Luttes sectorielles ou lutte globale ?

Radicalisation des luttes et révolution globale

Multitude de luttes sociales ou radicalisation des luttes ? Comment savoir si une lutte est juste ? Toutes les luttes radicales pourraient se rejoindre par le haut et déboucher sur une révolution globale. La radicalisation et l’approfondissement de chaque lutte devrait montrer l’urgence de tout changer par une révolution non-violente.

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De nos jours, on assiste à une multiplication des luttes. On trouve des luttes de toutes sortes, plus ou moins larges et radicales. Des ponts existent parfois entre elles, des élargissements peuvent se dessiner, mais très souvent, elles restent très spécialisées et étanches.

Les personnes qui participent à tous ces mouvements sociaux, ces engagements, ces aides..., sont plus ou moins sincères. Elles s’investissent de manières diverses, plus ou moins longtemps, certaines participent à plusieurs luttes...
Même les stars pleines de fric ont leur cause juste à défendre, mais là ça fait souvent partie des plans marketing...

Le nombre de luttes est potentiellement infini, on trouve de tout, pour tous les goûts, on a même tout et son contraire :
Famines, guerres, tiers monde et quart monde, peine de mort, sans papiers, antimondialisation libérale, sans logement, sans travail, femmes battues, femmes violées, enfants violés, prostitution, homosexuel(le)s, animaux, forêts, biodiversité, pollution industrielle, nucléaire, ferroutage, pollution urbaine, villes sans voitures, corruption, paradis fiscaux, prisonniers maltraités, femmes afghanes, enfants africains, sida, terrorismes, bavures policières, surveillance, fichage, trafic d’armes ou de réfugiés, marchandisation du sport et du reste, accès aux soins, mouroirs, alcoolisme, drogue, hooliganisme, monopole capitalistique, pollution publicitaire, objets jetables, eugénisme, bavures médicales, terrorisme d’Etat, illettrisme, pour ou contre l’avortement, cancer, handicapés, liberté d’expression, fascisme, annulation de la dette des pays pauvres, etc... etc...

Examinons la question sous deux angles :

  1. Comment choisir sa (ou ses) lutte ? Sera-t-elle bonne ou mauvaise ?
  2. Nature et objectifs des luttes ? Quelle stratégie adopter si on veut lutter pour changer de société ?

 Comment choisir sa (ou ses) luttes ? Sera-t-elle bonne ou mauvaise ?

Quelle lutte sera légitime ou illégitime ? Chacun fera son choix en fonction de ses critères, et même, bien souvent, se contentera de répéter les critères du milieu dont il est issu : gauche, droite, chrétien, musulman, athée, communiste, patron, ouvrier... Sans parler des choix trop instinctifs, qui souvent sont à côté de la plaque et ne reflètent que des peurs personnelles ou des manipulations mentales collectives.
Souvent, on ne luttera que quand on est directement touché, à chacun sa lutte en fonction de ses intérêts particuliers.
Pour éviter d’osciller entre les pour et les contre, il faut pouvoir décider en conscience. Au delà des goûts superficiels et des divers conditionnements sociaux, comment se forger une conscience et la capacité de juger si une cause est bonne ou mauvaise ? Si on ne veut pas suivre aveuglément une des nombreuses doctrines toutes faites fournies par les partis, les églises, les penseurs, les associations, les modes..., comment développer une pensée personnelle autonome et indépendante, capable d’offrir un discernement suffisant dans la plupart des questions (en tout cas pour les plus importantes) ?
Beaucoup s’y sont cassé les dents. Tout a déjà été essayé : raison, théologie, livres sacrés, marxisme, anarchisme, psychologie, surnaturel, naturel... Certains essayent de s’en sortir en niant la liberté ou/et la possibilité de pensée autonome. D’autres ne veulent pas vous laisser de choix.

En définitive, on assiste à une vaste mêlée, où les luttes, muées par des pensées et des intérêts divers, s’entrechoquent ou s’ignorent. Certains diront : "c’est super, c’est la diversité humaine", d’autres, préférant les rangées au garde-à-vous, voudront instaurer une dictature totalitaire où ennemis et amis sont clairement désignés.
Traditionnellement, les diverses factions de gauche se mettront du côté des opprimés et réclameront plus de justice. Tandis que celles de droite seront plutôt avec les possédants (petits ou gros) et insisteront sur la "propreté", la rigueur et la sécurité. Parfois, des gauchistes seront plus oppressifs que des gens de droite "libéraux"...
Est-on pour autant condamné à des luttes sans fin, des luttes contradictoires sans jamais savoir quelle est la "bonne" ?
Beaucoup de gens sont persuadés d’avoir raison (moi aussi.. !), et souhaitent convaincre les autres. Heureusement, on ne peut convaincre personne, sauf à employer la force ou la manipulation, mais dans ce cas les convictions sont bien fragiles. Certains sont même prêts à utiliser des moyens très persuasifs, comme la torture ou les camps de rééducation, pour vous convaincre d’adhérer à une cause ! La pensée unique de nos pays totalitaires utilise généralement des moyens plus sournois pour s’infiltrer partout, mais elle est tout aussi convaincante, sinon plus, car on ne la voit pas venir.

Certains principes semblent évidents pour toute personne sensible, par exemple : ne pas faire aux autres ce qu’on n’aimerait pas qu’ils nous fassent, rejeter toute forme de discrimination par exemple, et permettent déjà nombre de luttes.
En France, à notre époque, on met en avant l’éthique, l’humanisme ou le "principe d’humanité" pour définir des règles de base à la vie en commun. Seulement, ces jolis principes restent souvent bien vagues et ne semblent pas fondés sur du solide. A part quelques évidences de bon sens, ils n’apportent pas grand chose. Ils restent suffisamment flous pour éviter des remises en cause en profondeur et s’accommodent fort bien des systèmes en place, auxquels ils n’opposent que des correctifs et des voeux pieux. On parle alors de capitalisme modéré, d’Etats plus démocratiques, de diminuer les inégalités...
Mais dès qu’on veut approfondir un peu, les dissensions réapparaissent.

Pour commencer, il faudrait, au cours de l’éducation, avoir un panorama objectif le plus large possible de toutes les pensées existantes, y compris des plus criminelles. Il faudrait que tous ceux qui le souhaitent puissent rendre accessibles à tout le monde leurs idées. On est loin d’avoir ces deux conditions, même en France. Généralement, tout ce qui s’écarte trop de la ligne consensuelle est éliminé. Il s’agit de produire des bons citoyens dociles et travailleurs, pas des gens libres qui risqueraient de s’opposer au système concentrationnaire conçu pour eux sur mesures.

Mais une éducation ouverte ne suffit pas, c’est à chacun de se rendre vraiment libre. La liberté de penser ne vient pas toute seule : même si elles est virtuellement présente en chaque humain, il faut la développer et l’entretenir par un effort constant.
Cette liberté de penser ne peut vraiment se développer que quand on a établi une relation directe avec Dieu. L’ouverture à la transcendance permet une libération intérieure et un éclairage de la raison. Dieu n’est pas du tout synonyme de fermeture et d’immobilisme, bien au contraire. La libération intérieure permet de faire les tris qui s’imposent entre les instincts, les difficultés personnelles, le conditionnements sociaux et les habitudes, elle permet de distinguer les problèmes réels, objectivement et lucidement.
L’éclairage apporté par la relation mystique n’oblitère pas la raison, mais au contraire la renforce et lui donne les moyens de s’exercer pleinement. On devient alors capable de trouver des solutions aux problèmes, de faire le lien entre des faits qui semblent s’opposer, d’élargir et d’approfondir les questions posées. La relation à Dieu permet de savoir de manière beaucoup plus sûre quelle direction prendre et pourquoi. Sans être infaillibles (nous ne sommes pas Dieu) il devient possible de distinguer entre le bien et le mal. Les certitudes ainsi acquises ne sont pas autoritaires, elles sont le socle sur lequel bâtir une société libérée de toute oppression. Dieu n’est pas extérieur et autoritaire, il est "intérieur", personnel et libérateur. Les barbares ordinaires (Eglises traditionnelles) ou extraordinaires (terroristes d’ici ou d’ailleurs) qui se réclament de Dieu sont des imposteurs, vu qu’ils sont les complices directs ou indirects des mentalités de domination à l’oeuvre partout.

Sans transcendance révélant des principes universels et intemporels, comment la raison pourrait-elle définir de manière sûre quels sont les droits et les devoirs de l’homme ? Sans Dieu unique, sur quoi fonder une morale et une société humaine ?
Bien sûr, il y en a qui préfèrent penser que toute morale est relative et que chacun peut et doit avoir une conception du monde changeante et différente de celle de son voisin. Libres à eux de choisir le chaos permanent où tout se vaut.
Bien sûr, des tas de prétendues religions ont fait n’importe quoi, leurs doctrines criminelles ont déformé l’image et la parole de Dieu.
Ce qui ne veut pas dire de renoncer à son individualité originale pour se fondre dans un Tout. Il est possible de développer et d’affermir la liberté, la singularité et la conscience individuelle, tout en reconnaissant et approfondissant l’idée de morale universelle et de mission collective.

Il faut "oublier" toutes les religions existantes et les doctrines laïques, et s’en remettre uniquement à sa conscience, à ses impressions, à sa raison personnelle. Les apports de tas de gens et de courants de pensée peuvent être très utiles, mais ils ne sont pas indispensables pour se forger une conviction. En conscience, seul avec moi-même, comment est-ce que je vois le monde et ma vie ? Que fais-je sur Terre ? Qu’est-ce que la Vie fait sur Terre ? L’univers a-t-il un sens ?... Il ne faut pas avoir peur d’affronter ces questions, elles ne sont pas réservées aux spécialistes de la religion, de la science, de la philosophie ou de la politique. Pour se réapproprier sa vie et sa conscience, chacun devrait essayer d’y répondre, sans avoir peur des réponses ni des autres questions qui risquent de venir. Nul besoin de théories scientifiques, de doctrines, de livres sacrés ou de gourous. N’importe qui de sincère peut trouver les réponses, même s’il ne peut pas forcément les formuler clairement, il suffit de chercher réellement et de vouloir trouver. On n’est d’ailleurs pas obligé d’être convaincu de l’existence d’une transcendance, du moins au départ, pour répondre à ces questions. On peut très bien "aller dans le sens" de Dieu sans s’en rendre compte consciemment.
C’est d’ailleurs bien parce que ces réponses sont accessibles que tout le monde fait de gros efforts pour ne pas les voir, en s’étourdissant et en se détruisant de diverses manières.
En fonction de ses réponses, on pourra déterminer quelles sont les luttes "justes".


 Nature et objectifs des luttes ?

Quelle stratégie adopter si on veut lutter pour changer de société ? Les trois points suivants exposent les données du problème :

  1. Le réformisme ne permet que des améliorations de surface et temporaires, il ne peut rien changer en profondeur. Les problèmes ressurgissent sous une autre forme ou se déplacent.<
  2. Le nombre de luttes est infini, tant le "système" et ses conséquences génèrent d’horreurs et d’absurdités à tous les niveaux et dans tous les domaines.
  3. Il découle du point 1. que seuls des changements profonds de mentalité peuvent entraîner la création des modes de vie ensemble qui ne généreraient pas de violences. Vu l’ampleur des changements nécessaires, on peut parler de révolution non-violente.

Il apparaît d’abord évident qu’il faut lutter contre les causes des divers malheurs plutôt que contre les seules conséquences. On ne peut améliorer la "société" actuelle, il faut lutter pour tout changer.
Doit-on pour autant renoncer à toute lutte sectorielle ? Non, dans la mesure où on lutte aussi pour la révolution globale. Se contenter de lutter dans un ou plusieurs secteurs est, quelque part, vain et désespéré. Mais lutter pour un changement total et, en même temps, s’occuper d’une cause précise, est plus cohérent. Si le nombre de gens adoptant cette démarche augmente, l’action devient très efficace.
Chacun, selon son histoire et sa sensibilité particulière, sera plus apte à défendre telle ou telle cause. C’est très bien, mais n’oublions pas la globalité. Seulement, de nos jours, on utilise l’épouvantail totalitaire pour se réfugier dans un militantisme de niche. L’action et la pensée globale font peur, on préfère la cacophonie des "pensées" individualistes. Et les systèmes d’oppression mondiaux profitent de ce repli sur soi pour s’imposer davantage.
Plus loin que le "penser globalement, agir localement" de certains écologistes, il faudrait agir globalement et localement pour effectuer une révolution non-violente. Et le fait de mondialiser les luttes en créant des liens entre les militants de plusieurs pays concernés par les mêmes questions ne change rien au fait que les luttes restent sectorielles.

Les luttes et causes délimitées ne devraient donc jamais être détachées du combat global pour changer de société. Par exemple, critiquer la politique des transports routiers n’a de sens que si on remet en cause tout le système économique, et, au delà, toute l’organisation sociale.
N’importe quelle lutte, si on pousse la réflexion au bout, si on veut trouver des solutions réelles et durables, débouche sur la nécessité d’une transformation totale.
La prostitution, la misère, l’exploitation des pauvres ou des animaux, la pollution, la criminalité, le fichage, la liberté d’expression..., ne peuvent véritablement se résoudre que par une révolution non-violente, que cette révolution soit rapide ou progressive.
Les luttes limitées n’ont de sens que comme parties et applications de la révolution globale. Elles servent, au delà des aides et améliorations ponctuelles, à démontrer la nécessité criante de tout changer.

Bien sûr, spontanément, on a envie d’agir tout de suite pour soulager des souffrances épouvantables, aider les plus démunis et réparer des injustices, mais il ne faut pas s’arrêter là. Les urgences sont innombrables et le système produira malheureusement toujours plus d’horreurs. L’urgence ne doit pas servir de prétexte pour éviter de penser et d’agir plus largement. Il y a urgence à tout changer ! De toute façon, toute personne qui se libère et oeuvre pour la révolution agit pour l’ensemble de l’humanité. Et des changements radicaux dans telle ou telle région pourraient donner l’exemple et inciter d’autres à faire de même. C’est aussi aux exploités et aux plus démunis de se prendre en main, même si c’est plus difficile, et de faire "leur" révolution. Les plus opprimés devraient même être les premiers à vouloir tout changer étant donné ce qu’ils subissent. S’ils étaient unis et décidés, les pouvoirs oppresseurs ne feraient pas long feu.
En tout cas, les habitants des pays où on ne se fait pas massacrer ni emprisonner dès qu’on bouge le petit doigt ont le devoir d’aller le plus loin possible dans la critique et la reconstruction. En France et ailleurs, c’est encore en montrant l’exemple par des transformations radicales qu’on aidera le mieux les miséreux des autres continents.

Mais on a peur de tout remettre en cause, on sait qu’on sera mal vu et que les pouvoirs, même dans nos démocratures si éprises de Droits de l’Homme, nous mèneront la vie dure, qu’importe.
Au lieu de s’épuiser totalement dans l’humanitaire et les innombrables luttes sociales, pensez aussi à la révolution. Et, à choisir, il vaudrait encore mieux privilégier l’action de transformation globale et radicale, qui a le mérite d’agir sur tous les problèmes en même temps.

Lutter contre, critiquer les totalitarismes existants, proposer d’autres modes de vie ensemble..., c’est très bien, mais ce qui est encore mieux, c’est de vivre concrètement autrement, en évitant de reproduire les aliénations et oppressions contre lesquelles on lutte. Remettre en cause nos mentalités et les changer permet de changer de société en vivant différemment sur tous les plans (économie, politique, relations, éducation...), et alors les luttes deviennent inutiles. L’action porte alors sur l’amélioration personnelle et collective au lieu de simplement s’opposer aux diverses barbaries. La violence générale ne vient pas d’institutions extérieures tombées du ciel, elle est inscrite en chacun, et tout le monde en est complice, même les victimes.
Le capitalisme, par exemple, se moque complètement de ceux qui le critiquent en profondeur et qui sont incapables d’instaurer avec d’autres humains un partage économique égalitaire dans leur vie quotidienne qui bannirait toute idée d’appropriation, de domination, de salariat, de capital, de concurrence, de hiérarchie...

L’Etat et les divers pouvoirs ont tout intérêt à soutenir et favoriser les luttes sectorielles seules. Tant que les gens s’épuisent à vouloir changer un petit secteur coincé entre tous les autres, ils ne travaillent pas au changement total. Les capitalistes préfèrent qu’on s’échine à éponger la misère débordante qu’ils sécrètent plutôt qu’on s’active à se passer d’eux. La fragmentation et l’éparpillement de luttes limitées interdit tout changement en profondeur, les pouvoirs apprécient. La division et l’individualisme facilitent les dominations.
Et qu’on ne me dise pas que la simple addition mathématique des luttes créera d’elle-même une révolution globale. Toute l’histoire des mouvement sociaux a démontré que chaque lutte sectorielle reste dans son secteur, et que les différents courants se tirent souvent dans les pattes au lieu de s’unifier et d’élargir leur champ d’action.

La solution n’est pas dans l’addition des luttes telles qu’elles existent, mais dans la radicalisation et l’élargissement de chaque lutte. Chaque lutte, si on la pousse au bout de sa logique, rejoindrait alors toutes les autres, par le haut. On aurait donc une "fusion" dynamique et féconde au lieu d’une juxtaposition hétéroclite, limitée, et finalement stérile...

Au lieu de multiples combats qui s’ignorent, se nuisent ou s’allient temporairement, on aurait alors ouvert la possibilité d’une révolution globale et constructive. De même que tous les systèmes d’oppression se tiennent et se répondent, toutes les luttes sont liées et ont un potentiel révolutionnaire global. Par l’ouverture et l’approfondissement, toutes les luttes se rendraient compte qu’elles n’en forment en réalité qu’une seule. Le combat et la construction d’une autre société deviendraient alors beaucoup plus efficaces. D’autant que les connaissances pointues acquises dans une lutte sectorielle "poussée au bout" enrichiraient la révolution globale et permettraient d’aller beaucoup plus loin.

L’idée et la pratique de révolution globale étant acquise, rien n’empêche alors de sectoriser l’action révolutionnaire non-violente, et, surtout, la reconstruction. Des "équipes" spécialisées peuvent, en fonction de leurs goûts et capacités, s’attaquer à tel problème précis, à condition toujours de maintenir une cohésion d’ensemble.

Conclusion

La réflexion sur les luttes nous a amenés à poser deux "principes" :

  1. La nécessité pour chaque personne de se libérer des conditionnements et habitudes pour développer la capacité de juger et d’agir en conscience. Seule une pensée autonome permet de savoir ce qui est "bien" ou "mal" et d’aller plus loin que les évidences de bon sens. Pour ce faire, il faut rejeter le relativisme et avoir foi en la liberté. Nous pensons que la raison personnelle et la sensibilité doivent être éclairées par une relation directe avec Dieu pour dépasser les "braves" discours humanistes et se rendre réellement capable d’un engagement profond, radical et durable, qui se concrétise par la mise en place de modes de vie autres et ne reste pas au niveau des luttes contre X ou Y. Libération intérieure et transformation personnelle vers la liberté et la conscience ne peuvent se faire qu’en sortant des pensées toutes faites et en n’étant pas complètement fermé à toute idée de transcendance.
  2. Les luttes sectorielles seules et leur juxtaposition ne pourront jamais changer les choses en profondeur. Si on veut un changement complet de société et sortir des luttes sans fin, il faut radicaliser et approfondir chaque lutte. Chaque lutte, poussée au bout de sa logique et de ses exigences, débouche sur la nécessité d’une révolution globale. Les luttes se rejoignent alors par le haut au lieu de simplement s’additionner. La radicalisation des luttes donnera aussi des indications sur ce qu’il faudrait construire concrètement à la place de la barbarie actuelle. Toutes les luttes n’en forment en réalité qu’une seule et il y a urgence à tout changer.

La libération individuelle et la radicalisation de chaque lutte pourraient déboucher sur une révolution radicale, globale et non-violente. Seule cette révolution peut permettre de changer de société et d’en finir avec toutes les oppressions.

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novembre 2001
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