Comme d’habitude, tout le monde se fiche totalement du sort d’êtres vivants considérés comme de vulgaires marchandises. Chaque année, des milliards d’animaux sont élevés et tués pour des plaisirs carnivores égoïstes dans l’indifférence générale. Alors pourquoi faire de telles histoires quand on en zigouille prématurément quelques centaines de milliers ? A cause des sous en jeu et du côté spectaculaire. D’habitude, les assassinats se commettent discrètement en abattoir...
Avec la fièvre aphteuse (et la maladie de la vache folle), on s’apitoie sur le sort des "pauvres" éleveurs, on s’inquiète pour sa petite santé et celle du marché... On est éventuellement un peu impressionné par les charniers, les cadavres gonflés et les bûchers, mais jamais on ne veut penser à remettre en cause la consommation de viande. Et si des interrogations affleurent, on les évacue très vite ou on se donne bonne conscience à bon compte en achetant de la chair bio ou élevée à l’ancienne.
Mais ne vous inquiétez pas, messieurs les bouchers, il n’y aura pas plus de végétariens pour autant. Comme pour la vache folle, les gens se contentent de changer de viande : poulet, lapin, kangourou, autruche, limace s’il le faut. Je suis sûr qu’ils seraient prêts à manger leur chien s’il n’y avait plus rien d’autre.
Les abattages massifs sont quand même gênants, même si on se garde bien de montrer le moment précis des mises à mort par poison ou électricité. Ils arrivent à jeter à la face des consommateurs les plus insensibles une image crue de ce qu’ils sont toute l’année : des criminels sans scrupule qui bouffent des êtres sans défense.
Et puis, ces cadavres entassés sous la pluie ressemblent trop aux charniers humains du passé et du présent, ça gêne la digestion des escargots au beurre du dimanche. Alors on a envie de zapper avant d’avoir la nausée. Mais les médias et les spectateurs aiment les images qui choquent et la répétition, alors on continue à sortir les mêmes "reportages" qui n’apportent rien.
C’est comme pour les affamés d’Afrique ou d’ailleurs (qui seraient heureux de se nourrir des sojas que mangent les animaux dont vous vous gavez) : on fait dans le spectaculaire et l’urgence, pas dans la réflexion et les remises en cause.
Pas une seule fois, depuis le début des problèmes de vache folle et de fièvre aphteuse (on dit épizootie quand on est sérieux), on n’a entendu un végétarien militant sur les principales chaînes de télé. Les "médias-spectacles" se contentent de rabâcher, le plus souvent sans vraiment expliquer le sujet. Jamais on n’invite de réels opposants. A la rigueur, on admet de vagues critiques sur l’industrialisation à outrance de l’agriculture, c’est tout. Pourtant, les militants de la libération animale ne sont pas si rares, surtout en Grande-Bretagne, mais on évite soigneusement de leur donner la parole. C’est ça la liberté de la presse commerciale et la soi-disant pluralité des chaînes de service public.
Par contre, on nous sert à tour de bras des éleveurs accablés par la perte de leur troupeau à cause de la fièvre aphteuse. Ces enfoirés veulent nous tirer une larme en nous faisant croire qu’ils aiment les animaux. S’ils aimaient vraiment les animaux, ils ne pourraient pas exercer leur métier d’engraisseur de viande pour boucherie et cesseraient toute activité dans ce domaine.
Ils aiment les animaux... aux petits oignons avec une sauce.
Ils aiment les animaux... quand ils reçoivent le chèque de la vente de leurs bêtes à l’abattoir.
Que la viande soit bio, à l’ancienne ou industrielle, elle provient toujours d’animaux qui ont été engraissés pour être mis mort. Quel que soit le type d’élevage, le principe est identique.
Ils sont si sensibles ces pauvres éleveurs, ces victimes des technocrates et de l’industrialisation forcée, eux qui font leur beurre en exploitant et assassinant des êtres vivants.
En fait, ils pleurent sur eux-mêmes, sur leur travail anéanti, sur le fric qu’ils ont perdu, pas sur les animaux. Ils trouvent dommage de gâcher de la bonne marchandise qu’ils ont engraissée avec soin et amour. Les malheureux éleveurs auraient préféré que leurs steacks sur patte puissent venir à maturation afin de les livrer comme d’habitude aux abattoirs.
Mais non, un sort trop injuste leur a envoyé LA MALADIE, à eux, les bienfaiteurs désintéressés des campagnes, qui préservent les bonnes races à viande en les exploitant. Ils se foutent vraiment de la gueule du monde !
Ceux qui jouent moins la comédie et qui sont un peu attachés à leurs troupeaux sont encore plus criminels que les autres puisqu’ils ne vont pas au bout de leurs sentiments humains et continuent la boucherie.
En plus, ces éleveurs assassins d’animaux seront indemnisés pour partie avec des deniers publics ! J’enrage que mes impôts servent à des criminels. Ils n’ont qu’à augmenter le prix des viandes. Que les carnivores qui veulent acheter leur dose payent le prix fort. Et le génocide planifié est payé par qui ?..
OUI, IL FAUT BRULER LES ELEVEURS (symboliquement bien sûr, il ne s’agit pas de le faire pour de vrai !).
Il faut brûler les éleveurs et leurs exploitations (si bien nommées) au lieu des animaux.
Il faut brûler les abattoirs et les boucheries, que les animaux puissent danser autour des flammes, libres, comme ils le méritent.
Il faut brûler aussi tous les intermédiaires commerciaux, qui s’engraissent beaucoup plus que les éleveurs et qui restent bien cachés dans l’ombre de leurs piles de dollars.
Que ceux qui veulent toujours manger de la viande soient gavés avec les stocks de farines animales ou qu’ils se bouffent entre eux. Mais qu’ils cessent de considérer les êtres vivants comme des choses dont ils peuvent faire ce qu’ils veulent.
En plus ce sont les mêmes hypocrites qui vont défendre les phoques, bichonner leur chien et manger du poulet ou du porc. Selon leur bon plaisir, ils partagent les animaux en différentes catégories : animaux de rente à exploiter à mort, animaux de compagnie à chouchouter, animaux sauvages à protéger ou à chasser... Les salauds font semblant d’ignorer que la souffrance et la Vie sont les mêmes partout, quel que soit la couleur de la fourrure ou le nombre de pattes.
Le jour où l’élevage cessera, ceux qui se prétendent humains auront fait un grand pas vers l’humanité. Ce jour-là, peut-être qu’une véritable société sera possible.




