Démocratie totalitaire

Hélas, il n’existe pas de véritables démocraties sur Terre, seulement des simulacres : démocratures, tyrannies, totalitarismes softs...

Nos prétendues démocraties n’existent que dans la forme, il s’agit plutôt de régimes totalitaires déguisées en démocraties. Ces pseudo-démocraties sont des Etats de plus en plus policiers et répressifs, des tyrannies particulièrement néfastes et criminelles.

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Les parallèles de l’actualité permettent une fois de plus de souligner l’hypocrisie des pseudo-démocraties occidentales. D’un côté on critique sévèrement Haider et l’Autriche, de l’autre on laisse la Russie tranquillement écraser la Tchétchénie.

Il ne s’agit pas pour moi, bien évidemment, de défendre Haider et ses complices, qui sont des gens d’extrême droite pas très recommandables, mais d’attirer l’attention sur le culot de nos chers dirigeants.
Dans cette affaire de l’Autriche, ils jouent les saints en colère et ils essaient de se refaire une virginité en rejetant avec dégoût le spectre abominable de l’extrême droite à tendance nazillonne. Et vas-y pour une nouvelle couche de Droits de l’Homme, de démocratie et d’humanisme, sous-entendu que les Occidentaux en sont les dépositaires et les garants attitrés.
Ils s’autoproclament ainsi champions des Droits de l’Homme en voulant brûler les sales démons fascistes. Vieux procédé éprouvé et éventé que d’attirer l’opprobre sur pire que soi pour apparaître comme exempt de tâches. D’ailleurs, Haider est-il vraiment pire que nos champions de la démocratie-totalitaire ? Ca reste à prouver. Si les discours du nazillon autrichien peuvent être plus inquiétants que la moyenne, nos chers dirigeants ont déjà maintes fois prouvé par leurs actes leurs capacités de nuisance extrême.

Par exemple en laissant la Russie exterminer le peuple Tchétchène. C’est qu’il faut ménager l’ami Russe, enjeu de marchés juteux et d’alliances stratégiques. On émet donc des réprobations solennelles, des mises en gardes vigoureuses et indignées, des réserves quant aux méthodes de l’offensive..., toutes choses qui font bien rigoler les soldats russes qui démolissent villes, villages et habitants sous des montagnes d’obus. Clinton, grand démocrate devant l’Eternel, a même affirmé que Poutine était un dirigeant tout à fait sérieux et recommandable. Pour être bien noté, il vaut donc mieux massacrer femmes et enfants plutôt que d’avoir un discours d’extrême droite. Conclusion, je ne vous recommande pas d’inviter Clinton si vous faites un pique-nique avec vos enfants.
Vous me direz, et c’est ce que disent aussi nos champions des Droits de l’Homme, que les discours d’Haider peuvent donner lieu à des actes dangereux et qu’il vaut mieux prévenir que guérir. Certes, mais l’extrême droite en Autriche a été élue démocratiquement et il y a là bas des résistants, tout de même. Si la majorité des autrichiens veut un régime à tendance ouvertement fasciste, peut-on les en empêcher ? Vous voulez les enfermer dans un camp de rééducation ou les bombarder ?
En Russie, une fois que tout sera terminé, on ira déterrer les cadavres et courir après quelques criminels de guerre, il n’y aura plus grand monde à guérir.
Si les "démocraties" étaient logiques avec leurs soi-disant principes, elles auraient dû prendre des mesures sévères et efficaces contre la Russie et se contenter de surveiller de près l’Autriche. Au besoin, si les discours fascistes passent dans les actes, on pourra exercer toutes les pressions et mises à l’écart utiles, accueillir et soutenir les opposants...

Dans cette affaire, l’Europe essaie de redorer son blason en redécouvrant tout d’un coup son projet humaniste et social.
L’Europe est fondée avant tout sur les Droits de l’Homme et la démocratie, disent-ils sérieusement à cette occasion. Quelle blague ! Tout le monde sait bien que l’Europe n’est que l’instrument des puissances économiques. Il s’agit d’asseoir encore davantage le pouvoir des marchés et des technocrates en enrobant tout ça de baratin sur la liberté des peuples à circuler et les possibilités d’actions sociales globales. Ce sont surtout les capitaux qui sont libres de circuler, les travailleurs, eux, n’ont que le droit de la fermer et de se faire exploiter davantage. (En mars 2002, des manifestants "antimondialisation libérale" pacifiques se sont faits bloquer par les polices à la frontière franco-espagnoles, exemple parmi de nombreux autres...)

Pour que l’Europe soit démocratique, il faudrait déjà que les entités qui la composent le soient. En effet, la France et ses compères sont loin d’être les paradis qu’ils prétendent incarner.

Premier fait troublant : les "démocraties" sont souvent très amies des dictatures sanguinaires. Sans complexe, elles reçoivent en grande pompe des tyrans tachés de sang et réalisent de fructueux échanges commerciaux même là où des peuples sont exterminés et laminés.
Il faut bien vivre, les entreprises ne connaissent pas les frontières et les régimes politiques. La démocratie s’arrête donc là où des intérêts commerciaux sont en jeu (Pasqua ajouterait les intérêts de l’Etat).
C’est particulièrement choquant pour les ventes d’armes ; les champions des Droits de l’Homme humanistes sont les premiers vendeurs d’armes du monde. Ils alimentent en engins de mort tous les dictateurs ainsi que les pays du tiers monde qui préfèrent investir dans les missiles et laisser leurs populations crever de faim. Souvenez vous par exemple que la France a armé aussi bien l’Iran que l’Irak... Les autocrates étrangers sont des barbares sanguinaires, sauf quand de gros contrats sont en jeu. On dira alors que c’est dans l’intérêt des peuples, que c’est pour faire avancer leur démocratie.

Dans nos prisons humanistes, les détenus s’entassent dans des bâtiments vétustes. Ils n’ont pas droit à la dignité et à l’application des grands principes. Au lieu de les aider à refaire leur vie, on les enfonce dans l’horreur et on en fait des parias démolis qui ont toutes chances de récidiver. Voir actualité récente sur les prisons françaises.

Les discriminations sociales et raciales sont toujours là. Les femmes sont toujours moins payées et représentées. Les immigrés valent moins que les blancs de souche. Les sans-papiers sont confrontés à l’arbitraire. Les homosexuel(le)s n’ont pas droit à l’adoption et à une vie tranquille. Il n’y a pas de logements décents pour tout le monde. Les policiers auteurs de bavures sont souvent acquittés, ou sinon ils s’en tirent avec des peines minimes, et ils auront des remises de peines ou autres clémences.

Les riches sont plus égaux que les pauvres, ils ont droits aux paradis fiscaux, aux financements avantageux, à une justice plus favorable et à la considération.

La liberté d’expression n’est que théorique. Dans la pratique, seuls les médias et les professionnels ont accès facilement aux moyens de diffusion. Les contestataires n’ont qu’à rester dans leurs ghettos, les artistes engagés n’ont qu’à moisir dans les caves. Tandis que sous les sunlights, les stars du show peuvent déverser leurs spectacles vides et débilitants à longueur d’antenne et de colonnes.

Au total, on se rend compte qu’il n’y a pas plus de démocratie en France qu’en Chine. Il n’y a qu’un vaste simulacre ou tout le monde joue, plus ou moins bien, la comédie.
Partout, c’est l’argent qui gouverne. Les multinationales, suivies des bureaucrates, des médias et de la justice ont les vrais pouvoirs. Les politiques ne sont là que pour épater la galerie et faire passer les pilules d’un libéralisme plus ou moins sauvage. Le peuple, lui, a juste le droit de jouer aux élections en votant pour la droite de la gauche, la gauche de la droite ou le centre du milieu.

Quelle démocratie dans un système qui transforme les gens en pions jetables, en esclaves-consommateurs ?

Quelle démocratie quand politiques et médias mentent et déforment tout afin de manipuler et endormir une opinion consentante ?

Quelle démocratie là où les inégalités criantes sont la règle, où les riches pressurent toujours davantage les pauvres, où l’argent sale et propre se mélangent grâce aux paradis fiscaux dans le grand circuit des marchés totalitaires, omnipotents et omniprésents ?

Quelle démocratie là où les droits élémentaires des citoyens sont bafoués et où les minorités sont méprisées et exclues en permanence ?

Quelle démocratie là les citoyens sont espionnés 24h/24, où ils sont soumis pieds et poings liés au bon vouloir des bureaucrates, des juges et des policiers ?

Quelle démocratie dans des pays qui vivent comme des charognards en vendant des armes (2ème place, après les USA) et en exploitant les miséreux ?

Quelle démocratie où seules les personnes autorisées ont droit à la parole et où les autres ne s’expriment qu’en achetant un portable plutôt qu’une machine à laver ?

La démocratie n’existe malheureusement pas sur cette planète. On ne trouve que des systèmes d’oppression qui diffèrent simplement par leurs discours et les méthodes employées. Ce ne sont pas les quelques os à ronger et les vagues avancées sociales toujours remises en cause qui vont inverser la tendance. Et si on risque moins de se faire assassiner dans nos pays qu’ailleurs, quand on regarde les choses au niveau planétaire ce n’est pas très brillant. Et puis ce n’est pas parce que notre chaîne, à nous occidentaux, est un peu plus longue et décorée que l’on doit renoncer à la briser.

En Occident, les procédés sont plus softs, mais les résultats sont très semblables à ceux d’une franche dictature. Le fait que nos dirigeants soient très liés aux tyrans du globe montre bien qu’au fond ils sont sur la même longueur d’onde. Et quand il le faut, notre cher pays ne manque pas aussi de s’illustrer, pensez à la guerre d’Algérie, au photographe de Greenpeace, à la paillote "chez Francis", au sang contaminé...
En fait nos pseudo-démocrates sont des barbares qui avancent masqués, on pourrait même dire qu’ils sont pires que les tyrans classiques, facilement repérables eux. Il est par exemple évident que les USA font beaucoup plus de dégâts (en commençant par la peine de mort) que ne pourrait en faire l’Autriche, même si elle retournait vers un nazisme déclaré, question de moyens...

Il convient donc de dénoncer toutes les pseudo-démocraties, au nom des principes des droits de l’Homme, comme étant des tyrannies déguisées particulièrement néfastes et criminelles. Il faut aussi ajouter que les peuples qui les soutiennent, de manière active ou passive, sont coupables de complicité dans les crimes contre l’humanité que commettent chaque jour les puissances économiques en leur nom et pour leur profit.
Car nos faux démocrates en smoking comme les tyrans à machette ont besoin quand même d’être soutenus pour durer. Si la majorité du peuple entrait en dissidence au lieu de se comporter en esclave volontaire et complice, le système capitaliste et tous ses tyrans n’auraient plus qu’à aller se faire pendre ailleurs.

Nos champions des Droits de l’Homme, ces imposteurs culottés, feraient mieux de la fermer et de rentrer la tête pour éviter toutes les tomates pourries qu’ils méritent. Ils n’ont aucun droit moral pour critiquer Haider, ni même la Russie, puisqu’ils ne valent pas mieux qu’eux. Vous imaginez un tueur en série en train de faire sérieusement la leçon à un violeur ?
Hypocrisies et mensonges sont leur métier, ils en usent à merveille pour se blanchir en noircissant quelques comparses moins habiles.

Védrine, Aubry et consorts, cessez d’être ridicules et indécents en jouant les zorros, et retourner manger des petits fours avec vos camarades traditionnels, comme ce cher Zieming.

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Zora
dimanche 12 mars 2000
Mise à jour : 11 juillet 2004
 
 
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