Puisqu’on parle de moi, je me vois obligé de tenter de rétablir quelques vérités.
A propos du passage me concernant directement page 6-7 (le diplômé d’IUT et les parents pourfendeurs de sectes) :
Pour commencer, avant de rencontrer la communauté, je n’étais pas spécialement dans une phase d’anxiété et d’inquiétude. Depuis plusieurs années je ne souhaitais pas m’intégrer dans cette société. Et depuis fin 1989, je cherchais un autre type de vie, communautaire, différente...
Je savais donc parfaitement ce que je voulais et ne voulais pas.
Le seul moment difficile a été entre ma première rencontre avec la communauté et ma décision d’y vivre. Entre mes hésitations (c’est comme quelqu’un qui décide d’entrer dans un monastère ou de s’expatrier en Australie, c’est un choix difficile à faire) et la confrontation avec ma famille qui dès le départ a crié à la secte, l’ambiance n’était pas très bonne. Ils auraient préféré que je m’engage dans l’armée ou comme missionnaire humanitaire.
Remarque en passant : les R.G. ne se sont pas gênés pour utiliser une de mes lettres personnelles qui avait été photocopiée à mon insu par mes parents ! Violation de la vie privée, ça va chercher dans les combien ?
Ensuite, une fois que j’ai choisi d’aller vivre à la Thébaïde, les choses ont dégénéré, nous avons essuyé de toutes parts insultes, menaces, lettres et coups de fil anonymes... Malgré leur rejet à priori, j’ai, nous avons, tenté des dialogues avec mes parents. Les tentatives de conciliations son plus souvent venues de notre part que de la leur. Malheureusement, nos perches on été ignorées et ils ont préféré surenchérir dans le harcèlement. Il faut dire qu’ils étaient épaulés et encouragés par des professionnels anti-sectes. Ce qui fait que pendant un temps j’ai refusé de les voir à cause de leurs violences et intolérances.
Ils ont par exemple monté en épingle une petite altercation qui a effectivement eu lieu avec l’un d’entre nous. Mais cette empoignade, sans gravité d’ailleurs, avait été délibérément provoquée et recherchée par ma famille à force de harcèlement en tous genres.
Je remarque au passage que ce rapport se contente la plupart du temps de répéter ce que des gens hostiles et partiaux colportent sur notre compte. Donc, à la partialité de l’A.D.F.I. (ou assimilé) et de mes parents s’ajoute la partialité des R.G.. Au final, il serait étonnant de retrouver un document objectif et documenté, établi sur des preuves solides prises à la source et avec des faits exacts. En fait, on est déjà jugé coupable au départ au seul motif de nos opinions, les R.G. et autres se contentant de puiser quelques faits plus ou moins véridiques, de touiller et de servir une soupe nauséabonde qui va dans le sens de ce jugement formulé à priori.
C’est encore pire que l’injustice de la Justice, ici il n’y a même pas de simulacre de procès, on est jugé et condamné d’avance, sans aucun moyen de se défendre puisqu’on a même pas les pièces. Dans ce cas, nous avons pu forcer le préfet à nous remettre une partie des documents, mais des années après, une fois que le mal est fait.
Après moult péripéties (dont un procès contre Christian, qui m’aurait soi-disant séquestré !), les choses se sont un peu arrangées avec ma famille. Dès qu’ils ont eu une attitude à peu près respectueuse, je les ai revus. Actuellement, je leur rends visite au moins deux fois par an.
Pour en finir avec ce premier passage, je trouve toujours étrange d’être qualifié de secte parce qu’on a des opinions et croyances différentes de la moyenne.
Tous ceux qui expriment et mettent en oeuvre des idées un tant soit peu hors normes sont donc des suspects et des adeptes de sectes ?
Il est logique, dans cette pseudo-démocratie, que la police politique fasse du délit d’opinion son fonds de commerce. Tout le monde est donc libre de ses opinions, à condition qu’elles ne s’écartent pas des stéréotypes en vigueur.
A propos du deuxième passage me concernant, page 13
Il est simplement écrit que mes créations “semblent émaner d’un esprit fort perturbé”.
Dans ce cas, beaucoup d’artistes seraient bons pour l’asile. Il existe des tas d’oeuvres très noires, morbides, violentes... et leurs auteurs sont éventuellement célèbres.
En fait, le rapport insinue que c’est là une preuve d’un enfermement dans une secte ! Il faut vraiment se saisir de n’importe quoi pour étayer un jugement porté à priori.
Pour quelqu’un de perturbé, pour un adepte lobotomisé, je fais preuve, au fil des ans, d’un certain talent. Etonnant non ?
En plus du dessin et de la BD, je fais des courts métrages de cinéma d’animation (dans une MJC, curieux pour quelqu’un qui est sensé être séquestré dans une secte), des textes et de l’informatique. J’ai même fait un site internet avec mes oeuvres. Je suis allé plusieurs fois dans des festivals de BD ou autres... Bizarre pour quelqu’un sans autonomie ni liberté de mouvement et d’action.
Peut-être est-ce le contenu critique de mes modestes dessins qui gênent ? On préfère des artistes dociles qui font dans la pub ou l’art contemporain à but lucratif ? Evidemment, j’ai préféré mettre mes talents au service d’une cause révolutionnaire, alors mon esprit est forcément perturbé. Il produit autre chose que des oeuvres insipides et standardisées, donc il va très mal.
Toutes les oeuvres dérangeantes, critiques, novatrices sont donc le fait de fous adeptes de sectes dangereuses. Brillant raisonnement policier.
En continuant ce raisonnement, on peut dire que tous les jeunes gavés de télé, de jeux vidéo, de bière et de shit qui récupèrent et gribouillent des images toutes faites sur leur PC sont des purs génis de l’art dotés d’un esprit clair, brillant et personnel.
En résumé :
Les moutons auto-décervelés sont de brillants génies et les artistes qui produisent une oeuvre sérieuse et originale sont des gens attardés et dérangés qu’il faudrait soigner au plus vite avant qu’ils ne soient ensectés.
Les pouvoirs ont toujours intérêt à renverser les choses. Dans cette société, ce sont généralement les gens les plus médiocres et les plus fades qui accèdent au pouvoir, ils ont donc intérêt à imposer ce genre de raisonnement à l’envers pour conserver et légitimer leurs postes.