Dans ce pays qui se dit démocratique, tout le monde tient la liberté d’expression comme un fait acquis. Il va de soi que chacun est libre de s’exprimer comme il l’entend, quelles que soient ses opinions et croyances.
Nous allons voir dans la pratique ce qu’il en est. Je vais vous parler de notre expérience dans différents domaines. Quelques conclusions s’imposeront.
Tout d’abord, est-ce qu’on nous laisse libre de penser ce que nous pensons ? Pas vraiment. Bien sûr, nous ne sommes pas enfermés dans une prison, un goulag ou un hôpital psychiatrique mais nous sommes attaqués et traités de secte pour le seul motif que nous pensons différemment. Mais bon, nous pouvons facilement résister et même mettre en pratique une partie de ce que nous pensons. De façon générale, la liberté de pensée impliquerait de ne jamais être inquiété pour ses opinions, ses croyances. Or il existe dans le droit français des tas de délits d’opinions soigneusement camouflés :
C’est ce que les juristes appellent le respect de l’ordre public ! Vous pouvez penser ce que vous voulez à condition de respecter l’ordre public. Ce que naïvement et hypocritement (comme le font toutes les déclarations solennelles de la préhumanité) expriment la déclaration des droits de l’homme et la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme (d’ailleurs si ils ont tant besoin d’être sauvegardés, c’est qu’ils sont bien malmenés) :
"Dans une société démocratique, la loi ne peut limiter les libertés que s’il y a atteinte aux intérêts supérieurs de la nation ou à l’ordre public". Ben voyons. Qui a dit que la société devait être faite pour l’homme et par l’homme !?
Revenons à nos moutons.
Nous sommes encore plus violemment attaqués parce que nous osons vivre ce que nous pensons. Différentes polices nous surveillent étroitement : RG, gendarmerie du coin, autorité militaire, services fiscaux... Des associations anti-sectes, telle que 1’ADFI nous diffament, nous accusent de séquestration, tentent de nous couper les vivres... Mais là aussi nous arrivons à vivre comme nous l’entendons, malgré diverses contraintes économiques, juridiques ou matérielles... Nous sommes en effet bien obligés de nous inscrire dans le système actuel. Par exemple, sur le plan matériel, nous sommes obligés de ramer pour survivre et nous ne pouvons mener à bien beaucoup d’activités qui nous tiennent à coeur.
Venons-en maintenant à la liberté d’expression proprement dite.
Ca se corse considérablement. L’Etat et ses auxiliaires veulent bien laisser vivre quelques dissidents, en les surveillant de près et en limitant leurs moyens financiers. Mais il n’est pas question de leur offrir la possibilité de parler aux foules.
La France ne veut pas nous éliminer physiquement, ça ferait trop tâche, et surtout ce n’est pas nécessaire (encore qu’on puisse craindre des attaques plus violentes si nous sommes un jour plus nombreux et si nous arrivons à nous faire connaître). L’Etat n’a même pas à intervenir en force pour nous parquer et nous couper la parole, ça se fait tout seul, en douceur et en douce, à tous les niveaux.
Mais trêve d’affirmations, voyons le concret, le vécu comme on dit.
Commençons par un exemple déjà ancien, mais tellement caractéristique. Avant que la communauté n’existe, l’un d’entre nous, avait exprimé ses convictions dans un livre. Une fois le livre édité et après une tentative de participation à une élection législative, les Renseignements Généraux sont venus l’interroger. Ensuite, comme par hasard, il a subi un contrôle fiscal qui l’a ruiné alors qu’il n’avait absolument rien fait d’illégal.
Pour diffuser nos idées, nous avons naturellement contacté à plusieurs reprises les grands médias nationaux (télévision, radios et presse). Ils ne nous ont jamais accordé la moindre prise de parole. Nous sommes bien trop minoritaires et trop extrémistes pour avoir le privilège de nous adresser à un large public. I1 faut laisser ça aux professionnels de la parole, à ceux qui savent rester dans les normes et les convenances, à ceux qui dénoncent ce qu’il est convenu de dénoncer, à ceux qui ne critiquent qu’une partie des choses et ne remettent rien de fondamentale en cause.
Les grands médias ne sont pas ouverts à tous ; ils sont une institution étroitement auto-contrôlée, lisse et bien régulée. Mais stop, je parlerai du cas des médias une autre fois : il y aurait tant a dire...
Ces médias nous sont donc totalement fermés, nous n’avons pas de patte blanche à leur montrer. Il y a juste une petite possibilité dans certains journaux par le biais des annonces. L’ennui, c’est qu’il ne peut s’agir que de quelques lignes et que ça coûte cher. Et même si nous pouvions fréquemment payer des annonces, rares sont les journaux qui les accepteraient. A ce propos, une petite anecdote s’impose ici. Il y a plusieurs années, des amis nous avaient donné l’argent pour passer une annonce dans "Libération" dans laquelle il était question (ce n’est pas très original) de communauté révolutionnaire invitant les gens à la contacter. "Libération" a refusé au motif qu’il n’acceptait pas les annonces à caractère politique ou religieux !
Voyons les petits médias à présent. Les télévisions et journaux régionaux ne veulent pas plus entendre parler de nous, FR3 a bien fait un petit reportage sur nous, mais c’était très moqueur et nous n’avions pas pu exposer nos convictions.
Seules des radios locales et des tout petits journaux nous ouvrent parfois leurs portes. Dans le passé nous avons pu faire quelques émissions et passer des annonces, voire de petits textes. En ce moment, nous animons une émission sur une radio associative de Valence. Grâce leur soit rendue ! Mais pour le faire, ils nous ont imposé de ne pas nous présenter en tant que communauté mais en tant qu’individus. Subterfuge auquel nous nous sommes pliés avec mauvaise grâce, mais c’était ça ou rien. C’est un nouvel exemple de liberté "conditionnelle" !
Evidemment, nous ne touchons par ces biais qu’un public très restreint. La plupart du temps, la censure règne en maître et nous sommes remballés. Les médias tentent alors de se justifier en disant par exemple qu’ils sont spécialisés, qu’ils ne peuvent pas donner la parole à tout le monde...
Globalement, les médias ne veulent pas nous laisser la parole. Mais ça n’empêche pas certains d’écrire sur nous pour nous enfoncer et nous calomnier. J’ajouterai que nous n’avons pas pu nous défendre à cause de toutes les "ruses" du droit, de la justice et des éditeurs, directeur de la publication et autres.
Si nous avions des moyens financiers, nous pourrions imprimer notre propre livre. Mais est-ce que nous aurions la possibilité de le faire connaître et de le mettre en vente ? Il nous faudrait créer notre propre chaîne de librairie etc.
Puisque les médias nous sont presque totalement fermés, nous avons créé un petit journal. Il ne nous coûte pas très cher et pour cause : le problème est pour la diffusion. Les autorités nous laissent faire ce journal, il n’est ni interdit, ni censuré, mais l’Etat et la "société" ne nous laissent pratiquement aucune possibilité de le présenter au public. Il existe plusieurs organismes qui alimentent les kiosques, maisons de la presse... Mais il faut des sous pour être diffusé par eux, surtout que notre journal ne serait pas rentable dans ce créneau. Et même si nous étions riches, on peut parier que seuls quelques petits distributeurs nous accepteraient.
Vous vous dites peut-être qu’avec des sous nous pourrions créer notre propre organisme de distribution. Reste à savoir si c’est autorisé, et il faudrait encore que les kiosques acceptent nos livraisons. Evidemment, on pourrait aussi créer notre chaîne de magasins de presse ou racheter TF1...
Tout ceci pour dire que nous sommes obligés de tenter de diffuser ce journal par nos propres moyens. Les pouvoirs et la société en générale ne nous laissent que deux possibilités.
La première consiste à visiter des librairies, des maisons de la presse... Dans ces lieux nous proposons un dépôt-vente, avec ou sans remise, selon l’idéalisme du gérant.
Très rares sont ceux qui acceptent de mettre en vente notre journal. Vous pensez bien... il n’est pas imprimé sur papier glacé et il parle d’un groupe ultra minoritaire et révolutionnaire. Quand on ne se fait pas foutre dehors violemment, nous sommes moqués et méprisés, parfois plaints : “Qui voulez-vous que ça intéresse ?", “C’est pas rentable !", "La révolution !? HA HA HA !", "J’aime pas les sectes” etc... Certains n’ont pas assez de place (évidemment, il en faut pour toutes les revues débiles, mais rentables !), n’ont soi-disant pas le droit d’offrir un dépôt-vente ou n’ont pas le temps de s’occuper de ça (alors qu’un dépôt vente ne leur demande pratiquement aucun travail).
De plus, dans ces rares lieux où notre pauvre journal est toléré, il est le plus souvent relégué dans un coin obscur avec de préférence une pile imposante de journaux divers sur le dos. Si quelqu’un arrive à en acheter un, ça tient vraiment du miracle. I1 est donc très rarement accessible, visible et encore moins mis en valeur. Déjà que ce journal est susceptible d’intéresser peu de monde...
Pour vous donner une idée de la difficulté, je vais vous faire l’inventaire de nos points de vente.
Nous n’avons pu trouver qu’un seul endroit à Marseille, Valence, Grenoble, Romans et Annonay. Nous avons perdu nos dépôts à Lyon, Saint-Etienne et Montpellier. Et nous avons la librairie “Parallèles" à Paris, le seul lieu où nous en vendons quelques uns régulièrement.
Dernièrement, nous avons décidé de laisser tomber tout ces points de ventes, à l’exception de Parallèles.
Tout ça démontre que cette première possibilité est très inefficace et très réduite.
La deuxième possibilité consiste à vendre notre journal dans la rue. Le hic c’est que ce droit a priori tout simple nous est refusé quand nous demandons à la mairie l’autorisation de nous installer avec une table et des panneaux, pour présenter nos journaux avec quelques chances de le vendre. La plupart des villes de notre région le refuse. Il ne nous reste plus qu’à faire l’homme sandwich et à proposer notre journal debout, ce qui ne sert à rien lorsque le journal que l’on propose ainsi n’est connu de personne. Nous avons essayé : c’est peine perdue !
Lorsque nous pouvons faire un stand, avec ou sans autorisation, il y a une relative efficacité, par rapport aux librairies et autres, puisque nous pouvons vendre deux ou trois exemplaires en quelques heures contre un seul ou numéro sur plusieurs années de dépôt. La vente dans la rue est plus difficile, mais plus rentable quand elle est possible, et·nous avons l’avantage de pouvoir parler avec les gens.
Conclusion à propos de notre journal :
L’Etat nous laisse effectivement libre de créer notre "journal" et d’y écrire ce que nous voulons ; seulement nous n’avons aucun moyen de le diffuser. La liberté de la presse est donc une vaste fumisterie en faveur de ceux qui sont conformes et qui ont de l’argent, les autres sont tout juste libres de haranguer les passants dans la rue, sous la menace plus ou moins larvée de la police.
Nous avons aussi organisé des débats, des conférences...
La première difficulté consiste a trouver une salle pour tenir ces réunions. Quand on est révolutionnaire et sans le sou, c’est très difficile, mais reste possible dans certaines villes. Nous avons par exemple trouvé une salle à Marseille et Montpellier en 1998. Mais quand on a enfin une salle, on peut parfois nous la retirer après coup comme c’est arrivé à Grenoble, où une MJC a cédé aux pressions hostiles. Nous avions déjà fait une campagne d’affichage pour annoncer un débat sur les sectes (voir numéros plus anciens) quand la MJC en question nous retira la salle en nous écrivant "Nous avons reçu des informations vous concernant". Nous n’avons pas eu plus d’explications et ils ne nous ont évidemment pas remboursé les frais d’affichage déjà engagés.
Mais s’il est quelquefois possible de trouver une salle pour organiser un débat, il est toujours difficile de l’annoncer, quand on est fauché, il reste trois possibilités de publicité : les magasins, les médias régionaux et la rue. Examinons-les :
les magasins Quand il s’agit d’un sujet pas trop dérangeant, les commerçants acceptent de placarder une affiche sur leur vitrine. Comme en général, nos débats sont très contestataires, cette première possibilité s’annule très souvent. De plus, ces démarches sont ingrates : il faut solliciter humblement et avec le sourire des dizaines de commerçants qui souvent vous remballent. Et puis, les affiches restent rarement longtemps en vitrine et il faut les renouveler.
Il faut ajouter les lieux "publics" tels que bibliothèques, Office du tourisme, MJC... en précisant que les censures et restriction ont tendance à augmenter dans ce secteur.
les médias régionaux
Même problème ici : pour un sujet jugé "conforme", des radios locales et des journaux du coin acceptent de passer des annonces gratuites. Mais dès qu’il s’agit de la révolution, il n’y a plus grand monde pour s’en faire écho.
la rue
Réglons d’abord le cas des tracts. Nous utilisons rarement cette méthode ; elle est laborieuse et la quasi-totalité des papiers sont jetés tout de suite.
Nous avons pensé à des happenings, à des manifestations spectaculaires. Nous n’avons malheureusement pas les compétences.
Voyons maintenant les possibilités d’affichage dans la rue. Il y a deux manière de placarder : soit on reste dans la stricte légalité, soit on en sort mesurément.
Normalement, dans toute ville il existe des panneaux d’affichage libre. C’est-à-dire que n’importe qui, et donc même nous, peut mettre dessus ce qu’il veut. Ca paraît déduisant en théorie, mais dans la pratique c’est autre chose, pour deux raisons :
Premièrement, ces panneaux se font de plus en plus rares. Il y en a toujours très peu dans les centres, dans les rues piétonnes, là où les gens passent. A l’occasion de travaux, ceux qui restent sont quelquefois supprimés. En revanche, on peut en trouver dans la périphérie, au bord des routes, où il n’y a personne !
Pour la municipalité, les panneaux libres font tâches au milieu de ces rues pavées flambant neuves et des commerces rutilants. Alors elle les supprime et laisse juste ceux qui sont dans les coins sombres. Il ne faut surtout pas, horreur !, que les honnêtes passants puissent tomber par hasard sur une affiche contestataire.
Deuxièmement, ces panneaux sont totalement et en permanence recouverts par les affiches de spectacles (concerts, théâtre...). Ce qui fait que de pauvres petites affiches en noir et blanc comme les nôtres ont à peine eu le temps d’être remarquées qu’elles disparaissent déjà derrière les concerts officiels et autres. En général, une affiche mise sur un panneau libre ne reste visible que quelques heures, un ou deux jours au grand maximum.
Tout ceci nous entraîne à faire de l’affichage dit "sauvage” pour avoir quelques chances de nous faire remarquer. En plus des panneaux libres, il existe généralement dans toute ville des endroits où l’affichage est plus ou moins toléré, c’est-à-dire que les affiches ne sont pas nettoyées par la municipalité et que les annonceurs n’ont pas d’amendes ou autres. Ces endroits sont aussi très convoités, mais on peut y trouver un peu de place.
Après, il y a les endroits qui ne sont pas tolérés (la mairie fait enlever les affiches) mais où on peut néanmoins placarder sans être poursuivi. Ce sont en fait les endroits les plus intéressants car la concurrence est réduite et il peut se passer pas mal de temps avant que la mairie nettoie.
L’affichage est tout un art : il faut sans arrêt jongler avec les interdits pour être vu sans pour autant s’attirer les foudres de la police ou des commerçants.
En plus, tout ça est très subjectif et la tolérance envers nos affiches dépend des moments, des villes et du texte. Par exemple, au centre d’Annecy, il n’existe ni panneaux libres, ni tolérés et après que nous eûmes placé quelques dizaines d’affiches seulement, une commerçante et la police nous ont menacés au téléphone (nous mettons toujours nos coordonnées). Il faut savoir que les RG et assimilés surveillent constamment ce qui se passe dans les rues, et que maintenant ils disposent parfois de la vidéo surveillance.
Autre exemple : à Grenoble, quand les RG nous ont invités à leur rendre visite (nous n’étions pas forcés mais nous y sommes allés par curiosité) à propos de notre débat sur "Le nouveau totalitarisme", ils avaient en main des exemplaires de toutes nos affiches !
Avant de conclure sur l’affichage, quelques détails. Parfois des gens arrachent systématiquement les affiches qui ne leur plaisent pas, merci pour ceux qui prennent du temps pour les coller ! On peut aussi se faire invectiver ; c’est inévitable quand on fait une action dérangeante dans la rue.
Des gens nous accusent de salir les murs. Vous aurez compris que nous ne faisons pas de l’affichage sauvage par plaisir, mais que c’est malheureusement le seul moyen que nous laissent les mairies et les commerçants pour nous faire un peu connaître.
Malgré tous ces problèmes, interdits, côté dérisoire et laborieux, l’affichage marche toujours un minimum. Nous l’utilisons donc souvent, puisque c’est relativement bon marché et qu’on ne nous laisse guère d’autres solutions. Mais il est à craindre qu’au fil des ans, les centres villes deviennent de plus en plus bourgeois et que les municipalités soient de plus en plus strictes.
Nous sommes radicaux, mystiques et révolutionnaires, ce qui fait que pratiquement personne ne nous laisse des possibilités avantageuses de nous exprimer. Nos objectifs primordiaux de dénonciation et d’annonciation sont donc fortement entravés et limités.
Tout le monde est d’accord pour nous rejeter : l’Etat, les mairies, les commerçants, les MJC, les croyants, les anarchistes, les "gens de gauche"... Pour pouvoir nous exclure sans trop de remords, chacun nous classe comme ça l’arrange : agitateurs demeurés, soixante huitards arriérés, secte dangereuse, fanatiques, illuminés, parasites... Nous sommes constamment catalogués suivant les préjugés en vigueur, les phobies des uns et des autres, une impression... mais jamais on ne cherche à nous comprendre vraiment. Les gens inclassables qui disent quelques vérités ne plaisent décidément pas. Nous comprenons bien pourquoi : ceux qui veulent gagner des sous et qui craignent pour leur image de marque ne veulent pas d’hurluberlus non rentables, tandis que ceux qui sont engagés ailleurs ne supportent pas des engagements très différents des leurs.
Et surtout, alors que tel devrait être son rôle s’il était fidèle à ses principes fondateurs l’Etat ne veut aucunement favoriser la liberté d’expression, particulièrement pour les contestataires que nous sommes. Partout clignotent les grands, indiscutables et magnifiques principes : liberté, égalité, droits de l’homme et tout le bazard, mais l’Etat ne veut surtout pas les mettre à la portée de n’importe qui. Si cette "société" voulait réellement suivre ses beaux discours, elle devrait s’arranger pour que chaque citoyen, quel qu’il soit et quoi que ce soit qu’il ait à dire, puisse, réellement et sans frais de sa part, s’adresser à tous les autres.
Si l’Etat le voulait, ce début d’une véritable liberté d’expression serait parfaitement possible. Il pourrait exister des radios, TV, revues, locaux, ouverts à tous. En plus, ça créerait des emplois, comme ils disent.
Dans le contexte actuel, comme je l’ai amplement montré par la description de notre expérience personnelle (nous ne sommes sûrement pas les seuls à ramer de la sorte), les possibilités réelles de libre expression ne sont pas du tout offertes à tous, au contraire !
Tout empêche ceux qui sortent des canons officiels de se faire connaître, et ce sans qu’il y ait besoin de censure et d’interdiction véritable. En dictature, c’est clair : répression, parti unique..., en pseudo-démocratie, c’est vicieux et subtil.
Le monde des médias n’est pas fait pour promouvoir la liberté d’expression, il sert en fait à propager la pensée conforme et à servir les intérêts des puissants. Les médias dominants ont pour but de gagner de l’argent, de distraire, de conditionner, de gommer tout ce qui dérange, d’offrir la vision d’un monde lisse et manichéen, de servir le commerce, de manipuler les foules et l’actualité... (voir l’article "du contrôle social au grand décervelage")
Ils culpabilisent et excluent ceux qui pensent différemment en parlant tout le temps de majorités, de moyennes et en les matraquant de sondages, de modes et d’exemples à suivre.
Mais laissons la critique des médias ; on finira de les couler une autre fois !
Vu tous les barrages, solides ou vaporeux, nous sommes contraints de nous débrouiller et de contourner les obstacles. Nous y passons donc beaucoup de temps et pour très très peu de résultats. Nous essayons bien d’améliorer, d’inventer de nouvelles pratiques, mais notre marge de manoeuvre est étroite : il y a toujours un "barrage” au tournant.
Concrètement la liberté d’expression n’existe pas ; on est juste libre de penser en cachette et de faire quelques bricoles dérisoires. Une véritable liberté d’expression consisterait en une possibilité de parler accessible, généralisée et inconditionnelle. Ce qui ne risque pas d’arriver en préhumanité.
Note postérieure à la rédaction de cet article :
Pour l’instant l’internet offre encore quelques possibilités de liberté d’expression ; ce qui fait enrager tous les censeurs. Mais ils s’activent déjà pour réduire le web à une galerie marchande et à du folklore innoffensif. Particulièrement en France, pays encore plus liberticide que les autres soi-disant "démocraties", les prétextes habituels (pédophilie, sectes, terrorisme, drogue...) seront utilisés pour empêcher le développement d’une liberté d’expression incompatible avec les objectifs de domination et de manipulation poursuivis par tous les pouvoirs en place.
Ils imagineront des tas d’obstacles financiers, juridiques... afin d’empêcher la diffusion de tout ce qui dérange. Du fait de l’internationalisation du réseau, leur tâche est ardue. Mais quand il s’agit de combattre un "péril" commun, les Etats peuvent très bien se mettrent d’accord...
Affaire à suivre...
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