De tout temps, dans nos « sociétés », il y eu des Guerres. Seules les modalités, les instruments et les justifications varient, l’ardeur à s’entretuer reste intacte.
Dans cette “société”, la Guerre est nécessaire, pour plusieurs raisons :
La guerre est nécessaire pour viriliser et uniformiser les soldats, pour les mettre au pas et achever de les rendre conformes à l’”ordre social”.
La guerre est nécessaire pour que les jeunes pions s’étourdissent de l’amitié virile, de l’esprit de corps, pour qu’ils exercent à loisir leurs goûts pour le commandement et l’obéissance.
La guerre est nécessaire pour apprendre à écraser les autres sans scrupules comme l’exige la guerre économique ordinaire.
La guerre est nécessaire pour les gains appréciables que procurent les ventes d’armes aux deux adversaires.
La guerre est nécessaire, comme champ d’essai grandeur nature et réel des nouveaux armements, en vue de leur utilisation lors de la prochaine guerre et pour réprimer les révoltes à venir.
La guerre est nécessaire pour contenir les envies excessives de puissance, de gloire, de territoire... qu’éprouvent invariablement peuples et Etats. Il s’agit de faire régner un équilibre de la terreur pour que les gens se massacrent dans des proportions raisonnables, avec quelques pauses de soi-disant paix pour reprendre des forces entre deux batailles.
La guerre est nécessaire, pour relancer l’économie et l’emploi en reconstruisant tout ce qui a été détruit par les bombes. Ce qui permet aussi de reconstituer les stocks de bombes.
La guerre est nécessaire pour utiliser avantageusement les stocks de bombes périmées et ainsi en fabriquer d’autres plus performantes.
La guerre est nécessaire pour que les riches accroissent leurs richesses ou que les pauvres s’en emparent.
Quand la violence des films ne suffit plus ; quand les coups donnés à l’épouse, aux gosses, aux chiens, aux Arabes de service ne calment plus ; quand la chasse, la tauromachie, la compétition sportive... deviennent ennuyeuses, alors la guerre est nécessaire comme suprême défoulement et exutoire merveilleux. Devant le 20 H ou comme soldat, on prend son pied.
La guerre est nécessaire pour donner à la piétaille une raison de vivre plus exaltante que la consommation de la dernière mode de chaussures à ressorts. Avec les notions de patrie, de fraternité entre combattants, de défense de la liberté..., on a au moins l’impression de se sacrifier pour la gloire d’une noble cause.
La guerre est nécessaire aux gouvernements pour justifier le renforcement de leurs armées et polices par la peur des guerres alentour.
La guerre est nécessaire : quand on a pas de raisons précises et matérielles pour la faire, on en trouve toujours : au nom de Dieu, du Droit international, de la liberté, de la paix...
La guerre est nécessaire pour que le peuple oublie son asservissement quotidien.
La guerre est nécessaire, à l’étranger, pour que le peuple se satisfasse de la “paix” relative qui règne chez lui.
La guerre est nécessaire, comme l’est une moisissure sur un fruit pourri.
La guerre n’est que l’expression grossie et caricaturale de l’horreur quotidienne. Elle fait intégralement partie de ce monde en état de guerre permanente.
Les meurtres, les viols, le carnivorisme, les mauvais traitements, la prostitution, la marchandisation de tous les secteurs de la vie, la “guerre” économique (sociale, sexuelle, sportive, scolaire...), la chasse, la destruction de la nature, les génocides d’animaux, l’avortement... sont en fait la “vraie” guerre. Tous ces actes constituent le substrat, le terreau et la préparation à la guerre avec sabres et missiles balistiques. Quand on est capable de tels actes, on est capable des pires crimes de guerre, si les circonstances s’y prêtent.
On peut comparer ça à l’action de se nourrir. Tous les jours on prend plusieurs repas (enfin, ceux qui peuvent), et de temps en temps on s’offre (ou on est invité) un grand banquet. La guerre c’est la même chose, tous les jours on trucide et on baigne dans le sang, et de temps en temps on y va à fond (ou on est invité à participer, de gré ou de force).
Simplement la guerre (au sens habituel de conflit armé) est plus flagrante, plus tachante par rapport au reste (et plus médiatisée). Mais si tout les petits “meurtres” quotidiens étaient autant médiatisés et décortiqués que n’importe quelle petite guerre armée, alors, on serait encore plus terrifié que devant le pire génocide. Une guerre mondiale n’est encore “rien” face aux milliards de vies humaines et animales continuellement saccagées tous les jours, à petit feu.
La guerre n’est qu’un meurtre à grande échelle légalisé, nécessaire au maintien des structures existantes dans leur état de guerre permanente.
La guerre est nécessaire à ce monde, comme le sont la prostitution, le contrôle policier, le tiers monde et le quart monde, les écarts astronomiques entre les 200 plus riches et les milliards de miséreux...
La guerre est une des caractéristiques essentielles et nécessaires de nos « sociétés », mais elles ne sont pas du tout un monde nécessaire et inéluctable.
La guerre est nécessaire dans les systèmes existants, elle n’est qu’une facette de la guerre permanente. Et ceux qui rejettent la guerre, qui se disent pacifistes, ne sont que des inconscients qui veulent bien faire tout en se donnant bonne apparence. Ce sont des aveugles qui pleurent seulement quand ils reçoivent une giclée de sang frais en pleine poire, mais qui ignorent les océans de sang dans lesquels ils pataugent tous les jours. Chaussés de leurs hautes bottes de pêche immaculées, ils se croient au sec et veulent ignorer que cette « société » est bâtie sur une couche toujours plus épaisse de cadavres et d’exactions en tous genres.
Ils s’indignent bruyamment de ce que des êtres qui se disent humains s’entretuent durant une bonne guerre, mais ils ne veulent pas voir que la « société » toute entière répond à la même logique guerrière. Ils critiquent la guerre, mais ils ne remettent pas en question les mentalités et les choix (appropriation, domination, jouissance égoïste, refus d’une révolution intérieure de nature spirituelle) qui en sont la cause profonde. Ils attaquent la guerre, mais ils la perpétuent en restant complices des systèmes en place. Ils rejettent la guerre comme ceux qui repoussent le massacre des éléphants, mais qui achètent de l’ivoire et mangent de la viande.
Etre pacifiste, c’est être dissident. Etre non-violent c’est critiquer et rejeter violemment toutes les formes de violences. Faux-culs cyniques ou aveugles volontaires, ceux qui rejettent la guerre sont toujours des soldats des armées de Big Brother. Cette “société” est un bloc de marbre incrusté de sang, on ne peut pas écarter la guerre, la prostitution, la pollution... et garder le reste. Tout est gâté, on est obligé de tout jeter et, soutenu par une vie spirituelle libératrice, de tailler dans nos coeurs un bloc plus sain.
Conclusion
La guerre est nécessaire à ce système, mais ce système n’est pas nécessaire. Et si on veut que toutes les guerres cessent, il faut obligatoirement que les systèmes actuels, destructeurs et inégalitaires dans leurs principes, cessent, et pour qu’ils cessent il faut commencer par soi.
Pour que la guerre cesse, il faut donc “faire la guerre” à la barbarie qui est en nous et reconstruire ainsi un monde totalement différent. Si chacun se libère, avec la grâce de Dieu qui éclaire notre âme et notre intelligence, de la violence destructrice qui l’anime et la transforme en force d’amour, alors peut-être que l’Humanité renaîtra, en paix avec elle-même et la Terre.
Il y a bien longtemps que les humains ont refusé leur origine et leur destinée commune et qu’ils ont rejeté leur lien avec la transcendance (malgré l’illusion offerte par les Eglises). L’Humanité est donc restée à l’état de barbarie. Une barbarie en guerre permanente contre elle-même et contre Dieu.
Les humains actuels s’acharnent à détruire systématiquement tout ce qui peut leur rappeler un tant soi peu leur origine et leur « mission » divine. Ils iront même jusqu’à détruire tout leur être s’il le faut. Refusant Dieu à l’intérieur d’eux, ils n’ont pas de respect et d’Amour pour les autres créatures et ils les exterminent sans pitié. En se reniant, ils renient aussi les autres et la Terre, ils ont donc peu de scrupules à tout asservir à leurs caprices.
On retrouve le même processus que pour certains assassins : après le premier crime, il est difficile de revenir en arrière et de s’autocritiquer, alors ils en commettent d’autres et s’enfoncent dans l’horreur.
Peut-être qu’un jour, las de s’autodétruire, les humains se laisseront envahir par la grâce et aimeront même leurs ennemis.
Si chacun aime ses ennemis, plus aucune guerre n’est possible.
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