Pour la libération animale et la révolution globale

Les animaux ne sont pas des choses ou des marchandises, les animaux sont des personnes libres

Réflexions sur la question animale. Contre le spécisme et pour une révolution globale. Les animaux sont des personnes à part entière, dignes, comme tout individu, de respect et d’amour. Les animaux ne sont pas des rouages mécaniques ou des sous-êtres destinés à servir l’humanité, ils ont une âme et sont comme nous créatures de Dieu. Pour l’humanisation des animaux et des "humains".

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Au cours de ce texte, je vais tenter de faire le point sur la question animale par le biais de points importants et en n’évitant pas les questions délicates, ce en essayant d’appliquer quelques principes de base. Des questions resteront sans réponses ou incertaines. Il ne faut pas prendre ce texte comme un discours définitif, c’est un état des lieux de mes réflexions, avec certainement des erreurs, des idées pas bien claires ou pas assez développées.

Les animaux sont des personnes, et les personnes ne sont pas de la chair à saucisses.

Plusieurs éléments permettent d’affirmer avec certitude que les animaux (en tout cas les cochons, lapins, volailles, poissons, ovins, bovins... - pour les fourmis c’est moins évident) sont des individus à part entière, c’est-à-dire sensibles à la souffrance, capables (à leur « niveau ») de penser et d’aimer, et dotés comme nous (avec leurs moyens) de conscience, de liberté et de volonté.
En conséquence, tuer des animaux pour se nourrir de leur chair est un crime barbare, d’autant plus atroce, stupide et inutile que les humains peuvent se nourrir facilement et être en bonne santé en étant végétariens ou végétaliens, d’autant plus horrible que la plupart des animaux massacrés ont été élevés (la plupart du temps dans des conditions effroyables) spécifiquement en vue de leur abattage et qu’ils n’ont aucun moyen de se révolter contre leur sort.
Les scientifiques sérieux et honnêtes n’osent plus dire que les animaux ne sont que des tas d’engrenages insensibles, ou qu’un régime végétarien ou végétalien présente des carences. Ils se rendent compte aussi des capacités d’intelligence et d’attachement des animaux. Mais laissons la science pour envisager les « preuves » de l’individualité des animaux. On en compte trois, mais une seule suffirait amplement.

- 1. L’évidence

N’importe quel humain qui prend la peine de se libérer un peu des conditionnements et des habitudes, qui laisse un peu parler sa sensibilité et accepte de regarder la réalité en face, est horrifié par le sort des animaux d’élevage en général, et par la détresse extrême de chaque animal mis à mort. Si on observe les animaux, on voit bien que chacun d’entre eux est différent (pas seulement sur un plan physique), a un caractère et des envies différentes. On peut transposer ce qu’on observe chez des animaux dits de compagnie (chats, chiens...), eux que l’on côtoie de près, aux autres animaux. Un cochon ou un poulet n’est guère différent d’un chien ou un cheval. De plus, sans anthropomorphisme primaire ou sensibilité délirante, il est évident qu’on peut se mettre à la place des animaux. L’empathie et l’analogie sont possibles, la sensibilité à toutes les formes de souffrances ne connaît pas les frontières d’espèce. Nous sommes aussi des animaux car faits d’un corps très semblable. Imaginez un humain ou votre animal de compagnie à la place des animaux d’élevage et conduit à l’abattoir ! Si on ouvre un peu son cœur, il suffit de voir ou d’imaginer les mises à mort d’animaux pour ne plus manger leur chair ni commander leur mise à mort, pour comprendre qu’ils sont des individus à part entière.
Faire des distinctions entre les espèces relève du spécisme (analogie avec le racisme ou le sexisme). Il n’y a aucune justification qui puisse autoriser la séparation des animaux en catégories exploitables, massacrables ou protégées.

- 2. La foi en Dieu

N’importe quel croyant digne de ce nom devrait être antispéciste (contre toute forme de spécisme), et donc a fortiori végétarien ou végétalien. Si Dieu existe, il est Créateur et Amour, il ne peut pas avoir créé des sortes de sous-créatures, vouées à la mort et à l’esclavage, et d’autres qui auraient tous les droits. Les animaux sont des créatures, donc des personnes, pas des pierres ou des plantes. La Création forme un tout, nous devons aimer et respecter les animaux tout autant que les humains. Dieu ne peut pas encourager le massacre des animaux par les humains, ni même être indifférent, encore moins s’en réjouir ou commander des sacrifices rituels.

Laissez tomber les Textes « sacrés » (souvent contradictoires d’ailleurs) et les pouvoirs religieux, laissez parler votre âme. Il devrait être évident pour tout croyant que les animaux sont tous des personnes uniques et habités d’une âme, tout comme nous. Ce n’est pas parce qu’ils ne parlent pas et ont des capacités moindres ou différentes qu’ils sont des choses.

Les animaux sont les premiers êtres humbles victimes de l’esclavage, il n’y a pas que les miséreux et les diverses sortes d’humains exploités qui soient dignes d’attention et de compassion. Les animaux en ont sans doute encore plus besoin que les humains, ils sont sans défense.

- 3. La connaissance astrologique

N’importe quelle personne honnête qui s’intéresse de près à la véritable Astrologie (pas les débilités des horoscopes de magazine) pourrait constater que les animaux méritent tout autant le titre de personnes que les humains. En effet, il est parfaitement possible de monter le thème de naissance d’un animal. L’interprétation de ce thème permet de connaître la synthèse d’une personnalité et les voies qu’elle devrait choisir d’emprunter si elle veut réussir pleinement sa vie.
Comme les humains, chaque animal a une personnalité unique et irremplaçable, chaque animal a du sens et devrait pouvoir librement jouer son rôle sur Terre. Comme nous, les animaux ne sont pas des pions, des numéros corvéables à merci voués à la boucherie, des défouloirs ou des objets de laboratoire. Bien sûr, ils sont différents, ils n’ont pas les mêmes capacités que nous, et alors ? Est-ce qu’on considère qu’un illettré, un mongolien, un attardé mental sont des objets ? Il est vrai que trop souvent les humains se traitent eux-mêmes en esclaves ou en chair à canon, il n’est malheureusement pas étonnant qu’ils refusent de voir que les animaux sont des personnes.

L’astrologie montre que chaque animal est un être singulier et important, qui doit pouvoir vivre sa vie, faire ses choix comme il peut, et par là participer avec ses moyens à l’évolution du monde. Elle peut permettre de connaître la personnalité originale de chaque personne animale. Elle pourrait être un puissant moyen pour comprendre les animaux et les aider à devenir eux-mêmes. Elle montre que l’embrigadement et le meurtre des animaux sont des crimes contre la liberté individuelle, contre le droit inaliénable de toutes les créatures à épanouir leurs personnalités.

Il n’y a plus de garçons ou de filles, de blancs ou de noirs, d’animaux ou d’humains, de pauvres ou de riches, de cochons d’élevage ou de nobles lions, d’esclaves ou de maîtres, de chiens de race ou de poulets numérotés..., juste des personnes dont l’existence est importante pour elles-mêmes et pour toutes les autres.

Les non-croyants et ceux qui ne connaissent pas l’Astrologie peuvent toujours récuser les deux premiers arguments, mais ils n’ont pas le droit de ne pas tenir compte du premier. L’ignorer revient à nier l’évidence et à choisir de se comporter froidement en prédateur cynique et barbare qui se contrefout en toute connaissance de cause de la vie et de la liberté d’autrui. Pour continuer le carnivorisme, il faut se mettre d’énormes œillères ou reconnaître carrément qu’on est pour le meurtre gratuit (ce qui est intenable, à moins d’avoir un cœur de pierre). Vous vous sentez si mal, qu’il vous faut massacrer des individus sans défense afin d’avoir le sentiment d’exister et d’être supérieur ?
Enlever les œillères n’est pas si difficile, et les animaux vous en seront reconnaissants.

L’exploitation animale et les assassinats d’animaux

Quand on a compris que les animaux sont des personnes, toutes les formes de meurtres deviennent intolérables. La chasse et la pêche dites sportives, que les manières de faire soient « raisonnables » ou barbares, l’abattage d’animaux, qu’il se fasse de manière très brutale ou plus « douce », les corridas (ou autres combats avec animaux), qu’il y ait ou non respect des grandes traditions, les sacrifices dits « religieux », qu’il s’agisse d’une grande religion ou d’une petite, sont toujours des actes cruels et à bannir.
De même, toutes les formes d’exploitation des animaux, même celles dites proches des conditions naturelles ou celles de l’agriculture biologique, devraient disparaître car elles ne respectent pas l’individu animal dans toutes ses dimensions, et en font une sorte d’esclave, de machine à produire.
De toute façon, pour la consommation de viande, les animaux sont tués de manière prématurée, on n’attend pas qu’ils meurent de vieillesse ou de maladie. Et puis, même bien traité, un animal ne devrait pas être enfermé et soumis à des contraintes de production et de rentabilité. Il a sans doute d’autres intérêts et « buts » dans la vie que de servir l’homme contre sa volonté.

Dans les zoos et les cirques, les animaux sont la plupart du temps malheureux, et assez souvent carrément maltraités. Il pourrait très bien exister des formes de cirque où on respecte l’animal, ses rythmes et ses aptitudes. Pour les zoos, on peut imaginer une vaste étendue sans cages, avec des espaces réellement adaptés aux individus, mais il ne s’agirait plus d’un zoo, plutôt une sorte de refuge, pour aider des animaux en difficultés par exemple, ou des zones de nourrissage et d’abri pour aider les animaux et faciliter les contacts avec eux.

Comme les humains, les animaux n’ont pas vocation à exécuter toujours les mêmes tâches répétitives et sans intérêt, à être enfermés ou instrumentalisés. Leur condition de personne implique de ne pas en faire des choses, de la chair à hachoir, des esclaves ou des monstres de foire.

Une agriculture non-spéciste

Une fois qu’il est évident qu’il faut abolir toutes les formes d’élevage, d’esclavage et de mise à mort pour nourrir d’autres êtres, il faut aller plus loin dans la remise en cause de l’agriculture telle qu’elle est pratiquée généralement.

Ni les divers poisons visant à éliminer certains animaux, ni les méthodes exaltant l’entredévoration entre animaux (introduction ou développement de prédateurs naturels) de certaines formes d’agriculture biologique ne peuvent convenir à une agriculture non-spéciste. Une agriculture qui ne veut pas porter atteinte à la vie d’autres animaux, même s’ils sont susceptibles de détruire des cultures, devrait chercher d’autres voies.
On peut imaginer des poules vivant en liberté, rien n’interdit de prendre quelques œufs s’ils ne sont pas fécondés. De même, on peut tondre les moutons si on le fait au bon moment et sans les brutaliser, ils sont sans doute contents d’avoir moins de laine en été, mais ce serait à creuser, parce que rien ne dit que leur laine ne leur est pas utile quand même (isolant contre la chaleur, protection contre les insectes...), et puis peut-être qu’ils ont été « manipulés » pour produire des excédents de laine dans l’intérêt des humains..
Diverses personnes ont expérimenté des formes de cultures associées, où les plantes se protègent mutuellement contre les agressions. On peut aussi songer à des formes d’aménagements, autour et dans les jardins et champs cultivés, qui ne favorisent pas le développement d’animaux susceptibles de s’attaquer aux cultures. Par exemple, on peut construire des murs-barrières, des dallages, des haies de plantes répulsives... Ces aménagements auraient en plus l’avantage de prévenir la prolifération des plantes non-désirées qui étouffent les cultures. En accompagnant ça de zones où au contraire on va fournir des abris et de la nourriture aux animaux. On peut aussi tout simplement considérer qu’il n’est pas si grave qu’une partie des cultures serve de nourriture aux animaux environnants, du moment qu’ils ne mangent pas tout. Si on se libère des contraintes et des mentalités de rentabilité maximum, on peut certainement trouver des compromis acceptables pour tout le monde.
Le mouvement de la Vie Universelle expérimente des cultures et des aménagements dans ce sens en Allemagne (http://www.gabriele-stiftung.de/fr/...).

En essayant de créer une unité harmonieuse dans toute la Création, on peut se dire que petit à petit, la bonne entente des humains et des animaux ferait en sorte que la cohabitation se fasse de manière fructueuse pour tout le monde, sans agressions qui empêcheraient les uns ou les autres de vivre correctement. Nous y reviendrons.

Végétarisme ou végétalisme

La logique spontanée voudrait que celles et ceux qui se soucient du sort des animaux soient tous végétaliens dans le contexte social actuel, vu que les œufs, le lait et le miel sont produits en exploitant et tuant d’autres animaux. Et aussi qu’on évite le cuir, les produits testés sur les animaux, etc... Et puis n’acheter que des produits bios ou issus du commerce équitable, et puis ne rien acheter du tout parce que le commerce et l’argent c’est pervers et inégalitaire, etc.
Ce n’est pas si simple, et je ne crois pas qu’il faille accuser ceux qui sont « seulement » végétariens d’insensibilité, de flemme et d’inconscience.
Quand on est radicalement contestataire, on n’aurait plus qu’à se laisser crever ou à s’exiler sur une île déserte si on ne voulait pas faire de concessions au système existant et respecter à la lettre toutes ses convictions. Tous les objets manufacturés sont liés à un système capitaliste qui exploite les humains et les animaux, qui détruit la planète. L’électricité est d’origine nucléaire en France, donc on devrait se passer d’électricité. Si on désapprouve l’Etat, on devrait brûler sa carte d’identité et refuser de payer toute forme d’impôt, refuser d’obéir à la police, etc... Pour survivre, on est bien obligé de faire des compromis par nécessité, pour tenter, justement, de construire un monde dont on n’aurait pas à rougir, sans verser dans la compromission. On peut se dire qu’à trop chercher à vouloir rester « pur » dans sa consommation, en faisant le tri entre les produits « dignes » et ceux qui ne le sont pas, on passe son temps à ça et pas à construire autre chose et à commencer la Révolution, ça peut être un piège qui accapare nos énergies somme toute limitées.
Ca rejoint le débat entre réformisme et révolution. Entre ceux qui prônent un changement par petites touches progressives, et ceux qui croient que le réformisme ne peut pas changer les choses, qui pensent que la révolution est possible, et qu’il vaut mieux tout changer à la base (c’est à dire les mentalités personnelles) au lieu de trop se fixer sur tel ou tel aspect de la barbarie mondiale dont les facettes sont innombrables et enchevêtrées. Le système actuel engendre tellement d’horreurs qu’il est impossible de lutter contre et de ne pas faire de compromis. Je penche pour la voie de la révolution. Soit les personnes s’engagent dans un changement profond qui touche tous les domaines, soit elles ne changent pas et donc ne peuvent pas changer le monde, juste faire des retouches et agir dans un secteur plus ou moins délimité.
Pour ce qui est du végétalisme, peut-être qu’il ne faut pas attendre un changement global qui rendrait les produits végétaliens très courants ou qui créerait d’autres produits, peut-être que c’est un acte qui n’est pas si difficile et donc qui n’accapare pas tellement l’attention ?
Pour l’instant je n’ai pas vraiment tranché. Je me dis qu’un végétalisme pratiqué quand c’est possible, et qui vire au végétarisme quand c’est trop compliqué, est peut-être une solution. Une sorte de demi-mesure, un compromis acceptable si on milite par ailleurs pour un changement global dans les modes de production et d’agriculture. Mais les végétaliens purs sucres vont sans doute crier au sacrilège !
Finalement, la frontière entre compromis et compromission est assez difficile à tracer, elle est subjective et fluctue suivant les individus, leurs actions et le contexte social.

L’expérimentation animale, la vivisection

L’abolition de toute forme d’expérimentation animale est possible
Toutes les formes d’expérimentation et de vivisection sur les animaux sont nuisibles et atroces. Ces expérimentations sont ressenties par les animaux, traités comme de vulgaires objets de laboratoire, comme des tortures abominables et se terminent la plupart du temps par une mort dans la souffrance. Notre devoir d’humains solidaires est donc de faire cesser celles qui sont inutiles et de trouver d’autres solutions pour celles qui semblent utiles.
Des tas de produits inutiles, dans la cosmétique notamment, pourraient très bien être remplacés par des substances plus simples et sans dangers, qui ne nécessitent pas des tests préalables. Les élèves pourraient très bien apprendre l’anatomie et le fonctionnement des nerfs sans découper des souris ou des grenouilles.

Le génie humain est parfaitement capable de fabriquer des simulacres matériels ou virtuels dédiés à l’apprentissage des étudiants, comme ça se fait pour la chirurgie humaine. Les tests peuvent parfois se faire sur des cultures de cellules ou grâce à des modèles informatiques. Seulement, on se fout généralement de développer ce genre de technique, les habitudes sont là et on préfère des techniques moins coûteuses. Et puis, sans doute que pour certains l’expérimentation sur des animaux a une valeur symbolique, il s’agit de bien montrer que les animaux sont des êtres inférieurs et que les humains sont largement au-dessus d’eux puisqu’ils peuvent les élever et les disséquer à volonté. La dissection à l’école vise peut-être davantage l’objectif d’asseoir les dogmes du spécisme que celui de l’apprentissage de l’anatomie. Certains expérimentateurs traitent les animaux comme des objets et ne se soucient pas de leurs besoins parce qu’il leur faut les maintenir à distance et se garder de toute émotion. Si on se mettait à prendre en compte leurs besoins en considérant qu’ils sont des êtres sensibles, les actes d’expérimentation animale apparaîtraient pour ce qu’ils sont : des actes de torture et de barbarie. Ce qui est paradoxal, car en même temps il faut que les animaux soient sensibles pour que les expériences aient du sens. Dans le cas des tests de médicaments, il faut que les animaux soient proches de l’homme si on veut que les expériences puissent indiquer si le médicament peut être utilisé pour des humains (certaines personnes contestent que la transposition des résultats des expériences animales soit pertinente, et remettent en cause le fondement des expériences animales à but thérapeutique).

Les savants considèrent donc que c’est un moindre mal, un mal pour un bien, et les plus ouverts s’efforceront de limiter les expériences au minimum et de mieux traiter les animaux. Mais on ne sort pas du fait que les intérêts des animaux passent après, du fait qu’ils sont considérés comme inférieurs, et que la recherche sur le cancer, le sida ou la grippe asiatique mérite bien qu’on sacrifie quelques animaux, « elle doit permettre de sauver des vies humaines tout de même ! »

Pour autant, il ne faut pas laisser tomber la recherche médicale en se disant que les humains malades n’ont qu’à crever et à souffrir et que c’est bien fait pour eux. Ils ont droit à ce qu’on cherche des médicaments et techniques utiles pour leur santé. Il est vrai que même en développant toutes les méthodes substitutives, les savants actuels trouveront toujours des cas où le recours à des tests sur les animaux serait nécessaire.

Il faut donc aussi remettre en cause la médecine humaine traditionnelle et la façon d’envisager les maladies.
Dans une vraie société humaine, les maladies (surtout les maladies graves) seraient beaucoup plus rares. Les personnes vivraient mieux selon leurs personnalités et se créeraient beaucoup moins de maladies ou autres accidents. L’éclairage précieux de l’Astrologie et une société d’abondance au service de l’épanouissement de tous ses membres sur tous les plans favoriseraient la bonne santé générale de la population. Maintenant, nul n’est parfait, et il y aura toujours des gens malades qui ont besoin de soins. Pour eux, deux types de réponse sont à apporter :

Si on peut conserver les remèdes généralistes pour les traitements bénins (genre aspirine), une autre médecine, centrée sur l’individu unique, est possible. L’Astrologie permet de connaître dans le détail une personnalité (animale ou humaine), et donc de connaître précisément la maladie présente et ce qu’elle signifie. A partir de là, il doit être possible de trouver des remèdes uniques adaptés à chaque cas. Il s’agit d’aller encore plus loin que les médecines dites alternatives comme l’homéopathie, l’acupuncture.... L’Astrologie peut permettre de trouver à coup sûr, pour n’importe quelle personne, un traitement qui peut la soulager et l’aider, si s’est possible, à se remettre sur pied. Pour autant, il n’y a pas de miracle ou de guérison automatique. Si la personne veut s’enfermer dans des choix contraires à ses vocations, elle redeviendra malade, avec la même maladie ou une autre ayant la même signification. Et si elle a choisi de vraiment s’enfermer dans une impasse, elle ne pourra plus guérir et les traitements ne pourront que la soulager.
Dans chaque cas, on aura un traitement unique, il devient donc absurde de faire de la recherche pour développer des médicaments contre telle ou telle maladie en général. Il devient encore plus absurde de tester un remède unique sur d’autres individus (qu’ils soient animaux ou humains) que celui auquel il est destiné.
Cette nouvelle médecine fabriquerait des traitements qui seraient soit efficaces pour la personne concernée (ou inefficaces et sans danger en cas d’erreur) soit inefficaces et sans danger pour toutes les autres.
On ne lutte plus contre une maladie infâme venue de l’extérieur en intruse et sous le coup d’un hasard injuste, mais pour un patient particulier qui s’est fait lui-même sa maladie pour se faire comprendre des choses et comme conséquence de ses choix. Quand on lâche le volant d’une voiture, on a toute chance d’aller dans le décor. Si on utilise une limousine sur une piste de brousse, il y a toute chance qu’il y ait de la casse et qu’on démolisse la voiture si on s’obstine. Les microbes ne sont pas les causes des maladies, ils ne pénètrent dans les organismes et ne font des dégâts que parce que le corps a bien voulu les laisser entrer ou les laisser agir. Il n’y a ni hasard ni fatalité.

Au delà des solutions de substitution et de l’élimination des expériences superflues sur les animaux (recherche militaire, cosmétiques, expériences déjà faites ailleurs...), il conviendrait de remettre en cause la façon d’envisager les maladies, les malades et la médecine, pour en finir avec la tentation d’utiliser des êtres sans défense sans pour autant renoncer à guérir et soulager. Il serait tellement plus logique qu’une discipline, la médecine, qui se donne pour objectif principal de soulager la souffrance, ne se construise pas en infligeant des souffrances à d’autres êtres. En plus, les patients humains auraient à y gagner : des traitements plus efficaces, sans danger et sans effets secondaires néfastes.

Et les animaux nous en apprendraient certainement plus si on les observait de manière respectueuse, sans les tuer, les torturer ou les enfermer. Délivrés de la peur des humains, ils se laisseraient plus facilement approcher et une relation de confiance fructueuse pour tout le monde pourrait s’instaurer.

L’évolution des personnes

Pour approcher certaines notions, il convient d’avoir une vision plus large de l’évolution des êtres vivants. On a vu que les animaux étaient des personnes à part entière, des individus autonomes dotés de conscience, de liberté et de volonté. On peut classer les éléments de l’univers en deux catégories : les structures évolutives personnelles -les individus autonomes- et les structures évolutives impersonnelles -êtres ou structures sans volonté propre, qui sont des instruments dans les mains des personnes, leur servent d’habitat... Les structures impersonnelles sont donc les plantes, le sol, une forêt... La frontière entre les deux est parfois difficile à tracer et cela nécessiterait des études plus approfondies. Il est certain que les chiens, les cochons, les brochets ou les dindes sont des structures personnelles, pour ce qui est des fourmis, des moules, des coraux, des bactéries, des vers de terre, des pucerons..., c’est beaucoup moins évident. On peut aussi imaginer que la structure personnelle se trouve au niveau de la colonie. Par exemple, une fourmi ne serait qu’une sorte de cellule vivante, comparable à celles de nos corps, et la personne serait située au niveau de la fourmilière ou d’un ensemble de fourmilières.
En revanche, il est certain qu’un arbre ou une algue verte n’est pas une personne, même s’il s’agit d’êtres vivants qui ont des réactions quand on les agresse. Ca coupe court à la fameuse controverse dite du « cri de la salade » que connaissent tous les militants végétariens ou végétaliens. Ce qui ne veut pas dire qu’il faille faire n’importe quoi avec les arbres et les salades, on leur doit le respect, mais on peut quand même les manger, et même les couper si on a une bonne raison (qui ne peut être le profit ou le plaisir de la destruction).
Il pourrait être concevable de pousser le respect de ce qui existe plus loin, et d’essayer d’éviter de détruire les plantes, ce qui conduit au frugivorisme exclusif (seuls les fruits sont consommés, pas les salades ou les carottes). Il y a aussi des sages qui balaient le sol avant de marcher pour éviter d’écraser par mégarde des insectes. On pourrait aussi s’abstenir de respirer pour éviter que des bactéries soient détruites dans nos poumons, où placer la limite ?
Peut-être que dans l’hypothèse où l’humanité s’humaniserait, une forme de frugivorisme serait concevable, surtout que les manipulations génétiques pourraient (pour une fois) être utilisées avec profit pour créer-adapter des tas d’espèces d’arbres et arbustes à fruits si celles qui existent ne suffisent pas ? Dans l’immédiat, on a déjà fort à faire avec les animaux et la question de la frontière entre structures !

Dans notre vision religieuse, l’évolution de la vie n’est pas due au hasard et à la nécessité. Le hasard ne joue qu’un rôle secondaire, c’est le jeu que Dieu a laissé au sein des structures matérielles pour que notre liberté puisse agir. Dieu a créé l’univers et les âmes, celles-ci s’éveillent petit à petit dans la matière en expansion et décident d’évoluer, de suivre l’appel qu’elles « ressentent » confusément vers la liberté et la lumière. Au fur et à mesure qu’elles répondent à l’appel de Dieu et à leur propre désir d’accomplissement, leurs capacités augmentent. Leur conscience, liberté et volonté se développent et leurs instruments sensoriels suivent le mouvement.
L’évolution n’a pas lieu sous la contrainte de forces extérieures et du hasard des mutations, elle vient de l’intérieur et s’extériorise ensuite. Elle se construit dans l’action et la vie spirituelle. Les êtres en évolution se servent de ce qui existe et leurs choix influent sur la structure (psychique, physique et spirituelle) de leurs personnalités.
Les âmes sont individuelles, libres et immortelles. Elles n’ont pas pour objectif de se dissoudre dans le Grand Tout, leurs vies et missions successives visent plutôt à développer leur personnalisation et leur conscience, en construisant une vie harmonieuse fondée sur l’amour avec toutes les autres créatures.
Depuis la naissance de la Terre, un grand chemin a été parcouru, qui a abouti aux humains et aux animaux. Force est de constater que les humains ont atteint un niveau de CLV (Conscience, Liberté et Volonté) plus élevé que celui des animaux (à présent ils se sont arrêtés et chercheraient plutôt à « régresser »), même ceux qui sont considérés comme les plus intelligents. Que faut-il en déduire ?

Si on considère que les personnes doivent, idéalement, évoluer dans une démarche asymptotique qui les rapproche de Dieu et d’une personnalisation maximum, plusieurs hypothèses sont possibles :

- 1. Toutes les formes de vie animale représentent divers stades des évolutions individuelles. Les âmes ne débarquent pas directement dans une structure humaine. En rejoignant les visions de Teilhard de Chardin, on peut se dire qu’elles émergent de la matière vivante, il est donc logique qu’elles passent par diverses structures corporelles, petit à petit, à leur rythme. Il n’est donc pas étonnant qu’il existe des tas d’animaux, avec des capacités de toutes sortes, en perpétuelle évolution. Et alors il existera toujours des animaux car il émergera toujours de nouvelles âmes. On voit mal Dieu se limiter à créer au départ un contingent limité d’âmes, surtout quand on voit l’immensité de l’univers, il y a de la place !
On peut donc reprendre la formule « croître et multiplier », pas dans le sens d’une occupation bêtement quantitative de l’espace, mais comme l’idée de remplir l’univers de structures personnelles. Les personnes les plus avancées dans l’évolution auraient, outre la mission de continuer à évoluer, le devoir d’aider les autres créatures à évoluer, en les tirant, en quelque sorte vers le haut. On peut faire une analogie avec le « rôle » de Dieu, Dieu incite les humains à évoluer et à entrer dans la vie spirituelle, et les humains devraient inciter les animaux à faire la même chose. Après, les animaux répondent ou ne répondent pas, ils sont libres de refuser, comme le peuvent les humains, qui l’ont amplement prouvé.

Même si les humains ont franchi un seuil important, il n’y a pas « les animaux et nous », mais un continuum de personnes plongées dans la même aventure qui ont besoin les unes des autres. En refusant de poursuivre l’aventure, les humains ne montrent pas l’exemple et ne jouent pas leur rôle, sans parler du fait qu’ils traitent les animaux en esclaves.

- 2. Les animaux, surtout les prédateurs, seraient les personnes qui ont pris une mauvaise direction et qui s’y sont enfermées. Ils seraient alors une sorte de ratage volontaire, pas irrémédiable mais anormal. Dans cette hypothèse, la Terre idéale ne serait formée que de structures personnelles très évoluées, type humain et au-delà (on peut toujours rêver), ce qui impliquerait un mode de fonctionnement des écosystèmes très différent.

Personnellement, je préfère la première hypothèse, mais rien n’est sûr. Dans tous les cas, les animaux ne sont pas des choses à traiter avec mépris et à massacrer.

Comme toutes les personnes, ils doivent faire des choix et agir dans un sens ou dans un autre, vers le bien ou vers le mal, vers la violence ou l’amour, l’entraide ou l’égoïsme... Ces actes se posent dans leur vie de tous les jours, vis à vis des autres animaux et des humains quand ils en côtoient.
De plus, ils ont certainement des rôles particuliers à jouer vis à vis de la Terre, des autres animaux et des humains, des rôles irremplaçables que ne peuvent pas jouer les humains. Le fait qu’ils aient des capacités moindres en CLV ne fait pas d’eux des robots entièrement soumis à leurs instincts ou des sortes de légumes en attente de transit. Leurs capacités sensorielles différentes, leurs manières directes et plus simples, leur vitalité... pourraient certainement concourir à l’harmonie terrestre et à une transformation de la nature. Comme toute créature, ils peuvent nous aider à mieux comprendre le monde et nos propres personnes. Ils sont sans doute un des livres ouverts pour nous aider à comprendre le sens de l’univers. Ils sont des compagnons de vie dont la fidélité et l’amour confiant réconfortent. Ils nous font toucher la beauté du monde tout autant que les possibilités d’extrême violence. Les animaux ne sont pas des pantins ou du décor pour faire joli et nous distraire, ils sont comme nous des personnes en devenir et nous devons déchiffrer leur sens comme individu et comme espèce. Ils sont des collaborateurs et des frères, pas des jouets ou de la chair à saucisse.
Qui n’a pas connu la joie quand « son » chien se lève tout heureux dès qu’on parle de promenade ? La volupté quand un chat ronronne sur ses genoux (avant qu’il plante ses griffes) ? L’entrain à l’écoute des oiseaux ? La paix auprès d’un cheval au repos ? Le plaisir des yeux devant toutes les couleurs des animaux ? L’émerveillement devant les ballets d’étourneaux ou de bancs de poissons argentés ?

Leurs corps, pas plus que les nôtres, ne sont des dépouilles méprisables dont il faudrait se débarrasser à tout prix ou s’abstraire pour avoir une vie spirituelle authentique. La spiritualisation ne vient pas d’un reniement du corps, de ses fonctions et de ses désirs, mais de l’utilisation que l’on en fait, du choix entre une relation libre et féconde avec Dieu et une simple installation jouissive sur Terre. Il faut maîtriser son corps, ne pas en être esclave, mais notre réalisation se fait par l’incarnation dans la matière, il n’y pas lieu de la nier ou la rejeter, au contraire, il faut la prendre en compte et la transformer comme le reste.
La matière est noble, elle est la résultante de l’amour de Dieu et le réceptacle de l’évolution et de la liberté des personnes. Elle n’est sans doute pas inerte, elle est en relation avec les créatures et joue le rôle de support entre nos choix existentiels et les événements providentiels qui tissent et entrelacent les vies. Elle aussi recèle du sens et des enseignements.

Si les animaux sont des personnes, ils sont libres comme nous de renier leurs missions et de s’entêter dans de mauvaises directions, ce qui nous amène au chapitre suivant.

La prédation - L’entredévoration n’est pas une fatalité écologique

Les gens de mauvaise foi qui ne veulent pas prendre en compte l’existence personnelle des animaux sortent souvent le truc suivant : « les animaux se mangent entre eux, je ne vois pas pourquoi je ne ferai pas de même ». Sans doute sont-ils prêts à sacrifier leur bras ou leur petit dernier pour nourrir un anaconda affamé ? Si l’esclavage des femmes existe dans tel pays, vous êtes pour son existence dans votre ville ? On a beau avoir des physiologies similaires à celles des animaux, je ne vois pas pourquoi on devrait les imiter en tout, il n’y a pas de loi naturelle intangible, les humains peuvent faire des choix en fonction de leur conscience. Et si notre corps réclamait de la viande pour pouvoir fonctionner, ce qui n’est heureusement pas du tout le cas, il serait de notre devoir de fabriquer des substituts issus du monde végétal ou minéral.

Sérieusement, il est clair que la nature qui nous entoure n’est pas un paradis, la plupart des animaux non-soumis aux systèmes concentrationnaires humains sont pris dans les cycles d’entredévoration dits naturels. Dans la jungle naturelle, beaucoup d’animaux passent leur temps à en traquer d’autres pour les faire finir au fond de leur estomac. Pour la défense et/ou pour l’attaque, les crocs, les griffes, les venins mortels, les tentacules, les glus... sont légions et déploient une gamme infinie de pièges et de ruses destinés à tuer et à déchiqueter adversaires et proies. Pour se reproduire, il existe pas mal d’espèces qui tuent directement ou indirectement (parasitisme) des individus animaux. Pour ce qui est des méthodes de tuerie, les animaux n’ont rien à envier aux humains. La seule différence réside dans le fait que les animaux tuent et asservissent à beaucoup plus petite échelle, mais c’est peut-être plus une question de moyens que d’intention.

Les humains sont souvent prompts à exalter et protéger les grands prédateurs. Loups, requins, dauphins, aigles, lions, tigres, renards... retiennent plus souvent l’attention du public que les modestes herbivores ou frugivores. Ils frappent plus l’imagination, il est vrai qu’il y a de quoi, les chasses et mises à mort marquent les souvenirs d’une empreinte d’effroi. Il n’est pas étonnant que beaucoup d’humains aiment les prédateurs, ils ont souvent le même esprit et s’identifient facilement à leurs frères.
Qu’on veuille sauvegarder le loup, le renard ou la belette, très bien, mais on ne se met pas assez à la place de leurs proies.

Bref, il y a des tas d’animaux qui sont ultra-violents, mais ce n’est pas une raison pour considérer que leurs entretueries sont normales et dureront de toute éternité, ou pour faire comme eux. Maintenant, est-il possible que leurs comportements changent, et si oui, comment peut-on les y aider ?
S’il faut reconnaître que les écosystèmes fonctionnent sous certaines règles, il ne faut pas pour autant considérer que ce mode de fonctionnement est inéluctable et qu’il reposera toujours sur des cycles alimentaires avec des tas d’espèces et d’individus qui s’entredévorent en permanence. La nature actuelle n’est pas figée une fois pour toute, ni par des lois biologiques ni par des règles que Dieu aurait créées. Les êtres qui peuplent la Terre la transforment en permanence, leurs choix et actions orientent les choses dans un sens ou dans un autre.
En suivant le raisonnement du chapitre précédent, on voit que les animaux violents sont ceux qui ont fait des choix néfastes, ils sont donc devenus prédateurs et ont revêtu des apparences conformes aux mentalités qu’ils ont choisies de développer. Griffes, dents acérées, agressivité, carnivorisme les caractérisent. On parle avec raison de jeunes loups, de requins de la finance, de rapaces des médias quand on parle de comportements humains choquants. Les mentalités des prédateurs humains ou animaux sont les mêmes, d’ailleurs, les humains les plus belliqueux ont coutume de se couvrir d’armes mortelles, tout comme les animaux carnivores.
Si des animaux ont choisi des mentalités de prédateurs, on peut se dire heureusement qu’ils peuvent faire d’autres choix.

On peut déjà envisager de les inciter à évoluer vers l’amour et le respect des autres êtres par l’exemple donné, la relation qu’on entretient avec eux et l’amour qu’on peut leur témoigner. Il est clair que la chasse et le carnivorisme humain ne peuvent pas donner le bon exemple et ne peuvent qu’encourager les animaux à continuer à se massacrer entre eux.
Autres solutions : les humains pourraient développer des systèmes de nourrissage et d’abris qui invitent les prédateurs à se passer de viande (et des nourrissages qui aideraient aussi les autres). Pour ça il faudrait inventer des nourritures adaptées pour certaines espèces qui ont un besoin physiologique de viande animale. Ca se fait pour les chiens, et même pour les chats, qui s’en portent très bien (voir : http://www.vegechat.org/arguments.html). Il n’y a pas de raisons pour que ça ne puisse pas s’envisager pour d’autres espèces. Il n’existe pas d’instinct inéluctable qui les pousserait à consommer de la viande, les habitudes se changent, les constitutions physiques et génétiques aussi avec le temps.

Evidemment, ces méthodes ne peuvent fonctionner qu’à long terme, si l’immense majorité des humains changeait d’attitude vis à vis des animaux et si les prédateurs y mettaient de la bonne volonté.

Faut-il aller plus loin et imaginer des méthodes plus interventionnistes ? Les proies apprécieraient sans doute de n’être plus chassées et de vivre plus librement et sereinement. Il y a conflit entre la liberté des proies et celle des prédateurs, faut-il favoriser le mulot ou le renard ? Spontanément, on aurait tendance à se ranger du côté des plus faibles, les proies, et à vouloir éliminer (sans les tuer) ou « corriger » en douceur les prédateurs. Mais on peut aussi considérer que les mulots sont porteurs d’un autre type de nuisances : l’envahissement et la destruction de récoltes, et qu’ils ne « valent » pas mieux que les renards.
Les cycles d’entredévoration ne sont pas un obstacle a priori, il est possible que d’autres équilibres se créent, spontanément ou avec l’aide humaine, sans nécessité de régulation de certaines espèces (trop envahissantes, destructrices) par la chasse humaine ou la prédation animale. Là aussi, comme pour les méthodes d’agriculture, il doit être possible d’inciter les espèces et les individus à se maîtriser (sauterelles, taupes, limaces, troupeaux de sangliers...). Les arguments des chasseurs sur la nécessité de réguler les populations animales reflètent surtout leurs intérêts, et les écologistes traditionnels gagneraient à remettre en cause les dogmes de la bonté de la nature, de l’infaillibilité intangible de ses lois.

Des campagnes de stérilisation sont donc envisageables pour éradiquer progressivement les prédateurs, à moins de pratiquer sur eux des manipulations génétiques visant à leur donner d’autres habitudes alimentaires. Certains vont tout de suite crier à l’eugénisme, mais est-ce qu’ils se soucient de l’eugénisme et de la sélection impitoyable menés par les éleveurs pour fabriquer des races monstrueuses pour le profit ? Il y aurait donc deux sortes d’eugénisme : un bon eugénisme, celui qui manipule et instrumentalise dans l’intérêt des humains, et un mauvais eugénisme, celui qui transforme les prédateurs dans l’intérêt des animaux chassés ?
Manipuler un corps d’animal carnivore pour qu’il devienne végétarien serait immoral, tandis que manipuler des cochons pour qu’ils grossissent plus vite et avec plus de chair consommable serait moral ? Ce n’est pas sérieux.
Mais ça ne veut pas dire que l’eugénisme pratiqué sur les prédateurs soit une bonne solution, je n’en sais en fait rien, je dis qu’il ne faut pas l’exclure a priori.

D’autres éléments entrent en ligne de compte, qui feraient pencher pour le rejet d’un eugénisme par stérilisation ou manipulations génétiques.

- Le fait que la mise au point de manipulations génétiques visant à rendre végétariens des animaux prédateurs obligerait sans doute, en tout cas dans l’état actuel des connaissances, à pratiquer des expériences sur ces animaux, expériences qui seraient sans doute source de souffrances et de morts.

- Sa possible inefficacité, pour plusieurs raisons :

D’abord, il existe tellement d’espèces et d’individus prédateurs, qu’il apparaît très difficile de les toucher tous.
Ensuite, leur liberté entre en ligne de compte. Puisque les prédateurs ne le sont pas par hasard ou par nécessité, si on tente de les faire disparaître en temps qu’espèce ou individu, il y a toute chance que les individus réapparaissent ensuite au sein d’une autre espèce, tout aussi carnivore, ou qu’ils « pervertissent » des espèces jusque là pacifiques, ou que leurs mentalités génèrent des mutations qui font revenir des espèces à la prédation, ou même qu’ils tuent juste pour le plaisir, sans nécessité alimentaire ou reproductive. Les âmes individuelles ne disparaissent pas avec la mort et ne se transforment pas à coup de bistouris ou de manipulations génétiques. Même si on stérilisait tous les prédateurs, ce qui est de toute façon impossible, ils « reviendraient » sous une forme ou une autre. Bien sûr, cela implique de sortir du matérialisme ou des visions de type chrétien qui considèrent que l’âme ne s’incarne qu’une fois, sans tomber pour autant dans un fatalisme de type oriental.

Ce n’est pas l’élimination physique ou la transformation d’un individu ou d’une espèce qui va faire disparaître les mentalités de prédateurs. Ces mentalités résultent de choix individuels, seuls des choix volontaires et libres de la part des prédateurs peuvent inverser la tendance. On peut faire toutes les bonnes actions que l’on veut, ça n’y change rien. De même, si on faisait vivre les humains actuels dans un monde paradisiaque, sans aucune forme d’exploitation et de pouvoir, leurs mentalités dominatrices et violentes inchangées recréeraient assez vite les monstrueuses « sociétés » actuelles. On pourrait toujours tenter de les inciter ou de les droguer, ce serait inutile, à moins de les transformer en robots, mais ils ne seraient plus des personnes, juste des sous-légumes. Une contrainte eugénique serait une atteinte à la liberté des prédateurs totalement inefficace ?

D’un autre côté, on peut aussi imaginer que les prédateurs se sont forgés avec le temps des sortes de carapaces contraignantes, et que leur volonté seule ne peut suffire à les dégager de cette gangue-prison, ils auraient alors besoin d’une aide extérieure pour briser ou atténuer les mécanismes instinctifs violents dans lesquels ils se sont enfermés. Un peu comme les désincarcérations pratiquées par les pompiers dans les accidents de voiture.

Difficile de trancher, il faudrait faire des études et expérimentations plus poussées, et commencer par des techniques d’incitation non-violente pour y voir plus clair. En l’état actuel, je serais plutôt pour ne pas faire d’eugénisme. Il me paraît plus prudent et plus logique de chercher toutes les solutions d’incitation et d’aide, globales et individualisées, en laissant de côté les solutions techniques systématiques qui s’adressent à des espèces ou des groupes.

Une chose est sûre, la prédation est horrible et on doit essayer, si c’est possible d’y porter remède, c’est notre devoir d’humain sensible doté de capacités d’intervention de plus en plus grandes. C’est une sorte de mission collective de compassion et de libération envers les animaux. Ce serait déjà très bien si les humains arrêtaient l’exploitation et le massacre des animaux, mais il ne faudrait pas en rester là en laissant la nature se démerder sous prétexte que ce n’est pas notre affaire, que c’est très compliqué et qu’on a déjà suffisamment de quoi s’occuper pour construire des sociétés entre humains.

En tout cas, il est réconfortant de voir que des chiens et des chats peuvent se passer de viande, ou de constater des cas d’entraide entre « ennemis », comme cette lionne qui s’occupe maternellement de petites antilopes. Comme quoi les comportements ne sont pas figés et des individus peuvent évoluer à contre-courant des traditions de leur espèce.

Les relations inter-espèces

Des tas d’animaux se côtoient pacifiquement, les relations inter-espèces existent de manière limitée. Des relations plus poussées, coopératives, affectives, sexuelles, peuvent-elles s’envisager ou les individus doivent-ils rester entre membres d’une même espèce ou d’espèces apparentées ?
Dans la nature, des phénomènes de symbiose sont constatés, il existe des formes d’entraide pratique, mais tout ça est assez limité. Chacun pense avant tout à sa survie et passe pas mal de temps aux tâches liées à la reproduction et à la nourriture. Peut-être que dans une nature avec moins de prédateurs et plus de confort les animaux auraient une autre attitude ?
Des relations parentales, amicales ou affectives existent entre espèces d’animaux différentes, surtout quand ils sont mis en présence dans des espaces restreints (chiens et chats, chiens et cheval...). Il existe sûrement des moyens pour les favoriser. J’en profite pour rappeler que l’Astrologie pourrait aider à connaître les capacités des individus, et les aider à vivre leurs personnalités, ce qui les amènerait sans doute à se tourner davantage vers les autres animaux (humains compris).
Pour ce qui est des relations sexuelles inter-espèces, les animaux sont faits de manière très différente, elles sont donc très rarement possibles, à supposer que les animaux les désirent.

Il faut aussi aborder le cas particulier des relations entre humains et animaux, dont on peut davantage parler puisqu’on est acteur.
Il est évident que les formes d’entraide sont possibles. Les animaux sont d’ailleurs utilisés, de manière trop souvent esclavagiste, pour faire des tas de chose avec les humains. On pourrait développer des formes d’échanges de service équitables, sans exploiter ni contraindre les animaux et évidemment en respectant leurs capacités et rythmes propres, tout le monde aurait à y gagner. Il n’y a pas de raison que les humains se dépensent sans compter pour les animaux, et que ceux-ci n’en foutent pas une (c’est un peu une boutade, il n’est pas question d’instaurer le travail obligatoire si les animaux ne manifestent pas de la bonne volonté).
Il est évident aussi que des relations affectives existent entre humains et animaux, qui sont plus que le simple attachement instinctif envers la personne qui vous nourrit et vous protège que l’on pourrait déduire de l’attitude de certains animaux dits de compagnie. Une complicité, une compréhension spontanée, un amour mutuel sont possibles, des tas de témoignages l’attestent. Evidemment, les ennemis des animaux ou les gens ordinaires vont dire qu’il ne s’agit que de sensiblerie déplacée, que celles et ceux qui ont des relations intimes avec les animaux sont des frustrés aigris, des misanthropes ou des malades, incapables d’accepter la solitude ou d’avoir des relations dites normales avec leurs congénères humains. Même si ces cas peuvent exister, ça ne change rien à la réalité et à la valeur des relations existantes entre humains et animaux. Et vu la violence et la bêtise de nombreux humains, on peut comprendre que certains soient tentés d’aller voir ailleurs. Ce serait même tout à l’honneur des animaux d’aider par ce biais des humains en difficulté ou exclus pour une raison ou une autre. Beaucoup de pédagogues ont fait l’éloge du contact étroit avec les animaux pour l’équilibre d’humains en difficulté : jeunes délinquants, handicapés mentaux, autistes, drogués... (il faudrait s’assurer que les animaux ne sont pas maltraités)

Qui dit affectivité dit glissement possible vers la sexualité. Et on arrive à la question polémique de la zoophilie, c’est à dire des comportements à caractère sexuel entre humains et animaux. La quasi totalité des gens hurlent au loup et à l’horreur avant même d’avoir réfléchi deux secondes à la question. Il n’y a pourtant pas de quoi fouetter un chat.
Tout d’abord, il faudrait définir ce qu’est la sexualité. Beaucoup de gens considèrent encore que la sexualité est définie par les actes qui mettent en jeu diverses formes de pénétrations (vaginales ou anales, et éventuellement buccales), ce qui est totalement idiot. Ce serait réduire la sexualité à la génitalité, et nier les pratiques sexuelles mettant en scène les organes génitaux sans pénétrations (dans l’homosexualité féminine par exemple) ou toutes les formes de plaisirs sensuels qui ne font pas appel aux organes génitaux (seins, bouches, oreilles, doigt de pied, nombrils, yeux, etc..., c’est à dire toutes les parties du corps en fait). C’est une vision de la sexualité très réductrice et encore très inféodée aux interdits liés à la procréation et aux comportements stéréotypés du modèle hétérosexuel patriarcal. C’est encore pire chez certains intégristes dits religieux, où la sexualité se définit comme les rapports sexuels entre garçons et filles, à but reproductif uniquement, certains vont même jusqu’à tout codifier et à considérer que seule la position dite du missionnaire est acceptable !
On pourrait tenter de définir la sexualité autrement, en disant qu’il s’agit de toutes les pratiques visant à donner volontairement du plaisir à autrui ou à soi-même par le biais de l’échange et de l’excitation corporelle. Mais ça n’est pas encore satisfaisant. Ca voudrait dire que la gastronomie, la danse, les massages, le sport... sont des formes de sexualité. Après tout pourquoi pas ? Une danse ou un plat exécutés avec amour sont aussi très érotiques. On a d’ailleurs souvent rapproché sexualité et nourriture. Et quand on voit les rugbymen qui s’empilent sur les pelouses... Il est en tout cas certains que des tas de gens utilisent des moyens détournés pour vivre des actes sexuels « camouflés » et contourner les interdits (notamment en matière d’homosexualité ou de relations avec les jeunes) et limitations normatives de la vie courante. Divers substituts servent à remplacer les actes sexuels traditionnels et qui ne peuvent ou ne veulent être vécus comme tels.
En fait, la sexualité est liée à des plaisirs d’un type particulier, sexuels-sensuels, difficile à caractériser, où des sensations corporelles excitantes et un plaisir psychique se mélangent. Et les pratiques ne peuvent pas être classées a priori en sexuelles (ou sensuelles) ou non. Tout dépend de l’intention des personnes, de leur sensibilité et développement propres, de la situation...

Selon cette définition de la sexualité plus conforme à la réalité, la zoophilie (sexualité humain-animaux) est en fait une pratique très courante. Dès que vous caressez votre chien dans le but de lui faire plaisir, c’est de la sexualité, même si vous ne touchez pas ses organes génitaux et si vous vous limitez à la tête, au dos ou au ventre (attention, vous approchez de la zone « dangereuse » !, on commence par frotter les pointes des seins et...). Dès que vous faites ronronner votre chat ou le caressant dans le sens du poil, c’est de la sexualité zoophile.
Evidemment, avec le mot zoophilie, les gens pensent tout de suite actes brutaux avec pénétrations, étant donné qu’ils ont la même image caricaturale concernant la sexualité humaine, mâles humains en rut qui éclatent des poules ou des chèvres, ou mises en scène pornographiques avec femelles humaines et chevaux ou chiens, les fantasmes se déchaînent ! Mais là ce n’est plus de la sexualité respectueuse, c’est de la violence à caractère sexuelle, de l’exploitation, du bizeness. Rien à voir avec des actes d’amour mutuel qui respectent les désirs et l’intégrité de l’autre. Est-ce que vous avez l’impression de violer votre chien ou votre cochon quand vous lui caressez la tête ?

Interdire ou condamner la zoophilie de manière systématique et préventive est absurde puisque elle existe déjà en grand, y compris chez les vertueux moralisateurs qui vous promettent l’enfer si vous avez des comportements homosexuels ou déviants. Comme toujours, il faut faire la part des choses, entre les actes violents et attentatoires à la liberté et les réponses respectueuses aux désirs exprimés avec satisfaction mutuelle. La frontière entre immoralité et moralité n’est pas au niveau des types d’actes, d’organes en jeu ou de personnes, mais au niveau des intentions et des façons de faire.

Comme les humains, les animaux ont le sens du confort et du plaisir, ils savent manifester, si on est attentif, ce qui leur plaît ou leur déplaît. Il n’y a donc aucune raison de rejeter a priori, pour des raisons morales ou physiologiques, de possibles relations humains-animaux où les organes sexuels seraient en jeu. On ne voit pas pourquoi on ferait de telles distinctions entre les organes : les seins ou les dos seraient si différents des pénis, des vagins ou des clitoris ? Pourtant, ils sont pareillement faits de nerfs et de peau. Les zones sensibles comme étant le top du top et la référence obligée en matière de sexualité.
Bien entendu, des relations sexuelles inter-espèces avec pénétrations seraient rarement possibles dans la pratique du fait d’incompatibilité biologique. Resterait alors la masturbation, les contacts buccaux génitaux. Il va de soi qu’un humain ne pourrait les envisager que si un animal le demande expressément, de manière à éviter tout risque d’abus.
Attention, je ne prône pas la sexualité humains-animaux avec utilisation des organes sexuels. On a déjà largement de quoi faire entre humains, et les animaux ont des tas de congénères pour s’envoyer en l’air s’ils le veulent (sans doute faudrait-il les laisser plus libres de ce côté-là). Et puis on peut déjà vivre une très large sexualité avec les animaux sans se préoccuper des organes génitaux, les corps ressentent beaucoup de plaisir sans les pénis ou les vagins, et cela est pratiqué par une bonne partie des gens.
Je voulais juste remettre les choses en place, briser quelques tabous, poser quelques questions et ne rien interdire a priori. En espérant que ça ne me vaudra pas un lynchage de plus ! Quand on voit ce qu’a subi Peter Singer du fait qu’il a essayé d’apporter des nuances sur cette question (voir N°22 des Cahiers-Antispécistes).

- Dernier point concernant les relations inter-espèces : la communication.

Chacun sait qu’on peut se comprendre sans la parole, que le regard et la connaissance de l’autre permettent de communiquer simplement. C’est évidemment valable pour les animaux. Ils n’ont pas besoin de parler pour se faire comprendre, et ils comprennent souvent nos mots par l’intonation et les actes qui y sont associés. Pour certaines espèces et individus, il est possible d’aller plus loin, il semble par exemple que dauphins et singes peuvent apprendre des rudiments de langages.
D’autre part, un reportage vu à la télé montrait une femme extraordinaire aux USA qui arrivait à communiquer de manière époustouflante avec toutes sortes d’animaux en échangeant des images mentales avec eux. Ca paraissait tout à fait sérieux. Elle affirmait que beaucoup de gens pourraient développer ce « don ». Elle arrivait à comprendre les désirs des animaux, leurs griefs ou leur manques. Sûrement une des pistes d’une meilleure compréhension inter-espèces.

Une maison commune pour des personnes solidaires

Le changement de perspective dans les rapports avec la nature et les animaux implique de briser les barrières enfermant les animaux dans des catégories et des espèces. Fini les animauxde rente, les animaux de compagnie, les bêtes de somme, lesanimaux sauvages ou domestiques, les nobles bêtes ou les sales bêtes, les animaux dignes de soins et ceux que l’on piétine, les pur-sang et les sous-races, les bâtards et les bêtes à concours... C’est la même chose que pour l’égalité humaine : ni femme ni homme, ni jeunes ni vieux, ni riches ni pauvres, ni blancs ni noirs... Dans une vision spirituelle qui considère chaque personne comme un être individuel et important, on s’adresse de manière égalitaire à des individus autonomes, pas à des représentants anonymes d’espèces, des numéros d’abattoir ou de tatouage.

Par conséquent, les différences de traitement spécistes devraient cesser tout autant dans les rapports avec les animaux que dans l’organisation des territoires. Les animaux ne seraient plus cantonnés dans les rôles qui ont été définis pour leur espèce (rôles qui varient d’ailleurs fortement selon les pays et les époques), les humains auraient des contacts libres avec des individus animaux, comme ils devraient le faire pour les individus humains (on en est très loin, vu la force des discriminations et dominations sexistes, âgistes, racistes...). Les chiens ne seraient pas forcément voués à vivre avec des humains, et les sangliers ne seraient pas forcément voués à vivre de manière sauvage en forêt.

On verrait alors toute une graduation de liens entre des animaux et des humains, qui iraient du plus familier au plus sauvage, sans aucune distinction d’espèces. Les zones habitées par les humains seraient largement ouvertes à toutes sortes d’animaux, pas seulement les traditionnels chiens, chats, chevaux, oiseaux... Ils seraient libres de se rapprocher des humains ou de rester plus à l’écart. Il faudrait construire de multiples abris pour les animaux, voire de véritables maisons adaptées à leur usage. Les humains, avec l’aide de certains animaux, essaieraient d’offrir dans la nature non habitée par l’homme des zones de nourrissage et d’abris, liées ou nom aux cultures destinées à l’alimentation humaine. Il n’est pas possible que l’homme réorganise l’ensemble de la nature, mais la préservation de zones complètement sauvages est un non-sens de toute façon impossible. A partir du moment où humains et animaux travaillent la main dans la main, la distinction entre nature sauvage et nature humanisée devient encore plus improbable (on sait que les émanations des activités humaines se répandent partout, y compris dans les régions réputées « vierges »). De fait, il n’y aurait d’ailleurs plus de distinction à faire entre société humaine et nature, on parlerait simplement de la Terre, de ses habitants et des structures qui les accueillent. La société formerait un tout harmonieux incluant les animaux, qu’ils vivent ou non proches des humains. Bien sûr, il ne s’agit pas de tout contrôler et de tout « bétonner », mais d’accompagner, de transformer progressivement, de révéler et magnifier les structures terrestres impersonnelles, qu’elles soient petites ou grandes, pour leur propre « épanouissement » et pour qu’elles puissent jouer au mieux leur rôle vis-à-vis des personnes, pour une sorte de spiritualisation de toute la création, qui favorise l’évolution des êtres et la « naissance » d’autres personnes. On est là à 100 lieues des visées écologistes ou protectionnistes traditionnelles, qui n’ont aucune vision de sens et d’évolution spirituelle, qui se limitent à la préservation de l’existant.

Il ne s’agirait pas de tout « artificialiser » (au sens de fabriqué par les humains, sans connotation péjorative, l’artificiel n’est pas forcément pire que le naturel, et inversement), quand on voit la magnificence et la variété des plantes, on se dit qu’il serait difficile de faire mieux.
L’idée serait certainement d’agencer et de combiner différemment les « matériaux » (structures impersonnelles), pas de tout recréer à la base ! Et avant d’envisager les techniques de manipulations génétiques ou autres, il y aurait déjà de quoi faire en observant avec un autre regard les structures existantes qui n’ont pas été trop abîmées par la volonté de destruction et d’exploitation des humains actuels.

La biosphère est tissée d’un réseau interconnecté à plusieurs niveaux, il faut le redécouvrir et le faire fructifier pour toutes les créatures au lieu de le nier, de le détruire ou de le détourner au profit exclusif des humains. Les paysages, les espèces, l’eau, la terre, les minéraux... ne se répartissent pas par hasard. Déjà, les particularités géographiques, climatologiques, ethnologiques, pédologiques... permettent de définir des nations de taille réduite adaptées à une unité démocratique pour les humains. L’étude de la Terre permettrait sans doute de dégager d’autres niveaux de structures porteurs de sens, au-dessus et au-dessous de ces nations. Des personnes, parfois un peu excentriques, peu importe, ont décrit des sortes de réseaux invisibles pouvant servir à déterminer les meilleurs emplacements pour une habitation. Il faudrait comprendre la personnalité de chaque écosystème, ce qu’il veut dire et comment il faudrait entrer en relation avec lui, et les animaux seraient sans doute d’un grand secours dans cette tâche. On est là devant un immense terrain à défricher, et on ne peut pas trop faire de prospective pour ne pas risquer de délirer.

Les humains et les animaux devraient ensemble constituer une sorte de jardin libre et harmonieux en révélant les structures impersonnelles, aux antipodes des mégalopoles inhospitalières, des sites industriels pollués et moches, des lotissements d’habitations humaines formatées, des zones commerciales hideuses, des zoos, des élevages concentrationnaires, des parcs ultra-réglementés et des forêts vierges peuplées de prédateurs qui vous guettent au coin du bois.

Une véritable humanité, investie de sa dimension divine, n’aurait pas pour objectif de s’installer sur Terre pour jouir du paysage ou des êtres qui s’y trouve, sa mission est d’une autre nature : réunir les âmes par l’amour en transformant le monde en une sorte de paradis. La luxuriance éclatante de la nature actuelle suggère la possibilité de l’abondance pour toutes les créatures, surtout si les structures impersonnelles sont magnifiées, réorientées et stimulées.
Pour continuer ce que tout le monde qualifie de délires mystiques, on peut ajouter que cette mission implique certainement que les habitants de la Terre aillent un jour développer la Vie sur d’autres planètes en les rendant habitables. Mais là on entre carrément dans la science fiction, surtout que les humains et les animaux ne sont pas du tout partis pour continuer le flambeau, pour l’instant...

Luttes de libération ou Révolution globale ?

La libération animale ne se limite pas au végétarisme ou au végétalisme. Pour mettre fin à toutes les formes d’exploitation des animaux par les humains, de nombreuses habitudes sociales et économiques sont à changer. Et si on prend en compte la libération individuelle de chaque animal et la libération des instincts, de la prédation, des pullulements destructeurs, des nécessités lancinantes de survie, c’est une toute autre vision de la Terre, des animaux et du rôle de l’humanité qui se fait jour. Cette vision remet en cause une économie centrée sur le profit, la domination et la compétition. Elle critique les modes d’agriculture, de relation à la nature en général et aux animaux en particulier, d’occupation des sols, de construction, d’habitation...
On voit alors qu’une libération animale complète ne peut se vivre de manière effective que dans le cadre d’une révolution globale mise en œuvre par la grande majorité des humains, et qu’elle ne peut s’achever qu’avec la collaboration volontaire des animaux. On pourrait déjà les libérer de notre emprise, mais rien ne dit qu’ils aient envie de se libérer de leurs instincts violents, de la prédation...

On retrouve là les éternels débats entre réformisme, luttes de libération et révolution.
Je crois hélas que le réformisme et les luttes de libération sectorielles sont sans issues, elles ne pourront jamais aboutir vraiment si les humains ne changent pas en profondeur leurs mentalités en effectuant une révolution intérieure. Dans le contexte actuel, on trouvera toujours des minorités qui se sentent concernées par un ou plusieurs domaines, mais elles resteront des minorités et n’auront guère d’influence sur la marche du monde, quels que soient leur nombre et leurs mérites.

Les systèmes existants génèrent tellement d’horreurs qu’on pourrait passer tout son temps à essayer de lutter contre, sans jamais parvenir à changer les choses puisqu’on ne change pas la source des atrocités, c’est à dire les individus. Il paraît plus judicieux d’adopter une démarche révolutionnaire qui coupe en nous, et donc par conséquent aussi dans nos actes, la source de toutes les barbaries, y compris celles qui concernent le spécisme.

On a donc le choix entre des luttes de libération et de réformisme partielles, qui donnent quelques résultats à court terme et concerneront toujours des minorités, et une révolution personnelle radicale fondée sur la vie spirituelle (la relation avec Dieu, qui seule peut initier cette révolution, contrairement aux idées gauchistes fondées sur la seule raison), qui ne donne aucun résultat tant que les personnes qui la vivent sont en nombre dérisoire, mais qui peut potentiellement tout changer, contrairement aux luttes et réformismes.

Evidemment, quand on ressent toutes les horreurs du monde actuel, qu’elles concernent les animaux ou les humains, on a spontanément envie de s’engager dans des luttes partielles pour parer à l’urgence et tenter de réparer les injustices les plus criantes, en se disant que si des tas de gens font de même, l’addition de ces luttes créera un changement global et profond. La réalité montre malheureusement qu’il n’en est rien. D’une part, seules des minorités se mobilisent, la majorité des gens préfère se tenir tranquille et assurer son bifteck. D’autre part, même si les réformistes étaient très nombreux, du fait qu’ils ne remettent pas en cause les choses en profondeur, chacun crée des problèmes et blocages dans le domaine de lutte d’un autre, et rien n’avance. Ce type de cercle vicieux interdit tout changement profond. Imaginez quelqu’un qui construit patiemment une plate-bande, et son voisin arrive le nez en l’air et piétine tout !
Exemples : une personne lutte pour faire admettre le végétalisme, seulement elle a des comportements stéréotypés dans le domaine des relations inter-humaines (hétérosexualité, famille...), et empêchera de fait toute évolution dans ce domaine. Inversement pour quelqu’un qui milite pour le féminisme ou l’abolition des genres et se contrefout des animaux. Autre exemple, quelqu’un qui milite contre les zoos, les corridas et l’expérimentation animale et qui ne remet pas en cause le capitalisme empêchera l’avancée de celle qui milite pour la fin du salariat, de la propriété privée et de l’entreprise. Celle qui lutte contre les totalitarismes politiques et pour une vraie démocratie directe sera empêchée par celle qui s’imagine vivre dans un système politique réellement démocratique. Celle qui lutte contre les pollutions sera bloquée par le fait qu’elle ne remet pas en cause le capitalisme dans son fondement et par celles qui luttent pour le droit au confort pour tous. Celle qui est contre l’avortement pour de bonnes raisons sera en butte à celui qui est pro-avortement pour de bonnes raisons aussi. Etc etc...

Dire que les luttes s’additionneront naturellement est un leurre, elles ne font qu’avoir un impact limité et toujours remis en cause par les forces de domination prêtes à resurgir de la part d’individus ou de structures collectives, et elles se concurrencent et se détruisent mutuellement par leur incomplétude et leurs visées parfois contradictoires. Chacun agit selon sa sensibilité propre, les combats des autres ne l’influencent guère. Au lieu de s’additionner pour concourir à la libération générale, les luttes partielles ajoutent plutôt à la confusion générale en créant une autre forme de guerre. Les idéologies, les égos, les intérêts, les luttes prioritaires ou secondaires, urgentes ou pas pressées... se font concurrence et sont en conflit permanent, ce qui au final maintient le statut quo (ce qui n’ôte rien aux idées parfois géniales et avant-gardistes, à l’indignation réelle des militants et à leur désintéressement).

Celles et ceux qui prônent la transversalité des luttes sont déjà plus cohérents. Il est évident que le féminisme, la libération des homos ou des enfants, l’antispécisme, l’anticapitalisme, l’antifascisme... se rejoignent. Mais, en dehors du fait qu’ils ne prennent pas en compte forcément tous les domaines, ils oublient souvent qu’il ne suffit pas d’être contre, qu’il faut aussi être pour, et capable de vivre autrement dans le concret. La révolution et le changement ne peuvent être que globaux et radicaux, tout est lié, tout résulte de l’addition des volontés individuelles. Ils oublient aussi souvent qu’il ne sert à rien de changer des structures ou d’accuser des pouvoirs, que le changement vient d’abord de soi, et surtout que ce changement ne peut se faire en se reposant seulement sur la raison et en rejetant Dieu. C’est un peu comme s’ils voulaient remettre en marche une voiture (en ayant éventuellement des bonnes idées pour son utilisation) en refusant de mettre le bon carburant. Soit la voiture ne part pas, soit elle part dans le décor ou explose.
Les luttes, qu’elles soient transversales ou partielles, sont peut-être une forme de fuite de la révolution personnelle. Je ne dis pas ça pour entrer en conflit avec les militants traditionnels, mais pour les inciter à voir plus loin et à comprendre ma position.

La libération animale ne doit pas viser à rendre l’homme animal, mais à « humaniser » les animaux. En prenant le mot humain au sens noble, pas dans l’aspect qu’ont pris les prédateurs actuels, qui ne méritent guère le qualificatif d’humain.

Voilà, j’ai fait rapidement un tour de la question animale. J’ai certainement oublié des points importants. J’ai tenté d’éclaircir certaines questions, mais il reste beaucoup de points obscurs ou incertains. Pour y répondre, il faudrait que les humains s’engagent majoritairement dans la libération animale et la libération humaine, qui forment une seule et même révolution.

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Zora
juin 2003
Màj : 5 juin 2008
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