Nous assistons à un déchaînement antipédophile comparable à celui que l’on a déclenché (et qui se poursuit encore) à l’encontre des "sectes". Même scénario : dramatisation soudaine et pilonnage médiatique. Mêmes buts : stigmatisation, désignation à la vindicte publique et mise hors d’état de nuire des derniers dissidents, ceux qui, au-delà des vrais coupables avec lesquels on les confond sciemment, se permettent de ne pas marcher droit, refusent d’adhérer aux néo-conformismes imposés par les nomenklaturas et les intelligentsias, et résistent au nivellement et à l’uniformisation partout infligés. On les jette en pâture comme des parias et des boucs émissaires selon un processus bien connu et constamment pratiqué dans les sociétés préhumaines où les pouvoirs ont besoin de se protéger et de "s’innocenter" en détournant les traumatismes, les frustrations et les mécontentements qu’ils ne cessent de générer sur des points de fixation qui vont absorber la saleté et "blanchir" ceux qui la produisent. Mêmes résultats : affolement général, création d’ambiances pourries par les soupçons et les délations qui ont tendance à se généraliser, disparition de tout esprit critique et, surtout, menaces très graves et voies de fait diverses proférées ou commises au préjudice de gens qui n’ont rien à se reprocher, mais qui sont inquiétés, harcelés, traduits indûment en justice, contraints d’abandonner leur emploi ou leur domicile et parfois même poussés au suicide, tellement on a ravagé leur existence. Les responsables officiels ou officieux de ces crimes n’en ont rien à cirer et continuent à singer la vertu.
On pourrait citer d’autres cas où se manifeste, orchestrée par les mêmes auteurs (politiciens, journalistes, associations privées...) et avec les mêmes intentions, une sorte d’hystérie collective. Citons, par exemple, le "révisionnisme" que l’on évoquait légitimement à propos de certaines attitudes précises liées à la Shoah, mais que l’on jette maintenant en toutes circonstances à la figure d’un nombre croissant de gens sur laquelle on la colle, sans autre forme de procès, comme une étiquette ignominieuse. Car il en est du "révisionnisme" comme de la chasse antipédophile ou antisectique : accusation vaut condamnation. Dès que le mot est lâché sur une malheureuse victime, tout le monde voit rouge et la presse fait caisse de résonance. On en vient même à rétablir en catimini une sorte de délit d’opinion. A plusieurs reprises, j’ai lu, sous la plume de "personnalités honorables" ( ?) qu’on ne devrait pas avoir le droit d’exprimer certaines opinions, alors qu’il est bien évident (parce que c’est un droit élémentaire et fondamental) que tout point de vue (je ne parle pas d’insultes, de calomnies, d’appels au crime...), y compris celui qui paraît le plus aberrant ou le plus monstrueux, a le droit absolu de voir le jour et d’être entendu. Ces dérives extrêmement graves s’inscrivent dans un courant de "préfascisation" souterrain et insidieux qui s’enfle depuis vingt-cinq ans et dont le développement s’est beaucoup accéléré depuis le début des années 90...sous l’égide d’un pouvoir socialiste ( !!) devenu expert en tartufferie et qui, sous prétexte de "défendre" ou de "protéger" les personnes (c’est l’argument constamment invoqué) ne cesse en fait de les contrôler, de les ficher, de les quadriller, de les surveiller, de les pénaliser et de les réprimer toujours davantage.
Après avoir planté le décor et décrit le contexte, j’en reviens à la pédophilie "proprement" dite...c’est vraiment le cas d’employer cet adverbe, étant donné les termes dans lesquels je vais en parler. Je ne récuse d’ailleurs pas le mot, quelles que soient les connotations ignobles qu’on lui a accolées, puisqu’il est magnifique en lui-même et signifie "amour des enfants". A la différence d’un autre mot que je répudie : "inceste", condamné par sa propre étymologie ! Dans les collectivités complètement dévoyées où nous sommes obligés de croupir et qui ne méritent aucunement d’être appelées "sociétés" puisqu’elles se caractérisent depuis le Mésolithique par l’arriération, le primitivisme et la barbarie, la violence règne partout, enseignée et pratiquée en grand par les Etats modernes et, en particulier, par le répugnant Etat français qui s’est conduit depuis plusieurs siècles comme l’un des plus grands assassins de la planète. Sait-on, par exemple, qu’il n’a pas fallu moins de quatre "guerres d’extermination" pour contraindre les Bretons qui ne le voulaient pas (et ils avaient bien raison) à devenir Français. Depuis, eux aussi ont été écrasés par le rouleau compresseur jacobin, et à un point tel qu’ils semblent en avoir perdu le souvenir et en être ravis ! Grand bien leur fasse ! Je parle en tant qu’historien et connais mon affaire. Bref, tous les grands Etats du monde sont nés de la violence, qui constitue le fond même de leur nature, et continuent à la manier, soit entre eux, soit au détriment des groupes divers et des individus qui les composent.
Partout répandue et chaudement recommandée (entre autres sous l’une de ses formes les plus meurtrières, la compétition, qui sévit dans tous les domaines et accumule les ruines), on la retrouve naturellement dans la plupart des conduites pédophiles. Pourquoi ce secteur ferait-il exception, surtout lorsque la "société" civile et l’Etat l’encouragent et montrent l’exemple ? Pour me référer à un cas voisin, chaque année, sont commis sur la Terre des centaines ou des milliers de crimes hétérosexuels (viols etc..) Mais l’on ne va pas pour autant condamner en bloc l’hétérosexualité ! Alors pourquoi le fait-on à propos de la pédophilie ? Disons-le clairement : il n’y a aucune raison valable (et je défie quiconque de m’en trouver une seule) pour condamner la pédophilie par principe et dans tous les cas. Est-il besoin de préciser encore une fois que si l’on a affaire à la brutalité, au déchaînement des instincts, à la contrainte etc.., je juge ces comportements inadmissibles avec autant de sévérité que leurs habituels détracteurs. Mais oser soutenir que ça ne peut se passer que de cette façon est un mensonge éhonté ! Prétendre, comme on le lit et comme on l’entend partout, que toute caresse ou tout baiser de nature sensuelle prodigué à un enfant constitue forcément une "agression", c’est se moquer des gens...et du vocabulaire. De telles positions sont à la fois absurdes et criminelles.
Absurdes, d’abord. Je vais illustrer mes propos en m’appuyant sur les articles d’un "grand quotidien du soir". Il s’agit du numéro paru le 1er mars 2001. Que peut-on souhaiter de mieux ? Tout le.. monde ne s’accorde-t-il pas pour considérer que.. "Le Monde" est un des journaux les plus représentatifs des élites éclairées du..monde entier ! Entre gens de qualité, on aime à se citer. C’est ainsi que (p. 10) P. Benkimoun et S. Blanchard reproduisent avec le plus grand respect un texte de l’éminente psychanalyste E. Roudinesco qui vaut son pesant d’or. "Il faut admettre, dit-elle, que les enfants ont une sexualité...". Sans blague ! Quelle découverte ! "Ils peuvent même avoir des désirs sexuels pour des adultes...". Quelle audace ! A-t-elle vraiment trouvé ça toute seule ? Mais voilà qu’après avoir enfoncé ces portes ouvertes, la célèbre praticienne (dont j’ai déjà eu l’occasion de lire quelques autres bavures et chiures) fait marche arrière avec un illogisme parfait, se retire précipitamment et se refuse à tirer les conséquences de ce qu’elle a entrevu. Selon elle, les enfants sont pourvus de sexualité et de désirs, mais immédiatement après avoir risqué cette affirmation capitale, elle ne veut plus le savoir, elle ne veut plus en entendre parler et il ne faut pas surtout pas en tenir compte. Tout au plus, cette femme si remarquable -et nous en arrivons là au comble de la bêtise et de l’abjection- consentira-t-elle à faire une concession à la sexualité enfantine et pré-adolescente. Laquelle ? Je vous la donne en mille. Vous n’en croirez pas vos yeux, mais je n’invente rien : le touche-pipi ! Quelle largeur d’esprit et, surtout, quel noble idéal proposé aux enfants ! On ne sait plus s’il faut s’esclaffer, s’indigner ou pleurer. En tout cas, voilà un excellent condensé de sottise, d’obscurantisme et de mauvaise foi. Et ce sont ces gens-là qui vous font la morale ! La même dame souligne plus bas qu’il faut "expliquer aux enfants qu’ils ne doivent pas se laisser toucher par des adultes". Pour quelle raison ? Nous n’en saurons jamais rien et ces chers petits non plus. Mais après tout ils ne seront pas tellement décontenancés, car ils sont habitués à donner ou à recevoir ce genre de réponse, très explicite, qu’ils expriment, quand ils sont dans l’ignorance ou dans l’embarras, par la formule : "Parce que...". Etant fort bien placé pour me méfier des journalistes comme de la peste, je tiens à m’excuser par avance auprès de notre spécialiste, dans le cas où ils auraient déformé ou tronqué sa pensée.
Mais je n’en crois rien, car celle-ci, telle qu’elle est rapportée par "le Monde" et partagée par environ 200 % des gens, est bien trop banale et consensuelle pour avoir été trafiquée ! On serait tenté de se poser le même genre de question, apparemment sans réponse, au sujet de la loi, dont les dispositions sont ainsi résumées sur la même page du même quotidien : "Il est ainsi admis qu’en dessous de 15 ans l’enfant ne peut disposer librement de sa personne : toute relation sexuelle entre un majeur et un mineur est donc prohibée". Dans la pratique, cette prohibition s’étend jusqu’à l’âge de dix-huit ans, hypocritement masquée par une condition assez vague (il faut que le partenaire "ait autorité" sur le jeune) pour qu’on la déclare remplie à chaque fois qu’on en aura ainsi décidé. Bien des adultes de bonne foi se sont laissés piéger, d’autant plus facilement que cette chausse-trape s’accompagne de plusieurs autres avec lesquelles elle forme une législation volontairement obscure et incohérente destinée à abuser et à punir le maximum de gens, y compris ceux qui se veulent respectueux de la loi...au sujet de laquelle je disais plus haut qu’on serait "tenté" de s’interroger. Mais on renonce à cette prétention lorsqu’on y regarde de plus près et qu’on se souvient opportunément que c’est dans la nuit qui précède notre quinzième anniversaire que nous sommes pourvus d’un corps, d’un sexe et de désirs. Il est donc normal qu’on en fasse abstraction jusqu’à cet âge puisqu’ils n’existent pas auparavant.. Allez, circulez ! Il n’y a rien à voir, donc rien à dire, ni à redire.
Et c’est le même type de raisonnement par l’absurde qu’il nous faut appliquer dans le domaine de l’éducation. La bande des quatre (parents, psys, éducateurs, enseignants) nous répète à l’envi, au cours de lyriques envolées, qu’il faut exercer toutes les potentialités de l’enfant, ses facultés intellectuelles, physiques, imaginatives, sensibles, esthétiques, créatrices...que sais-je ? Mais comme par hasard, la sensualité est une fois de plus inconnue au bataillon, exclue de ce magnifique programme, parfaitement négligée, comme si elle gênait, comme si on en avait peur et comme si les enfants en étaient dépourvus. On se borne à jeter sur elle un voile de pudibonderie, comme si elle était dégoûtante. Heureusement, comme dirait notre inénarrable Roudinesco, qu’il leur reste comme exutoires le touche-pipi et la branlette, les deux mamelles de l’enfance, si j’ose dire, qui peut ainsi, pour son plus grand profit moral, s’abreuver d’auto-érotisme et se livrer sans retenue à des attouchements de pissotières. On imagine le niveau d’évolution supérieure atteint par ceux qui donnent de tels conseils ! Décidément, tout se tient en préhumanité, tout baigne dans la même chiennerie : le juridisme, le psychologisme, le pédagogisme, le journalisme et tout le reste. On se trouve aux prises avec une parfaite irrationalité. Les antipédophiles systématiques, c’est-à-dire tout le monde ou presque, sont bien obligés de reconnaître en théorie certaines réalités sexuelles, tellement elles sont énormes, mais, dans la pratique, ils les nient et les rejettent contre toute évidence. Ces contradictions ne prêteraient qu’à sourire si elles n’engendraient de multiples conséquences que je n’ai pas hésité à qualifier de criminelles.
Le premier genre de crime est commis contre l’innocence et contre des innocents par des voyeurs et des dévoyeurs qui voient et qui créent le mal partout où se posent leurs yeux impurs et malveillants, exactement comme le font les forcenés de l’antisectisme qui détectent continuellement de nouveaux groupes suspects. La souillure ne se trouve pas toujours dans ce qu’ils considèrent, mais dans leur esprit sale et mal tourné, dans leur regard malpropre porté sur des intentions et des comportements qu’ils dénaturent et qu’ils corrompent. Les turpitudes qu’ils dénoncent à tort et à travers trouvent d’abord chez eux leurs racines, et la rage qu’ils mettent à les condamner procèdent de frustrations et de fantasmes personnels qu’ils n’osent pas s’avouer et, surtout, mettre en oeuvre. Au fond d’eux-mêmes, ils se haïssent de leur lâcheté et se vengent sur ceux qui auraient le courage de vivre une authentique pédophilie, primo, en les assimilant délibérément, par mensonges, calomnies et amalgames, aux malfaiteurs qui sévissent réellement dans ce domaine, secundo, en essayant d’intérioriser chez eux un sentiment de culpabilité tout à fait indu et surtout, bien sûr, en les livrant sans aucun scrupule à la haine aveugle et assassine des médias, de l’opinion publique, des pouvoirs officiels et des tribunaux. En se donnant pour des parangons de vertu, ces hypocrites projettent leur mentalité malsaine et répugnante sur des victimes expiatoires chargées de payer leur veulerie. Habités et attirés par le vice, ils le détectent et s’en délectent avec un flair infaillible, lorsqu’il existe, mais l’inventent avec non moins d’assurance lorsqu’il n’existe pas. Pour retourner une expression employée par un autre fameux numéro, S. Royal (lorsque les "gouvernantes" s’y mettent, au nom d’un féminisme perverti, elles en arrivent, comme la Thatcher, à se révéler pires que les hommes) je dirai que de tels agissements constituent de véritables "crimes" perpétrés non seulement au préjudice de quelques personnes dont les buts et les comportements sont hautement louables, mais aussi, de façon plus générale, "contre l’humanité" de l’ensemble des enfants et des adultes.
Ainsi qu’on l’avait compris dans certaines sociétés antiques et extrêmes-orientales, pédophilie et pédagogie sont inséparables. La première doit s’inscrire harmonieusement dans un projet pédagogique intégral dont on peut regrouper les principaux traits sous deux rubriques : éducation et "élévation". Conformément à l’étymologie du mot qui la désigne, l’éducation suppose une double "extraction". D’abord (s’extraire de soi-même), celle qui consiste à s’ouvrir et à s’intéresser au monde dans l’ensemble de ses composantes et de nos rapports avec lui, ensuite (extraire de soi-même), celle qui implique l’analyse et la mobilisation créatrice de toutes les facultés et ressources de l’enfant (intellectuelles, volitives, imaginatives, esthétiques, sensibles et... sensuelles), telles que les dépeint, dans leur intensité et dans leurs coloration particulières, son thème de naissance astrologique. A la dimension "horizontale" d’une éducation qui se fait de plus en plus large et englobante s’ajoutent les données "verticales" de l’élévation nécessaire à tout bon "élève", qui se composent, primo, de hautes exigences morales et spirituelles et, secundo, d’une approche distanciée et donc très critique (on siège au plafond, comme Lamartine) des réalités et des problèmes contemporains ainsi que des questions de base, métaphysiques et quasi intemporelles, qui se posent à chaque individu pris séparément et à l’espèce tout entière.
Deux autres éléments essentiels. D’abord le caractère égalitaire (mais nullement vulgaire et complaisant) de la relation pédagogique, qui joue dans les deux sens, car un enfant évolué est parfaitement capable de comprendre et d’assumer à sa manière les difficultés d’un adulte et, même, grâce à la fraîcheur de son jugement et à l’intégrité de son bon sens, de suggérer des propositions et des solutions efficaces, même sans entrer dans les détails "techniques" qui peuvent le dépasser. Ensuite et enfin, tout doit être fondé sur Dieu et inspiré par Lui qui imprègne la vie intérieure de chacun des participants à la grande aventure éducatrice et élévatrice tout autant que leurs relations mutuelles. Il ne s’agit pas, répétons-le, de "traiter" séparément la sensualité de l’enfant, mais de l’intégrer à un projet global et sublime qui réclame de sa part efforts et auto-discipline. Il n’est pas question non plus de la "maltraiter", c’est-à-dire d’en devancer et d’en forcer la maturation, mais bien plutôt d’en accompagner le développement et d’en faciliter l’expression.
Dès lors qu’une relation humaine répond à trois critères essentiels, le respect, la tendresse et -le plus important des trois- des buts communs, elle doit être déclarée saine et sainte, chaudement célébrée et recommandée. Cela vaut pour la pédophilie ainsi conçue et pratiquée, comme pour d’autres formes de rapports aussi abusivement et scandaleusement décriés et proscrits. On peut même avancer que tout commerce humain, parce qu’il unit deux êtres incarnés, devrait comporter, pour être vraiment complet et fécond, une composante charnelle, quels que soient les âges, les caractères, les sexes et les liens de parenté en présence. L’absence de contacts physiques ne constitue pas un "plus" spirituel, comme on l’affirme depuis Aristote et Sénèque à propos d’une "amitié" souvent portée aux nues parce qu’elle ne tolèrerait d’autres rapprochements corporels que des "cordiales" poignées de mains et des accolades "fraternelles", mais une très grave lacune qui a faussé énormément de relations, les a rendues troubles et ambiguës, les a vouées à l’inachèvement et à l’insatisfaction et les a finalement empêchées de s’accomplir et de porter tous leurs fruits.
Le projet éducatif que je viens de décrire dans ses très grandes lignes et qui traduit exactement le terme " pédophilie" en lui redonnant toute sa vigueur, toute sa richesse et ...ses lettres de noblesse rend hommage à ce "génie" de l’enfance dont ont parlé, entre autres, M. Yourcenar et S. de Beauvoir et qui, dans nos prétendues "sociétés", est totalement ignoré et rejeté, parce que bien trop gênant. Comme l’avait compris J.P. Sartre, il existe un âge privilégié, qui se situe approximativement entre 7 et 12 ans, où tout pourrait et devrait être mis en place. A ce moment décisif, l’enfant jouit d’une grâce exceptionnelle qu’il ne retrouvera plus et qui est faite de tout un ensemble de qualités à l’état natif : bon sens, jugement, aptitude à discerner l’essentiel, réceptivité considérable, sagesse, fraîcheur et maturité qui ne proviennent pas de l’expérience, bien sûr, mais de la transparence d’un être intact et de son équilibre spontané...et provisoire. Le véritable "crime contre l’humanité de l’enfant" dont parle si bien ( !) Royal et qui est érigé au rang d’institution dans nos sociétés dépravées consiste à négliger volontairement ce merveilleux potentiel fait de joie et de gravité, dont on a peur et dont l’exploitation permettrait aux jeunes d’accéder à l’âge adulte avant l’adolescence, de s’épargner ainsi une crise artificielle et de prendre un bon départ dans la vie.
Or, nous assistons, dans la pratique, au reniement complet de ces ressources et de ces espérances. Nous avons affaire à des millions de pourceaux à l’engrais, à des petits animaux domestiques qui sombrent dans les niaiseries, les Pokemons, les gadgets et les chansonnettes, qui adorent des stars et des vedettes de pacotille, qui ne songent qu’à se faire plaisir et à satisfaire des envies. Aucun idéal, aucune exigence, aucune préoccupation supérieure, aucune discipline, à part le minimum imposé par la vie quotidienne. On confond enfance avec infantilisme et enfantillages. Les parents, gravement coupables (mais ils ne font que représenter la "société) encouragent de toutes leurs forces ces dérives qui, s’imaginent-ils d’ailleurs à tort, permettent de consolider leur emprise sur ces "chers petits". Ils se font les pourvoyeurs empressés, les prestataires de services en tous genres de leurs progénitures qui ont vite fait de tirer parti de la situation, qui en réclament toujours davantage, qui deviennent de plus en plus capricieux, tyranniques, blasés, indifférents, pervers et cruels. On blasphème et on saccage l’enfance en lui proposant un idéal de cancrelat qui ne sait que jouir et consommer. Et bien sûr, on aura droit, comme d’habitude aux grandes tirades sur les progrès de la pédagogie, sur le rôle bienfaisant de l’école et de la famille, sur la nécessité de l’intégration sociale et professionnelle...
Mais les jeunes ne sont pas les seules victimes de cette attitude sacrilège, de ce massacre des innocents toujours renouvelé. Les adultes en pâtissent tout autant, car ils ont besoin, pour s’épanouir, de l’aide inestimable que, seuls, les enfants pourraient leur apporter en les faisant bénéficier d’une collaboration, d’une coopération, d’une communion placées sous le signe de l’affection, du dévouement et de la clairvoyance. La relation pédagogique est faite de services actifs mutuels, parce que les deux partenaires ont un besoin égal l’un de l’autre. Et l’on peut étendre le raisonnement à l’ensemble de la "société", qui commencerait à se régénérer si les rapports entre adultes et jeunes devenaient beaucoup plus forts, beaucoup plus intimes et beaucoup plus fructueux. L’abîme qui les sépare provient d’un manque de considération réciproque. Les jeunes méprisent les grandes personnes qui les prennent pour des ours en peluche qu’on flatte et qu’on cajole, pour des êtres inférieurs et adorés, des objets favoris, des pets, des tamagochis dont on mendie l’amour en les comblant de faveurs et de cadeaux ; et ils s’en vengent en utilisant leur faiblesse et leur complaisance, en les manoeuvrant et en les menant par le bout du nez. Car les adultes, de leur côté, qui s’imaginent "tout faire pour leurs enfants" méconnaissent et négligent leurs capacités les plus importantes et les plus fondamentales, et les relèguent dans une puérilité, une insignifiance, une futilité et une insouciance qui vont leur permettre (c’est du moins ce qu’ils espèrent) de maintenir indéfiniment emprise et dépendance. Parce que les adultes ne traitent pas les enfants en adultes, les enfants se revanchent en traitant les adultes comme des enfants.
Par rapport à la pédophilie, nous sommes actuellement dans la situation où se trouvait l’homosexualité adulte vers 1895, à l’époque du procès d’Oscar Wilde. Même réprobation unanime, mêmes exclamations d’horreur devant l’infamie, le vice, la perversion etc... Bref, une arriération identique. Peut-on espérer un changement dcs mentalités et des attitudes au cours des décennies à venir ? J’en doute fort. Parce que cette exécration, illégitime, immorale et inhumaine, tient aux fondements mêmes des pseudo-sociétés que nous avons créées pour nous bousiller. J’évoquerai deux points en particulier. D’abord, il est absolument nécessaire à leur survie que les collectivités préhumaines entretiennent en permanence un processus "d’angélisation" parallèle et comparable à celui qui génère la "diabolisation". Pour redorer leur blason, se purifier, se magnifier et se glorifier à leurs propres yeux, elles font semblant d’évacuer leur sanie en la projetant et en la fixant sur des "monstres" absolutoires et rédempteurs (les sectes, les pédophiles, les criminels, Saddam Hussein, Milosevic, les Israéliens pour les Palestiniens et inversement etc..) qui vont la concentrer exclusivement sur eux, en délivrer les autres ou, au moins, leur faire croire qu’ils en sont exempts.
Mais il ne suffit pas de faire éclater son "innocence" par contraste avec la vilenie des méchants. Il faut encore la sublimer, la transfigurer, l’hypostasier en la transférant sur des entités vierges et sur des chérubins candides, bref sur ces angelots évidemment asexués que seraient les enfants, je dis bien "évidemment", car ils ne sauraient être imprégnés par une chose aussi sale que la sexualité. On saisit là, au passage, l’influence désastreuse et vicieuse exercée par les grandes "religions" (bouddhisme, islam, judéo-christianisme..) qui, par une inversion très courante en préhumanité, se donnent pour des messagères de Dieu et pour des bienfaitrices de l’homme alors qu’elles profanent l’Un et détruisent l’autre. Il est drôle de constater que certains "protestants athées" qui se considèrent, parmi beaucoup d’autres, comme des "esprits forts" et qui se croient délivrés de ces empreintes barbotent, en fait, dans une "société" profondément souillée par des principes pseudo-religieux qu’ils acceptent et qu’ils préconisent dans leur intégralité, pourvu qu’ils revêtent le manteau de la sécularisation et de la laïcisation !
Pour en revenir à nos chers petits mignons ainsi transformés en saints de vitrail, il faut affirmer avec une allègre férocité et un réalisme de bon aloi qu’ils ne ressemblent en rien à ces chastes et saintes figures, et que leurs comportements sont, pour le moins, équivoques. Certains, sans aucune pudeur mal placée, affirment leur sexualité en faisant des avances aux adultes. Ils pratiquent avec brio le détournement de majeurs, ce qui est tout à fait sain et normal. Et si nous n’avions pas affaire à des lois stupides et criminelles, celles-ci permettraient aux "grandes personnes" et leur feraient presque un devoir moral de répondre à ces invites, au lieu de laisser patauger les uns et les autres dans des frustrations plus ou moins refoulées et nauséabondes. Et c’est là où les choses se gâtent et deviennent insupportables. Les interdits inadmissibles qui frappent les relations entre les adultes et les jeunes, lorsqu’ils se conjuguent au culte imbécile d’une fausse innocence rendu par les premiers aux seconds, corrompent ces derniers en les reléguant, en les confinant et en les empoisonnant dans l’atmosphère anaérobie, dans le jus putride d’un infantilisme entretenu avec complaisance par des parents qui traitent leurs rejetons comme des hamsters que l’on comblerait à mort de nourriture et de cadeaux pour les rendre inconscients de la déchéance et des mutilations auxquelles on les condamne, des atteintes irréparables qu’on fait subir à leur personnalité, des coups bas que l’on inflige à leur existence définitivement compromise et faussée.
Tout est fait naturellement pour que personne ne s’aperçoive de rien et que tout le monde accepte et "souffre" en le canonisant un état de choses intolérable et nocif au plus haut point. La conséquence en est, je le répète, que les enfants sont foncièrement dépravés. Evidemment, je ne parle pas seulement de certains des "sollicitants" évoqués plus haut, qui cherchent à circonvenir les adultes pour les piéger, les faire chanter etc... De façon infiniment plus générale, je fais allusion aux dispositions partout répandues chez eux qui en font des êtres plus ou moins, primo, vulgaires, grossiers, brutaux, ensuite, oublieux, indifférents, insensibles, enfin, cruels, tyranniques, pervers et impitoyables. Ils se vengent comme ils peuvent. Toujours au sujet de nos petits chéris et pour égayer mon propos, je ferai part d’une lecture récente. Il s’agit d’une mère ayant traîné en justice un enseignant qui avait eu le malheur de donner trois coups de pied à l’auguste derrière de son fils pour mettre fin à une bagarre.. Pauvre chou ! Dans ce cas, mais il n’en est pas toujours ainsi, le tribunal a eu le bon sens de relaxer le prévenu. Mais il aurait dû aller plus loin et condamner la mère à recevoir sur son postérieur une bonne dizaine de coups de latte pour lui remettre les idées en place. Les procès de ce genre sont maintenant légion. Voilà à quoimène le culte idolâtrique des enfants..."intouchables" ! Pendant des générations, on a toléré, sinon encouragé, les traitements sadiques infligés par de nombreux instituteurs à leurs élèves. Et voilà que maintenant on n’accepte même plus l’exercice le plus bénin d’un "droit de correction" tout à fait normal. Comme toujours, on observe que la préhumanité est tellement désaxée qu’elle se montre tout juste capable d’osciller entre diverses absurdités et aberrations sans jamais s’en échapper.
Après le besoin viscéral et incoercible de sacraliser l’enfance à travers une mythologie entièrement coupée du réel, il est une autre raison, encore plus forte et liée à la première, qui m’interdit d’espérer la moindre évolution dans la manière d’appréhender la pédophilie : c’est l’emprise totalitaire de la famille (mono ou biparentale, décomposée ou recomposée, peu importe) , de cette famille qui constitue avec l’Etat l’un des deux fléaux institutionnels les plus ravageurs dont se soit dotée la préhumanité à titre d’auto-punition. Les "meilleures" familles sont évidemment les pires, dans la mesure où elles accomplissent avec le plus d’efficacité les deux principales fonctions meurtrières dont elles sont chargées et que je rappelle pour mémoire. D’abord, la reproduction sociale, la perpétuation du désordre établi réalisées grâce à toutes les formes d’intégration, de soumission, d’uniformisation, de moulinage et de "moulisation" obtenues elles-mêmes par l’utilisation intensive de ces mêmes méthodes d’intoxication dont on reproche l’emploi aux "sectes". L’Etat, proche des familles comme le cul adhère à la chemise, les stipendie pour les dédommager, les remercier et les encourager, mais il est évident qu’il les exploite de manière éhontée, car les allocations versées sont bien loin de récompenser comme ils le mériteraient les éminents services qui lui sont rendus, même s’il les complète avec le bourrage de crâne scolaire.
Deuxième mission impartie à la famille, qui est indispensable au succès de la première et qui touche de plus près notre sujet : l’étouffement d’une affectivité et d’une sexualité qui doivent être sévèrement contrôlées, car leur libre (je n’ai pas dit : licencieuse) expression contient tous les germes de révolte et de destruction qui pourraient mettre à bas les gigantesques machines à tyranniser et à domestiquer, économiques, politiques, religieuses, culturelles... que les cliques de nantis, en s’appuyant sur les nécessités prétendument incontournables de la nouvelle économie mondiale, font tourner à leur profit dans le cadre de dictatures ou de démocratures (il n’y a entre elles que des nuances de façade) soigneusement organisées et fliquées pour mettre fin à toute dissidence et à toute contestation fondamentale. Qu’on me permette de rendre au passage un hommage tout particulier aux gouvernements socialistes français qui ont profité de leur trompeuse étiquette pour aller sournoisement plus loin que la droite n’eût osé le faire dans le quadrillage, le fichage, l’espionnage et même, quelquefois, la persécution des "citoyens", dans les atteintes gravissimes portées contre les libertés des Français et des étrangers, dans la mise en oeuvre d’une politique internationale marquée par un cynisme tout à fait immoral, par le culte servile rendu à l’argent et à ses tripoteurs et accumulateurs, par la promotion d’une idéologie rationaliste et bientôt antireligieuse étroite, intolérante et impérialiste, par exemple dans les domaines scientifiques et philosophiques, par l’accélération du mouvement réactionnaire et rétrograde qui désole ce pays depuis vingt-cinq ans et qu’on pourrait qualifier d’hygiéniste puisqu’il s’agit de nous rendre une vraie "santé" du corps et de l’esprit, consensuelle et correcte, en nous préservant des miasmes physiques, mentaux et moraux répandus par les très rares minorités réfractaires encore subsistantes...beaucoup plus que par les industriels pollueurs ou par les élites bien pensantes. N’oublions pas que nous vivons une ère de "purification"...pas seulement ethnique.
Puisque j’en suis aux compliments, je ne voudrais pas les épargner à deux catégories de bienfaiteurs de l’humanité pour qui je nourris une affection débordante et que j’ai eu l’occasion d’évoquer au début de ce texte. D’abord les psys. Qu’on me pardonne quelques confidences personnelles. En 1961 (c’était peu de temps après que j’ai commencé à lire très régulièrement "Le Monde", mais je ne pense pas qu’il y ait un lien de cause à effet entre les deux événements !), j’ai connu une période de "déprime" très accentuée. Dans un moment de faiblesse, je me suis adressé à un psychanalyste. Mais ça n’a pas traîné. Je me suis vite ressaisi et, au bout de quelques semaines, j’ai envoyé promener la cure et, malgré ses objurgations, le curateur. Quarante ans après, je me félicite encore de ce sursaut de vitalité, de lucidité et d’autonomie. J’entrevoyais que nos difficultés et nos problèmes ne sont pas faits pour être "résolus" (c’est-à-dire éliminés), mais pour être utilisés de façon très positive à travers des sublimations qui sont indiquées par les thèmes de naissance astrologiques (tant pis pour les obscurantistes qui se gausseront de cette affirmation) et qui requièrent d’énormes efforts, mais à notre portée. Après tout, la moindre des choses qu’on puisse exiger d’un être qui se dit humain, c’est l’héroïsme quotidien.
Ceci dit, je me suis toujours considéré comme un grand malade mental, comme un psychopathe plus ou moins pervers et narcissique, comme un composé assez subtil de paranoïa et de schizoïdie, avec une petite touche d’hystérie (manifeste dans les grandes occasions), l’ensemble fonctionnant comme une vieille locomotive à coups de bouffées délirantes. Ce ne sont pas les R.G et les associations antiseptiques (dont le flair et la sagacité sont légendaires), ni tant d’autres personnes qui me confondent avec le VIH (voyez comme je suis parano !) qui diront le contraire. De toute façon, les énormités révoltantes que je soutiens dans ce texte (et dans beaucoup d’autres qui sont à votre disposition et qui concernent à peu près "omnis res scibilis" ; excusez-moi de conserver la formule au nominatif) ne peuvent qu’étayer cette conviction, partagée par l’immense majorité des gens qui, après m’avoir approché, se sont enfuis épouvantés. Et puis patatras ! l’opinion que j’avais de moi-même, apparemment bien fondée, s’est trouvée ébranlée par la lecture de l’ouvrage récent "Liberté, égalité...psychiatrie" d’un spécialiste en la matière, J. Maisondieu, qui introduit une distinction très intéressante entre la maladie mentale et la folie. Imaginez le dilemme angoissant qui s’est imposé à moi : en définitive, participais-je de la première ou de la seconde ? Eh bien, je tiens tout de suite à rassurer mes supporters : après avoir lu attentivement les observations de cet éminent psychiatre, je me suis aperçu que j’étais à la fois un malade mental et un fou, les deux qualifications n’étant, paraît-il, nullement incompatibles. C’est bien mon cas puisque je souffre simultanément d’une "pathologie de la liberté" et d’une "pathologie de la communauté", ainsi que tous mes écrits le démontrent.
Le fait d’être complètement cinglé ne m’empêcherait pas, bien au contraire, d’apprécier à leur juste valeur les différentes espèces et sous-variétés de psys, s’ils n’encombraient pas un peu trop le paysage. Au point de départ, leur but, si j’ai bien compris, était d’étudier les lois générales de fonctionnement du psychisme humain. Noble ambition, mais dont on peut se demander si elle n’était pas déjà illégitime et irréalisable. Car il est, pour le moins, paradoxal de vouloir appliquer la rigueur assez simpliste des méthodes expérimentales valables en macrophysique à des processus non-reproductibles en laboratoire et d’essence immatérielle, le cerveau n’étant, comme le disait Bergson, que le support et non le producteur de phénomènes psychiques qu’il a seulement pour rôle de rendre présents au monde afin qu’ils puissent interagir avec lui. Mais enfin, c’était acceptable, à condition de ne pas sombrer, comme l’ont fait tant de psychotechniciens, dans de grossiers étalonnages rabaissant l’être humain au niveau d’ un objet que l’on évalue et que l’on soupèse en vue de son "pressurage" par une "société" avide d’en tirer le meilleur parti avant de le jeter comme une vieille écorce. Là où les choses se sont compliquées et sont devenues extrêmement inquiétantes et nocives, c’est lorsqu’on a prétendu faire "bénéficier" l’inconscient individuel (et collectif) d’une approche "scientifique" similaire, totalement inadaptée à son objet et porteuse des excès et des abus les plus graves.
D’abord sur un plan théorique, lorsqu’on s’est acheminé vers un déterminisme écrasant qui fait de l’homme un véritable pantin mû par des forces qui lui échappent. La psychologie des profondeurs existait déjà, constituée dès le XVIIème siècle par de hardis explorateurs, tels que des psycho-métaphysiciens comme Malebranche ou Fénelon, ou des maîtres spirituels comme Saint François de Sales, le P. de Condren ou M. Olier qui en avaient analysé avec pertinence les méandres et les ambiguïtés afin que l’homme puisse en jouer à son profit comme d’une "basse" aux sonorités subtiles et variées. A la fin du XIXème siècle, tout change. C’est l’homme qui en devient le jouet et l’objet, réduit à une somme de pulsions sauvages (sans parler des conditionnements collectifs) qu’il lui est très difficile de définir et pratiquement impossible de gouverner. Il perd la qualité de sujet doté de libre arbitre et entraîne Dieu dans son inexistence. Que de fois ai-je lu sous la plume des adeptes de la psychanalyse qu’on ne pouvait pratiquer cette discipline sans devenir athée. C’est logique. Il n’y a de liberté qu’en Dieu et par Dieu. De sorte que la négation de l’une implique le rejet de l’Autre.
Sur un plan pratique, les conséquences sont désastreuses. Car nos geôliers ne se contentent pas d’énoncer les lois générales de notre auto-incarcération intérieure. Ils nous enjoignent d’y obéir après les avoir individualisées pour chacun d’entre nous. L’exemple le plus caricatural est sans doute fourni par les sinistres farceurs qui officient dans les prétoires et qui se permettent, de la façon la plus arbitraire et la plus irresponsable, d’élucubrer sur le degré de responsabilité de l’accusé, sur ses chances de "guérison", qui le "démontent" comme s’il s’agissait d’un mécanisme de précision dont ils auraient compris l’inexorable et invariable mouvement d’ensemble après en avoir extrait et étudié toutes les pièces et tous les rouages. Quelle "inconscience" et quelle présomption ! On observe ici très précisément le passage catastrophique qui s’opère insidieusement entre des appréciations théoriques portant sur le fonctionnement de l’inconscient, qui se veulent "objectives" quoique très sujettes à caution, mais qui, au moins, sont dépourvues d’application pratique, et des jugements normatifs qui impliquent des qualifications morales, posent des interdits, suscitent des condamnations et constituent donc des empiétements et des abus intolérables.
Le pire est que la race nuisible des psys grouille et prolifère partout... y compris sur les lieux d’accidents ! On ne cesse de solliciter leurs avis et de s’y référer. Ils sévissent dans les cabinets de consultation comme dans les milieux éducatifs et familiaux. Et c’est là où nous rejoignons la pédophilie dont l’interdiction est présentée faussement et traîtreusement comme la traduction sur un plan conscient et comportemental de règles fondamentales inscrites au plus profond du psychisme humain et déterminant son heureuse évolution. Il s’agit là d’une véritable escroquerie : on fait semblant de s’appuyer sur des données "scientifiques" qui seraient incontournables pour justifier et imposer une normalisation qui ressortit uniquement au flicage social. Et l’on ne fait qu’imiter le grand ancêtre Freud qui était un vieux réac castrateur pour qui la "bonne" sexualité devait se conformer aux usages en vigueur dans la "bonne" société, afin, disait-il, de "lui être utile", puisque c’était là, d’après lui, son rôle principal.. D’où le dénigrement et la condamnation de toute forme de sexualité hétérodoxe qui ne pouvait naturellement résulter que de troubles ayant affecté le développement "normal" de la personnalité. Au total, les psys n’ont, en tant que tels, aucune compétence particulière pour se prononcer en matière de pédophilie. A moins qu’ils n’aient reçu des cours d’amour. Ce qui m’étonnerait, car ce n’est pas le genre de discipline qu’on enseigne à l’Université !
Est-ce à dire qu’il faut rejeter sans appel toutes les interprétations psychologiques ? Certainement pas, à condition de les prendre pour ce qu’elles sont et d’éviter confusions et usurpations. J’avoue, sans faire de l’ironie ni de la provocation, que j’ai parfois été émerveillé par certaines d’entre elles qui témoignaient d’une telle ingéniosité, d’une telle finesse qu’on les aurait crues vraies. Alors que ce n’est évidemment pas leur fonction, ni leur but. Lorsqu’on prétend les rattacher au réel (dont elles seraient une reconstruction exacte) comme à une prise de terre, on gâche tout, on abîme tout, on évacue leur magie et leur poésie. On oublie que leur intérêt réside précisément dans le fait que ce sont des fictions alimentées par une pensée symbolique et une imagination qui doivent se donner libre cours. Ces mille et une variations gratuites qui se déploient spontanément autour d’une individualité peuvent apporter des éléments de compréhension tout à fait valables. Mais encore une fois, ils ne sauraient en aucune manière fournir des modèles d’explication exhaustifs et rigides faisant, en quelque sorte, office de décalques. Les personnalités sont bien trop riches et bien trop complexes pour être enfermées dans des schémas dits "scientifiques", mais, en fait, on ne peut plus frustes, sommaires et simplistes. Seuls les esprits bornés peuvent se livrer de bonne foi à ce genre d’opérations. A moins qu’on ait affaire à des esprits beaucoup plus "malins" et pleins d’arrière-pensées plus ou moins conscientes, comme on en trouve tant chez les psys classiques, pour qui ce genre d’enfermement est destiné à en préparer d’autres, là encore, comme dirait Sigmund, "socialement utiles" !
Après m’être adressé aux psys, je veux maintenant rendre un hommage spécial aux journalistes. Je ne vais pas me livrer à une attaque en règle contre la presse, ce que j’ai fait en maintes occasions. Point n’est ici le lieu. Je m’en tiendrai à la façon dont "Le Monde", cité plus haut, traite le sujet qui nous occupe, ainsi que certains autres plus ou moins connexes. A part la remarquable exception de R.P. Droit, qui a courageusement procédé à des mises au point et à des distinctions indispensables, tous ses confrères (y compris B. Poirot-Delpech, dont j’ai lu avec plaisir plusieurs ouvrages et que je croyais plus ouvert), se sont contentés, comme à l’accoutumée, de hurler avec les loups, sans manifester le moindre esprit critique et, surtout, sans poser aucune question de fond, à la différence de ce à quoi je me suis efforcé dans ce petit "article".
Même attitude à propos des "sectes". Les chroniqueurs attitrés ont montré une certaine gêne. Ils ont bien été obligés d’admettre, par exemple, que la liste des "sectes" annexée au rapport parlementaire de 1996 était le fruit "d’investigations bâclées". Mais ils se sont bien gardés d’aller plus loin. Or, c’eût été à leur honneur de mettre carrément les pieds dans le plat et de se demander pourquoi certains groupes sont désignés sous le nom infamant de "sectes" par des instances publiques ou privées qui sont particulièrement bien placées pour savoir qu’ils n’en sont pas. En fait, elles utilisent cet angle d’attaque parce qu’elles le savent très efficace pour discréditer et pour ruiner des mouvements ou des communautés qui ne pratiquent en aucune manière les méthodes des sectes, mais qui ont le tort bien plus grave de ne pas penser, de ne pas parler, de ne pas agir et de ne pas vivre comme tout le monde. On eût aimé que "le grand quotidien du soir" dénonçât ces micmacs.
Je citerai encore le cas de l’astrologie que le même journal ne peut évoquer (très rarement) sans se répandre en sarcasmes. Or, si les rédacteurs faisaient leur travail sérieusement et en profondeur, ils auraient peut-être découvert que, derrière une façade superstitieuse et charlatanesque continuellement mise en avant par beaucoup de médias avec la complicité de faux astrologues, il se cache une approche du réel qui, pour n’être pas "scientifique (l’amour et la poésie le sont-ils ?) n’en présente pas moins un immense intérêt. Dans les années 70, j’avais entretenu à ce sujet une correspondance avec P. Viansson-Ponté sans parvenir à le convaincre de se lancer dans une pareille enquête. De même, en ces temps de vache folle et de fièvre aphteuse, avec les épouvantables hécatombes qui se multiplient, ne serait-il pas bien venu d’aborder en grand la question du végétarisme, quitte à déplaire à certains lobbies ? Mais je crains que, pour les gens du "Monde", il ne s’agisse que d’une infime minorité non représentative, donc négligeable, et composée de débiles, d’illuminés et de fachos. Je m’arrête...pour l’instant.
Quelles conclusions tirer de ces remarques ? C’est que cet ex-grand journal a bien dégénéré depuis sa fondation. J’en suis témoin puisque je le lis très attentivement depuis quarante-et-un ans. Je me demande ce que, du haut de Sirius, H. Beuve-Méry peut bien penser de cette évolution qui a converti son albatros en un vulgaire "canard". Depuis qu’il a cédé aux attraits capitalistiques, au culte de l’argent, des pseudo-sports etc.., il cultive la complaisance et l’opportunisme, les positions "raisonnables" et "modérées" (comme les notables de la 3ème République) avec juste ce qu’il faut de poil à gratter pour entretenir une réputation usurpée. Les opinions excessives, à plus forte raison "extrémistes", les "originaux" qui émettraient des avis radicalement différents sont bannis et, je le répète, les vrais débats de fond esquivés et remplacés par des discussions et des confrontations de points de vue où la polémique est purement formelle puisque tous les participants sont en fait d’accord sur l’essentiel. On se situe dans le bon ton, dans le juste milieu, au niveau des aristocraties "républicaines". On reflète le parisianisme branché des nantis (pas toujours forcément de la fortune, mais il y a aussi le pouvoir, l’influence, la médiatisation, les médailles...) qui jettent des regards plus ou moins condescendants sur la "province".
De sorte -et ceci est extrêmement grave- que quantité de mouvement d’idées, de groupes, d’événements, de recherches sont systématiquement passés sous silence et donc "tués" par une publication que le "monde" entier considère comme un parangon d’objectivité et qui est, en fait, ravagée, comme n’importe quelle feuille de chou, par les partis pris, les passions, les préjugés que lui dictent son "rationalisme" étroit et bien français, ainsi que son souci d’être dans le vent et de ne pas trop se mouiller, de peur de contrister A. Minc, ses annonceurs et la plupart de ses lecteurs. Il se rattrape sur le dos de ses têtes de Turcs que "Le Monde" ne perd jamais une occasion de "soigner". Inversement, ses colonnes sont toujours ouvertes pour un certain nombre de favoris et de chouchous dont la moindre crotte est précieusement recueillie et qui, de toute façon, font partie de ces milieux privilégiés qui trouveront toujours un organe de presse, un chaîne de télévision ou un éditeur pour faire entendre leurs précieuses pensées.
On se fait le champion de la liberté d’expression à seule fin d’étendre constamment l’exercice de la sienne au détriment de celle d’autrui. Ainsi confisquée au mépris de tous les grands principes que l’Etat français et "la-société" proclament d’autant plus fort qu’ils ne cessent de les bafouer, elle devient purement théorique pour l’immense majorité des gens qui, il est vrai, s’en foutent éperdument parce qu’ils n’ont rien à dire d’original ni de personnel, mais aussi pour des pelés comme nous qui auraient énormément de choses passionnantes et, en tout cas, inhabituelles à faire connaître, mais qui en sont toujours empêchés parce qu’ils rament à contre-courant et qu’ils sont franchement contestataires. A moins que mon quotidien préféré ne prenne conscience de ces épouvantables lacunes et qu’il ne nous donne enfin la parole ! Compte là-dessus et bois de l’eau fraîche : tu peux toujours te brosser ! Bref, il n’est pas besoin d’être très malin pour se rendre compte que "Le Dauphiné libéré" est un infâme torche-cul. Mais il est beaucoup plus difficile de s’apercevoir que "Le Monde" ne correspond nullement à l’image flatteuse et trompeuse qu’il parvient à se donner avec le plus grand succès...commercial !
Il est temps de conclure en revenant plus précisément à mon sujet et en coupant l’herbe sous le pied de mes détracteurs qui ne manqueront pas d’affirmer, avec leur honnêteté habituelle, que je fais l’apologie de la pédophilie en général et me rends ainsi coupable d’un grave délit. En fait, rappelons-le, je réprouve et je déteste autant qu’eux, si ce n’est plus, la violence et l’égoïsme qui se manifestent à travers certaines conduites horribles qu’on devrait qualifier de "pédophobes" plutôt que de pédophiles, et je ne fais donc l’éloge que de certaines relations admirables et indispensables qui devraient contribuer à l’épanouissement des adultes comme des enfants. Pourtant, je ne conseille à personne d’enfreindre la loi. Mais ceci, uniquement pour des raisons pratiques. En clair, pour ne pas avoir d’ennuis avec la "justice". Et c’est là que se pose le problème du "respect" que l’on doit au contenu des codes ainsi que celui du double sens que revêt ce mot. Si l’on entend par là qu’il faut conformer ses actes à ce qui est prescrit, je suis d’accord, mais, je le répète, seulement pour ne pas avoir d’emmerdes. Mais si, par dessus le marché, on exige de nous de la déférence, un acquiescement profond, une adhésion intérieure, alors non !
Il nous faut, au contraire, dénoncer sans relâche (je pèse ces quatre mots) l’absurdité, l’iniquité, l’inhumanité et la malfaisance de ces réglementations tendancieuses qui ne peuvent susciter que notre mépris et notre rejet viscéral. Et il faut bien comprendre que le droit et la morale n’ont aucun rapport, et même s’opposent foncièrement. Le premier a pour but de préserver le désordre établi et le règne global des plus ou moins puissants qui se servent des lois, non seulement pour assurer leur domination sur les plus démunis, mais pour se déchirer et s’éliminer mutuellement, ce qui donne l’illusion d’une véritable justice. Quant à la morale authentique (par exemple celle du Christ, je ne parle pas de celle des religions, elles aussi "établies"), elle se réfère à des réalités, à des valeurs ou à des principes transcendants qui tendent précisément à briser ce désordre institutionnalisé et à instaurer sur ses décombres le règne d’une vraie justice et d’une égalité propices à l’apparition d’une humanité encore à venir.
Pour l’instant, nous n’en sommes pas là, rien ne permet d’espérer la moindre progression, et il est affligeant de constater que la préhumanité actuelle est beaucoup plus arriérée que les singes bonobos qui pratiquent avec "bonheur" (c’est le cas de le dire !), avec délicatesse et sans complexes toutes les formes de sexualité, y compris la pédophilie.
A mon âge, la provocation adolescente ne présente plus aucun attrait et la sensibilité aux coups qui me sont assénés sans interruption depuis bientôt vingt-cinq ans n’a pas diminué, bien au contraire. Ce n’est donc pas le goût immodéré de me distinguer à tout prix qui m’amène à prendre en tous domaines des positions violemment iconoclastes. Je ne fais qu’obéir aux impératifs de ma conscience et continuerai, quoi qu’il m’en coûte, dans la même voie, en espérant qu’elle aboutira un jour à des transformations radicales que je ne connaîtrai pas et dont je ne profiterai pas.
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