moyens qu’ils ont sous la main.
Contrairement aux idioties sans cesse rabâchées par les matérialistes intégraux, et même par les matérialistes ordinaires, ce n’est pas la science et son rêve de matérialiser l’esprit qui risquent de sauver l’humanité. La nouvelle théorie de l’âme et du corps portée par les neurosciences ne fera que donner de nouveaux développements à la barbarie. Cette nouvelle théorie, mieux encore que les autres chimères préhumaines, créera des systèmes totalitaires totalement déshumanisants. L’application de cette nouvelle théorie permettra aux forces à l’œuvre actuellement de prendre toute leur ampleur. La synthèse parfaite entre « 1984 » et « Le Meilleur des Mondes » pourra avoir lieu.
Conditionnements, drogues douces, individualisme total, surveillances mutuelles et auto-surveillance, et répression implacable pour parachever la chape de plomb. La carotte et le bâton réactualisés façon Soma (la drogue du « Meilleur des Mondes ») et Flashball pour tous.
« Le triste bonheur préhumain ne peut se réaliser que dans la négation des attributs qui constituent l’humanité : âme et conscience.
La sécurité, en préhumanité, ne peut se réaliser (et encore, il y aura toujours des meurtres et autres) que dans le totalitarisme intégral, l’auto-enfermement, la surveillance générale et la négation des libertés fondamentales.
Nous sommes déjà dans un totalitarisme sécuritaire, d’autant plus efficace qu’il est souhaité et exercé par la majorité, d’autant plus insidieux qu’il avance masqué par des formes démocratiques. Toutes les ingéniosités techniques serviront ce dessein, dans ce domaine comme dans l’instrumentalisation accrue des animaux.
Des puces miniatures permettant de savoir à tout moment qui se trouve où seront implantées dès la naissance à tous les humains. Ce dispositif complètera les futures caméras qui voleront partout et autres joyeusetés technologiques, pour notre sécurité bien sûr !
Le système actuel offre un tout petit peu de jeu (vraiment très peu). Plus tard, grâce à l’infaillibilité de la surveillance informatique personnalisée, il n’y en aura plus aucun. C’est ça le « progrès », la transformation de tous les êtres vivants en zombies gérés par du silicium.
Votez, consommez et bossez en paix, Big Brother parviendra aussi à vous ôter le poids de votre conscience, si d’aventure il vous en restait.