Les luttes contestataires habituelles sont sans espoirs, cherchez ailleurs !!

Changer le monde au lieu d’amortir la barbarie

L’Utopie ou la Mort ?, la Révolution non-violente ou la Barbarie ?, La libération de toutes les créatures ou l’aliénation, l’illusion et le règne toujours renforcé de Big Brother ?

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Les luttes et les mouvements de gauches, qu’ils soient radicaux ou réformistes sont dans une impasse totale (si leur objectif est vraiment de changer le monde vers la justice et la fraternité).
Il est plus que temps de trouver autre chose si vous êtes vraiment révolté et désireuse de tout changer.

Quand est-ce que les révoltées sincères se rendront compte que l’addition des luttes (que ces luttes soient partielles ou plus globales) ne pourra jamais changer le monde ?
Quand est-ce qu’on cessera de croire qu’on vit dans une vraie démocratie et que les élections, les partis ou les syndicats peuvent changer quelque chose ?
Quand est-ce qu’on cessera de rêver au grand soir en allant « tranquillement » au turbin dans le métro, l’ozone, la pub et les CRS ?
Quand est-ce qu’on arrêtera de s’imaginer être un héros révolutionnaire en posant des bombes contre une entreprise de merde ou un bâtiment étatique ?

Quand Big Brother aura installé des capteurs biométriques dans vos cerveaux, qui détecteront automatiquement toute pensée ou acte subversif ?
Quand la Terre aura été ravagée par la prochaine guerre mondiale, par le réchauffement brutal du aux activités humaines ou par des pollutions graves ?
Quand tout le monde vivra dans la misère noire, à part quelques nababs protégés par des polices blindées ?
Quand il sera trop tard ?

Le changement se fait dans tous les domaines en même temps ou dans aucun, car tout est lié.
La révolution est intérieure avant tout. Elle ne consiste pas à détruire frontalement le capitalisme et les Etats, mais à se changer radicalement de manière à pouvoir vivre tout de suite avec d’autres personnes sur d’autres bases que le conflit permanent, les rapports hiérarchiques ou de séduction, ou le laisser aller bordélique.

Le capitalisme et les pouvoirs ne seront jamais ébranlés par des minorités qui se limitent à des critiques et des attaques, même si ces critiques sont justes. Et si par miracle ces minorités critiques devenaient des majorités et parvenaient à faire plier la dictature libérale et les Etats, elles ne seraient hélas toujours pas capables de construire un autre monde, et re-fabriqueraient très vite des systèmes proches de ce qui existe maintenant. Tant que les personnes elles-mêmes n’auront pas changé en profondeur, elles recréeront toujours le même monde barbare.

Qui se rend compte que les racines du capitalisme et de toutes les violences sont inscrites profondément dans chaque personne ? Et surtout, qui veut tenter de couper réellement ces racines, qui est capable de vivre différemment de manière permanente avec d’autres personnes sans retomber rapidement dans les travers du monde actuel (qui sont : jalousies, compétition, volonté de domination et d’appropriation).
Où sont les communautés et les coopératives pratiquant de manière permanente la démocratie directe, le partage égalitaire des biens, du travail et des fruits du travail ? Où les relations interindividuelles sont-elles libérées des histoires de genres, de préférences, de famille, de couple et d’appropriation ?
Comment vivent les libertaires qui veulent abolir la propriété privée, le travail, l’Etat, la famille etc ??
Où sont les communautés anarchistes ? Qui sont les groupes capables de s’unir et de s’entraider de manière permanente et constructive, et pas seulement quelques jours par an lors de camps temporaires ?

Moi, je ne vois rien, personne, juste des pauvres bougres qui recommencent toujours les mêmes trucs qui ne mènent à rien, qui refont les mêmes incantations magiques contre le capitalisme et les Etats, qui en appellent aux même casses de vitrines ou de voitures de polices, aux mêmes illusions de soulèvement populaire qui renverserait des structures oppressives considérées comme les responsables majeures des injustices et de la barbarie permanente !!! Rien de nouveau hélas, dissidents radicaux, citoyennistes conformistes, réformistes, humanitaires, intérêts catégoriels... tournent toujours en rond, et les ornières ne font que se creuser sous leurs pas, que leur chaîne de bagnard soit longue ou plus courte.

On en vient alors à croire que la contestation est une mode comme une autre, un art de vivre parmi d’autres, une manière de se donner bonne conscience entre deux grasses bouchées de participation au système, un rituel tribal où il faut avoir commis quelques actes de bravoures (larzac, Evian, brûler un magasin de luxe...) pour faire partie du clan des gentils, de celles et ceux qui affirment vouloir changer le monde, un moyen de se rassurer et d’oublier son renoncement en faisant de l’activisme... Triste « révolution » qui, au mieux ne construit rien, au pire renforce le système.
Comment ne pas être bouleversé par cet état de fait ? Comment faites-vous pour continuer à vous enfoncer dans ces impasses ? Pourquoi ne pas chercher autre chose ? Pourquoi est-ce que tous les groupuscules ne se sabordent pas une fois pour toute, de manière à ce que tous les humains puissent peut-être se réunir pour chercher et trouver un fond commun et enfin construire ?
Pourquoi se résigner à des actions crottes-de-biquales et épisodiques alors qu’il est urgent de tout changer ?
Pourquoi est-ce qu’on parle plus souvent de luttes que d’amour et de constructions ? Pourquoi se battre sans fin contre les conséquences sans fin d’un système barbare au lieu de construire maintenant un autre système, une vraie société, qui ne génère plus de barbaries et d’injustices ?

La quasi-totalité des personnes qui se disent contestataires ne sont pas plus capables de changer le monde que Bush, Steve Jobs ou Poutine. Elles se gargarisent de formules ressassées et d’actes trop souvent dérisoires, elles ont l’impression de faire bouger les choses en participant à des manifs ou en bloquant (ou limitant) temporairement un projet encore plus répressif et anti-social que la moyenne. ILLUSIONS !

Comment ne pas voir, à l’heure actuelle, que les impasses sont de 2 types, et que personne ne propose autre chose :

Après les grandes messes genre Larzac ou Porto Allegre, on n’a que de vagues déclarations consensuelles et gentillettes, et rien ne change, tout le monde replonge dans le bourbier l’esprit en paix jusqu’à la prochaine cérémonie groupale et apaisante.
Pour changer le monde, il faut obligatoirement découvrir la réalité d’un fondement commun, de liaisons par delà les goûts et sensibilités diverses. Au-delà des merveilleuses différences individuelles et des multiples constructions de la raison, il existe de manière certaine la possibilité pour tous les humains de se rassembler et de réaliser pour de vrai le meilleur des idéaux anarchistes et communistes (et, si j’osais, chrétiens), en les poussant encore plus loin, et sans les systèmes effroyables et totalitaires du genre URSS. On pourrait parler de convergence intérieure, d’amour universel, de liberté absolue. Qu’importe les mots, c’est de toute façon à chacunE de se lancer dans l’aventure et de découvrir les choses par elle-même, seulE avec sa conscience.

Les « sociétés » ne sortiront pas de la barbarie toute seule, que chacun est responsable, que les luttes, telles qu’elles ont été menées dans la quasi-totalité des cas, sont sans espoirs et sans effet sur la libération du monde. Si elles ne sont pas rattachées et motivées par une révolution individuelle profonde et radicale, elles tourneront en rond à l’infini (à moins que la planète ne saute avant).

A vous de choisir, le monde est entre vos mains. Vous pouvez le refaire dans la liberté et l’amour, jouer simplement avec ou l’écraser.

Bien entendu, ce texte est libre de tout droit, donc librement reproductible et modifiable, il est à vous, pour vous, il est à tout le monde, il n’est à personne, la Terre pareil.

Première diffusion de ce texte en août 2003, sous le pseudo de Zora, qui a entraîné la tentative (avortée) de création d’un réseau de dissidents (Dissidences Communes) avec d’autres personnes.
 
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Zora
1ère publication : août 2003
Mise en ligne: mars 2004
Màj : 11 septembre 2004
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