Tout le monde sait que les enfants sont issus de la fusion d’un spermatozoïde et d’un ovule. Ce qui donne un oeuf fécondé, un embryon, un foetus et un nouveau-né, si tout se passe bien et si on laisse faire les choses dans le ventre de la femme.
Les biologistes savent maintenant réaliser cette fusion en dehors du corps féminin, dans un laboratoire, dans une éprouvette, sous l’oeil du microscope.
Sans entrer dans des détails techniques inutiles ici, je vais évoquer les différentes possibilités existantes de procréation in vitro, qui sont utilisées au gré des besoins et en fonction des normes sociales.
1. Les possibilités techniques
Voici ce qui est possible à l’heure actuelle. On peut :
En outre, certains scientifiques disent qu’il est parfaitement réaliste d’envisager des grossesses masculines (dans l’abdomen, les bourses, qu’importe).
2. Pourquoi ces techniques ?
Les biologistes, connaissant les "mécanismes” de la naissance d’une vie humaine, ont voulu en savoir plus, en tentant de "maîtriser" la fécondation.
Leurs motivations sont diverses :
Ils étaient, sont toujours, poussés dans cette voie par toutes les personnes qui veulent leur enfant à tout prix mais qui n’y arrivent pas, pour diverses raisons.
Il y a les couples hétérosexuels, dont l’homme ou la femme, ou les deux, sont stériles (en sachant qu’il existe toutes sortes de stérilités, guérissables ou pas).
Il y a les couples dits homosexuels (hommes ou femmes) à qui il manque un des deux gamètes.
Il y a les personnes seules (célibataires, veuves...). Et des cas particuliers.
Ces personnes, ces couples bénéficient ou non des techniques de procréation médicalement assistée en fonction de nombreux critères, variables évidemment suivant la pseudo morale du pays et de l’époque. Ici comme ailleurs, les préhommes ne peuvent pas trouver des critères universels.
Parlons maintenant du désir d’enfant.
En préhumanité, avoir un enfant, SON enfant, est la suprême récompense. Ca fait bien socialement, ça comble le vide des existences, ça réconforte (surtout pendant la vieillesse)... Avoir un enfant est devenu un passage obligé, comme avoir un emploi et une voiture...
Naguère, avoir un enfant était surtout lié à un besoin économique... Maintenant, c’est un objet de possession plus intéressant qu’un simple animal domestique. Ce qui fait que les pauvres malheureux qui n’arrivent pas à en avoir sont abasourdis, qu’ils se sentent déchus, frustrés, punis, coupables...
Tout cela traduit la dénaturation complète de la fonction parentale.
2.1. Tout est faussé
Avant d’aller plus loin, il faut dire qu’au départ tout est faussé, car la vie en couple (hétéro ou homo, qu’importe, c’est la même chose) est une réduction dégradante des capacités d’amour.
Je rappelle (nous l’avons largement exposé dans le N° 8) que chaque être humain est à la fois homme et femme quel que soit son sexe physique, que l’unité de base d’une véritable société humaine devrait être la communauté (environ six, huit personnes adultes).
Chaque individu vivrait alors une relation vraie et plénière avec chacune des autres. Et bien sûr, chaque personne serait à la fois père et mère des enfants nés dans la communauté. Si le Projet était vécu, la fonction parentale ne serait pas réservée aux seuls géniteurs-éleveurs et les rôles paternels-maternels ne seraient plus cloisonnés entre mâle = père et femelle = mère. Ce qui changerait beaucoup de choses.
Un autre aspect est faussé en préhumanité. Pour mieux saisir ce point, lisez l’article de PP sur l’Astrologie paru dans le N° 10 de notre journal (voir chapitre « Projet »).
Tous les couples préhumains, pour être dans la norme, veulent des enfants : soit ! Le problème, c’est que toutes les personnes ne sont pas forcément "appelées" à procréer, du fait de leur personnalité. Dans ce cas, certaines d’entre elles s’empêcheront elles-mêmes d’avoir des enfants. S’il y a stérilité, quelle qu’en soit la forme, ce n’est pas par hasard. Et il est débile de vouloir procréer quand même, à tout prix, de tenter de VAINCRE cette stérilité, qui est vécue comme une infirmité ignoble, un sale tour de l’organisme, un obstacle à l’intégration sociale. En fait, c’est une très bonne chose.
Ce qui ne veut pas dire que les gens qui arrivent à avoir des enfants facilement ne feraient pas mieux de faire autre chose.
Les "stériles" devraient plutôt s’interroger sur ce qu’ils font de leur existence, se demander s’ils n’ont rien d’autre à créer, s’ils ne pourraient pas offrir leur amour (s’ils en ont) différemment, à d’autres personnes.
Dans une communauté, plus de problèmes ; si d’aventure une ou deux personnes sont stériles, ce n’est pas grave, les autres sont là pour permettre les naissances. Et comme les géniteurs ne sont plus propriétaires, les stériles sont parents également. Et, de toute façon, si les gens "se vivent bien" (voir N°10), il n’y aurait plus de stérilité.
Bon, revenons aux problèmes que les préhumains se créent "artificiellement", du fait des choix erronés qu’ils font constamment, du fait de leur arriération et des conditionnements qu’ils subissent, entretiennent, puis imposent à leur tour.
Pour tenter de contourner ce qui les empêche d’être parents, les préhommes vont essayer toutes sortes de procédés. Ils sont même prêts à contourner leurs propres principes sacrés pour les besoins de la cause, non sans mal.
Voyons donc ces simagrées de plus près en n’oubliant pas que ce sont de faux problèmes, puisqu’ils résultent de choix de vie contraires à la vocation de 1’Humanité et/ou à la vocation particulière des protagonistes.
2.2. Les célibataires
En Angleterre je crois, une vierge voulait être inséminée par du sperme issu de donneurs anonymes. Elle désirait un enfant sans relations sexuelles. Je ne sais pas si elle a eu gain de cause, mais il aurait mieux valu faire son thème : on y aurait vu plus clair !
A cette occasion, on peut s’interroger sur les personnes seules qui veulent à tout prix enfanter. Pour l’instant, il ne peut s’agir que de femmes, sauf si, en attendant de pouvoir eux-mêmes procréer, les hommes tentent l’adoption. Ces femmes donc, ne risquent-elles pas de faire subir à leur enfant un "amour" étouffant, possessif du fait qu’il en serait la principale cible ? De plus, alors que tant de femmes mariées sont déjà accaparées par leurs progénitures, on peut se demander comment une célibataire pourrait réellement s’épanouir avec des enfants... à moins qu’elle s’en occupe très peu.
En communauté, les enfants sont beaucoup plus stimulés ; ils bénéficient de plus d’attention et de parents variés. Et les gens peuvent se consacrer à d’autres tâches.
2.3. Les homosexuels
Certains couples d’homosexuels (hommes ou femmes) souhaitent être parents. Horreur, diront les bien-pensants, mais en fait, c’est le même chose, ni mieux ni moins bien. En tout cas, les couples de personnes du même sexe montrent qu’une relation est indépendante du type d’attribut sexuel.
Certains sont donc vraiment choqués et croient (ou font semblant de croire) que les enfants élevés par des parents du même sexe seront perturbés, et qu’ils ne pourront pas s’identifier convenablement... Quelle connerie !
2.4. Identification, liens du sang
En plus du "problème" des couples homosexuels, les préhommes se contorsionnent dans tous les sens avec les questions des "liens du sang".
Prisonniers de leur "logique" contre nature -"les enfants appartiennent au couple géniteur"- ils sont empêtrés entre leurs principes et leurs envies.
Ils étaient (sont toujours parfois) opposés à ce que le sperme ou l’ovule (ou les deux) proviennent de donneurs, anonymes ou pas. En revanche, ils se sont servis de mères porteuses, si l’épouse n’a pas d’utérus par exemple. C’est à dire que le couple dont l’épouse ne peut pas porter d’enfants fabrique un embryon avec ses gamètes et le met neuf mois chez une femme de location et récupère l’enfant à la sortie. Ainsi, les "liens du sang" (du chromosome devrait-on dire) sont conservés.
Question : la location de ventre est-elle plus jolie que le don de sperme ?
Mais enfin, les enfants se moquent complètement de la manière dont ils sont nés, que leur importe la couleur du sperme, la fraîcheur de l’ovule ou le sexe des parents !!
Pour eux, tout ce qui compte c’est l’amour, le respect, l’attention qu’on leur porte. De plus, c’est à eux-mêmes qu’ils doivent s’identifier : ils n’ont pas à être des copies conformes de leurs parents.
Pour être parent (encore une fois voir N°8), ce qui compte, c’est la qualité de la relation avec l’enfant. Le reste, ce n’est qu’arrangements sociaux que les préhommes se sont concoctés en fonction de leurs besoins, suivant le genre de goulag dans lequel ils survivent. Pour eux, ce qui compte avant tout, c’est le respect (ou l’apparence de respect) de ces arrangements sociaux.
Les enfants, donc, se moquent éperdument de la façon dont ils ont été conçus et de la conformité sexuelle des gens qui les élèvent. Ce qui n’est pas forcément le cas des adultes qui les côtoient. Cet entourage peut leur faire du tort en se moquant d’eux, en les excluant.
Pour se satisfaire, les couples sont prêts à contourner, non sans douleur au départ, leurs principes familiaux pour obtenir un enfant. Finalement, ils font fi des "liens génétiques" en acceptant sperme et ovules d’autres personnes, du “droit de propriété maternel" en louant des ventres (mères porteuses), de “l’identification obligée" à une mère ou à un père en autorisant les homosexuels et les célibataires à avoir un enfant.
On sait par ailleurs combien ces principes sont artificiels ; des tas de gens déjà ne les ont pas subis et ne s’en portent pas plus mal (divorce, adoption...).
Ce qui montre aussi combien les préhommes ont bien incorporé le must de la plénitude et le l’intégration sociale : un Bébé ! Que 1’Etat se rassure, les parents (qu’ils soient célibataires, du même sexe ou conformes aux souhaits de 1’Eglise) continueront bien volontiers de conditionner leur progéniture, même s’ils l’obtiennent par des micmacs en éprouvette.
Ce qui est très drôle, c’est que les préhommes, avec tous ces "bricolages", se rapprochent, de manière dénaturée bien sûr, et sans le vouloir, de ce qui peut se passer dans une communauté. En effet, ils acceptent, contraints, les aides organiques d’autres personnes pour obtenir enfin leur enfant.
Ah, que tout serait plus simple dans le Projet !
Remarque : certains préhommes souffrent du fait que sexe et procréation soient dissociés quand la fécondation se fait en éprouvette. Il y a beaucoup plus inquiétant : la dissociation sexe et amour que l’on voit partout.
3. conclusion
Toutes les techniques de procréation médicalement assistée sont absolument inutiles, car les gens ne devraient pas en avoir besoin s’ils vivaient le Projet.
Elles ne servent qu’à satisfaire des envies artificiellement créées par la "société" et très bien intériorisées chez des gens qui devraient s’occuper à autre chose qu’à procréer.
Les préhommes sont prêts à tout pour contenter ce besoin, au mépris de leurs règles sociales, de leur intérêt, et de leurs enfants à naître. Et les scientifiques sont ravis de leur fournir les moyens adéquats : ça rapporte ! Si ces biologistes étaient honnêtes et s’ils connaissaient l’Astrologie, ils arrêteraient tout de suite ce genre de pratique.
En plus, ces techniques ouvrent une autoroute deux fois six voies à l’eugénisme, aux trafics divers auxquels ne vont pas manquer de se livrer les préhommes, toujours ravis et empressés de s’enfoncer davantage dans la fange qu’ils vomissent chaque jour.
Ce qui introduit le deuxième chapitre.
1 La petite cuisine
Pour procréer, certaines personnes, ont besoin de l’aide des scientifiques, qui ne se contentent pas de tenir la chandelle. Les embryons sont alors conçus en éprouvettes. C’est-à-dire que le sperme et les ovules récoltés auparavant sont mis en présence en laboratoire.
Les biologistes, pour avoir des stocks et augmenter les chances de réussite, ont fabriqué ainsi des embryons à tour de bras. En stimulant artificiellement les ovaires. ils récoltent plusieurs ovules et les fécondent avec des spermatozoïdes. Quelques-uns sont implantés, les "mauvais" sont détruits tout de suite (ce point sera traité dans le deuxième volet) et les "bons" qui restent sont conservés par congélation. Dans l’azote liquide, les embryons peuvent rester intacts longtemps ; on ne sait d’ailleurs pas exactement pour quelle durée.
Ces "bons" restants, appelés “surnuméraires" (sic), sont normalement destinés aux couples initiateurs de la manoeuvre. Ces couples peuvent les demander plus tard, si la première implantation tentée n’a rien "donné” ou s’ils veulent d’autres enfants (je dis couples, mais il peut tout aussi bien s’agir de célibataires).
Voici maintenant un extrait d’un article de Gérard Bonnot paru dans un Nouvel Observateur de décembre 1986 "...les résultats de la fivete (Fécondation In Vitro Et Transplantation Embryonnaire) sont aléatoires. Alors, comme à la roulette, les médecins, pour mettre toutes les chances de leur côté, multiplient les mises. Au lieu d’un embryon, ils en fabriquent plusieurs. D’où le problème : que faire de ceux qui ne sont pas utilisés ?” On peut s’interroger sur la légèreté avec laquelle ces scientifiques "fabriquent" des embryons. Est-ce qu’ils se croient au loto, à la chaîne chez Renault ? Pour éviter d’être déconsidérés par trop de ratages, ils ne se contentent pas d’un essai, d’un seul embryon à chaque fois. I1 faut dire aussi qu’ils en fabriquent plusieurs afin de pouvoir trier (voir deuxième volet).
Je crois qu’il faut citer ici "Le Monde", article de G.P. en mars 1993 "Ces naissances sont extrêmement coûteuses. puisque la venue au monde d’un enfant par fécondation in vitro peut atteindre 250 000 francs. Ces naissances sont prises en charge pour une large part par la Sécurité Sociale".
De plus ce genre de pratique est dur à supporter psychologiquement. De sorte que les futurs parents n’ont pas envie de subir trente-six prélèvements d’ovules et de sperme, trente-six implantations... Les pauvres, ils sont bien à plaindre
En conséquence, les scientifiques, pour leur crédibilité, les couples demandeurs, pour leur confort et la Sécu, pour des raisons financières, n’ont pas du tout envie de risquer de trop nombreuses tentatives. C’est pourquoi, au lieu de concevoir et d’implanter un seul embryon à la fois (c’est tout à fait concevable), ils en mettent plusieurs en route affin d’augmenter les taux de réussite et donc diminuer les dépenses de tout le monde. Peu leur importe l’avenir incertain de tous ces embryons.
Eh oui, les préhommes fabriquent des embryons comme on cuisine la ratatouille : ajoutez du sperme et des ovules, touillez, chauffez, faites mijoter. Si ce n’est pas assez appétissant, balancez. Si ça sent bon, implantez. Mettez le surplus au congel pour l’hiver, ressortez le plat quant vous en avez besoin. Si le plat est abîmé, s’il est passé de mode, si plus personne n’en veut, jetez-le ou donnez-le aux chiens.
Pour économiser du fric, du temps et préserver leur confort, pour pouvoir trier efficacement (voir deuxième volet), pour satisfaire les faux besoins de couples qui feraient mieux de penser à autre chose, les préhommes fabriquent plusieurs embryons. Les vrais problèmes surgissent alors obligatoirement. Qu’arrive-t-il si le couple qui a initié ce surplus d’embryons n’en veut plus, pour une raison ou une autre séparation, décès, quota d’enfants atteint, autres hobbies en tête, etc ? Le problème se pose : en 1991, en France, 23878 (quelques dizaines en 88, combien en 93 ?) embryons sont conservés congelés dont 1792 sont considérés comme abandonnés. "Ce qui ne manque pas de poser à terme des problèmes de gestion et d’éthique" (Le Monde, 3 juin 1992). Effectivement !! I1 aurait peut-être mieux valu éviter de les fabriquer au lieu de s’alarmer après coup, comme si cette tuile leur tombait du ciel !
Les couples sont propriétaires (sic) des embryons fabriqués : ils peuvent donc en disposer comme bon leur semble. S’ils ne veulent plus de leur ratatouille, trois possibilités s’offrent à eux :
2 Embryon d’homme
Avant d’examiner de plus près ces trois possibilités, je tiens à réagir une fois pour toutes au fait que les embryons soient considérés comme une vulgaire marchandise, qu’on crée, jette et dépèce selon ses caprices et ses besoins.
Commençons par quelques extraits pour entendre des sons de glas différents.
"Le comité d’éthique estime en outre que les expériences tentées sur l’embryon, quelles qu’elles soient, ne devraient jamais avoir lieu après le septième jour, moment où celui-ci se fixe définitivement sur la paroi de l’utérus" (Gérard Bonnet, Nouvel Observateur, décembre 1988)
Dans le Monde du 16 novembre 1988, article de Jean-Yves Nau :
"Une partie des scientifiques... développe l’idée selon laquelle on ne devrait parler d’embryon qu’à partir du quatorzième jour suivant la fécondation, c’est-à-dire au moment où l’on peut observer une modification anatomique (l’apparition de la "ligne primitive"), qui, selon eux, marquerait le passage du pré-embryon à l’embryon. A la lumière des derniers travaux de biologie moléculaire appliqués à l’embryologie, d’autres estiment aussi que l’on ne peut parler d’embryon que dans la mesure où le patrimoine héréditaire des cellules qui le constitue s’exprime de manière spécifique, c’est-à-dire, en toute hypothèse, plusieurs jours après la fécondation. D’autres éminents spécialistes (...) réfutent une telle définition.
A l’évidence, le concept de pré-embryon (quels que soient les critères morphologiques, métaboliques, embryologiques ou génétiques retenus pour le définir) n’a d’autre fonction que celle de fixer une période pendant laquelle un chercheur serait autorisé à travailler sur un "matériel" qui ne serait rien d’autre qu’un embryon potentiel. Un embryon potentiel, comme on peut, non sans référence jésuitique, dire de l’embryon qu’il est une "personne humaine potentielle".
Pour schématiser à l’excès, on peut dire qu’au concept d’embryon humain, objet de recherches médicales et scientifiques, s’opposent ceux qui, le plus souvent à partir de considérations philosophiques ou de convictions religieuses, sont formellement opposés à son utilisation à des fins de recherche, alors qu’en revanche les porte-parole d’une philosophie “utilitariste", pour lesquels la fin justifiant les moyens (ou la douleur du couple stérile primant les conséquences ultérieures des méthodes thérapeutiques mises en oeuvre), pensent que la plus grande -sinon toute- latitude doit, dans ce domaine, être donnée aux chercheurs."
Le Monde, 14 mai 1993, Mgr Jacques Jullien : "A partir du moment où un patrimoine génétique est fixé, le processus est engagé qui fait d’un embryon un homme. I1 est sans doute difficile d’établir des seuils, mais la prudence commande qu’on traite comme une personne celui qui a tout pour l’être. En cas de doute -et c’est une position constante dans la morale de 1’Eglise- il faut aller au plus sûr. S’il y a le moindre doute, du moment qu’il y a peut-être une vie humaine, on n’a pas le droit de détruire l’embryon. "
J. Testard dans "Le Désir du Cène" : "Le concept de pré-embryon, ou seulement la volonté de définir scientifiquement l’embryon à l’aide de critères exclusifs, relève d’une démarche utilitariste qui consiste à réduire encore le poids affectif de l’oeuf, afin d’en faire un objet de recherche et une cible pour l’intervention eugénique."
Je crois que Mgr J. Jullien expose un des très rares points où nous sommes d’accord avec 1’Eglise. Sauf qu’il n’y a même pas de doute à avoir sur le fait que l’embryon soit à traiter comme une personne. Pourquoi les biologistes ergotent encore alors qu’ils savent que le patrimoine génétique d’un individu est fixé dès la fécondation, dès que le spermatozoïde fusionne avec l’ovule ?
Les Eminents Spécialistes mégotent sur le nombre de jours durant lesquels l’embryon n’est encore qu’un tas de cellules dont on peut faire ce qu’on veut. De tels raisonnements sont tout simplement débiles et monstrueux !
Comme si l’embryon passait d’un coup du stade de matières organiques indifférenciées au stade d’être humain en formation, comme ça, au septième jour, au quatorzième jour après le fécondation, pourquoi pas au bout de sept jours deux heures six minutes deux secondes et trois centièmes ? Les spécialistes, les philosophes et les théologiens trouvent chacun leur seuil, qui va de quelques jours à quelques mois. Mais la vie est une continuité : de l’oeuf fécondé au vieillard, on a affaire à la même personne sous une apparence organique différente, c’est tout. C’est ce que dit le professeur Mattéi, qui a remis récemment un rapport sur le sujet à l’assemblée nationale.
Les barbares à casquette scientifique évoquent les premières modifications anatomiques comme critères, d’autres l’expression spécifique du patrimoine héréditaire ou la fixation sur l’utérus. Du blabla pour cacher l’horreur de l’évidence : il fixent arbitrairement ces barrières en fonction de leurs besoins pour leurs recherches et pour les couples qui veulent se débarrasser des embryons génétiquement incorrects ou tout simplement indésirables.
La science n’est de toute façon pas apte a dire si, au début de la vie, il y a une personne ou non.
Ils discutent du stade à partir duquel apparaît une personne et ils autorisent sans scrupules l’avortement, pendant un délai plus important !
Certains vont me répondre : " ...de toute façon, c’est pas grave ; au début l’embryon n’a pas de système nerveux, il ne sent rien, on peut donc en faire ce qu’on veut..." qu’est-ce qu’ils en savent ? L’embryon ne souffre-t-il pas malgré tout, d’une autre manière ou dans d’autres plans ? Comme il y a un doute sur la souffrance de l’embryon, il faut s’abstenir. Et puis l’embryon doit être respecté en tant que personne humaine en devenir, même s’il ne sent rien du tout.
Je trouve lâche et immonde de s’attaquer à des embryons humains sans défense, qui ne peuvent pas s’exprimer. On commence par des massacres d’embryons et on finit par des enfants juifs (et inversement). Est-ce que les Eminents Spécialistes seraient d’accord pour tuer un enfant tronc sourd-muet ?
Un embryon n’est pas n’importe quel tas de cellules ; il contient un patrimoine génétique unique et irremplaçable et mène à la formation inéluctable (sauf accident qui n’arriverait pas par hasard) d’un être humain singulier, de la même façon que le nouveau-né mène au vieillard. La suppression des nouveau-nés est contraire aux droits de l’homme, il me semble...
Au premier ou au vingtième jour, éliminer un embryon, un oeuf fécondé ou un foetus, par quelques moyens et pour quelques raisons que ce soit, équivaut au meurtre par anticipation d’une personne humaine adulte.
La prétendue douleur du couple stérile ne permet pas tout. La fin : des enfants pour des gens gui devraient penser à autre chose, ne justifie pas du tout les moyens : fabrication et élimination d’embryons manufacturés au gré des besoins.
Quelle gabegie, quelle connerie, quelle monstruosité Des embryons d’enfants assassinés pour permettre à des gens d’avoir leurs enfants !
Les préhommes (pas tous, je sais ; mais bon, ceux qui sont contre I’avortement sont souvent pour une bonne guerre juste et sont carnivores, ça équilibre le nombre de morts) autorisent le massacre d’embryons, ils ne vont donc pas se gêner pour les traiter comme une marchandise ou un matériel de recherche, en attendant pire...
Les scientifiques n’attendent que ça, le font déjà et trouveront toujours des tas de justifications arbitraires pour légitimer leurs actes.
Les couples veulent à tout prix une progéniture, "propre en ordre" de préférence. Ils préfèrent donc disposer des embryons comme bon leur semble. Le reste ne les préoccupe pas beaucoup. La "société" veut des unités familiales qui produisent des enfants, travailleurs et obéissants de préférence.
Ce genre d’horreur ne fait donc que commencer ! Donnons toute latitude aux chercheurs et le "meilleur des mondes" arrivera encore plus vite !
Voir aussi un article de 2003 : contre l’avortement, pour la révolution
Après ce paragraphe essentiel, revenons à nos "chers" couples qui ne veulent plus de "leurs" embryons. Ils ont, disais-je, trois choix :
3 Repassez les plats
C’est le don à un autre couple : la solution honorable, bien sûr. Encore faut-il trouver un couple qui accepte. Et si les embryons objets du don deviennent en grandissant des enfants qui ne plaisent pas du tout au couple receveur ? Retour à l’envoyeur ? Et si ces embryons sont issus d’un couple de Noirs et que le racisme se développe encore ? Qu’en faire ? Les exporter en Afrique ? C’est le retour à la case départ.
Pour rire, un extrait d’un article de C.D. paru dans un Nouvel Observateur du 27 juillet 1984 : "Ces enfants...dont les parents sociaux seront tous deux étrangers aux parents génétiques, comme ces embryons australiens congelés dont les "parents" sont morts dans un accident d’avion et qui ne pourraient naître que d’une étrangère si les juges décidaient de les "réactiver” pour qu’ils puissent hériter d’une immense fortune" DA-LLAS, ton univers impitoya-able !!
4 A la poubelle
C’est la destruction pure et simple : le couple décide de faire donner la mort, sans jugement et sans appel, aux enfants qu’il a fait concevoir.
Une trentaine d’embryons ont été ainsi détruits récemment par un laboratoire, après que les couples concernés eurent été avertis par 1a lettre suivante : "Il ne m’est donc plus possible de conserver les embryons congelés, mais il vous est bien sûr possible de les conserver dans un centre autorisé ou d’en faire don. Sans nouvelles de votre part dans un délai d’un mois, je considérerai que vous ne souhaitez pas les conserver et je me verrai dans l’obligation de les détruire" (Le Monde, 14 mai 1993, article de J.Y. Nau). C’est beau la politesse administrative, le massacre réglementé.
Autre extrait de ce même article : "En 1986 (...) le Comité national d’éthique estime qu’un délai de douze mois à compter de la première naissance peut être ouvert au bénéfice des couples souhaitant un autre enfant. Dans le cas où le projet du couple est entre temps abandonné ou irréalisable (en raison par exemple de la séparation du couple), la seule solution retenue par le comité au titre du moindre mal consiste en la destruction des embryons (sous réserve des possibilitéséventuelles de dons en vue de la recherche). Deux ans plus tard toutefois, l’avant-projet de loi sur la bioéthique (...) prévoyait que les embryons fécondés in vitro et conservés par congélation pourraient être gardés cinq ans, période au terme de laquelle ils devaient être détruits." En 1992, le texte de loi prévoyait une durée de cinq ans qui peut être rallongée d’année en année, si le couple le souhaite.
Les couples peuvent donc disposer de leur "matériel", ils peuvent le détruire au titre du moindre mal (pour qui ?!) ou les donner à la recherche, qui en tirera toujours profit.
Et on appelle ça des parents : des gens qui sacrifient leur progéniture non née quand ils n’en veulent plus. Dans ce cas, pourquoi ne pas noyer un gosse de deux ans qui ne dort pas assez la nuit ?
Et leur enfant obtenu par fécondation in vitro qui lui a eu le droit de vivre, contrairement à ses frères et soeurs surnuméraires devenus indésirables, va-t-il supporter le choc ? Ne verra-t-il pas ses "parents” comme des monstres égoïstes et malades ?
Une telle barbarie ne peut pas s’excuser par l’intoxication scientifique généralisée qui veut nous faire avaler la pilule du pré-embryon avec de jolis discours.
5 Pour les chiens
C’est le don à la recherche : un acte noble et pimpant, surtout si on met un grand R. Plutôt que de détruire bêtement les embryons dont vous n’avez plus rien à faire, offrez-les à la science.
Certains scientifiques n’ont-ils pas prémédité leur coup ? On pourrait se dire qu’ils ont fabriqué volontairement des embryons surnuméraires en espérant que les couples noyés sous un tas d’embryons, ne sauraient plus quoi en faire et les offriraient à la Recherche, sur un plateau d’argent, le bistouri bien aiguisé à côté. Un excellent coup : des cobayes gratos, en ayant la bonne conscience de soulager des couples ennuyés de ce que leurs embryons n’allaient servir a rien. Au moins, grâce à eux, la Science progressera.
Quelques extraits pour vous mettre en bouche.
" A Nolfork, en Virginie, le directeur scientifique de 1’Institut Jones, Gary Hogden, dispose d’un budget de Quarante millions de francs pour produire des embryons humains uniquement destinés à la recherche. Comme on élève des souris de laboratoire" (Gérard Bonnot, Nouvel Observateur, décembre 1986). Le Comité d’éthique proteste énergiquement mais : " il s’agit seulement d’un avis. Le Comité national d’Ethique n’a qu’une autorité morale. Et si raisonnables qu’elles paraissent, on peut douter que ses recommandations aient beaucoup d’effet. D’abord parce qu’il est difficile d’arrêter un train en marche. Les expériences que condamne le Comité ont déjà commencé, dans un grand nombre de laboratoires du monde. Elles peuvent continuer, librement, sur 1’animal. I1 se trouvera toujours quelqu’un pour céder à la tentation de passer à l’homme. Pour la gloire d’être le premier. Et puis pourquoi autoriser certaines expériences et en refuser d’autres ?" (Nouvel Obs. idem)
Dans un numéro du Nouvel Observateur d’avril 1988 : "En Union Soviétique, des généticiens ont implanté chez les lapins des tissus cérébraux d’embryons humains. Aux Etats-Unis, pendant six ans, des foetus humains ont servi de cobayes pour la mise au point d’armes bactériologiques. A Helsinki (Finlande) et à Cleveland (USA). au début des années 70, on décapitait des foetus -entre douze et vingt et une semaines- pour brancher des appareils sur leurs têtes et étudier certains processus métaboliques...
Je ne cède pas à la fameuse "dramatisation médiatique" que les savants reprochent aux journalistes. Les faits cités ci-dessus ont été constatés, répertoriés et décrits par le très respectable Jacques Robert, professeur à la faculté de droit, d’économie et de sciences sociales de Paris II."
Les embryons sont sans doute ravis de participer a l’élaboration d’armes bactériologiques pouvant décimer des millions d’hommes. En dépit des vertueux appels à la modération des Comités d’éthique et des interdictions de l’église, la recherche et l’expérimentation sur des embryons se font et se feront de plus en plus. En France, par exemple, la loi votée en novembre 1992 (voir Monde des Débats de janvier 1993, article de Bernard Edelman) autorise ce genre de chose, sous réserve d’avis et de contrôles, bien sûr. Le Comité national d’étoc fait encore des réserves hardies en stipulant que "les recherches ne devraient jamais avoir lieu après le septième jour". J’ai déjà donné mon avis sur ces histoires de seuils...
En quelque sorte, les scientifiques se sont procurés les embryons dont ils avaient besoin pour leurs expériences en utilisant les couples bénéficiaires de la fécondation in vitro. Bien sûr, ces savants nieront avoir pensé au départ à cette utilisation possible des embryons surnuméraires qu’ils ont eux-mêmes conçus. Mais après coup, comment justifier la poursuite de ces activités ?
D’autres ne font pas tant de manières ; ils y vont carrément : "Les embryons humains sont traités comme n’importe quel matériel d’expérience, comme une simple matière première, dont on peut tirer des remèdes, voire des produits de beauté" (Nouvel Obs. 1984) Un endocrinologue a même dit : "...on a l’habitude de travailler sur des rats. Pourquoi ne pas utiliser carrément ces foetus dont on regorge et qu’on envoie au dépotoir ?" Et encore : "...le besoin crée le marché. Il existe désormais des entreprises spécialisées dans la collecte et le trafic des foetus. Non sans mal, Rolande Giroud a pu obtenir la preuve qu’une firme américaine, Flour, a importé de Corée du Sud, entre 1971 et 1976, plus de douze mille reins de foetus" (Nouvel Obs, G. Bonnot, 1986).
"L’embryon, d’ores et déjà objet d’expériences, pourrait bien devenir, comme on le voit déjà dans les cas de location d’utérus, une marchandise comme une autre, produite et vendue en fonction de l’offre et de la demande" (Nouvel Obs. Catherine David, 1986)
Puisque la grande majorité des gens acceptent le sacrifice d’embryons, pourquoi se limiter à l’utilisation des surnuméraires devenus indésirables ? Pourquoi ne pas les fabriquer en série et les vendre au kilo ? La Science et le marché les demandant pour fabriquer des produits de beauté et tester divers armements (y a pas que ça, je sais, y a aussi des recherches Nobles, visant à guérir des gens qui ne devraient pas être malades...). On croit revoir les sacrifices humains offerts à des "dieux" qui en voulaient toujours plus. Seules les idoles ont changé, la folie collective est la même. Et après, ils se permettent de critiquer les nazis.
Pour finir, le clou du spectacle avec cet extrait : "Pour dire à coup sûr ce qui est permis et ce qui est, en tout cas, inacceptable, il faudrait savoir exactement ce qui se passe dans ce conglomérat de cellules indifférenciées, arriver à retracer le chemin qui conduit de l’embryon à la personne. Or, pour l’instant, nous en sommes incapables. Et la seule manière d’espérer y parvenir un jour est d’expérimenter, quitte à commettre, en effet, des erreurs et des excès. Mais c’est la loi même du progrès. A vouloir prendre les devants, la morale se condamne à balancer entre le dogmatisme et les voeux pieux" (Gérard Bonnot, déjà cité).
C’est vraiment le comble ! Pour savoir si les embryons sont déjà des personnes, coupons-les en rondelles. Et si après les avoir découpés, les Eminents Scientifiques s’aperçoivent qu’ils n’auraient pas dû, qu’est-ce qu’ils vont faire ? Ils vont les recoller bien sûr, grâce au dogme du Progrès et à la croyance pieuse en la puissance illimitée de la Science. On est en plein délire : la Science, je le répète, est incapable de statuer sur ce genre de problème.
"Quitte à commettre des erreurs et des excès", expérimentons la bombe atomique et l’énergie nucléaire ; on comptera les morts après. C’est le progrès, on vous dit ! Les expérimentations assassines : c’est le progrès ! La "morale" et les "philosophes" n’ont qu’à suivre et à encenser le dogme pieux du progrès scientifique. Ils n’ont rien à interdire avant que ça se fasse.
Laissez les "utilitaristes" rationalistes expérimenter et vous vous retrouverez dans une cage, avec deux électrodes dans la tête, en train de monter des obus à la chaîne. Vous pourrez toujours protester, après coup. Le Comité d’Ethique, qui n’a aucun pouvoir réel vous soutiendra activement en faisant de grandes déclarations ignorées de tous.
Le pire, c’est qu’on ne peut pas arrêter ce genre de progrès : presque tous les préhomnes le réclament à corps et à cri.
Donnez pour la Recherche.
Donnez vos enfants non nés ; ils mourront pour la patrie avant même la prochaine guerre.
Donnez votre sperme et vos ovules ; la Science fera le mélange pour vous.
La recherche ne fait pas de l’Homme un apprenti sorcier. C’est le barbare préhumain qui fait de la Recherche une activité de sorcellerie monstrueuse en l’orientant et en l’utilisant de manière perverse.
Les désirs conditionnés de couples stériles, obnubilés par la procréation, ont encouragé les biologistes à concevoir de nombreux embryons. Les foetus en trop ne seront pas perdus : les "chiens" scientifiques mettront leur patte de rapace dessus avant qu’ils ne passent à la poubelle.
Pas d’états d’âme ridicules et déplacés. La Science vous l’affirme : les embryons, au tout début, ne sont que des tas de cellules indifférenciées et insensibles. On peut en faire ce qu’ on veut, c’est-à-dire tout et n’importe quoi. Laissons s’époumoner dans le vide les Comités d’Ethique et fabriquons en série la matière première pré-embryonnaire dont nous avons besoin pour nos recherche criminelles, douteuses, ou tout simplement inutiles.
Tel est le raisonnement et la pratique des Eminents Spécialistes Scientifiques, pressés par des couples bêlant leur douleur et leur désir d’enfant et soutenus par des politiciens ignares et irresponsables, toujours empressés de satisfaire les marottes de ceux qui votent pour eux.
Au mépris total du respect dû à toute personne, on fabrique des embryons en série pour les couper en morceaux dans les laboratoires ou fabriquer des produits de beauté.
Pourquoi arrêter le progrès en si bon chemin ? Dans un prochain article, nous continuerons de suivre cette voie jonchée de cadavre pré-embryonnaires, cette autoroute qui mène vers un monde meilleur...