Je suis lesbienne, gay, hétéro, trans, bi et hermaphrodite

Pour l’abolition des genres et des identités exclusives

Pour l’abolition de la séparation des sexes et de toutes les catégorisations sociales, pour des sexualités uniques et personnelles qui démolissent les catégories exclusives. Révolution et Amour pulvérisent les cases et goûts personnels.

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Chaque être humain est une personne unique et originale avant d’être un mâle ou une femelle, une noire ou un arabe, une grande ou un gros, etc. La société et nos propres tendances à la facilité créent des catégories artificielles et criminelles en prenant prétexte de réalités secondaires ou fabriquées.

Les personnes sont donc classées, et se classent « spontanément » en différents groupes et sous-groupes. Parfois, les frontières ne sont pas complètement étanches, mais le plus souvent, exclusions, catégorisations méprisantes, crispations identitaires... sont la règle.
Ces frontières exclusives sont particulièrement vivaces dans le domaine de la soi-disant « identité sexuelle » et dans nos pratiques relationnelles quotidiennes. Partout, il y a les hommes ou les femmes, les gays ou les lesbiennes, les moches ou les grosses... Même si des personnes moins tranchées (bisexuel(le)s, transsexuel(le)s, hermaphrodites, queer, transgenre...) commencent à avoir le droit de cité, la règle générale repose toujours largement sur la séparation des sexes et sur le fait de suivre une orientation sexuelle plutôt qu’une autre.

La réalité première est que nous sommes toutes des personnes singulières, que nous ne sommes pas réductibles à l’une ou l’autre catégorie. De nos jours, les discriminations fondées sur la « race » (l’origine ethnique) ou les orientations homosexuelles-bisexuelles sont dénoncées comme il se doit. Pour le reste, c’est à dire les exclusions fondées sur le poids, l’âge, la beauté..., beaucoup reste à faire... Et je ne parle pas des discriminations barbares (spécisme) faites aux autres animaux. Ici je voudrais surtout insister sur la critique des identités et orientations sexuelles.

Toute personne devrait affirmer comme moi : « je suis lesbienne, gay, hétéro, trans, bi et hermaphrodite ». C’est la réalité, ce n’est pas qu’une phrase provocatrice. En effet, au delà des très forts conditionnements sociaux qui interviennent dès avant notre naissance et qui imprègnent le langage, les vêtements, la science..., au delà de nos éventuelles préférences (« spontanées » ou « conditionnées » ?) envers telle ou telle catégorie de personnes, nous sommes une personne unique qui établit une ou plusieurs relations avec d’autres personnes uniques. Notre sexe physique et nos éventuelles préférences sont complètement balayés par la force de l’Amour, tout comme la couleur de la peau ou les différences de longueur de doigt de pied. Notre identité est unique et n’a pas à se figer dans des particularismes et des classes.

Toute la littérature romanesque et les avis pseudo-scientifiques sont de vastes mensonges qui servent à justifier des choix arbitraires contraires à la véritable humanité. Il n’y a pas de complémentarité garçon/fille, et les psys feraient mieux d’être honnêtes, comme le sont certains, et affirmer que nous sommes tous bisexuelles et androgynes. L’identité d’une personne est bien plus complexe que la bête catégorisation en garçon ou en fille. Chaque personne est un mélange unique de féminité et de masculinité, et de bien d’autres choses encore. L’identité sexuelle n’existe pas, les hommes et le femmes non plus. On voit des filles bien plus viriles que des garçons, et des garçons bien plus féminins que certaines filles. Il n’y a pas d’échelle de valeur, le sexisme est un crime, la catégorisation en hommes et femmes est une aberration très néfaste.
Chaque personne, au delà de ses éventuelles préférences, a une sexualité unique et singulière. L’homosexualité, la bisexualité ou l’hétérosexualité ne veulent plus rien dire, on observe juste une relation d’Amour entre deux personnes, pratiquant à leur niveau une sexualité doublement unique, puisqu’elle est la rencontre de deux sexualités uniques.
Ras la touffe des stéréotypes sociaux, de la pub, de la mode, des films caricaturaux, des sexualités formatées vues à la TV.... La liberté sexuelle et relationnelle ne consiste pas à se retrancher derrière des catégories, mais à faire exploser tous les carcans, à se libérer des préférences étroites, à découvrir les personnes uniques, et à pouvoir vivre librement comme on veut avec qui on veut (y compris aimer plusieurs personnes en parallèle). A quoi ça sert de faire admettre l’homosexualité si on elle reproduit au final les mêmes schémas exclusifs et conformistes que l’hétérosexualité ?

Dans un autre contexte social, où la séparation des sexes (et la notion même d’identité sexuelle) aurait disparu du langage, des prénoms, des vêtements, des tâches : homosexualité, hétérosexualité et bisexualité n’auraient plus lieu d’être. Ces particularismes aberrants n’auraient plus aucun support d’existence, et les psys devraient remballer leurs théories sur l’Œdipe et tout le bazar.. Si des préférences (homos ou hétéros) venaient à se maintenir, elles seraient minoritaires, n’auraient aucune incidence et seraient sans doute dépassées après plusieurs générations. Nous sommes tous queer, bi et transgenre.

Oui, la sexualité est révolutionnaire, elle peut faire exploser toutes les normes sociales et inciter les gens à se rapprocher pour construire un monde nouveau. Mais la sexualité n’est qu’un des modes d’expression de l’Amour. C’est donc l’Amour qui est la seule force révolutionnaire, dans ce domaine comme dans les autres.

Pour expliquer mon titre :
Physiquement, je suis incontestablement un garçon. Seulement, je me sens très féminin psychologiquement, je me ressens même parfois comme très « fille », et je porte parfois des vêtements dits féminins, ou amples. Comme beaucoup, j’ai été dressé à l’hétérosexualité, donc je suis hétéro, mais à présent je suis attiré avant tout par des personnes, quel que soit leur sexe, même si des traces de conditionnements subsistent. Vu que je me sens très « fille », je peux me dire lesbienne vu que j’ai été dressé à préférer les filles. Mais je suis aussi attirée par des garçons, donc je suis gay. Les deux cumulés voudraient dire que je suis bisexuelle. Mais comme je remets en cause la séparation des sexes, cette appellation ne convient pas non plus. Dans ma tête, j’ai l’impression parfois de changer de sexe suivant les activités que je mène, donc j’ai aussi envie de me dire trans même si je n’ai pas touché à mon corps. J’ai un sexe masculin tout ce qu’il y a de plus standard, mais dans ma tête et dans ma sexualité, je me sens un mélange des deux genres, donc je me considère comme hermaphrodite psychique.
Je ne nie pas le particularisme de mon corps ni d’éventuelles préférences, mais je fais exploser toutes les barrières en me détachant un maximum des conditionnements et habitudes. Je n’ai rien d’exceptionnel, je ne suis pas un cas psychiatrique, une martienne ou un individu en avance sur son temps. Ce que je dis, ce que je ressens et ce que je vis, tout le monde, dès maintenant, pourrait sans problème le faire sien. Tout le monde pourrait se libérer des stéréotypes, des contraintes biologiques de la reproduction, des conditionnements et des préférences. Il faut commencer par savoir qui on est pour établir des relations interindividuelles claires, respectueuses et constructives, et réfléchir à comment pourrait se construire la vie relationnelle collective.

Cette libération ne mène pas du tout à la confusion ou à l’uniformisation d’un androgynat asexué, au contraire, je me sens beaucoup plus libre et en accord avec la richesse de ma personnalité. Qui suis-je finalement ? Bi, queer, transgenre, androgyne... ? Ces mots n’ont plus grande importance, je ne veux pas créer une catégorie particulière de plus, juste libérer toutes les personnes humaines et les amener à devenir elles-mêmes.

Fier d’être une personne singulière
Fier d’être libre
Fière de devenir soi-même
Fier de son identité et de sa sexualité unique.

Pour arriver dans les faits à remettre en cause toutes les normes relationnelles et sexuelles, il faut, à moins d’avoir des « aptitudes » particulières dans ce domaine, s’ouvrir à une remise en cause en profondeur. Pour sortir des replis identitaires et des combats rétrécis, pour s’attaquer pour de bon à la violence, aux exclusions, à la misère affective, aux discriminations en tout genres..., il est nécessaire de s’ouvrir à certaines réalités fondamentales. L’Amour pour tous les êtres ne se décrète pas, il ne vient pas tout seul opérer les décloisonnements indispensables et permettre la vie en communauté. Il est la conséquence d’une révolution intérieure, d’une ouverture à Dieu et de l’engagement dans une autre direction que celle préconisée par la « société »..
Cette libération a des effets dans tous les secteurs de la vie. Soit on se libère entièrement, en étant plus ou moins « avancé » suivant les domaines, et on débouche sur l’idée et la pratique d’une révolution globale. Soit on en reste à des remises en cause partielles qui ne changent pas les problèmes de fond, on tourne en rond dans des luttes sans fin, et les problèmes ne peuvent être réglés (et réapparaissent sous une forme ou une autre).

La révolution relationnelle, l’abolition de toutes les séparations et de toutes les violences, reposent sur une révolution intérieure profonde, sur une relation directe avec Dieu. Ce qui nous fait opter pour une révolution globale touchant tous les domaines. Il n’y a pas 36 voies, tout est lié, on ne peut pas s’attaquer vraiment à un secteur si on n’a pas une vision globale qui inclue tous les secteurs.

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Zora
21 août 2002
Màj : 1er septembre 2006
Articles suiv./prec.

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