Dans un numéro récent du Journal « Le Nouvel Observateur », Jean Daniel (son Directeur et éditorialiste) évoque Albert Camus et lui dresse une couronne de laurier en en faisant le symbole même de ce qui convient à notre temps : l’évacuation de tout absolu et le renoncement à la folie qui consiste à vouloir changer le monde. A la place de cette utopie (forcément dangereuse…) il faut « conserver le monde ». Beau programme. Si c’est là tout ce qui reste comme perspective (il est vrai que l’on pourrait comprendre la mode écolo en ce sens), on comprend mieux pourquoi le même Jean Daniel ne cesse de nous dire qu’il faut « aménager » le capitalisme. Où l’on retrouve ce que veut dire, dans le monde tel qu’il est, le mot Réforme : réformer consiste à changer tout ce qu’il est nécessaire de changer… pour que rien ne change, comme le rappelle José Saramago [1].

