D’abord, quelques explications, pour savoir de quoi on parle et court-circuiter l’éventuelle langue de bois scientifique.
Clonage
Généralement, on place une cellule d’un adulte dans un ovocyte (=gamète féminin non mature) après avoir enlevé son noyau. L’embryon peut arriver à se développer et donne alors une réplique génétique exacte (un clone) de l’adulte initial.
Clonage (à but) thérapeutique
Les embryons (employé au sens de potentialité d’être humain) issus du clonage sont tués afin d’utiliser leurs cellules pour la recherche et les soins. Il s’agit de trouver, par exemple, des thérapies pour l’adulte malade qui est à la source des clones, ou de fabriquer des organes de rechange compatibles.
Clonage (à but) reproductif
C’est le clonage que l’on mène à terme, dans le but de donner naissance à un clone. Cette technique est utilisée en élevage pour reproduire les bonnes "performances" d’un individu sélectionné.
Embryons surnuméraires
Ce sont les embryons en trop issus de la la procréation médicalement assistée (P.M.A.). Les couples n’en veulent plus et on les conserve par congélation. Si auvun autre couple n’en veut, on les détruit ou ils servent à la recherche.
Cellules souches, il en existe 3 sortes :
Pour l’immense majorité des biologistes, l’embryon humain vaut moins que l’être humain adulte. Ils considèrent que le jeune embryon n’est qu’une vague potentialité d’humain que l’on peut découper en tranches comme s’il s’agissait d’un organe ou d’une simple culture de cellules souches. Ils affirment qu’il est justifié de sacrifier quelques embryons (surnuméraires ou fabriqués tout exprès par clonage) pour faire avancer des recherches qui visent à sauver des vies adultes.
Tant qu’à faire, on pourrait aussi zigouiller les miséreux de Calcutta pour faire avancer la recherche visant à sauver des riches Américains ! Quelle différence ? Dans les deux cas, on s’attaque à des êtres humains sans défense dont personne ne veut...
Eliminer un embryon qui, si tout se passe bien, mène à la naissance d’un être humain, équivaut à assassiner un homme. C’est pourtant simple : il n’y aurait que les" religieux" pour le comprendre ? Qu’importe si l’embryon souffre, s’il a une conscience ou pas, ce n’est pas la question.
Non contents d’avoir produit des embryons d’hommes surnuméraires en sachant très bien qu’ils resteraient en carafe, les scientifiques veulent fabriquer tout exprès leur matériel vivant par clonage.
Certains ont même le culot de prétendre que le clonage thérapeutique (d’êtres humains) est beaucoup plus acceptable, sur un plan éthique, que le clonage reproductif !
Ah oui !? Selon ces sages savants, éminemment mesurés et respectueux des Droits de l’Homme, il vaut donc mieux massacrer un embryon humain que l’implanter dans un utérus et lui donner toutes les chances de vivre. C’est plus convenable en effet. C’est plutôt qu’ils savent que le clonage thérapeutique, vu qu’il est censé aider à guérir des maladies, passera beaucoup mieux auprès du public que la fabrication de clones humains menée à terme. Ils en ont rien à cirer de l’embryon et de l’éthique, ce qui les intéresse c’est la Recherche pour elle-même et le fric qui va avec. Les hypothétiques guérisons futures ne sont que des prétextes.
Et vas-y qu’ils nous tartinent de vagues considérations éthico-philosophico-foireuses sur l’altérité de l’être humain et l’interdiction morale de le reproduire à l’identique. Il serait donc inhumain et dangereux de laisser vivre un embryon cloné tandis que son assassinat serait moral ! En passant, certains ne se gênent pas pour fabriquer des embryons non viables pour leurs recherches...
Nos bons scientifiques humanistes se révèlent être en fait des réincarnations de nazis. Et les subtilités langagières artificielles, du genre pré-embryon et délai pendant lequel on n’est pas pleinement humain, ne peuvent cacher la barbarie de leurs auteurs.
Ils feraient mieux de s’interdire toute forme de clonage et de se pencher sur des voies de recherche non meurtrières, sur les cellules souches d’adultes par exemple.
Mais rien ne peut arrêter les horreurs en marche vu que la majorité du peuple et des scientifiques les réclament, d’autant que les marchés sont toujours à l’affût de toute nouvelle source de profit. Quand tout a été exploité jusqu’à la moelle, il reste encore à s’attaquer aux "pré-êtres humains" et à leur intimité génétique.
Vous me direz que le parlement Européen a voté une résolution (début septembre) qui conseille d’interdire le clonage d’êtres humains. Mais sera t-elle suivie ? Quand on sait que la recherche sur les embryons surnuméraires était prohibée avec force au nom du respect de l’Homme, et que maintenant elle est autorisée... Pour le clonage, ce sera la même chose, on commence par des interdictions vertueuses pour finir, quelques mois ou années plus tard, par laisser faire, avec des contrôles strictes et des restrictions, bien sûr.
Les hommes sont déjà des marchandises et des "clones" après leur naissance, grâce aux bons soins de l’économie totalitaire et de la manipulation mentale généralisée. Ils acceptent déjà d’être traités comme du bétail et ont tous des comportements identiques, surtout quand ils croient être originaux en endossant les panoplies des modes personnalisées.
Avec le clonage et l’instrumentalisation (éthique) des embryons, on transforme l’être humain en marchandise (étiquetée) avant même sa naissance. Il devient un objet reproductible et destructible à souhait, comme n’importe quelle babiole en plastique jetable fabriquée à la chaîne à Taïwan. Le clonage permet juste de donner des apparences physiques semblables à des gens qui sont déjà standardisés dans leurs têtes. Même plus besoin d’éliminer les "déviants physiques", puisqu’ils ne peuvent plus se former. Quant aux déviants sur le plan de la conscience, ils sont résiduels, ce qui n’empêchera pas le bourrage de crâne de s’intensifier encore.
Le clonage symbolise, sur le plan génétique, la volonté de stopper net toute éventuelle évolution de l’espèce humaine. Finies les joyeusetés aléatoires de la fusion du spermatozoïde et de l’ovule, place à la photocopie conforme programmée. Comme chacun sait, les photocopies pâlissent et se dégradent avec le temps.

Mais la préhumanité ne s’arrêtera pas là. Par tous les moyens, elle voudra fabriquer ses clones sur mesure en manipulant les gènes dans le sens qui l’arrange. L’être humain sera donc instrumentalisé avant même d’être mis en route sous forme de clone. Son génôme sera trafiqué pour fabriquer des monstres en tous genres, utiles à notre bonne "société" et à son eugénisme éthique.
Quand le dopage et les gadgets technologiques auront montré leurs limites, il faudra bien trouver d’autres solutions pour repousser toujours plus loin les performances sportives imbéciles (voir "Monde Interactif" du 6 sept. 2000). Quand les bons couples voudront des rejetons sans "tares" et conformes aux standards publicitaires colportés de force par les stars de pacotille, il faudra bien traficoter les génômes. Quand les militaires et les soldats de la guerre économique voudront des sujets insensibles et increvables, il faudra bien endurcir les chromosomes en multipliant les X virils. etc...
Il est dans la logique de cette "société" criminelle de pousser toujours plus loin la marchandisation et l’instrumentalisation des êtres qui se prétendent humains. Les horreurs du clonage et les massacres d’embryons en série ne font, hélas, que commencer. Pas la peine de réserver vos loges, vous serez au premier rang pour assister à l’épuration finale de toute trace d’humanité.
En attendant, vous avez déjà de quoi occuper vos yeux impatients en contemplant le désert actuel des clones d’adultes, aux mentalités et aux comportements identiques, qui maculent en permanence la planète du sang de leurs semblables.
Note de novembre 2001 :
Ca-y-est ! Une firme privée des USA (ACT) a réalisé le 25 novembre un vrai clone d’être humain (cellule et ovocyte énucléé proviennent d’êtres humains). Le concert des vertueuses protestations peut recommencer. Les experts proposent d’interdire le clonage à but reproductif, pour mieux autoriser le clonage à but thérapeutique. Dans l’espoir de soigner plus tard des malades, on va donc zigouiller à la chaîne (sous contrôles et réglementations strictes of course) des embryons clonés tout exprès.
Dans quelques années, on autorisera le clonage à but reproductif, mais en interdisant strictement la transformation de ces clones en réserves de pièces de rechange. Les clones bénéficieront des Droits de l’Homme et de tous le bazar... !
Le petit "jeu" des chercheurs et "éthiqueteurs" consistent à faire peur avec telle technique, pour mieux faire passer telle autre en la montrant sur un jour favorable (soulager les souffrances). Une fois qu’une technique est passée dans les moeurs, par la persuasion, l’habitude et la démonstration de son "utilité" (réelle ou supposée), ou passe à la suivante en stigmatisant celle qui suivra...etc...
Dès qu’il s’agit de soi-disant sauver des vies, tout devient permis. C’est comme à la guerre, la fin justifie les moyens, surtout les moyens qui rapportent du blé aux plus riches...
Evidemment, jamais on n’accordera à l’embryon un réel statut d’être humain, jamais on ne s’interrogera en profondeur sur la maladie, jamais on ne remettra en cause la toute puissance de la science et de ses experts en rationalisme désincarné, jamais on ne cherchera d’autres voies que celle de l’éléphant dans un magasin de porcelaine.
Il est vrai que le secteur des biotechnologies est prometteur, du point de vue des marchés, on ne va tout de même pas laisser tomber un si juteux filon ! Il est plus rentable, et plus facile, de tenter de réparer les dégâts dus aux maladies que de chercher à les éviter ou de trouver des voies plus subtiles qui guériraient sans nécessiter des horreurs...