L’histoire de France 1/6

Introduction

L’histoire de France vue à partir de la loi anti-sectes de juin 2001 : libertés fondamentales et droits de l’homme bafoués, intolérance, persécution totalitaire... Depuis Vichy, l’Etat français n’était pas allé aussi loin.

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Le texte qui suit est consacré à l’analyse de la loi anti-sectes promulguée en juin 2001. On pourra estimer, de prime abord, que sa longueur est disproportionnée avec l’importance de son objet. En fait, il n’en est rien pour deux raisons :

  1. Parce que, depuis Vichy, aucun régime, aucun gouvernement ne s’était permis de bafouer les droits élémentaires et les libertés fondamentales de l’homme d’une manière aussi directe et aussi officielle.
  2. Parce que, replaçant cet incroyable forfait dans ses divers contextes, nous avons montré que, loin de constituter un accident inexplicable et isolé, il se présente au contraire et à la fois comme l’aboutissement logique d’une évolution très ancienne et comme un fragment étroitement lié au puzzle contemporain de l’intolérance et de la persécution qui sévissent particulièrement en France.

L’histoire de France, passée, présente et future, vue à travers la loi antisectes du 30 mai 2001.
Par Christian Singer, Gourou émérite

Une loi inique et inouïe, qui achève de déshonorer l’état français, a été votée par son parlement le 30 mai 2001. C’est un texte de circonstance et d’exception, parfaitement scandaleux et dangereux, puisqu’il foule aux pieds les principes dont ses auteurs prétendent se réclamer et qu’il se révèle à la fois très précis et très vague. D’un côté, il vise une catégorie de gens et de groupes bien spéciale et bien à part, mais de l’autre, il s’abstient de la définir clairement, de manière à pouvoir y inclure tous les gêneurs, associations, communautés dont les autorités officielles voudront se débarrasser. Ca fait penser (les dates invitent au rapprochement) aux fameuses “Lois de mai”, ces mesures de persécution religieuse que Bismarck avait fait adopter par le Reichstag et dont un de ses partisans avait assuré qu’elles s’inscrivaient dans le cadre d’un Kulturkampf, c’est-à-dire d’un “combat pour la civilisation”. Nous verrons que les parlementaires français ont employé des mots identiques, en parlant de progrès, de Lumières etc.. Cinquante ans plus tard, un obscur Autrichien né à Braunau sur Inn reprenait à son compte le même terme allemand signifiant “combat”, en faisait le titre de son livre, puis une réalité effrayante destinée, entre autres, à éliminer des minorités indésirables. Nous constaterons plus bas que certains députés ont utilisé un vocabulaire belliqueux et “purificatoire” tout à fait similaire et donc tout à fait inadmissible. Faut-il rendre hommage à leur Kultur historique ?

Mais, pour ce qui est de leurs souvenirs typiquement français, il y a peut-être comme un défaut. Car ils eussent été bien inspirés d’attendre une dizaine de jours pour nous fourguer leur législation scélérate. Ils eussent ainsi commémoré dignement, par un acte analogue, le 207 ème anniversaire de la célèbre loi de Prairial, celle des Suspects, qui, elle aussi, dépouillait les prévenus de toute véritable garantie et permettait de les condamner sur de simples présomptions et sur des preuves uniquement... “morales” fournies en abondance par le gouvernement de la Terreur au détriment de ceux dont il voulait se séparer en séparant leurs têtes de leurs troncs.. Seul petit ennui : depuis cette époque, on a supprimé la guillotine qui aurait efficacement raccourci les “sectes”. Quel dommage !

L’exposé qui suit se divise en trois parties, concernant en gros le passé, le présent et le futur. Je montrerai d’abord que, loin de constituer “un coup de tonnerre dans le ciel bleu”, l’attentat du 30 mai ne fait que prolonger de très anciennes traditions et trouve tout naturellement sa place dans le contexte contemporain. Puis nous examinerons la loi elle-même. Ensuite, je réfléchirai sur les conséquences immédiates et désastreuses, sur les innombrables et gravissimes injustices que l’application de cette loi effarante risque de générer et je serai tout naturellement conduit à m’interroger sur les fauteurs de cette gabegie, sur leurs intentions réelles, sur leur talents, sur leur compétence, sur leur sagesse, tels qu’ils ressortent d’une étude approfondie des interventions de leurs représentants au cours des débats qui ont abouti à la confection de leur torche-cul.

A partir de ces conclusions, j’élargirai mon propos aux dimensions de toute l’organisation politique qui nous enchaîne et qui nous étouffe. Et je me référerai constamment à un petit livre absolument remarquable dont je recommande à tous la lecture, intitulé “Sous le soleil de Big Brother”, rédigé par François Brune et paru aux éditions de l’Harmattan. L’idée centrale, si je ne m’abuse, est que la fameuse oeuvre d’Orwell “1984”, bien loin d’être dépassée parce qu’elle aurait décrit des régimes dictatoriaux, nazis et staliniens, presque tous écroulés aujourd’hui, conserve en fait toute son actualité et toute sa pertinence puisqu’elle vise en réalité tous “les systèmes de pouvoir et d’oppression, y compris ceux qui sévissent dans les dites “démocraties” capitalistes, au nom de la sainte mondialisation” ( p.8).

- L’histoire de france, suite

 
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Christian Singer + PP
10 mai 2001
Màj : 17 janvier 2006
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