1.2 Moins évidentes
Cette catégorie est plus intéressante : si les meurtres ne passent pas inaperçus, si les bombes atomiques laissent quelques traces, des tas d’autres éléments quotidiens, permanents et universels par contre...
1.2.1 Individuelles
a. Entre êtres humains
Le harcèlement sexuel
Où quelqu’un abuse de son pouvoir pour obtenir des faveurs, que ce soit en entreprise ou en famille. C’est une sorte de viol, les menaces psychologiques, le chantage au licenciement remplaçant la force physique. Les employé(e)s subalternes peuvent aussi donner d’autres choses que leur corps (services...).
Les violences familiales
Tout le monde sait que la majorité des cas de maltraitance d’enfants (viols, coups, abandon...) sont le fait des parents directs. Ajoutons les femmes battues, humiliées et celles qui ne disposent pas de liberté. C’est le mari qui tient la bourse et surveille les sorties. Ajoutons encore les mariages arrangés (que ce soit chez les riches ou les pauvres), les assassinats de filles (Inde), l’excision, les contrôles de virginité (certaines filles, n’étant plus vierges, se font “recoudre” pour avoir droit à un mari)...
Il y a aussi les pressions indirectes, plus ou moins impératives. La plupart du temps, les parents imposent une orientation professionnelle à leurs enfants, sans se soucier de leurs aptitudes réelles. Les enfants sont poussés très jeunes à la compétition, qu’elle soit scolaire ou sportive. Si ces pratiques sont bonnes quand on veut s’intégrer à fond et gagner un max, elles ne sont pas du tout idéales pour devenir un être humain libre, autonome, respectueux des autres... Sans compter les vieux parents qui accaparent leurs enfants, les enfants qui abandonnent leurs parents dans les hospices, les jalousies diverses...
Il existe des formes de violences plus soft. Aux USA, des enfants, dès l’âge de deux ans, sont gavés de psychotropes et anxiolytiques. Ces médicaments, habituellement réservés aux malades mentaux, sont prescrits sans complexe par des médecins soumis à la pression des parents et enseignants qui veulent avoir la paix. Dès qu’un enfant est agité, on le bourre de drogues pour qu’il reste le brave légume qu’il doit devenir. Ils devraient essayer la lobotomie, c’est encore plus efficace.
Sur ce vaste sujet qu’est la famille, je veux insister sur le fait que, indépendamment du type d’organisation (tribale, matriarcale...), la violence est la même. Il s’agit toujours d’imposer aux individus, à partir de leur naissance, un ensemble de contraintes sociales et de normes qui sont bonnes pour la perpétuation du système, mais qui écrasent toute originalité et personnalité. La famille ou la tribu, en s’appuyant sur des composantes affectives, d’autorité, ou de soi-disant lois naturelles ou surnaturelles, va modeler les enfants à son image. Le but n’est pas d’aider et d’inciter le jeune à développer ses talents particuliers, mais de le faire rentrer de force dans un système sclérosant et sécurisant qui a besoin d’individualités laminées et soumises pour pouvoir survivre.
La famille (ou assimilé) est donc l’arme privilégiée et très efficace de l’assujettissement des individus à tout le reste, puisqu’elle bâtit, en premier, tout le gros oeuvre de la prison qui enfermera toujours davantage les sujets. C’est elle, avec bien sûr le soutien actif de l’Etat, de l’école, des psys, des éducateurs..., qui va opérer le travail d’écartèlement, de découpage et d’étouffement des enfants. Il faut bien les hacher menu pour qu’ils entrent dans la recette infecte qu’on leur prépare, avec amour bien sûr.
La prostitution
Où le client et la (ou le ) prostitué(e) se dégradent en accomplissant de manière marchande et sordide un acte qui devrait être d’Amour. A l’horreur de l’acte sexuel marchand, il faut encore ajouter la drogue, les maladies, les coups, l’insécurité permanente... Au-delà des problèmes individuels, la société est largement responsable de ce phénomène. Quand on enferme les gens dans une misère affective et sexuelle, il est logique qu’ils versent dans toutes les aberrations de la pornographie et du “vice”.
Il faut aussi savoir, comme l’ont dénoncé certains ouvrages, que les Etats sont souvent les premiers proxénètes puisqu’ils prélèvent taxes et impôts, directs et indirects, sur les “travailleurs du sexe”.
Les meurtres d’embryons
Quel que soit le stade de développement de l’embryon, il s’agit d’une personne humaine en devenir et on lui doit autant de respect qu’à l’enfant ou au vieillard. En conséquence, les avortements sont des assassinats. Même si on comprend parfois les difficultés extrêmes d’une situation sociale, il vaudrait mieux, comme toujours, chercher à vraiment les résoudre plutôt que de se contenter d’éradiquer les conséquences, à savoir : un embryon mal venu. Là aussi, la “société” est largement coupable. Le manque d’informations et d’éducation, les tabous... n’aident pas du tout les gens à être responsables.
Et n’oublions pas les embryons fabriqués et tués aux fins de la recherche “scientifique”, et ceux qui sont surnuméraires ou non conformes dans la fécondation in vitro, voués eux aussi à la destruction ou à l’expérimentation. Des pratiques plus discrètes, mais tout aussi sanguinaires.
Les comportements “irrespectueux”
Ici nous trouvons des faits moins graves ; la plupart du temps il n’y a pas mort d’homme, mais ils sont très fréquents, citons par exemple :
Ces comportements, même s’ils sont relayés par des individus, traduisent des mentalités collectives qui imbibent tout le monde, sans même qu’on s’en rende compte. Ils font partie des poisons qui achèvent la destruction des rapports humains déjà bien entamés par la famille et la notion de couple qui va avec. L’architecture, l’aménagement et le mode de vie parachèvent l’isolement des gens, tout en nous gavant de pseudo-communications à la sauce internet ou portable.
b. Contre soi-même
Généralement, on en fait baver tout autant, sinon plus, à soi-même qu’aux autres. En acceptant de se plier aux normes sociales de la “société” en vigueur, chacun est, dès le départ, obligé de se violenter.
Même les requins sans aucun scrupule sont obligés, quelque part, de se détruire pour nager à l’aise dans leurs eaux d’égouts. Sinon ils n’en supporteraient pas la puanteur. En effet, cette ”société” étant profondément inadaptée à la vocation existentielle et spirituelle des hommes, on ne peut s’y intégrer sans casse.
Prenons une image simple : on ne peut pas décider de faire partie d’une équipe de tueurs sans renoncer au respect de la vie et sans tuer soi-même. Si vous ne tuez, pas vous vous faites jeter rapidement. On aura beau tuer avec des fleurs, choisir ses cibles, tuer proprement..., l’équipe aura toujours pour vocation de tuer et ceux qui en font partie devront renoncer à leur âme, à leur conscience et à leur sensibilité pour pouvoir continuer le boulot efficacement et éviter d’être tués eux-mêmes.
Pour la “société”, c’est exactement la même chose, en plus grand et plus monstrueux. La seule différence est qu’on se trouve déjà intégré d’office à “l’équipe”, dès notre naissance. Mais heureusement, on reste libre d’arrêter l’entraînement et de quitter le troupeau avant d’être “foutu”.
Voyons quelques exemples de ce qu’un individu doit sacrifier pour faire partie des moutons ou des loups (l’un n’allant pas sans l’autre).
Bien sûr, il y a des nuances : les loups comportent différentes classes sociales avec des inférieures et des supérieures en perpétuel combat ; même chose pour les moutons, qui se comportent souvent comme des loups entre eux. Mais les schémas restent les mêmes.
Les jeunes doivent d’abord, sous l’impulsion impérative de la famille et de l’école, s’automutiler sexuellement et affectivement.
En effet, les garçons doivent avoir un comportement “viril” exacerbé : brutalité, rejet des filles, occupations physiques, insensibilité... Et les filles voient avoir un comportement “féminin” exacerbé : séduire, être à la mode, s’occuper de poupées, être maternelles, attentionnées...
Bien sûr il y a toujours des exceptions, pour ceux qui vivent dans un milieu moins fermé et qui savent imposer tôt leur caractère, mais l’exception confirme la règle.
Donc, les garçons doivent étouffer leur féminité et les filles leur virilité pour pouvoir jouer correctement leur rôle de parent et de travailleur (potentiel).
Nuançons, la réalité est plus complexe.
Parfois les femmes ont un comportement très viril dans certains domaines (sport, femmes d’affaires...), et des hommes font la nounou à la maison ou sont des artistes à la sensibilité très féminine. Ce qui fait que certains rôles peuvent être échangés entre l’homme et la femme, en restant circonscrits à des secteurs précis. Mais la problématique reste la même : un couple fermé sur lui même avec des luttes dominant/dominé perpétuelles.
Pour les couples homosexuels rien ne change vraiment.
Les gens ne peuvent avoir des relations saines et égalitaires et sont toujours obligés de jouer le jeu, de se conformer à l’image qu’on attend d’eux et donc de sacrifier une part plus ou moins grande d’eux-mêmes au bon vouloir des autres.
Si ce sacrifice se joue d’abord à l’intérieur, il a ensuite des répercussions sur le plan affectif/sexuel. Là encore des pratiques seront interdites, des désirs refoulés, car considérés comme malsains. Quel homme ou quelle femme n’a jamais été fortement attiré(e) par une personne du même sexe ? Pourquoi les hommes devraient-ils être durs et s’interdire de pleurer ? Pourquoi ne pourrait-on aimer sincèrement plusieurs personnes ? Pourquoi des adolescent(e)s ne pourraient-ils (ou elles) pas avoir de relations avec des adultes ?
Toutes ces pratiques sont “déconseillées”, d’une manière ou d’une autre, elles mettraient en péril la reproduction de la “société” en brisant les barrières entre les personnes. Et de toute façon, les normes sont là pour encadrer de force la violence d’individus le plus souvent incapables de relations “vraies”.
Tous ces blocages et aberrations se retrouvent dans la littérature, la télévision, le cinéma.... Ils alimentent bon nombre d’artistes qui proposent au public d’oublier et de vivre leurs manques par procuration.
Pour continuer le travail d’écartèlement, les jeunes doivent aussi renoncer à une grande part de leurs capacités personnelles originales.
La “société” n’a pas pour but de développer la vie spirituelle, ni les talents individuels. Elle n’est qu’une accumulation d’égoïsmes à la recherche du profit et du plaisir maximaux. Elle ne vise qu’à s’autoreproduire en perpétuant les classes sociales. Elle n’est qu’une vaste galerie marchande à plusieurs étages où objets et personnes (de luxe ou d’occasion) s’échangent sans arrêt dans une agitation frénétique et perpétuelle.
Il va donc de soi que l’école et l’“éducation” se bornent à façonner les pions (qu’ils soient chômeurs ou PDG) dont “la société” a besoin pour fonctionner. Les jeunes doivent donc étouffer, avant même de les connaître, leurs potentialités créatives, humaines, bizarres... Pour avoir leur étalage (personnalisé bien sûr, ils peuvent toujours choisir la couleur de leur voiture) dans la galerie marchande, ils se forceront à un travail souvent dégradant et inintéressant. Songez à tous ces travaux stériles et répétitifs : brasseur d’argent, vendeur, assureur, caissière, bureaucrate, surveilleur, publiciste, huissier...
Songez à tous ceux qui font des travaux manuels pénibles, très utiles (mais il ne faudrait pas faire que ça), et qui s’abrutissent. Même les artistes se soumettent aux loi iniques du marché et créent pour plaire.
Je reviendrai sur ces questions économiques dans la partie “violences collectives”.
Il y a aussi quelques fignolages pour les perfectionnistes de la dissection interne.
On peut par exemple faire des régimes pour être aussi squelettique que les prostituées de la mode. A moins de choisir les replâtrages faciaux à coup de bistouri et silicone pour se cacher la vieillesse.
On peut soumettre son corps à des entraînements “sportifs” aberrants. Je parle de la compétition à outrance où tous les moyens sont bons pour écraser l’adversaire : surentraînement, transfusion, dopages en tous genres... Toutes choses qui nuisent à la santé et détournent le corps de son utilisation normale.
Parlons aussi de tous ceux qui se dopent, pour pouvoir supporter et oublier leur travail et leur vie débile (voir plus haut), à coups d’alcool, de clopes, de coke, de tranquillisants, d’excitants, de somnifères, de sexe.... Leur vie les rend malades, psychologiquement et/ou physiquement, mais au lieu de tout changer, ils répondent par un surcroît d’agitation et de dopes. Ils se détruisent donc un peu plus chaque jour, pour le plus grand profit des médecins, des industries pharmaceutiques et autres dealers....
Pour résumer, prenons une comparaison avec les poules élevées en batterie.
Elles sont nées en cage et y passeront leur courte vie. Elles sont dénaturées et sont entassées dans un espace clos. Pour les adapter à leur environnement et à leur fonction (produire de la viande et/ou des oeufs), leurs becs et leurs griffes sont coupés. Elles sont gavées de produits divers, d’antibiotiques... pour limiter le nombre de morts et respecter les normes de production. Elles ont l’air dépenaillées, hagardes, à moitié folles, et elles perdent leurs plumes. Elles n’ont pas d’autres choix que de faire leur trou dans la masse de leurs congénères tous identiques.
Si on les place à l’air libre, avec des soins et de la place, elles mettront du temps avant de s’acclimater, de retrouver la santé et une personnalité (à leur niveau).
Pour les hommes, c’est exactement la même chose, sauf qu’ils peuvent choisir de s’extraire eux-mêmes du système concentrationnaire où ils ont été placés. Mais sinon, ils sont adaptés de force à un environnement inhumain ; leur sexe et leur cerveau sont “coupés”. Ils ont souvent l’air hagard, vide, malheureux, sont à moitié (ou complètement) fous et sont en mauvaise santé (au sens large). Ils sont tous identiques avec leurs quincaillerie personnalisante et ne pensent qu’à faire leur place au soleil noir du capitalisme. Ils absorbent des dopes pour supporter leurs clapiers et assumer leurs fonctions sociales formatées.
Et s’ils décident de se sortir de là, ils auront du mal à se déconditionner et à tout réapprendre.
Dans cette “société”, les hommes ne sont donc que de poules de batterie qui veulent le rester et sont prêts à se faire toutes les mutilations nécessaires pour être bien intégrés au troupeau.
c. Contre la nature et les animaux
Vous pensez bien que les hommes ne se contentent pas de se bousiller entre eux. Il leur faut bien toute la Terre pour satisfaire leurs désirs de violences et d’exploitations. Et encore, s’ils pouvaient s’approprier plusieurs planètes, ils seraient très heureux. Peut-être arriveront-ils à coloniser Mars ou la Lune, pour commencer...
Comme les animaux et la nature sont moins protégés que les êtres humains (louons les Droits de l’Homme et la “démocratie” libérale), ils sont davantage pris pour cibles ; surtout qu’ils n’ont pas de voix pour crier leur douleur.
Plusieurs actions directes et individualisées sont possibles :
La chasse
Une pratique ancestrale : elle est inattaquable, car traditionnelle et indispensable au maintien de la culture locale et du lien avec la nature. Tout comme l’excision (Afrique), l’abandon d’enfants (Grèce antique), le brûlage de sorcières, le duel, le mariage forcé et arrangé (un peu partout encore), le meurtre des filles avant la naissance, en bas âge (Inde) ou une fois adultes (musulmans intégristes), la tauromachie, l’esclavage (toujours à l’honneur, sous des formes diverses), les sacrifices humains (Amérique du sud avant le nettoyage des colons chrétiens)...
Le chasseur est donc coupable d’assassinat à répétition et avec préméditation. Ses motifs étant le plaisir, la puissance, l’habitude..., il n’a aucune circonstance atténuante. Comme je ne suis pas aussi brutal que la “justice” US, je ne lui ferai pas une injection létale après dix ans d’attente entre deux cages.
Ajoutons que la chasse aboutit parfois à la disparition pure et simple des espèces quand :
La chasse ne protège pas la nature : elle l’éradique et/ou l’exploite. Certains chasseurs défendent la nature, certes, comme le berger défend ses moutons, pour les égorger au moment qu’il aura choisi.
les jeux
Les animaux peuvent aussi être exécutés en public, dans une arène. On n’a plus le droit de jeter des hommes aux lions comme au bon vieux temps de César et les exécutions de condamnés à mort se font le plus souvent dans des salles discrètes. Alors le massacre de taureaux (les combats de coqs, de chiens...) permettent une compensation appréciable.
Tout ça se fait avec cérémonie et panache, les matadors ont de beaux habits cousus d’or et du style. Ils deviennent célèbres grâce aux meurtres rituels de taureaux, tout comme les tueurs en série, mais sans les risques de poursuites judiciaires. Il est vrai que parfois un matador se fait zigouiller à coup de cornes et de sabots, mais c’est trop rare et ce n’est pas la bonne solution.
L’exécuteur de boeufs, à la chaîne dans une usine à viande, devrait être jaloux et réclamer sa part de gloire, lui qui tue beaucoup plus de taureaux à l’heure. Il est vrai qu’il n’a pas la même classe. Avec sa blouse blanche tachée et ses tapis roulants, il fait pâle figure face aux matadors en habits de lumière qui reçoivent des pluies de fleurs de pétasses en pâmoison devant leur courage fantastique. Elles doivent certainement se les imaginer avec des couilles... de taureaux. Quelle joie ce serait de découper quelques-unes de ces femelles en rut à grands coups de hache (c’est une image bien sûr).
Un mot encore sur les combats organisés entre animaux. Exciter les instincts de certains animaux et les encourager à s’entretuer : c’est d’une lâcheté perverse et dégoûtante. Au moins, sur le ring ; les boxeurs se massacrent entre hommes et à peu près librement.
Le carnivorisme
Encore une belle tradition indéboulonnable.
Tout le monde sait, par des preuves scientifiques et sensibles :
Mais ça ne fait rien, pratiquement tout le monde mange de la viande sans sourciller. On est habitué à en consommer dès notre plus jeune âge, et plus tard, si on y pense, on n’ose pas contrevenir à cette habitude sociale. Cette pratique est considérée comme naturelle et normale. “Après tout, nous sommes aussi des animaux, ils se mangent bien entre eux”, “il est sain et nécessaire de manger de la viande”, “on n’est pas des lapins”... entend on partout.
Le propre de l’Homme est, normalement, de réfléchir et de se rendre compte de ce qu’il fait. Devant les souffrances des animaux, il devrait cesser immédiatement les actions qui les causent, comme il devrait le faire pour les êtres humains. Surtout qu’il n’y a rien de plus facile que de devenir végétarien. Il est autrement plus difficile de faire disparaître les guerres et autres famines.
Bien sûr, pour faciliter les choses, la viande est joliment emballée, préparée, transformée, étiquetée... Les animaux sont abattus loin des regards. Seuls certains paysans tuent eux-mêmes les bêtes qu’ils mangent. Tout est fait pour faire oublier le sang, les cris et la douleur des animaux dont la vie devient celle d’un objet fabriqué pour être découpé en tranches consommables. Ce qui arrange tout le monde. En effet, malgré les blindages anti- sensibilité, personne n’est à l’abri d’un haut-le-coeur devant un canard décapité qui bouge encore, un mouton égorgé qui se vide de son sang, une anguille hachée vivante, le regard du boeuf avant sa mise à mort, les cris du cochon avant son sacrifice...
Consommateurs de hamburger, éleveurs en usine ou à la ferme d’antan, pêcheurs respectueux des quotas, producteurs de foie gras bio, bouchers ordinaires, ceux qui ne mangent que de la viande blanche et surtout du poisson... : tous coupables de génocides planifiés avec circonstances aggravantes (les victimes étant sans défense et leur mort inutile à leur bonne santé).
Le tribunal de La Haye en charge des crimes contre l’Animalité va avoir du boulot !
Quand il s’agit de Vie, l’habitude n’est plus une excuse et la lâcheté un crime. Et on est obligé de se dire que les gens aiment que des êtres souffrent et meurent pour leur plaisir, pour leur donner le sentiment d’exister et d’être une race supérieure.
Les hommes n’ont pas grand-chose à faire de leurs congénères (sauf quand ils y trouvent leur intérêt), pourquoi se soucieraient-ils une seconde des animaux, ces tas d’engrenages qu’on soigne pour des fortunes ou qu’on égorge, selon qu’il s’agit d’un chien de race ou d’un vulgaire poulet.
Les assassins tentent de se camoufler derrière les traditions et les bonnes recettes gastronomiques. Mais personne n’est dupe de leur violence, de leur lâcheté, de leur mépris et de leur égoïsme. Au moins les Hutus ont eu le courage de leurs pulsions désastreuses : ils ont tué eux-mêmes des hommes, des femmes, des vieux et des enfants, un par un et à la main. Tandis que les urbains proprets et parfumés en costume cravate critiquent le génocide rwandais en mangeant de la viande en sauce provenant d’animaux exécutés à la chaîne par d’autres.
Il est plus facile de tuer un poulet qu’un homme, surtout si c’est l’usine qui s’en charge.
Mauvais traitements
En dehors de la mise à mort pure et simple, la souffrance animale existe :
Dans les zoos ou les cirques, les animaux sont souvent mal en point. Ils manquent d’espace, de soins, leur milieu de vie est trop éloigné de leurs conditions naturelles. Ils peuvent aussi être exploités et battus. Exhiber des animaux en cage n’est pas vraiment la meilleure solution pour les faire connaître et les protéger. Et si les citadins sont en mal de nature sauvage, peut-être faudrait-il songer à transformer radicalement les villes plutôt que d’importer des reliques de campagne.
Dans les chaumières, des tas de chiens sont battus régulièrement par des maîtres qui renvoient leurs violences et leurs frustrations. Plutôt que se venger bassement sur des souffre-douleur, on ferait mieux de refuser l’esclavage du travail et cette vie stressante et aliénante.
Une preuve de plus que chacun violente quelqu’un, de préférence plus faible que soi. En plus des coups, il y a tous ces animaux dits de compagnie (par opposition à ceux qui traditionnellement sont transformés en steaks) mal soignés et pas à leur place : poissons dans des aquariums ridicules, huski sans exercice, lapins en cage...
Dans les laboratoires. Les animaux sont une matière première très prisée par les chercheurs et expérimentateurs de tous poils.
Quand ils n’expérimentent pas directement sur les êtres humains, les militaires utilisent des animaux. Ils mutilent et tuent des créatures pour pouvoir tuer plus efficacement lors de la prochaine guerre ! Vaste programme, qui n’est jamais terminé : il y a toujours de nouvelles armes à tester. Ces expériences absurdes et cruelles devraient disparaître avec la guerre et les armées.
Eliminons aussi les expériences liées à des choses futiles et superflues, genre crème à bronzer, lotions anti-rides ou dissections dans les écoles.
Ce qui est plus délicat, ce sont les expériences liées à la recherche fondamentale et à la lutte contre les maladies.
Tout le monde va dire qu’elles sont indispensables, qu’il s’agit de sauver des vies, de comprendre des maladies abominables... “De plus, nous limitons l’utilisation d’animaux au minimum.”
Des animaux souffrent et meurent pour sauver des vies. Ce seul fait absurde devrait suffir à condamner ces pratiques et à chercher à tout prix d’autres voies :
- Peut être que toutes les pistes de recherche fondamentale ne sont pas à suivre. Il faudrait faire des recherches dans des buts de construction du monde, et pas seulement par défi ou par plaisir.
- Il faudrait davantage encore se pencher sur toutes les possibilités techniques de substitution au sacrifice d’animaux.
- Il faudrait surtout s’interroger sur les raison des maladies graves qui affectent tant de monde, chercher les causes profondes plutôt que se contenter de traiter les conséquences. Mais la médecine et ses patients n’ont pas vraiment envie de se remettre en cause... Si la plupart des maladies graves disparaissent, il n’y a plus de médicaments à tester, et donc plus d’expériences sur les animaux à mener. Il ne s’agit pas de stopper la recherche, mais de la mener autrement et avec d’autres buts.
C’est comme pour la viande : quand c’est inutile, on s’en passe, et quand ça parait encore utile, on fait tout pour s’en passer.
Les sacrifices dits religieux
Les autels remplacent parfois les tables d’opération pour conjurer les mauvais sorts. Si les hommes ont aussi été utilisés, dans l’Amérique du Sud d’avant C. Colomb par exemple, les animaux restent les préférés.
Une bien belle tradition : zigouiller une créature pour plaire à un (ou des) Dieu ! Les hommes s’imaginent, pour se rassurer, que Dieu est aussi barbare qu’eux et versent du sang à ses pieds ! Alors que Dieu les supplie de vivre dans l’Amour et le respect de sa création, ils égorgent une de ses créatures en croyant lui faire plaisir. Essayez de piétiner une sculpture faite par un artiste pour lui prouver que vous appréciez son talent, on verra sa réaction.
Il faut vraiment une bonne dose de cynisme et de débilité pour croire à ces pratiques sanguinaires. Ceci est du même illogisme pervers que les guerres saintes et autres croisades !