La guerre des sexes est loin d’être terminée, chaque clan s’accroche obstinément à ses « spécificités » et pratiquement personne ne remet en cause les concepts d’identité et d’orientation sexuelle. Partout dans le monde, les êtres humains sont classés en hommes et femmes, en hétéros, homos ou bis. Une caractéristique physique, le type d’organes génitaux dont on est porteur, est partout érigée en différence fondamentale, justifiant la séparation des mâles et des femelles, et les rôles qui leur sont attribués. Très souvent, les filles sont, de surcroît, exploitées et dominées par les garçons. La biologie, la psychanalyse, la sociologie sont parfois appelées en renfort pour recoller les morceaux, faire rentrer les déviants dans les moules (quitte à couper, physiquement ou psychiquement, ou évacuer ce qui gêne trop), justifier les pratiques communes.
Les diverses minorités (lesbiennes, gays, trans, hermaphrodites...) luttent toujours pour avoir le droit de vivre comme elles l’entendent ou tout simplement pour avoir le droit d’exister, mais on ne voit pas naître un mouvement de libération général s’attaquant aux racines des tabous, oppressions et séparations. Les velléités de 1968 ont été bien oubliées. Hormis quelques lesbiennes radicales, quelques trans, queer, hermaphrodites ou certains militants d’extrême gauche, tout le monde considère comme normal et « naturel » cette séparation garçon-fille, on ne se pose même pas la question. Parfois, on veut bien admettre que les caractéristiques psychologiques du féminin et du masculin se répartissent indépendamment des sexes des personnes, mais la plupart du temps on se garde bien d’aller plus loin que des idées telles que le ying et le yang (il y a du masculin dans le féminin et vice versa).
Bref, rien de nouveau sous le soleil plombé de la différence des sexes.
Avec ce texte, je vais essayer de faire une analyse critique des notions d’identité et d’orientation sexuelle, en montrant que l’orientation sexuelle existe parce que l’identité sexuelle a été modelée préalablement. Ma conception des choses mettra en relief l’absurdité et la violence des « sciences » humaines, des dogmes dits religieux et des normes sociales. Elle remettra en cause aussi les diverses minorités en les exhortant à dépasser préférences, facilités et conditionnements pour s’ouvrir à la découverte de la richesse originale de chaque individu et de sa capacité d’ouverture aux autres, à tous les autres.
Plusieurs caractéristiques permettent, en théorie, de dire si un individu humain appartient à la catégorie mâle ou femelle :
Sans entrer dans les détails, les observations récentes montrent que les choses ne sont pas aussi évidentes qu’on le croyait. Des femelles sont munies de chromosomes XY, les taux d’hormones peuvent différer selon les individus indépendamment du sexe physique, des milliers de personnes naissent chaque année hermaphrodites ou avec diverses variantes d’intersexualité, l’apparence corporelle (muscles, pilosités...) est beaucoup liée à notre activité physique et à la manière d’entretenir les corps...
Dans la revue Sciences et Vie de février 2000, on trouve un texte très intéressant d’Hélène Rouch (biologiste, Cedref, université Paris-VII) : « l’idée de sexuation ». Elle montre bien que les niveaux génétiques, hormonaux et corporels sont très imbriqués et que, même au niveau purement biologique, la différence des sexes n’est pas si évidente... Quelques extraits :
« Le problème, c’est que ces différences biologiques elles-mêmes sont loin de se ranger en deux catégories aussi distinctes qu’on le voudrait. Pour les distinguer, on recourt toujours à la reproduction sexuée ; mais il s’est avéré que la sexuation d’un individu est si complexe (elle va des gènes au corps entier et du corps physique au corps comportemental), que l’entreprise de stricte bicatégorisation en devient proprement fictionnelle. »
« Les castrations, greffes et autres injections d’hormones provoquent à volonté - ou presque - des inversions de sexe, partielles ou totales, provisoires ou définitives. Si ces travaux ont décrit au passage les mécanismes de l’hermaphrodisme et de l’intersexualité, ils ont montré aussi que les sexes mâle et femelle ne constituent que les états terminaux et fonctionnels (sur le plan reproductif) d’un processus admettant de nombreux états intermédiaires. Parallèlement, les endocrinologues et les biochimistes ont dû abandonner l’idée, conforme à la bicatégorisation anatomique du sexe, qu’il n’y avait que deux hormones sexuelles (une mâle et une femelle), produites par des organes spécifiques (le testicule et l’ovaire) ayant une fonction spécifique (la différenciation sexuelle). On s’est aperçu que les ovaires et les testicules produisent les deux types d’hormones, que les glandes surrénales les fabriquent également, qu’oestrogènes et androgènes sont très voisins sur le plan chimique et dérivent du même métabolisme. On a découvert, avec une certaine stupeur, que sur le plan hormonal, mâles et femelles - hommes et femmes - ne se distinguent que par le rapport entre ces hormones. Le sexe, ainsi défini à partir des taux hormonaux, se répartit en réalité selon un continuum qui va du plus mâle au plus femelle. Mais la bicatégorisation, sans doute parce qu’elle est rassurante, est toujours rétablie par la pratique médicale qui ramène ces taux, très variables suivant les individus et les âges, à des taux moyens représentant des entités « homme » et « femme », en négligeant la variabilité hormonale individuelle. »
« Se superposent donc dans cette évolution de la différenciation sexuelle (présentée très schématiquement ici) des niveaux génétique, anatomique, hormonal, et enfin comportemental, ce dernier se libérant très largement, dans l’espèce humaine, de son déterminisme hormonal. »
Le dossier complet sur : http://www.sciencesetavenir.com/hs_121/page82.html
Voir aussi un article dans « Le Monde 2 » (numéro du 20 juin 2004) qui démolit cette habitude de séparation des sexes. Des scientifiques et autres démontrent que l’idée d’hommes et de femmes est un fantasme social, une pure construction qui rassure tout le monde mais ne correspond pas à la réalité.
On voit bien que les caractères physiologiques ont été exacerbés et montés en épingle pour justifier les dogmes. De simples fonctions nécessaires à la reproduction sont érigées en barrières produisant des normes.
En dehors des hermaphrodites et intersexués (qui sont très mélangés, et peuvent évoluer avec le temps), il est néanmoins possible de dire si la personne est un mâle ou une femelle en se référant aux capacités de procréation. Seulement, la « société » n’en reste pas à la simple constatation du sexe physique. Après avoir ignoré qu’il y a toute une continuité et un mélange entre les caractères mâles et femelles, elle fait de cette caractéristique physique une composante importante de notre personnalité. Au lieu d’être vu comme une particularité parmi d’autres (comme la couleur de la peau dans les pays non-racistes), le type de sexe physique est partout considéré comme un élément fondateur des identités individuelles et de l’ordre social. Ce qui déjà apparaît déjà comme totalement absurde quand on se rend compte de la continuité qui existe au niveau physiologique. Sans parler du niveau social...
Il n’empêche qu’on trouve encore des gens pour considérer les cerveaux d’homme et de femme comme très différents, dotés d’une pensée différente due à l’influence des hormones, hors influences sociales.
1.1. D’emblée, on fait du type de sexe dont on est porteur une chose très importante, pourquoi ?
Est-ce que ça vient de la primauté donnée à la reproduction biologique et sociale, du désir de créer des conflits et des séparations fondamentales, de la recherche effrénée de hiérarchisation ?
Pour la reproduction biologique de l’espèce humaine, telle qu’elle est constituée actuellement, il faut la rencontre du spermatozoïde du mâle et de l’ovule de la femelle. Du temps ou la mortalité en bas âge était importante, on peut imaginer que la reproduction était une donnée importante si on voulait que le groupe survive. De nos jours encore, les familles pauvres ont souvent beaucoup d’enfants pour augmenter le nombre de bras et donc les chances de survie. On pourrait donc dire que cette nécessité a exacerbé les caractères femelles et mâles au point de créer les hommes et les femmes, et que cette habitude s’est perpétuée jusqu’à nos jours.
Les premiers humains ne connaissaient pas grand chose à la façon dont s’effectuait la reproduction biologique. La catégorisation se serait alors fondée sur les différences physiques, et notamment sur celles, très apparentes, liées à la gestation. A partir de faits biologiques on a créé un fait social et deux catégories d’êtres aux psychologies censées être irrémédiablement dissemblables. Pourquoi ? Il est difficile de répondre à cette question, ça remonte à loin et je ne suis pas historienne ni sociologue des sociétés préhistoriques. En considérant que les mentalités actuelles ne sont guère différentes de celles du passé, je peux tenter de raisonner par analogie et proposer plusieurs pistes.
Les préhommes veulent se rassurer et avoir des rôles clairs et identifiables, pour ça rien de tel que la catégorisation en hommes et en femmes. Cette classification permet de s’identifier à des tâches précises et prévisibles. Ils auraient pu se classer en grands et en petits, mais dans ce cas la limite entre les deux aurait été plus difficile à établir, surtout que des tas de gens ont une taille très proche et que celle-ci change avec l’âge. Avec les mâles et les femelles, ils tenaient des caractéristiques physiques imparables et indiscutables (enfin, pas toujours...), qui ne changent pas au cours de la vie (là aussi, par toujours...). Il suffisait d’ignorer ou d’éliminer (avant ils étaient assassinés, maintenant ils sont opérés) les cas d’hermaphrodisme pour que ça se tienne, en disant que ce n’était que des erreurs de la nature. A force, les différences physiques et les stéréotypes mentaux se sont accentués, renforçant la séparation.
Leur choix du vide et du refus du développement de leur personnalité profonde les oblige à se raccrocher à n’importe quel élément « extérieur » (ici l’appartenance à la catégorie mâle ou femelle) pour se fabriquer une personnalité au rabais, conforme par ailleurs aux souhaits des collectivités qu’ils ont suscitées. Quand on veut être vide et écarter tout ce qui dérange, on est amené à se remplir de n’importe quoi. Les collectivités que les préhommes ont créées étant le reflet et la conséquence de ces choix, il est logique qu’elles exigent que les individus se rangent dans des catégories simples. Et la boucle est bouclée, à triple tour.
Les « sociétés » préhumaines de tous les temps ne veulent pas d’individus trop libres, singuliers et autonomes, et comme la majorité des individus ne veulent pas l’être même s’ils en souffrent, tout marche très bien. Les personnes n’ont d’intérêt et d’existence que par rapport à ce qui est utile à la « société », elles n’existent que par rapport à l’étiquette sociale (mâle ou femelle, riche ou pauvre, esclave ou patron...) qui leur est collée. Ce n’est pas l’individu pour lui-même qui compte, avec toute sa richesse et ses ambivalences, mais son utilité supposée, sa fonction dans la mécanique, et le regard que les autres et la « société » portent sur lui.
Avec la norme homme-femme, on brise dès le départ les personnalités, les rendant plus malléables et soumises au collectif, moins capables de révolte et d’entraide.
D’autres éléments importants peuvent jouer. Avec deux catégories d’individus clairement désignées, il devient très facile de faire jouer les passions pour la domination et la hiérarchisation. Les personnes peuvent en permanence s’adonner à leur sport favori : la guerre. Mâles et femelles s’affrontent pour savoir lequel des deux a le plus d’emprise et de pouvoir sur l’autre. A ce petit jeu, il semble que les femelles aient souvent perdu, mais tout n’est pas terminé, elles auront sans doute leur revanche.
Ces passions ont donné lieu à toutes sortes de réglementations et habitudes visant à renforcer et « naturaliser » l’état de domination acquis par l’un ou l’autre sexe, et ayant pour effet d’accentuer la séparation et les différenciations..
La séparation des sexes permet aux membres de chaque catégorie de se sentir en sécurité au sein de leur groupe. Ils savent qu’ils y trouveront solidarité et soutien, surtout s’il s’agit de se défendre et d’entuber les membres du groupe d’en face. Elle fournit une appartenance rassurante, qui est acquise de naissance (ou qui se mérite par des rites), sauf pour quelques déviants considérés comme des « malades » physiques ou mentaux.
La séparation binaire des sexes est donc le moule, l’archétype de toutes les séparations, luttes de pouvoir et hiérarchisations que l’on observe partout. Après les hommes et les femmes, sont venues toutes sortes d’autres séparations, plus ou moins complexes, qui se ramifient à l’infini. Très vite vient la séparation en classes d’âge, puis les classes sociales, les appartenances ethniques ou religieuses...
1.2. Du sexe physique au sexe psychique
Après avoir posé le dogme arbitraire affirmant que les différences physiques liées au sexe étaient importantes et fondatrices de l’identité, les préhommes fabriquent l’idée du sexe psychique.
Tout d’abord, il est amusant de constater qu’au fil des époques et des « civilisations », les rôles et les statuts attachés à l’un ou l’autre sexe furent très divers, voire opposés. Le besoin de cadres rassurants a fait qu’on est très attaché à marquer la différence des sexes anatomiques, tout en attribuant diverses qualités humaines tantôt à l’un, tantôt à l’autre. Comme quoi tout n’est pas si tranché.
L’idée du sexe psychique, ou identité de genre, suppose que l’identité sexuelle biologique est un élément fondateur et crucial de la personnalité. Les préhommes affirment que les femelles et mâles humains ont plus que des différences anatomiques (génétiques, hormonales...), leurs structures psychologiques seraient très différentes, et devraient amener tout individu dit normal à s’identifier à son sexe physique, au groupe de gens porteurs du même sexe et aux tendances psychologiques qui y seraient tout « naturellement » attachées, à avoir une vie sexuelle uniquement avec les personnes du sexe « opposé » (parler de sexes opposés introduit déjà la notion de conflit obligé).
Le problème, c’est que cette idée s’avère totalement fausse si on la confronte objectivement à l’expérience et aux données fournies par l’instrument de connaissance incomparable qu’est l’Astrologie.
1.2.1. Le mythe du sexe psychique confronté à l’expérience
Commençons par ma propre expérience. Maintenant que je suis en partie débarrassée des conditionnements et habitudes inculquées par la « société », je ne ressens pas du tout l’identité-identification sexuelle comme étant une donnée importante et pertinente. Intérieurement, dans mes comportements et dans mes rapports avec autrui, je ne me sens ni homme ni femme, ou plutôt je me vois comme un composé original des deux. Je sais bien que j’ai un sexe anatomique de type garçon et je ne le nie pas, mais ça n’a pas plus d’importance que la longueur de mes doigts de pied. Psychologiquement, je suis garçon et fille, masculin et féminin. A certain moment, je me sens plus fille ou plus garçon, sans que ça ne me pose aucun problème, je m’en porte très bien, et même je me sens bien mieux que quand j’étais prisonnier du dogme de l’hétérosexualité et de l’identification masculine exclusive. Ma personnalité n’a pas besoin de s’identifier à un des deux genres pour s’épanouir et se développer parfaitement. Au contraire, elle prend véritablement son envol à partir du moment où elle se détache de cette identification de genre sclérosante, mutilante et aberrante.
Vous me direz que je ne suis qu’un phénomène exceptionnel, un cas psychiatrique grave qui nécessiterait plusieurs années de psychanalyse pour redevenir "normal" et heureux de l’être. Je répondrai que je connais d’autres personnes dans ce cas (qui se sentent parfaitement bien dans leur peau et n’ont aucune envie de changer) et que, indirectement, la somme de tous les prétendus déviants ou malades va dans le même sens.
En effet, on peut remarquer qu’un nombre non négligeable de personnes diverses ne se reconnaissent pas dans ce schéma de l’identification de genre tout court, et de l’identification de genre correspondant à son sexe anatomique. Certaines bisexuels ou bisexuelles ont des identités et des comportements plus flous, ils naviguent entre les deux genres. On voit des personnes qui ne se sentent pas psychologiquement en accord avec leur sexe physique, et qui vont parfois jusqu’à choisir des opérations chirurgicales pour changer de sexe, et devenir des transsexuel(le)s. J’ai pu entendre le témoignage d’un hermaphrodite non-bousillé par la chirurgie et les traitements hormonaux qui disait qu’il-elle était contente de sa nature ambiguë et se considérait psychologiquement comme homme et femme.
Dans toutes les civilisations et à toutes les époques, on trouve quantité d’homosexuels et d’homosexuelles, qui, en dehors des persécutions dont ils ont été victimes et du contexte social plus ou moins défavorable, n’étaient pas plus malheureux que les autres. Je suis persuadé que nombre d’entre eux ont dû s’interroger sur cette identification à leur sexe physique. Mais je sais qu’identification au sexe anatomique et orientation sexuelle peuvent être contradictoires, et que les psys considèrent pour la plupart que les homos sont des « ratés » qui se sont mal développés. Nous en reparlerons.
Vous me direz que ce ne sont que des cas particuliers plus ou moins pathologiques ou des erreurs (à corriger-éradiquer) de dame nature, et que ça ne remet pas en cause le dogme. On peut toujours balayer l’existence de centaines de millions de personnes (à l’échelle mondiale)...
Attachons-nous à présent aux caractéristiques psychologiques des gens ordinaires, ceux qui sont dits normaux parce qu’ils sont censés avoir adopté à fond l’identité de genre correspondant à leur sexe anatomique. Le dogme de l’identité sexuelle dit que les mâles et les femelles ont des psychologies, et donc des rôles, très différents. Le hic, c’est qu’il n’en est rien quand on les observe de près et honnêtement, et ce malgré les énormes pressions sociales qu’ils subissent (depuis avant leur naissance) et répercutent (dès qu’ils le peuvent). Tout le monde sait bien qu’il existe quantité de femelles qui vivent des psychologies et des comportements habituellement attribués aux mâles, et inversement. Tout en ayant accepté les normes de la séparation des sexes, leurs comportements vont souvent à l’opposé ! Par delà les vernis vestimentaires et les tics de langage, on peut voir des garçons qui s’occupent des tâches intérieures (ménage, cuisine, enfants...) , qui sont très « filles », et des filles qui sont très battantes, viriles, dirigistes, guerrières...etc (selon les stéréotypes en vigueur concernant les rôles des filles et garçons).
On voit bien que les traits psychologiques (féminité et virilité en l’occurrence), bien qu’étouffés et dénaturés par le système, sont totalement détachés du type de sexe anatomique, parfois même par ceux et celles qui voudraient à tout prix coller aux normes standards.
D’ailleurs, c’est vrai aussi sur un plan physique général. Dans de nombreux cas, si on fait abstraction des organes sexuels, de la voix et des seins, il est très difficile de déterminer si on a affaire à un garçon ou une fille. Si on évacue les maquillages et les vêtements spécifiques, l’apparence physique (visage notamment) des personnes est souvent ambivalente, pas besoin de chercher les habituelles caricatures d’homos pour s’en rendre compte.
1.2.2. Le mythe du sexe psychique confronté à l’Astrologie
Avec la pratique de l’Astrologie sérieuse, d’autres arguments très forts sont apportés contre ce mythe de l’identification sexuelle. Les thèmes de naissance, qui par leur interprétation permettent de définir les missions spécifiques que devrait remplir chaque personne, disent tout sur les structures psychologiques de l’individu, tout... sauf le sexe physique (et a fortiori le sexe psychique). Le sexe des personnes n’a aucune importance dans l’étude d’un thème et dans les conclusions qui peuvent en être tirées. L’étude pratique des thèmes de centaines de personnes très différentes montre que le sexe anatomique n’a aucune importance dans les activités que l’on mène. De plus, la féminité et la masculinité (en tant que composantes de nos structures psychologiques) sont réparties de toutes les manières possibles et de façon totalement indépendante du sexe anatomique.
Il ne s’agit pas d’un délire théorique ou d’interprétations abusives pondues sur mesure pour conforter des idées délirantes préétablies, ce sont les faits bruts qui parlent et qui rejoignent parfaitement ce que j’expliquais plus haut. Les observations pratiques dues à l’Astrologie montrent de manière irréfutable que nos personnalités sont un tout complexe, original et ambivalent, fait d’une synthèse féconde entre des tas de composantes éventuellement opposées. Nous sommes bien plus que des garçons et des filles, nous sommes bien plus complexes que le voudrait cette adhésion bipolaire aux caractéristiques psychiques simplistes attribuées de manière arbitraire à l’un et l’autre sexe. L’Astrologie et l’expérience de tous les jours prouvent que chaque personne est un mélange unique de féminité et de masculinité, que l’identité sexuelle est une ineptie dès qu’elle dépasse la simple constatation des traits anatomiques innés, que l’identification psychique à un des deux sexes est une aberration due à des choix individuels et collectifs délirants, que la répression, la médicalisation et la culpabilisation de tous les prétendus déviants (homos, bis, trans...) est un crime supplémentaire destiné à maquiller et justifier une ségrégation barbare.
Le sexe psychique n’existe pas, à moins d’être fabriqué de toutes pièces par manipulation mentale prolongée et amputation psychique grave. Le sexe anatomique ne détermine en rien les individus, il n’est qu’une composante parmi des tas d’autres, il n’a même aucune importance par rapport aux tendances psychologiques profondes de chaque individu unique.
Les histoires d’hormones influant le psychisme et les neurones de manière différente pour les garçons et les filles, ou de cerveaux différents engendrant des pensées mâles ou femelles, ne sont que de la pure fiction destinée à justifier les normes. Si influence hormonale il y avait, il s’agirait de la traduction physique de choix psychiques aberrants, et non de la cause de ces choix. Il peut éventuellement, dans certains cas, subsister des traces d’attirances brutes dues aux hormones qui sont liées aux fonctions reproductives, rien de significatif. D’ailleurs, les scientifiques observent que l’activité du cerveau montre plus de différences entre individus qu’entre mâles et femelles.
Quant aux affreux qui considèrent encore que les filles sont une sous-humanité très différente de la race des garçons, la débilité de leurs propos ne mérite pas qu’on s’y attarde, surtout s’ils prétendent tirer ça de la parole de Dieu ! Pauvre Dieu, ils lui font dire de ces trucs !
La préhumanité veut qu’existent des hommes et des femmes, elle va donc les fabriquer de toutes pièces. Et à présent, la machine tourne toute seule, le système, comme chaque individu qui le compose, concourt mécaniquement à cette bipolarisation monstrueuse.
Les personnes étant quasiment toutes infestées par cette catégorisation psychique en genres de sexes, elles vont, sans même s’en rendre compte, perpétuer autour d’elles l’oppression dont elles ont été victimes.
Dès la gestation, on s’inquiète du sexe du futur bébé, on lui choisit déjà un prénom ad hoc et une garde-robe assortie. Certains veulent choisir le sexe des embryons. Dans les pays où les filles sont encore plus maltraitées qu’ailleurs, les fœtus filles sont souvent avortés.
Dès la naissance, les attitudes et les objets fournis imprègnent le nouveau-né de son futur rôle social.
Tout est destiné, volontairement ou inconsciemment, à appliquer le fer rouge de l’appartenance à la catégorie homme ou femme :
De plus, la structure bipolaire du langage est là pour marteler les choses et les rendre évidentes, pour empêcher de penser autrement.
Certains parents, plus ouverts, autorisent aux garçons des jeux et activités doctrinalement dévolus aux filles, et inversement. Mais ils sont rares, et de toute façon, la pression sociale est tellement énorme que leurs timides efforts seront balayés.
En grandissant, les enfants sont de plus en plus sommés de rentrer dans le rang de leur sexe (et dans le rang tout court), en douceur bien sûr, de manière insidieuse, sauf pour les récalcitrantes. Quand ils sont petits, on tolère à la rigueur quelques écarts, après il n’en est plus question. Ils feraient honte à leurs parents. Toute la société est imprégnée de cette norme aberrante. L’entourage, les livres, la télévision, l’école... vont donc former une toile d’araignée implacable à laquelle il est quasi impossible d’échapper en étant jeune, à moins de bénéficier d’une forte personnalité et de conditions particulières.
Une fois que l’enfant est scolarisé, les choses s’aggravent encore. Le regard et les attitudes sans pitié de ses petits camarades vont l’obliger à faire comme tout le monde. S’il avait encore des velléités de révolte ou de laisser parler sa personnalité, elles seront réprimées. La peur de l’exclusion et la violence normative auront raison des éventuelles résistances. Dès qu’une vie sociale se développe, les pressions sont démultipliées. Les enfants de maternelle sont déjà des archétypes d’hommes et de femmes en miniature. Gestes, vêtements, coiffures, langages, centres d’intérêts sont déjà codifiés et différenciés, les « camarades » d’écoles vont accentuer les traits et mater les « rebelles ». Les garçons ayant des côtés féminins seront traités de tapettes, de PD, de filles (non seulement il y a séparation, mais en plus, les filles sont déjà considérées comme une sous-catégorie méprisée). Les filles ayant des côtés masculins seront traitées de garçons manqués (on dit « manqués » parce que c’est triste de ne pas être né garçon, on ne dit pas filles manquées aux garçons), de sauvages, de boxeuses, de sales gouines plus tard...
Les enfants, ayant intériorisé les normes sociales et les façons de faire des adultes, se comportent en gardes-chiourme envers eux-mêmes et envers les autres. Ce dressage castrateur fabrique des personnalités bridées et brisées dès le point de départ. Et c’est cette violence inouïe que l’on va ériger en modèle social !! Et presque tout le monde passe la pommade sur la famille et l’école alors qu’il est difficile de faire plus efficace comme moyen d’oppression.
De plus en plus jeunes, les filles se maquillent, essaient de se faire « belle » et de séduire. Ce qui fait la joie des capitalistes, qui poussent à la roue pour ouvrir de nouveaux marchés juteux. Les garçons jouent les fiers-à-bras, se battent, défendent certaines filles et en maltraitent d’autres...
Après, viennent la sexualité séparée, le mariage, les professions et loisirs différenciés, mais tout est réglé durant l’enfance.
Malgré ces conditionnements énormes, des personnes pourraient se révolter, mais elles sont très rares dans la pratique (dans ce domaine comme pour la globalité). De victimes, elles deviennent esclaves volontaires, puis à leur tour bourreaux, agents de la reproduction de la norme et de la répression des récalcitrants. Les troupeaux se gardent eux-mêmes. De ce point de vue, la famille bi-parentale, avec papa-maman-et-les-gosses, est certainement le pire des systèmes, celui qui laisse le moins de marge de liberté et qui étouffe le mieux les gens. (lire « A mort la famille », de Michel Fize) Dans les tribus ou familles élargies, les individus sont un peu moins étouffés, ils ont plusieurs interlocuteurs, et peuvent choisir.
La famille bi ou mono-parentale joue un très fort rôle mutilateur, c’est elle qui, en premier et de manière privilégiée, conditionne et infantilise. Et dans les familles où ça se passe « bien », c’est encore plus ennuyeux, car les jeunes ont moins de chance d’échapper, ne serait-ce que par rejet, aux griffes tentaculaires masquées sous la protection, la recherche du bonheur et l’amour.
Dans ce domaine, les pays prétendument religieux, communistes ou laïques (ou autres) sont tous d’accord. Leurs méthodes de mutilation sont plus ou moins violentes, leur répression est plus ou moins implacable, mais le résultat est le même : la fabrication en série de « monstres » nommés femmes et hommes, doublée de discriminations envers les filles et la plupart des « déviants ».
Un système monstrueux ne peut se reproduire que par le biais de monstres, il faut donc qu’il se les fabrique sur mesures. A présent, les « monstres » s’auto-conditionnent tout seuls.
Imaginez qu’on mette un coup de marteau sur une montre complexe. Ensuite, on remet certains engrenages (jugés virils pour les mâles et féminins pour les filles) et on essaye de faire marcher la montre avec du rafistolage...
La fabrication du sexe psychique a donc lieu durant les premières années de la vie. Les justifications de type scientifique, psychanalytique ou religieux n’interviennent qu’ensuite, quand les mutilés veulent nommer leur état, le théoriser et lui donner l’apparence d’une normalité.
Pour tenter de montrer que le dogme du sexe psychique est quelque chose de valable, on va dire que c’est parce que le type de sexe anatomique dont on est porteuse a beaucoup d’importance. Et pour justifier l’importance donnée au sexe physique dans la construction de la personnalité, on va dire que c’est à cause de l’existence du sexe psychique et de l’importance de l’identification sexuelle. Chaque dogme se justifie, se vérifie et s’explique par l’autre ! Amusant, deux données arbitraires qui n’ont aucun lien entre elles permettent de se justifier l’une l’autre !! Et personne ne s’étonne.
Des a priori destructeurs sont posés, on conditionne les gens à y croire (ce qu’ils sont tout disposés à faire), on crée tout un tas d’habitudes et de règles pour que les a priori se perpétuent, et ensuite on observe qu’effectivement ces a priori sont vécus par presque tout le monde, ce qui permet de dire que les a priori sont justes puisqu’ils se vérifient dans la pratique.
C’est comme si on apprenait à toute la population mondiale à parler russe, et que, deux siècles plus tard, en constatant que presque tout le monde parle russe, on affirme que la langue russe est importante et universelle par nature, que le fait de parler russe est un dogme universel, et que ceux qui ne parlent pas russe ou ne veulent pas le parler sont des monstres, des malades ou des délinquants volontaires qu’il faut réprimer et/ou soigner.
Les préhumains ont décidé que le sexe physique et l’identité sexuelle sont des données importantes et incontournables, ce qui a généré tout un système social qui va dans ce sens et enfonce le clou par tous les moyens. Ensuite, on constate, en écartant tout ce qui gêne, qu’il y a des différences notoires d’identités, de pratiques et de psychologies entre mâles et femelles, et on affirme que c’est un fait de « nature », constitutif de ce qu’est l’espèce humaine. Cette constatation devient la normalité et tous ceux qui s’en écartent, de quelque manière et pour quelque raison que ce soit, sont montrés du doigt, pourchassés ou exécutés. Certains en font même, comble du verrouillage dans la barbarie, des théories « scientifiques » ou des doctrines « religieuses ».
Ce système est totalement monstrueux, absurde et insensé, mais pratiquement tout le monde l’accepte et continue de le faire durer, y compris ceux et celles qui en souffrent le plus !
L’identité sexuelle est importante, car c’est un fait social.
Le fait social de la séparation des sexes existe parce que l’identité sexuelle est un fait important.
On tourne en rond...
Suivant les cultures et les époques, ce dogme de la séparation des sexes a été appliqué différemment, mais les principes d’exclusion, de mise au pas des individualités et de guerre entre catégories ont toujours été maintenus. Les humains sont capables d’une certaine plasticité autorisant différentes manières de s’auto-opprimer. Ils en pâtissent toujours, mais leur capacité de résistance alliée à leur volonté farouche de rester dans les rangs leur font simplement courber l’échine.
L’orientation sexuelle suit la fabrication du sexe psychique comme son ombre. Depuis tout petit, on répète :
Une fois qu’on a en quelque sorte coupé les personnes en deux, on leur dit que, pour leur vie amoureuse, elles doivent s’apparier avec les autres moitiés, celles qui portent le sexe « opposé ».
L’hétérosexualité est la norme, les jeunes en sont imprégnés depuis toujours, il n’est donc pas étonnant que la plupart s’y conforment. Tout le monde leur dit que la petite fille doit d’identifier à la mère et le petit garçon au père. Il n’est pas question qu’ils s’identifient à eux-mêmes, mais à des modèles tout emballés. Ils doivent se calquer sur les mythes de l’homme et de la femme, en adoptant une des variantes, par le biais de leurs parents ou de stars.
Quand les jeunes ont des attirances pour des personnes qui se trouvent être du même sexe, ils vont les refouler et les nier, ils vont limiter la relation à des aspects tolérés et encouragés (amitié, travail, sport). Par la suite, cette canalisation et ce rejet seront de plus en plus automatisés et inconscients. Pour la vie amoureuse et sexuelle, seule comptera alors la recherche du partenaire de l’autre sexe.
Partout, la propagande de la petite famille composée d’une femme, d’un homme et d’enfants est mise en avant, c’est le comble du bonheur et de la réussite. Tout le monde court après ce mythe, en oubliant que la famille est mortifère et que beaucoup de couples s’entredéchirent. On recherche du rêve et de la reconnaissance sociale, être comme tout le monde est un plaisir, et puis la soif de relations a besoin d’être comblée. En l’absence de visées plus consistantes, il faut bien se donner des buts dans l’existence, la vie de couple et la famille en est un excellent, qui permet de s’occuper, que ça se passe « bien » ou mal. Il peut exister des variantes : familles élargies ou tribus, mais le fond reste le même, surtout concernant le sujet de la séparation des sexes.
Les garçons et les filles ont donc leurs stratégies et leurs uniformes pour se séduire mutuellement. Il existe des tas de lieux et d’officines qui se font un fric fou grâce à ce marché qui est souvent de dupes.
La séparation initiale et la fabrication des monstres nommés femmes et hommes créent une sorte de mystère. On veut connaître et posséder ce qui a été rendu de manière artificielle si mystérieux et si différent. On a peur de l’autre sexe, de l’inconnu, de ce continent fabriqué, ce qui renforce l’attrait réciproque. La « société » fabrique des sortes d’aimants, pour s’émerveiller ensuite qu’ils s’attirent l’un l’autre et deviennent amants ! On peut même se demander si, du fait que les préhumains ont du mal à s’aimer de manière simple et directe, la bipolarisation sexuelle n’est pas fabriquée pour permettre des relations, et donc la reproduction sociale et biologique. L’aimantation des deux sexes est créée pour que des êtres tous très différents, généralement incapables de se supporter sans violences ni dominations, puissent baiser, faire des gosses et reproduire la « société ». Dans un troupeau de barbares qui ne pensent qu’à se détruire et à se foutre sur la gueule, une aimantation artificielle permet l’appariement des personnes en atténuant leurs pulsions guerrières ! D’ailleurs, le « naturel » revient souvent au galop, y compris (et même surtout) dans les familles. Viols, violences, mensonges, trahisons, manipulations... reprennent vite le dessus. L’aimantation bipolaire n’a qu’un effet limité, et semble s’atténuer avec le temps. Les deux moitiés du couple ont beau se frotter l’une contre l’autre, le courant ne passe plus. La violence et les engueulades forment alors un nouveau ciment, souvent plus efficace et plus durable que le premier.
L’orientation sexuelle n’est pas aussi unilatérale. Sans pour autant remettre en cause les concepts de femme et d’homme, des personnes se tournent vers l’homosexualité. Malgré la puissance des conditionnements et des habitudes millénaires, on observe beaucoup d’homos des deux sexes (dans les pays qui les tolèrent au grand jour). Comment cela est-il possible ? C’est difficile à dire, il existe sûrement de multiples raisons, souvent imbriquées, et chaque cas doit être particulier.
Quelques explications possibles :
Peu importent les raisons, certaines personnes réagissent différemment à la pression sociale de la bipolarité sexuelle, et deviennent homosexuelles, c’est un fait indiscutable et universel.
L’homosexualité n’est pas pire, ni mieux, que l’hétérosexualité. Ce sont deux conséquences néfastes du système de la bipolarité sexuelle, deux facettes d’un même problème : le refus de reconnaître et de développer la complexité et la liberté des personnes humaines.
Mais en fait, les choses ne sont pas aussi tranchées dans la pratique. Ce n’est pas trop mis en avant, mais il y a sûrement pas mal d’hétéros qui ont des aventures homos, et vice versa. Seulement, ils ne le crient pas sur les toits, c’est mal vu par les personnes de leur bord. Il ne faut pas trahir son camp et se commettre avec l’ennemi. Chacune est sommée de choisir, et une fois qu’on a choisi, homo ou hétéro, il ne faut plus varier, ce serait du vice et de la trahison.
Il existe aussi des orientations sexuelles ambivalentes, plus rares. Les bis, les hermaphrodites, le mouvement Queer ou Transgenre refusent de choisir une orientation sexuelle précise, et remettent parfois en cause la bipolarité homme/femme elle-même. Suivant les rencontres, ils vont être attirés par des filles ou des garçons. Certains disent que le sexe des gens leur importe peu, qu’ils regardent les qualités de la personne avant tout. Des bis ont parfois deux relations en parallèles, une avec un garçon et une autre avec une fille, et ils en sont très contents.
Toutes les « sociétés » ou presque ont combattu les minorités sexuelles. Elles les ont niées, dévalorisées, diabolisées... au nom de prétexted divers : moraux, religieux, naturels, scientifiques.... La préhumanité préfère que les têtes soient bien alignées, la décapitation en est facilitée. Il ne faut surtout pas que les « déviants » inoculent de mauvaises idées dans la tête des braves gens. Ils pourraient se mettre à ne plus marcher droit, et tout foutrait le camp. On veut bien tolérer hypocritement quelques turpitudes, surtout si ça reste discret et hétéro, mais pas question que ça éclate au grand jour, et encore moins qu’on remette en cause les normes en vigueur : famille et séparation des sexes dans la plupart des pays.
A force de manifestations et de coming out, les homos et les autres commencent à obtenir, dans certains milieux et pays, le droit de vivre comme ils l’entendent au grand jour, sans risque de se faire emprisonner ou tabasser. Mais il y a encore du boulot ! S’ils s’embrassent dans une rue, les passants réagissent souvent très mal. Il est scandaleux par exemple que les homos n’aient pas partout les mêmes droits que les autres pour la vie de couple et les enfants (puisque c’est ce que nombre d’entre eux souhaitent). Et ces droits relatifs sont très fragiles. On trouve encore des familles qui, découvrant l’homosexualité de leur fils ou fille, leur conseillent de se suicider !
Minorités, la double répression
Concernant la répression des homos, trans et hermaphrodites, le scandale et l’horreur atteignent des sommets. Non seulement, ces minorités sont victimes du système comme tout le monde (amputation d’une part de la personnalité, simplification et stéréotypes), mais en plus, les normalisateurs s’en prennent à elles du fait des choix différents faits, ou de leur structure physique ou psychologique différente.
C’est comme si on décidait que tous les humains doivent passer par une porte de 1m70 de haut et de 50 cm de large, et que ceux qui ne correspondent pas aux dimensions sont considérés comme des malades ou des délinquants.
En l’espèce, la séparation arbitraire en hommes et en femmes suscite, c’est inévitable, des tas de minorités qui ne se reconnaissent pas dans le schéma officiel. Certains sont plus particulièrement attirés par des personnes du même sexe, d’autres constatent que leur anatomie est en « opposition » avec leur psychisme profond, les hermaphrodites ne rentrent pas dans les cases sexuées, etc... Cette séparation aberrante des genres et cette crispation sur l’identité et l’orientation sexuelle génèrent inévitablement des tas de tensions (aussi pour les hétéros pur sucre), de problèmes et de minorités. Et, au lieu de reconnaître les droits de ces minorités et de tenter d’atténuer les souffrances générées par un système monstrueux que personne ne veut remettre en cause, on va au contraire réprimer les prétendus déviants, stigmatiser les minorités et limiter leurs droits, médicaliser les résistants à la norme, aggraver les problèmes, durcir les dogmes, introduire des justifications biologiques ou psychanalytiques culpabilisantes et destructrices.. !!
Prenons une image : des gens s’entretuent dans une guerre civile meurtrière et prolongée. On constate que la plupart de la population est estropiée, et on dit que l’état normal de l’être humain est d’avoir au moins un membre en moins (bras, main, jambe ou pied). Les causes réelles, machettes ou mines antipersonnelles, sont niées et oubliées. Les personnes n’ayant aucun membre en moins, par chance, parce qu’elles sont plus prudentes que la moyenne ou n’ont pas voulu participer aux combats fratricides, sont alors considérées comme des déviantes plus ou moins maladives. Les pouvoirs vont alors bâtir une théorie sur les bienfaits de l’amputation et la beauté de l’unijambiste, sur la grâce des prothèses high tech... Les gens avec un corps entier sont montrés du doigt, on les ampute de force, ils s’amputent volontairement pour ne pas être exclus et ressembler à tout le monde, ils font semblant d’être amputés, etc... L’état de guerre, monstrueux, fait que toute la population est mal en point. Le mal-être physique et moral devient la règle, et ceux qui vont bien ou qui vont mal différemment sont traités comme des parias.
C’est exactement le même processus pour l’identité et l’orientation sexuelle. Les conséquences désastreuses d’un système aberrant et les personnes qui ne veulent pas (ou ne peuvent pas) rentrer dans le rang (quelles qu’en soient les raisons) sont réprimées. On a bien trop peur de reconnaître que les minorités et les « problèmes » d’identité sont une conséquence inévitable d’un système caricatural, criminel et réducteur. Il faut colmater toute brèche qui pourrait le remettre en cause et le faire s’écrouler. Les déviants et minorités sont donc sacrifiés sur l’autel de la perpétuation du système qui est pourtant la cause principale de leur existence !
Le pire est que la plupart des gens ont tellement bien intégré la norme qu’ils vont s’en prendre à eux-mêmes, à leur corps ou à leur psychisme, au lieu de se dégager des dogmes collectifs, de réfléchir sur leur identité et leurs choix, de faire la part des choses entre les conditionnements et leur véritable personnalité, etc... Je suppose que cette réflexion doit leur faire peur, ils ne veulent pas être davantage marginalisés et ne souhaitent surtout pas déboucher sur l’idée d’une révolution globale. Ils sentent bien que la remise en cause de la séparation des sexes touche aux mentalités profondes partout répandues, et que celles-ci sont les mêmes dans d’autres secteurs (relations, économie, politique...).
Par exemple, celles et ceux qui sentent que leur corps n’est pas en accord avec leur psychisme vont s’infliger des traitements psychiatriques ou hormonaux, des opérations chirurgicales (transsexuel(le)s).. Ils seront exclus, souvent contraints à se prostituer sexuellement car la prostitution salariée leur sera fermée. Les médecins et psys les considèrent souvent comme des malades (ils parlent de dysphorie de genre), alors que c’est la « société » qui est malade !
La plupart des homos et autres minorités ne se rendent même pas compte que leur simple existence met à bas un énorme pan du château de cartes social. Hélas, ils sont souvent aussi conformistes que les hétéros pur jus, et ne rêvent que d’avoir une place dans la « société » au lieu de s’efforcer de l’abattre. On n’est plus au temps du FHAR (Front Homosexuel d’Action Révolutionnaire) ou des Gouines Rouges. A présent, tout le monde ne rêve que de vie de couple et de famille bien peinarde. Le seul idéal est d’être comme tout le monde, de se fondre dans la masse. Ils veulent que leurs différences soient acceptées. Ils se considèrent comme une variante possible de la « société », rien de plus. Parfois, il subsiste des restes de provocation, mais ce n’est plus que du folklore à vocation ludique ou revendicative, pour se valoriser en tant que personnalité marginale et/ou obtenir des droits.
Les minorités sexuelles, tout comme les pauvres et les autres sortes d’exclus, auraient dû, plus que les autres du fait des discriminations dont elles sont victimes et des réalités révélées par leur condition, devenir le fer de lance de la révolution. Mais rien du tout, elles se rangent comme tout le monde et faillissent à leur « mission ». Leurs souffrances ne leur ont pas ouvert les yeux. Et il est illusoire d’en appeler encore à l’union des prolétaires et des damnés de la terre pour inventer une autre société, ils n’en sont pas plus capables que les autres.
En revanche, les normalisateurs, eux, ne s’y trompent pas, ils se rendent bien compte que les écarts aux normes de l’hétérosexualité et de l’identité de genre sont des germes de menaces pour le système qui les nourrit. Plus que la bête peur des différences, c’est la peur de voir s’effondrer leurs façons de penser et de vivre qui les poussent à s’acharner sur les minorités. Rongés par leurs haines irrationnelles, ils ne voient même pas que les déviants ne sont pas plus dissidents que les autres. Ils ont peur d’une contagion malgré tout, et quand il devient impossible d’étouffer les minorités, ils vont les intégrer et les banaliser. Les plus obtus des gardiens de la norme ne se rendent même pas compte que le meilleur moyen d’écarter le péril est d’accorder tous les droits réclamés par les minorités, qui pour la plupart ne demandent qu’à s’intégrer dans le grand merdier. Il suffit d’écarter les personnalités les plus virulentes, ou d’attendre qu’elles disparaissent, et de valoriser des homos présentables et bien gentils ou gentilles, qui ne vont pas dégueuler sur la famille et la séparation des sexes. C’est ce qui s’est fait, et les moutons sont toujours bien gardés par leurs clôtures mentales.
Les diverses minorités sexuelles ne voient pas plus loin que le bout de leur nez et se contrefoutent de la révolution. Elles se contentent d’affirmer leur identité et de réclamer des droits (plus que légitimes, la question n’est pas là), sans trop se rendre compte que leur prétendue « indignité » est fabriquée par un système auquel elles adhèrent à leur manière, comme les autres. Au lieu de faire exploser définitivement les genres et les séparations, elles se replient dans la masse en se créant de multiples niches identitaires. Souvent, de surcroît, les homos de type bidule détestent les homos de type truc, qui eux ne parlent pas aux homos de type machin. Et les filles restent avec les filles, les garçons avec les garçons, les bis se préoccupent surtout de prendre leur pied, et tout continue comme avant avec quelques variations dans les combinaisons.
Je ne vais pas reprocher aux homos et autres de s’être regroupés pour se serrer les coudes, réclamer des droits et se remonter le moral. C’est normal, en terrain hostile on pense d’abord à sa survie. Mais il est triste que tout ça soit rentré dans le rang, se réduise à du folklore et à des questions de simples goûts personnels, sans aucune visée révolutionnaire. Il est dommage que l’occasion n’ait pas été saisie pour mettre à bas un ordre social aberrant et criminel, pour rapprocher tous les êtres humains et en finir avec les genres et les exclusions. Il eut fallu que les militants débouchent sur d’autres exigences...
La notion d’orientation sexuelle est une absurdité. Il y a plus de différences entre des personnes du groupe fille qu’entre le groupe fille et le groupe garçon. Ce sont les personnes qui comptent, pas leurs organes génitaux ou la couleur de leur peau.
Sans le monstrueux dressage à la séparation des sexes, le terme « orientation sexuelle » n’aurait plus d’objet et les catégorisations qui sont liées à cette notion disparaîtraient. C’est la bipolarisation forcée qui entraîne des choix d’orientation sexuelle. Sans elle, on parlerait simplement de relations et de sexualité, quelles que soient les personnes en présence. Sans les énormes contraintes normatives, les personnalités seraient libres, pourraient s’affirmer et se découvriraient de multiples attirances et amours.
On peut comparer ça à l’apartheid des Noirs et des Blancs (ou des castes en Inde). Il était inconcevable que des individus de couleurs différentes puissent s’aimer et se marier. Chacun vivait séparément et les contrevenants étaient rejetés, traités comme des monstres. Si on lève les carcans, le café au lait devient courant.
L’orientation sexuelle est bien trop réductrice, on n’a pas à choisir entre telle ou telle catégorie de personnes. L’être humain n’a pas à s’orienter dans telle ou telle direction, en tournant le dos aux autres, pas plus qu’il ne doit jouer la girouette qui change tout le temps d’orientation suivant les vents de la mode. Il faut briser définitivement ce déterminisme, on devient alors libre, pas du tout dans la confusion, mais dans la clarté et l’ouverture à toutes les aventures. Notre boussole intérieure se moque complètement des polarisations sociales normatives et des champs magnétiques des lieux communs. Nos relations ne s’établissent plus en fonction d’a priori et d’orientations, mais d’après l’amour, les projets communs, les attirances spontanées... Elles peuvent alors s’établir indifféremment avec des vieilles, des jeunes, des filles, des garçons, des hermaphrodites, des foncées, des clairs...
Les normes relationnelles ont toujours cherché à se justifier. Elles ont plus de poids et sont mieux acceptées quand on leur trouve des fondements ayant l’apparence du sérieux.
On trouve trois catégories de justifications à l’identité de genre et à l’hétérosexualité :
Les sciences, la nature
Les dogmes dits religieux
Le psychologisme
5.1. les sciences et la nature
Des gens de toutes sortes, scientifiques ou non, disaient avec dédain (disent toujours parfois) que les homos étaient des bêtes (comme si les animaux étaient plus barbares que nous !), ou au contraire qu’il n’y avait pas d’homosexualité dans la saine nature (ce qui est faux).
Les normalisateurs ont tenté de se servir de la nature de deux manières opposées !
Soit les homos étaient mis au rang des bêtes sauvages, soumises à des instincts primaires et non civilisés (ce qui implique une vision spéciste, qui méprise les animaux)
Soit on prenait la nature comme modèle, pour dire que les animaux ne pratiquent qu’une saine hétérosexualité, et que l’humanité ne devrait pas s’écarter de cet exemple édifiant.
On sait bien à présent que ces deux justifications sont absurdes. Les homos ne sont pas plus barbares, arriérés et instinctuels que les autres, les animaux ne sont pas forcément plus barbares que les humains. Dans la nature, beaucoup d’espèces (et d’individus particuliers au sein des espèces) pratiquent l’homosexualité, de manière occasionnelle ou régulière. De plus, il existe des espèces hermaphrodites, d’autres qui changent de sexe au cours de leur vie. On trouve de tout.
Des scientifiques tentent toujours de démontrer que garçons et filles sont fondamentalement différents, et ce dès la naissance et hors les conditionnements sociaux. Ils tentent de s’appuyer sur les chromosomes ou sur le fait que les taux d’hormones différents influeraient les neurones du cerveau dans un sens homme ou femme. Nous avons vu au début de ce texte que les scientifiques objectifs réfutent ce genre de simplismes. Ils sont obligés de dire qu’ils ne peuvent rien affirmer, ni dans un sens ni dans l’autre, et ils reconnaissent que les choses sont très complexes et très imbriquées, qu’il est impossible de faire la part de l’inné et de l’acquis dans les comportements différenciés des garçons et des filles.
"On en est là. Sous notre calotte crânienne se cache une boîte noire, dont la complexité est telle qu’il est - pour le moment - impossible d’y démêler la part des gènes et celle de l’environnement, celle des hormones et celle de l’évolution. " Dans ce champ clos où s’affrontent pêle-mêle la passion, l’idéologie, la mauvaise foi, les fantasmes et les préjugés de toute nature, la nécessaire volonté d’objectivité que suppose la démarche scientifique paraît relever de la pure utopie", constate avec philosophie Jean-Louis Juan de Mendoza, professeur de neuropsychologie à l’université de Nice-Sophia Antipolis (Cerveau gauche, cerveau droit, Dominos/Flammarion, 1995)." Le Monde du 16-02-03, Catherine Vincent.
Déjà sur un plan physique, il existe des personnes ni mâles ni femelles, les hermaphrodites et les intersexués. Et pour les autres, les caractères femelles ou mâles sont plus ou moins accentués. Le sexe physique semble donc assez plastique, des injections d’hormones peuvent provoquer des modifications notoires.
Par le passé, des scientifiques se livraient à de vraies caricatures sexistes pour démontrer que les filles étaient naturellement inférieures, stupides, vouées au mariage et à l’élevage des enfants ou que l’homosexualité était une maladie ou une impossibilité. On n’en est plus là, mais les réflexes sont encore bien présents. Et je ne crois pas qu’à l’école on insiste sur la complexité et l’ambivalence des sexes. Ca m’étonnerait aussi que les élèves entendent beaucoup parler des diverses minorités sexuelles et qu’on organise des rencontres avec des homos, des trans, des hermaphrodites ou des bis... Il ne faut pas perturber ces pauvres enfants, et éviter qu’ils aient de mauvaises idées ou considèrent que les déviances n’en sont pas. Globalement, l’enseignement continu donc à propager l’archaïsme et l’ignorance. Et après on fait semblant de s’apitoyer sur le fait que les homos sont plus suicidaires que la moyenne, que l’homophobie et le machisme sont toujours présents.
Rappelons aussi que dans de nombreux pays, l’homosexualité fut considérée comme un crime, que les homos étaient jetés en prison, soumis à des « traitements » forcés. Il y a aussi eu la déportation par les nazis. Des pays sont toujours aussi barbares dans ce domaine...
De nos jours, les hermaphrodites et intersexués sont mutilés par milliers dès leur jeune âge sans qu’on leur demande leur avis. Les médecins affirment qu’il faut qu’on ait un sexe clairement défini pour être heureux !
Les justifications pseudo-scientifiques ont donc fait beaucoup de mal dans ce domaine, et ce n’est pas fini. La science est considérée comme la seule référence solide, alors on s’efforce encore de la triturer pour lui faire confirmer les normes sociales. Et on se garde bien de mettre en avant les chercheuses trop nuancées.
5.2.Les dogmes dits religieux
Toutes les grandes religions condamnent l’homosexualité et sacralisent les notions d’hommes et de femmes, voués à la famille hétérosexuelle et à la procréation.
Islam, Judaïsme et Christianisme (en tout cas les courants « officiels ») sont d’accord, il faut avoir une identité d’homme ou de femme, et la sexualité normale est hétérosexuelle. Tout le reste est considéré comme des abominations. Selon les pays et les périodes, les « déviants » sont plus ou moins pourchassés et maltraités. Le bûcher ou la prison furent utilisés pour normaliser la « société ».
En Occident, la plupart des minorités sexuelles sont maintenant à peu près tolérées par les religions (pour ce qui est des relations mettant en jeu des enfants, ce n’est pas le cas), mais les « déviants » sont considérés comme des vicieux volontaires, des malades ou des infirmes, ou à la rigueur comme des personnes ayant à subir une épreuve particulière durant leur vie. L’Eglise catholique recommande aux homos de ne pas vivre leurs tendances, d’essayer de mener une vie d’abstinence pour ne pas pécher en acte.
Le schéma est à peu près le même pour le Bouddhisme et ses variantes. Et même les mouvements qui s’efforcent de conjuguer foi et transformation sociale radicale en parlant de tout changer ne semblent pas remettre en cause la famille, les genres, l’hétérosexualité... Ca vaut aussi pour la plupart des mouvements de gauche, plus ou moins athées, même si certains se sont ouverts à l’homosexualité et au féminisme.
Pour les religions officielles, Dieu a créé l’homme et la femme, deux êtres bien distincts ayant une mission spécifique à remplir. Leur rôle (hors vocations particulières de type monastique ou sacerdotal) est de se marier, d’être fidèle, de faire des enfants pour perpétuer l’espèce humaine et la juste foi.
La femme et l’homme sont dits à l’image de Dieu, ils sont faits l’un pour l’autre, et leur mission sacrée est de fonder une famille. De plus, on trouve généralement l’image de Dieu père, masculin, plus rarement celle de Dieu féminin. La domination des mâles se projette jusque dans les cieux ! Parfois, on a essayé de rectifier le tir, mais, dans le passé, on évoquait un Dieu guerrier, autoritaire et brutal. Le Christ a quand même changé un peu la donne pour ce qui concerne les chrétiens, mais l’Eglise s’empresse toujours d’étouffer ce qui vraiment subversif (comme le mouvement autour de la Théologie de la Libération).
En fait, ces dogmes viennent de loin, ils sont antérieurs aux grandes religions. Elles les ont simplement repris à leur sauce, en faisant dire à Dieu n’importe quoi. Ces préceptes « religieux » sacralisent les mœurs préhumaines. Pour régner et se développer, les religions ne peuvent pas trop s’opposer aux habitudes et mentalités préhumaines, sinon elles n’auraient pas eu beaucoup de fidèles. Elles se contentent donc de les canaliser selon leurs objectifs, en leur donnant un vernis et une réglementation « morale ». Souvent, elles en en ont même rajouté dans l’horreur et la répression.
En plus des massacres de déviants (homos, hermaphrodites), on a vu le renforcement de la domination des femmes et la sacralisation d’un patriarcat brutal. Tout ceci s’accompagnant souvent d’un rejet du corps et de la sexualité, considérés comme impurs et dangereux dès qu’ils s’écartent des chemins balisés. Les filles sont encore souvent vues comme des tentatrices, des démons et des inférieures par « nature ». Le Coran nous dit clairement que la femme doit être soumise à son mari, et son mari à Dieu (il doit y avoir le même genre de truc dans l’Ancien Testament). Et chez les juifs ou les chrétiens, on trouve des extrémistes sexistes qui traitent les filles en quasi-esclaves.
Bref, version soft ou dure, les religions établies ont toutes renforcé le patriarcat, la famille, le couple exclusif et hétérosexuel, la séparation des sexes et le rejet des minorités. Elles ont souvent été encore plus arriérées et brutales que le reste de la préhumanité. Leur vision des sexes, complètement archaïque, ignore totalement l’ambivalence psychique et physique. Du fait de leur ancienneté et de leur grande influence morale, elles ont fait beaucoup plus de dégâts que les sciences. Leurs dogmes, incrustés dans les consciences, ont figé le concept d’homme et de femme dans le marbre. Impossible d’échapper au moule, qu’on soit athée ou croyant fervent.
Dans ce domaine comme dans les autres, les religions ont failli à leur mission de transformation du monde. Elles ont trahi Dieu et les humains en justifiant et renforçant les archaïsmes préhumains, et sont finalement devenues des institutions préhumaines parmi d’autres. Elles ont même souvent été les institutions les plus influentes.
Au lieu de libérer les humains en les tirant vers l’amour et la fraternité universels, elles ont validé les habitudes barbares en les encadrant dans un carcan pseudo-moral soi-disant destiné à les purifier et sublimer. Mais on ne peut pas transfigurer les gens en les mettant dans un carcan, surtout s’ils ne veulent pas évoluer !
Résultat, les dogmes n’ont fait qu’aggraver et renforcer l’arriération. Le jus a fermenté et a souvent donné des extrémismes et des horreurs. Même dans les périodes soft, frustrations, explosions de haine, violences, débauches, exclusions sont présentes et exercent leurs ravages. Dans la pratique, la pureté religieuse et la fidélité aux dogmes ne sont souvent que de façade. Les couples se détestent, se trompent, s’entretuent... La macération dans les prisons relationnelles a produit de sacrés poisons ! (lire Mauriac ou voir les films de Bunuel ou Chabrol) Et on continue hypocritement à nous vendre la famille et l’hétérosexualité. Les apparences sont sauves et la « civilisation » progresse.
Les religions sont toutes passées à côté de la plaque. Leur vision de l’être humain et de ses relations est simpliste, néfaste et immorale. Elles ignorent que chaque personne est à la fois homme et femme, qu’on peut aimer sérieusement plusieurs personnes en parallèle (et sur tous les plans), que l’amour se moque de l’âge, du sexe et des liens de parenté. L’immoralité n’est pas liée aux types de personnes en présence ou aux types de pratiques sensuelles-sexuelles qu’elles mettent en œuvre. Est morale toute relation fondée sur le respect mutuel, la sincérité et l’absence de contraintes (même s’il n’y a pas de véritable amour). Est immorale toute relation fondée sur le mensonge, la contrainte, la manipulation... Ainsi, si elle correspond à la première définition, une relation incestueuse et sexuelle entre une petite fille et sa mère est morale. Tandis qu’une relation sexuelle dans la position standard du missionnaire entre une fille et un garçon adultes et du même âge qui n’ont de rapports sexuels que pour avoir des enfants, qui ne s’aiment pas et ont été mariés sous la contrainte de la tradition, est parfaitement immorale. Le sexe n’est pas immoral en lui-même ou en fonction de l’âge ou de la couleur du capitaine. Toute pratique sensuelle-sexuelle qui répond à la définition citée plus haut est morale et ne va pas à l’encontre de la foi, de Dieu ou de l’humanité.
Ce qui est regrettable, c’est la pratique du sexe par hédonisme pur, qui deviendrait alors une drogue comme une autre. Mais il ne s’agit toujours pas d’immoralité pure, mais de problèmes personnels, de fuite, d’étourdissement... qui peuvent se vivre de multiples manières : alcool, cannabis, passion du jeu, défonce au travail, fuite dans les distractions culturelles ou le militantisme exacerbé... La sexualité n’est pas pire que le reste. Comme toute activité humaine, elle peut être vécue de manière immorale ou être utilisée comme une drogue ou un substitut à l’engagement dans la vie, mais il n’y a rien d’automatique et le sexe n’est pas une catégorie à part à traiter avec la plus grande prudence et à enfermer dans des citadelles secrètes et sous surveillance.
Evidemment, comme la plupart des préhumains se savent immoraux, ils ont été obligés de se fabriquer des tas de tabous et de barrières pour que leurs systèmes aient l’apparence de « sociétés ». Ils ont construit une moralité simpliste et fausse bâtie sur la catégorisation dogmatique des personnes et des comportements. Etant incapables d’une moralité intérieure, solide et personnelle, ils ont défini à l’extérieur d’eux les pratiques qu’il convient de qualifier de morales ou pas. C’est la loi, la religion, les sages, les textes dits sacrés qui définissent la morale car les personnes ne veulent pas devenir morales et ne veulent pas s’embarrasser des multiples choix de conscience. Ainsi, on peut dire que plus une « société » préhumaine édicte de règles « morales » (qu’elles soient d’essences religieuses ou laïques), plus on peut être sûr que les membres de cette « société » sont immoraux et barbares. Moins on est sûr de soi et de sa moralité, plus on se raccroche à des préceptes moraux clés en main, plus on rejette les pratiques jugées hétérodoxes, plus on est un intégriste de la pseudo-pureté. Moins on est libre et ouvert, plus on veut enfermer les autres.
La sacralisation de la famille et la réglementation de la sexualité est pire que de laisser les désirs et les plaisirs vivre leur vie, même dans le contexte préhumain. Toute innocence, spontanéité et liberté est étouffée à petit feu (ou à grand feu pour celles qui passaient au bûcher) sous le poids des conventions et des traditions. Bien sûr, les sociétés primitives avaient aussi leurs dogmes et leurs horreurs, mais la liberté y était, semble-t-il, un peu moins écrasée que sous l’emprise des grandes religions et de leurs relais familiaux.
En Occident, depuis 68, on sort un peu du carcan religieux et patriarcal, mais généralement c’est pour tomber dans la superficialité, la marchandisation, la consommation, le commerce relationnel, ce qui n’est pas mieux et ressemble à un autre genre de prison. Le règne du corps objet et l’érotisme de supermarché ne libèrent pas plus que le mariage catholique traditionnel. La libération sexuelle et relationnelle n’a en fait pas eu lieu. Certes, les homos sont parfois un peu mieux tolérés, on peut coucher hors mariage, divorcer, avoir amants et maîtresses en culpabilisant moins. Et alors ? Le sexisme est toujours présent, les gens sont toujours esclaves d’instincts et d’habitudes, de la séparation femme/homme, jeunes/adultes/vieux. On communique et on s’éclate, on a des aventures, mais on est toujours aussi seul. La famille, même si elle se désagrège et se recompose, est toujours la valeur refuge, le piège gluant qui vous transforme en mort-vivant en vous attirant avec de la guimauve et en jouant sur les manques affectifs et l’insécurité économique. Les humains ont rallongé leur laisse, mais reviennent toujours à la niche.
Qu’on soit esclave de carcans moraux aberrants ou de la dureté de la loi de l’offre et de la demande, ça ne change pas grand-chose. On ne fait que changer d’auto-oppression, les problèmes de fond demeurent inamovibles, la confusion générale continue de plus belle.
Au moins, les religions ont le mérite d’attirer l’attention sur le sens des relations, sur l’importance du respect mutuel, de l’engagement et de la fidélité. Ces notions sont importantes, elles sont transposables dans le Projet en les débarrassant des miasmes préhumains.
En effet, il est très souhaitable que les relations aient du sens. On s’efforce alors de découvrir d’autres personnes (et soi-même) et de faire des choses avec elles, il ne s’agit pas simplement de plaisir et de réconfort pour lutter contre la solitude et satisfaire des besoins (légitimes) de chaleur humaine. Quel que soit le type de relation, le respect et la sincérité sont essentiels. Les autres ne sont pas des objets ou des défouloirs, des trophées à séduire et conquérir. Le but de la vie n’est pas de se constituer le plus grand tableau de chasse, en alignant les têtes de filles ou de garçons.
L’engagement et la fidélité peuvent se vivre à plusieurs dans une communauté, ce qui n’interdit pas d’autres formes de relations.
Et puis il n’y a pas que la communion sexuelle ou intellectuelle, la relation idéale doit viser aussi, et d’abord, une communion et une entraide spirituelle. Chaque autre personne est un univers miniature, un miroir et une facette de l’Absolu, une porte vers Dieu.
Une relation nous fait toucher le mystère de Dieu et du monde. Elle a beau se vivre entre deux humains, deux êtres de même nature, il faut toutes les ressources de l’Amour pour surmonter les singularités et les peurs. Ce sont deux univers étrangers et uniques qui s’unissent. Même si on reste sur le plan humain, on peut faire une analogie entre cette union et la relation avec Dieu. Grâce à l’Amour, la relation est possible entre Dieu et les personnes malgré la différence de nature. Idem entre deux personnes malgré des différences énormes.
Disons qu’une relation profonde entre deux personnes n’est possible que quand toutes deux communient en Dieu. Elles se retrouvent sur un fond commun. On a beau être des créatures composées de la même matière, on est toutes tellement différentes qu’il faut communier à travers Dieu pour enfin traverser des univers psychiques mystérieux et solitaires.
La relation est en quelque sorte l’amour de Dieu qui se rencontre lui-même par le biais de deux créatures. Ce qui ne veut pas dire qu’on n’est pas des individus à part entière, libres et indépendants. Le but n’est pas de disparaître en Dieu et de s’annihiler dans le grand Tout, mais de faire communier et collaborer des univers individuels par le biais de l’amour universel. Cette communion n’est pas dissolution, mais intensification et multiplication d’une infinité de foyers d’amour. Une sorte de brasier d’amour sans fin, qui ne ferait que s’étendre et croître en intensité, sans jamais cesser de brûler. Dieu n’a pas seulement créé l’univers avec ses planètes et ses étoiles. Il a donné la possibilité à des créatures de naître et d’évoluer. Chaque créature est un univers unique, une vision, un point de vue particulier sur le monde. Le monde ne peut évoluer et se construire que par la rencontre et l’amour entre toutes les créatures. Chaque être n’est qu’une brique, mais une brique essentielle, représentant à la fois le tout et une partie du tout. Des briques isolées et en guerre ne peuvent rien construire.
De fait, on voit dans la préhumanité qu’on se jette des pavés à la figure en permanence ou que les briques se cassent les unes les autres, bâtissent des forteresses ou des murs. Ce qui est contraire aux missions individuelles. En reniant Dieu, c’est-à-dire elles-mêmes, les briques de l’univers, les créatures uniques, ne peuvent que se désagréger en se cognant les unes aux autres, en s’épuisant à bâtir des œuvres instables, car posées sur de mauvaises fondations et édifiées selon des plans plus ou moins tordus. Des châteaux de carte qui s’effondrent au moindre soubresaut de l’histoire. Et tout ce qu’elles construiront deviendra les murs d’un vaste cimetière de poussières. Les créatures sont plus que des briques, elles devraient être, avec Dieu, les co-architectes de l’univers.
L’amour véritable entre les créatures ne construit pas un camp totalitaire mondial, mais une œuvre harmonieuse, ouverte et libre, en perpétuels travaux, qui n’écrase et n’oublie personne (animaux ou humains). Chacun, avec, par et grâce à sa liberté concourt à sa manière à l’ensemble.
Les religions parlent d’amour universel alors qu’elles sont un des agents majeurs de son étouffement. En renforçant la barrière des sexes et le réductionnisme réglementé de la famille, elles ont contribué à maintenir les frictions et incompréhensions entre créatures. Sans parler du spécisme, des guerres de religions, du rejet ou de l’extermination des originaux ou contestataires.
Qu’est-ce que c’est que cet amour conjugal, qui génère tant de souffrances, qui explose de toutes parts et qui ne se maintient que par la pression de dogmes oppressifs, qui ignore les possibilités humaines et détruit les personnalités originales pour garantir la reproduction d’un ordre social aberrant ?
C’est comme si on emballait des briques différentes dans un paquet cadeau normalisé, pour qu’elles puissent s’assembler de force avec d’autres. Mais ça ne marche pas : les briques étouffent et la construction finit par s’écrouler. L’emballage ne peut gommer les différences et forcer des emboîtements inappropriés et refusés au fond. Les emballages se déchirent et laissent apparaître des briques à nu, qui se défendent becs et ongles contre les autres (qu’elles soient agressées ou pas), en cherchant à se cacher sous d’autres emballages, sous des carapaces de plus en plus étanches.
Le défi consiste à construire un palais somptueux et en perpétuelle évolution, à partir de matériaux très hétéroclites. La tentation est bien sûr de faire du « légo » avec des briques toutes pareilles, bien calibrées et prévisibles. Seulement, le résultat sera très médiocre. La mocheté, la froideur et l’uniformité de la plupart des bâtiments préhumains reflètent les ruines intérieures. Comparez les constructions de Gaudi en Espagne avec les barres d’immeubles ordinaires...
L’amour, les relations qui ont du sens, faites de respect et d’engagement ne peuvent venir de contraintes extérieures, qu’elles soient « religieuses » ou sociales. C’est chaque individu qui doit librement s’efforcer d’être rigoureux et de suivre une morale universelle qui vient de l’intérieur, et donc de Dieu. La société est un support, une aide et une projection, le lieu d’une rencontre entre l’invisible et le monde. L’évolution des créatures et la spiritualisation de la matière permettent de rendre visible, palpable, l’amour. La société devrait être la matrice de l’amour, pas un carcan ou le lieu d’un bonheur totalitaire, pas un monde insensé livré au hasard et au déterminisme, à la compétition et à l’installation égoïste.
5.3. Le psychologisme
Le monde psy tend à se faire passer pour scientifique et généralisable, alors qu’il étudie des êtres humains uniques et à chaque fois particuliers. Contrairement à la physique ou à la biologie, il n’y a pas d’objets à mesurer et les expériences ne peuvent être renouvelées. Une même personne dans une même situation peut réagir différemment, la liberté intervient. Par la mise à jour de processus psychologiques communs à l’humanité, la psychanalyse prétend décrypter des individus et indiquer quelles seraient l’identité et l’orientation sexuelle normale.
La plupart des psys ne se contentent pas d’une intervention pragmatique et dénuée de tout jugement qui vise à aider des personnes en difficulté. Ils vont analyser les problèmes et orienter les gens en fonction de leur grille de normalité. Il ne s’agit pas d’aider les personnes à devenir elles-mêmes, mais de les faire rentrer dans le rang en éliminant les aspérités, sources de conflits.
Le secteur psy, à part quelques exceptions individuelles, justifie et recommande la famille fondée autour d’un couple hétérosexuel.
Les psys affirment que les archétypes psychologiques qu’ils observent sont consubstantiels de la personne humaine. Pour eux, les différences physiques entre mâles et femelles sont déterminantes et doivent être transposées au plan psychologique. Les parents, en l’occurrence un homme et une femme, deviennent alors le principal vecteur du bon développement de l’identité de leurs enfants. Ils disent que les jeunes ont absolument besoin de s’identifier à un des deux modèles, homme ou femme, pour devenir équilibrés et normaux. La confusion, le non-choix ou l’inversion des rôles sont pour eux source de problèmes et doivent être écartés. Les homos, bi, trans... seraient donc tous des malades, des immatures, des inachevés, des victimes de mauvais parents et d’erreurs de la nature ! Si vous vous écartez de la norme, ce n’est pas parce que vous êtes comme ça et que c’est très bien, c’est parce que vous avez subi un traumatisme quelconque ou mal résolu un conflit. C’est forcément vous qui êtes aberrant, pas la « société ». Les événements qui symbolisent ou révèlent les personnalités sont considérés comme les causes, tout est « matérialisé ». De nos jours, on trouve encore des tas de psys qui affirment que des enfants élevés par des couples homos (et a fortiori par une vraie communauté) risquent d’avoir des difficultés à s’épanouir.
Pour les psys, la personnalité ne peut pleinement se construire que si elle adopte l’identité femme ou homme correspondant à son sexe physique. Le père et la mère, par leurs différences physiques et les rôles différents qu’ils jouent, seraient les modèles que doivent suivre les jeunes pour se reconnaître et se construire. La première étape d’une vie réussie et solide serait donc la reconnaissance d’une dualité correspondant aux organes génitaux, le reste suit.
Les représentants des minorités sexuelles deviennent des déviants pervers volontaires, des malades ou de simples ratés d’un système forcément imparfait.
L’ennui, c’est que la norme psy ordinaire est fausse, ou plutôt qu’elle simplifie et répercute une réalité sociale aberrante et fabriquée.
L’escroquerie porte sur deux niveaux :
On a déjà vu que l’être humain ne se réduit pas à son sexe ou à des rôles sociaux, et que sa personnalité n’a pas à se calquer sur des moules pour grandir. Les parents ne servent pas à l’identification de rôles sexués, ils aident les jeunes à prendre conscience de leurs singularités et virtualités. Pour ce faire, il faut surtout de l’amour et de l’intelligence, peu importe que les parents soient composés de deux filles, deux garçons, deux filles et un garçon ou une communauté de dix personnes. D’ailleurs, la stimulation sera plus riche avec dix parents qu’avec un couple. Au lieu de focaliser les enfants sur la bonne résolution de leur Œdipe et l’adoption du rôle homme ou femme, on ferait mieux de leur faire connaître des tas de personnes différentes. Ce n’est pas la guerre des sexes qui va les faire s’épanouir.
D’ailleurs, on trouve certains psys qui disent que, en l’absence des conditionnements sociaux, la bisexualité devrait se généraliser. On voit bien que seule la sexualité et l’identité utiles au système social en place sont développées.
En fait, le monde psy ne fait qu’enregistrer, entériner et théoriser des normes sociales coercitives et millénaires. Il observe effectivement des bipolarisations sexuelles, des orientations, une identité sexuelle, des familles avec des rôles figés de père et de mère. C’est la réalité de la préhumanité. Seulement, au lieu de simplement dire : « c’est comme ça que ça se passe dans nos sociétés, mais ça pourrait se passer tout autrement », elle reste prisonnière des schèmes de pensée et dit : « ce qu’on peut observer est la norme absolue et obligatoire, il n’est pas possible, étant donné les structures psychiques, de faire autrement. Les prétendues autres voies sont au rabais, c’est du ratage, de la perversion ou de la régression ».
D’instrument d’observation parmi d’autres, elle devient instrument de normalisation doté d’une auréole pseudo-scientifique qui appuie les dominations sociales et la séparation dramatique entre personnes. La psychanalyse renforce l’ordre mâle et hétérosexuel, elle justifie cet abominable crime contre l’humanité qu’est la castration psychique que s’imposent les humains pour soi-disant devenir normaux. Et la plupart des homos, bis, transsexuelles et autres restent prisonniers de ces habitudes de pensée, même s’ils font des choix scandaleux pour les bien-pensants. En fait, ces choix s’inscrivent toujours, même s’ils s’imaginent s’en libérer, dans le cadre de la grande norme englobante. Les homos ont opté pour une catégorie exclusivement, tout comme les hétéros. Les bis sont hésitants et ne remettent pas en cause l’ordre social, à part quelques uns qui veulent abattre la séparation des sexes et tout ce qui va avec. Les transsexuelles optent pour des opérations et/ou médications pour changer de sexe. Bien peu arrivent à être vraiment libres.
La psychanalyse, telle qu’elle est pratiquée, n’offre guère de clés pour comprendre l’humanité, elle ne fait que reproduire les structures de domination et de mutilation. Mais peut-être est-ce plus la faute des psychanalystes que de la psychanalyse. Comme dans les sciences de la vie ou de la matière, les données brutes sont tout de suite réinterprétées et orientées en fonction des préjugés, présupposés et conditionnements du scientifique. Tout comme les religions, les doctrines sont tordues dans le sens des normes préhumaines.
Il n’empêche que même pratiquée sans préjugés, on peut s’interroger sur l’utilité de la psychanalyse. Elle ne fait qu’observer des faits superficiels et donner des interprétations par rapport au vécu des gens. On sait, nous, que l’Astrologie permet d’aller beaucoup plus loin dans la compréhension des personnes, et de manière beaucoup plus dynamique et positive. On peut craindre que la psychanalyse ne puisse que brasser de l’air, inventer l’eau chaude, et engendrer piétinement et blocages. Au lieu d’aller de l’avant, on risquerait de tourner en rond, de ressasser. De plus, la psy tend à vouloir éliminer tensions et conflits, à stériliser et aplanir. Alors qu’on sait, avec l’Astrologie, que tout est utile et important, qu’au lieu d’éliminer on doit sublimer par l’action et le dépassement.
Au mieux, la psychanalyse peut enregistrer les faits de la surface du psychisme, sans rien comprendre en profondeur et surtout sans savoir ce qu’il faut en faire. Peut-être que ça peut aider certaines personnes dans des cas difficiles ?
Au pire, du fait de l’alignement des praticiens et des patients aux normes en vigueur, elle agit comme une redoutable camisole psychique au service de la société dans laquelle elle s’inscrit.
Ca nous fait une belle jambe de savoir qu’on a été traumatisé dans la petite enfance, si on n’en connaît pas le sens ni ce qu’on doit en faire. La psychanalyse dégage quelques briques grossières sans avoir de plan de montage, alors elle va assembler tout ça selon les cases simplistes du système : les garçons avec les garçons, les filles avec les filles, etc. Son rôle revient à faire rentrer les gens dans les moules sociaux et à présenter ces carcans comme naturels et bons.
En définitive, la psy officielle (là comme ailleurs, on trouve des dissidents) est très néfaste pour l’humain :
La psychanalyse classique est un des plus pervers et des plus puissants moyens de normalisation puisqu’elle présente ses analyses comme « absolues » et scientifiques, et parce qu’elle s’attaque aux structures de la personnalité. Son action délétère renforce le carcan psychique préhumain, elle est plus efficace que les prisons en béton et la propagande d’Etat. Sa « pacification » des personnes fait penser à ces gens qui deviennent très calmes et obéissants une fois qu’on les a gavés de « médicaments » et enserrés dans une camisole de force.
Son influence et sa nocivité sont aussi grandes que celles des religions officielles. La couleur change, camisole psy ou camisole pseudo-religieuse, mais la fonction est la même.
Conclusion sur le problème des normes
Nos relations et nos personnalités doivent être libres par rapport aux carcans que les préhommes soutirent des sciences, des religions, des habitudes sociales, du psychologisme ou des nécessités « naturelles ». Les particularités de la reproduction biologique n’imposent aucun modèle social en particulier. Une société entièrement homosexuelle ou composée de communautés est tout autant envisageable que la norme hétérosexuelle.
Pour canaliser et tempérer leurs violences et instincts de domination, les préhommes ont absolument besoin de s’imposer des cadres rigides et contraignants. Sinon, leurs « sociétés » seraient dévorées en permanence par des violences trop incontrôlables et ne pourraient pas se maintenir en place. Evidemment, ces normes sont à l’image de leurs mentalités et de leurs systèmes sociaux : aberrantes. Elles sont oppressives et détruisent les singularités au profit d’une uniformité masquée par la multiplication des panoplies de la mode.
Les carcans relationnels et identitaires, tout comme l’Etat, la police et la justice sont absolument nécessaires à la préhumanité, ils y sont liés de manière indestructible.
La séparation homme/femme et le patriarcat hétérosexuel sont le système le plus courant, il peut en exister d’autres, ça ne change rien au problème.
Tous les gauchistes qui veulent abolir les carcans du domaine relationnel (ou politique, économique, social...) sans sortir de la préhumanité, n’obtiendront jamais de résultats. Soit ils remplaceront d’emblée un carcan par un autre, soit ils laissent les gens totalement libres. Dans le premier cas, rien n’a changé ! Dans le deuxième, les violences et instincts préhumains vont forcément reprendre de la vigueur, et on aboutira alors à un état de conflits permanents ingérables ou à la restauration de normes, les bonnes volontés initiales n’y pourront rien. De plus, les autres démons : argent, propriété, compétition... finissent toujours par reprendre le dessus, et poussent eux-aussi à la fabrication de nouveaux carcans ou à la restauration des anciens.
C’est ce qui s’est passé au début des révolutions russes et cubaines, ou en 68. Après une brève période d’euphorie, de liberté, de tolérance et d’ouverture -union libre, homosexualité admise...- on en revient très vite à la violence, à la répression et aux vieilles habitudes. Il reste parfois quelques scories, mais qui ne changent rien à la masse. En URSS, après 1917, les « dirigeants » ont tenté la révolution des mœurs, mais ils se sont heurtés à la résistance des gens, avant de virer leur cuti.
Quand on nie la liberté des humains, on s’imagine que la disparition de structures aberrantes ou leur remplacement par d’autres supposées meilleures peuvent permettre de retrouver la « bonté naturelle » de l’humain, ou en tout cas lui faire prendre le dessus. Sans transformation spirituelle individuelle, la libération des personnes est impossible. En refusant Dieu et un Projet universel, on ne peut pas changer le monde, même si on est nombreux, que la critique est juste et qu’on peut abolir toutes les institutions oppressives existantes. Tant que l’arriération et la violence des créatures appellent des structures oppressives, on n’avancera pas.
L’amour, le respect, la communion, le sens doivent venir d’une conversion intérieure, d’une communion avec Dieu. Au lieu d’imposer des carcans extérieurs, on aurait alors l’adhésion intérieure et libre à une morale. Pas un nouveau carcan, mais une direction et la reconnaissance de principes universels, qui permettent la communion et l’amour, grâce et avec la magnification et le respect de chaque être. La morale ne peut pas se décréter ou s’imposer de l’extérieur, c’est à chaque personne de la découvrir et de la vivre.
Parallèlement, l’instauration de règles est possible, qui se borneraient à refléter, symboliser et accompagner le processus d’évolution individuel et collectif. Pas des lois oppressives, mais une matérialisation des choix moraux volontaires et une incitation à la perfection.
Au lieu de l’intériorisation de carcans extérieurs destinés à contenir la barbarie et de fait, à étouffer les individualités, on aurait la concrétisation de règles issues d’une vie spirituelle intérieure et destinées à harmoniser le collectif en épanouissant l’individuel-unique. Les choses s’inversent, au lieu de l’oppression des personnes par le collectif, du fait de l’addition des barbaries individuelles, on passe à la transformation collective grâce à la libération individuelle spirituelle. Le collectif devient à la fois le « reflet » et un des moteurs de l’évolution individuelle. Individuel et collectif s’incitent mutuellement à l’évolution et à la liberté.
Actuellement, les échanges entre individuel et collectif renforcent l’oppression générale. Les mentalités individuelles nourrissent et justifient des institutions barbares, lesquelles institutions étouffent en retour davantage les individus et les tirent vers le bas.
En sortant de la préhumanité, on aurait au contraire une dynamique féconde, une interaction entre les deux pôles qui entraînerait leur évolution mutuelle et parallèle en exaltant leur liberté et leur ouverture.
Dans nos « sociétés », on entretient la confusion et l’erreur pour les notions qui tournent autour de l’identité sexuée. On donne une grande importance au sexe physique, à la filiation et à la reproduction biologique. On crée les hommes et les femmes en disant que les mâles doivent avoir un caractère à dominante masculine et les femelles un caractère à dominante féminine. On invente l’idée d’identité et d’orientation sexuelle en les calquant sur la séparation génitale. Mais tout ceci est aberrant et ne correspond pas à ce qu’est une personne humaine.
Tout d’abord, le caractère physique-physiologique femelle ou mâle n’est pas aussi tranché qu’on veut le croire, on observe des êtres qui vont du plus mâle au plus femelle, surtout sur un plan hormonal. Les enfants se foutent d’avoir les gènes de leurs parents, du moment qu’on s’occupe bien d’eux.
Ensuite, la répartition de la féminité et de la masculinité, en tant que caractéristiques psychologiques, se moque totalement du sexe physique des gens. L’observation courante (en écartant les stéréotypes dus aux conditionnements) et la pratique de l’Astrologie montrent que tous les cas sont possibles : quantité de garçons ont un caractère très féminin, quantité de filles ont un caractère très masculin. L’individualité prime sur les différences anatomiques, elle est indépendante des gènes ou des hormones.
Pour finir, les notions d’identité et d’orientation sexuelle n’ont aucun sens et sont néfastes. Ses déviations existent parce que sont inculquées préalablement les normes de la séparation des sexes et des relations simplifiées. D’autre part, chaque identité est unique, spécifique et complexe. Les singularités individuelles doivent s’épanouir librement et activement, il n’est pas question qu’elles se soumettent à des quelconques moules de femmes ou d’hommes ou d’autres choses. L’école ou les « guignoleries » du « développement personnel » parlent bien de mise en valeur des personnalités, mais il faut avoir adhéré aux carcans et aux grandes directions de la « société ». On adore les petites touches personnelles qui apportent un peu d’inattendu folklorique, qui augmentent la compétitivité et l’attractivité du produit. On aime la petite cerise originale sur le gâteau industriel préemballé, ça valorise la marchandise, comme les séries limitées de la nouvelle voiture avec ses super gadgets personnalisés. Mais pas question de tolérer celles et ceux qui veulent utiliser des recettes de leur cru, qui ne veulent pas fabriquer de gâteau ou pire, qui veulent briser la machine et ses moules, et envoyer paître les gentils pâtissiers en blouse blanche qui veulent tellement oeuvrer pour notre bonne santé mentale...
Toutes ces confusions et déformations de la réalité permettent aux normes de s’épanouir sans problèmes, elles paraissent si « naturelles « et intégrées qu’on ne les remarque plus depuis longtemps.
Les normes oppressives, qu’il s’agisse de l’hétérosexualité patriarcale ou d’autres, sont constitutives de la préhumanité, elle ne peut pas s’en passer (même quand elle essaye).
# Les normes d’identité de genre et d’orientation sexuelle sont là pour contenir et canaliser violences et pulsions dominatrices. Elles permettent à la barbarie générale de se polariser et de s’ordonner un minimum de manière à ce que la reproduction sociale et biologique ait lieu. La bipolarité sexuelle crée une aimantation qui favorise les relations en permettant de surmonter le manque d’amour et de communion. Les « courants » spirituels sont remplacés par une espèce de courant alternatif. Tant pis pour les court jus ou les électrocutions, du moment que le marché des échanges relationnels tourne. Comme toujours, les exceptions ne changent rien à la norme moyenne.
# Les individus supportent mieux les systèmes totalitaires qui les dévorent s’ils ont l’habitude de l’asservissement et de l’auto-asservissement. Les camisoles psychiques et la destruction précoce des personnalités complexes et ambivalentes permettent d’obtenir des clones fragiles, qu’il est plus facile d’exploiter et manipuler par la suite. Il faut diviser pour régner : la guerre des sexes est un bon début, en attendant les clases d’âges, les classes sociales, les idées racistes ou nationalistes, les haines « religieuses » ou politiques... et la guerre avec missiles.
Les préhommes préfèrent des choses simples et reproductibles, peu importe qu’elles soient fausses. L’apartheid de l’ordre sexué à développement séparé est un élément fondateur de la préhumanité. Les artifices superficiels de mixité, de parité ou de féminisme standard ne font que le renforcer. Cet apartheid est le premier acte majeur de répression normalisatrice posé par la « société », avant même la répression de la spiritualité, de la sensibilité ou de la sexualité, la séparation en classes sociales ou autres groupes culturels. Cette action est très grave, elle compromet d’entrée le bon épanouissement des personnes et leur bonne entente. Il faut contaminer, asservir et rendre dépendants au plus tôt les futurs membres de la grande « secte sociétale » (expression de Denis Duclos dans le Monde Diplomatique), pas question qu’ils s’échappent.
La seule autre norme, aussi précoce et unanimement partagée, est le spécisme, c’est-à-dire le fait de considérer les animaux comme des êtres inférieurs, des objets corvéables et massacrables à merci. Le spécisme et la fabrication de l’identité de genre sont des abominations caricaturales qui permettent de saisir de manière spectaculaire l’atroce cohérence de la préhumanité. La face monstrueuse de l’hydre, si habile aux maquillages, est mise à nu.
Les normes sexuelles et la séparation des sexes font partie du vieux fonds préhumain, elles viennent de loin. Au cours de l’histoire, divers procédés les ont renforcées et justifiées. On a utilisé à cet effet la religion, la nature et les sciences, et le monde psy. Ces grands courants ont tous aggravé la répression des personnes et incrusté la standardisation sociale. Ils présentent les prisons sociales et les mutilations psychiques comme normales, naturelles, obligatoires, saines, divines... et donnent des armes aux normalisateurs doux ou brutaux. En fait, ils ne font que constater les effets de normes et d’habitudes millénaires en disant que c’est comme ça que ça doit être. Les effets de la norme préhumaine deviennent la norme universelle incontournable. Il suffit de tronquer et édulcorer la réalité, en écartant tous les cas gênants.
Et on aboutit à la famille hétérosexuelle moderne, summum du vice, de la nocivité et de la docilité, instrument parfait d’asservissement et de destruction des personnes, appendicule spontané de l’Etat totalitaire et préhumanité en modèle réduit.
Malgré tous les efforts de rationalisation ou de justification pseudo-religieuse, on a vu que les explications et les justifications de la norme de la séparation des genres ne tenaient pas. En plus du divorce d’avec la connaissance de la personne humaine, on peut remarquer tous les carnages créés par la norme (mutilations, culpabilisations, viols, violences, internements...), qui sont bien plus que des dommages collatéraux. On peut aussi déceler dans les « ratés » ou les résistances (réfléchies ou spontanées) qu’une autre vision de l’humain est possible.
Dans certains pays, on observe une tolérance de surface envers les minorités sexuelles. Mais, si la norme a plus de jeu en apparence - on tolère quelques variantes- les grands principes de base conservent leur emprise, ou même se renforcent. Ce n’est pas parce qu’on va accepter des couples homos, des familles monoparentales ou recomposées, des couples avec un mari qui se travestit, le changement de nom de certaines trans... que les normes essentielles sont attaquées. Les principes de séparation des sexes, d’identité et d’orientation sexuelle demeurent, même s’ils se diversifient. Il suffit que le phénomène reste minoritaire et que les éléments perturbateurs soient écartés au profit de celles et ceux qui veulent s’intégrer en conservant leurs différences. Et puis, tant que les relations ne sont pas basées sur la communion en Dieu et se ravalent à des jeux de séduction, de marchandisation, de préférences et d’attirances, de devoir de reproduction sociale..., le système ne risque rien.
Il ne faut pas se contenter d’aménager les normes, d’arracher quelques droits ou de se réfugier dans sa petite niche de différence, si on veut bien nous en laisser une.
La meilleure façon d’obtenir l’égalité et le respect entre femme et homme est d’abolir les notions de femme et d’homme.
Pour en finir avec les discriminations et les mutilations, il faut abolir les genres, l’identité et l’orientation sexuelle. Mais pour le faire, et surtout pour éviter d’instaurer à la place d’autres prisons ou laisser le terrain à la violence primaire, il faut aller plus loin.
Au delà des normes et de leurs conséquences désastreuses, on touche toujours le même problème : les mentalités préhumaines. On peut analyser et abolir tout ce que l’on veut, si les personnes ne se transforment pas intérieurement et radicalement en s’éloignant des habitudes de violence et de domination, il est impossible de changer quoi que ce soit.
On en arrive donc inévitablement à redéfinir la nature, le sens et le rôle des personnes. De telles options révolutionnaires ne sont possibles que par une communion en Dieu. Seule une révolution spirituelle permet de concilier la liberté et la magnification des personnes singulières avec une vie collective harmonieuse et constructive. Sans ça, on assiste à deux aberrations : des multitudes de « guerillas » interindividuelles ou un collectif totalitaire qui met tout le monde d’accord. Dans les deux cas, ni les personnes ni le niveau collectif n’évoluent, ils sont toujours en guerre et remplis de vide.
Dieu appelle à la libération des univers individuels, ce qui permet la construction de l’univers où évoluent les personnes. Après ça, les confusions, les erreurs et les violences disparaissent petit à petit, la guerre des sexes et les histoires d’identité sexuelle retournent au néant et paraissent incongrues. Les uniques, les personnes singulières, forment une communauté libre, reliées par le haut, par l’amour, par Dieu. Les identités individuelles, au lieu de s’appauvrir et de s’abîmer dans les moules, se renforcent, se complexifient, s’approfondissent.
Imaginons un monde libéré de l’apartheid sexué et de ses identifications réductrices, on peut évoquer quelques faits.
Une transformation du langage, qui abolit la polarité et permet de transcrire les complexités et nuances individuelles. Une omnisexualité libre, fondée sur l’amour, le respect, l’engagement... Des tâches, des prénoms, des vêtements, des attitudes... qui ne sont plus estampillés homme ou femme. Chacun laisse libre cours à ses goûts et aptitudes, plus de qu’en dira t-on, de stéréotypes, de répressions, d’habitudes ségrégationnistes, la fantaisie et l’originalité sont encouragées. Chacune développe SA virilité et SA féminité, sans privilégier ou exclure une des composantes.
A force, cette ambivalence et cette liberté feraient qu’il serait assez difficile de distinguer encore les garçons des filles, sauf à poil bien entendu. Débarrassés des dressages et des oripeaux outrageusement sexués, les corps seraient sans doute plus ambivalents dans leur apparence même : pilosité, chevelure, musculature... seraient sans doute encore plus androgynes. On peut même imaginer que le développement d’un psychisme bisexuel se traduise physiquement par la multiplication des cas d’hermaphrodisme (plus ou moins poussés) sur un plan physique. Mais de toute façon, peut importe l’apparence corporelle, ce qui compte c’est les cœurs et les âmes.
La réflexion sur les genres mène à la révolution intérieure et au renversement du monde. Tout est lié, dans la violence comme dans l’amour. Il ne nous reste plus qu’à choisir l’amour, Dieu et la liberté, trois mots synonymes.
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