2003 : FLASHS, brèves, chroniques, actualités, faits divers...

Quelques chroniques sur l’actualité de 2003 et nos convocations à la gendarmerie

Regards critiques sur l’actualité, anecdotes intéressantes, citations, faits révélateurs, brèves d’informations, chroniques... Des textes courts pour 2003.

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Septembre 2003 :


-  Les convocations à la gendarmerie : suite... et re-suite ? Début septembre , la gendarmerie convoque à nouveau Christian pour lui demander de s’expliquer sur un courrier qu’il a envoyé à Raffarin au printemps. Du coup, il envoie rapidement un deuxième courrier à Raffarin, et, bizarrement, la convocation est annulée au dernier moment sans explications plus convaincantes que la raison de la convocation... Peur du ridicule ? Décidément, les pouvoirs ne savent pas quoi inventer pour contrôler et intimider tout le monde, est-ce que la prochaine fois nous serons convoqués pour avoir marché du mauvais côté de la route lors d’une promenade pédestre ? Sachez en tout cas que si vous écrivez au premier ministre pour ne pas faire son éloge inconditionnel, vous risquez fort d’être convoqués par les keufs en guise de réponse. Il ne faut pas écrire n’importe quoi à n’importe qui !

Juillet 2003 :


-  Les convocations à la gendarmerie : suite... et fin ? Un mois plus tard, le 29 juin, les gendarmes entendent N.S. et notre fille mineure suite à une convocation écrite établie en bonne et due forme. Nous apprenons qu’il s’agit d’une "enquête préliminaire pour violences sexuelles" ! Rien de moins. Après l’interrogatoire (pardon, l’entretien), le gendarme dit que ce dossier devrait être clos à présent (la police est obligée de constater, à regret, qu’on n’enfreint pas la loi). A force de recevoir des plaintes et dénonciations de la part d’associations diverses et de particuliers, la MIVILUDE et le Parquet ont été "obligés" de lancer une enquête préliminaire. Pour la prochaine fois, les pouvoirs vont devoir trouver d’autres prétextes...

-  Le travail est la mort de l’Homme. Les sujets des retraites et des intermittents auraient pu être l’occasion de réfléchir sur la question du travail et sur la place et le rôle de l’économie dans nos "sociétés". Que nenni, on ne parle que d’aménager le système, dans un sens (moins d’injustice pour les travailleurs) ou dans l’autre (plus de sous pour les riches), jamais de le remettre en cause radicalement. Tant que l’économie reste centrale, tant qu’il y a des classes sociales et du capitalisme, du salariat précaire ou " confortable ", du commerce et de la pub, des riches et des pauvres..., les injustices structurelles subsisteront (localement et mondialement) et le travail restera le mode d’activité hégémonique qui asservit et avilit les humains en prétendant leur donner la dignité et le confort. Tel qu’il est conçu dans la préhumanité, le travail est la mort de l’Homme.
Voir aussi : Le capitalisme et le salariat, c’est l’esclavage

Juin 2003 :


-  La pseudo-enquête de la gendarmerie : suites. Les gendarmes ont voulu entendre une troisième personne de notre groupe (N. S.) le 19 mai, toujours sans convocation officielle. Une fois cette personne sur place, ils ont dit vouloir entendre notre fille mineure. Cette fois, devant l’inflation des convocations et le flou concernant la légalité et l’origine de cette "enquête", nous avons refusé en demandant une convocation écrite aux gendarmes, et on a écrit au procureur de Grenoble pour lui demander des explications. Depuis, plus de nouvelles, ni des gendarmes, ni du procureur ! On se doute qu’ils prennent le prétexte de nos opinions sur la sexualité pour nous soupçonner de viol ou abus sexuels sur mineure, mais on ne sait rien de précis.
A l’occasion de cette affaire obscure qui ressemble à des manoeuvres d’intimidation et d’abus de pouvoir, nous avons préparé une lettre ouvert à Raffarin et à quelques autres personnes.

Mars 2003 :


-  La gendarmerie de notre patelin nous convoque à nouveau à propos d’un autre texte parlant de sexualité et d’amour des enfants.
L’année dernière, en janvier 2002, Christian avait déjà été convoqué pour un écrit similaire (voir courrier rédigé sur ce sujet à l’époque). Le cabinet jospin avait demandé une enquête. Cette année, lundi 24 mars 2003, rebelote, le voilà à nouveau « invité » à venir s’expliquer à la gendarmerie. L’intimidation continue. Au poste, ils se rendent compte qu’il n’est pas l’auteur de ce texte de février 2002. Je suis donc convoqué à mon tour, puisque j’en suis l’auteur.
Le gendarme n’a pas de questions précises à me poser ni de faits à me reprocher, je me contente de redire quelques points importants du texte. Il me demande juste si on ne publie pas d’images pornos à caractère pédophiles sur notre site, alors qu’ils ont dû l’ausculter et qu’ils savent parfaitement qu’il n’y a rien de ce genre. Pourquoi est-ce qu’on nous convoque alors que le gendarme dit lui-même que l’article relève de la légitime liberté d’opinion ? Il s’agit en fait de bien nous signifier (au cas où ou l’ignorerait) que nous sommes étroitement surveillés et de nous intimider en espérant qu’on s’auto-censure ou qu’on soit discret et honteux. On retrouve là les méthodes des régimes autoritaires : convoquer les gens à répétition chez la police sous des prétextes bidons pour les harceler et les forcer à rentrer dans les rangs. Vont-ils prendre l’habitude de nous convoquer une fois par an dorénavant, ou tous les mois ? A moins qu’ils ne passent à des méthodes plus musclées : garde à vue, perquisition... ?
Il doit y avoir des tas de gens qui dénoncent (signalent, pardon) notre site. Au bout d’un quota de dénonciations, peut-être que la police se sent obligée de faire quelque chose, pour éviter que la populace puisse lui reprocher de se tourner les pouces ? Et comme les contestataires qui, comme nous, ont des opinions à contre-courant, sont plus visibles que les proxénètes ou les violeurs, on s’en prend à eux. Ce qu’il faut, c’est que le bon peuple dorme tranquille dans un paysage aseptisé en apparence. On tente d’éliminer ce qui est visible et inoffensif parce qu’on est incapable de réduire les vastes phénomènes criminels et souterrains qui sont liés de manière indéfectible aux pseudo-sociétés contemporaines. Les polices s’en prennent à l’anar casseur de banque plutôt qu’aux affairistes qui jonglent avec les paradis fiscaux et ruinent des pays. Les polices de la pensée s’en prennent aux libres penseurs à défaut de pouvoir choper des criminels.
D’autre part, j’ai découvert à cette occasion qu’une des grandes associations (Le Bouclier) de lutte contre les maltraitances d’enfants nous avait stigmatisés sur son site web. Elle a publié un petit dossier, intitulé « paroles de pédophiles », contenant des textes qu’elle juge scandaleux, dont le mien. Sans aucun scrupule, nous sommes traités de secte pédophile ! Le Bouclier nous accuse carrément de crimes et se pose en justicier. En plus, l’intro du dossier reproche à la police d’être trop laxiste envers les personnes citées ! Ce genre de lynchage ressemble fort à de la diffamation et à de l’incitation à la discrimination... D’autant plus grave qu’il provient de gens perçus comme des spécialistes de la question. Evidemment, ils ont soigneusement évité de citer la source du texte ou notre nom afin de limiter les risques de poursuites (de toute façon pour la diffamation c’est trop tard, les 3 mois sont dépassés), n’empêche que nous sommes parfaitement identifiables pour n’importe quel internaute qui sait un tout petit peu se servir d’un moteur de recherche... Après le délire et les amalgames concernant les sectes (qui sont toujours présents et continuent leurs ravages), même scénario de chasse aux sorcières concernant les opinions sur la sexualité des enfants. De nouveau, des associations dérivent de la lutte légitime contre des violences réelles vers la chasse aux opinions non-conformes. De nouveau, les mal-penseurs sont jetés en pâture au public sans aucun égard, en les assimilant aux pires criminels !
Une fois que vous êtes fichés, c’est pour la vie, et on n’hésite encore moins à vous charger d’autres trucs fumeux, ça fait boule de neige. Lors des prochains attentats, on nous accusera peut-être de terrorisme à cause de nos positions de type anarchiste ?

-  La guerre en Iraq a commencé. Contrairement à ce que je supposais, les Européens ne se sont pas ralliés en dernière minute (il faut croire que leurs intérêts différaient beaucoup de ceux des USA ce coup ci), mais pour le reste...

Février 2003 :


-  IRAQ : presque tout le monde fait semblant de croire qu’il s’agit d’un problème d’armes de destruction massive entre les mains d’un dictateur plus dangereux que la moyenne. C’est totalement hypocrite. Des dictateurs il y en a des tas, il n’est pas nécessaire d’avoir une bombe H pour faire des dégâts considérables (des machettes ou d’antiques fusils font parfois l’affaire), et nos démocratures ne valent guère mieux (c’est le style qui diffère) que les régimes d’Iraq, de Russie, de Tunisie, de Chine, etc... Des tas de pays ont des armes de destructions massives, rien ne dit que Saddam (s’il en a encore, ce dont on n’est même pas sûr) en ferait davantage usage que les USA, la France, Israël, la Russie ou autres. Si nos chers dirigeants avaient voulu favoriser la démocratie et la paix, ils s’y seraient pris autrement, et depuis longtemps. Est-ce que nos braves entrepreneurs et politiciens voulaient favoriser la paix en vendant des armes à l’Iran ET à l’Iraq ? Voulaient-ils développer la démocratie quand ils soutenaient Saddam ? Leur cynisme effroyable n’a pas changé, il n’y a qu’à voir comment ils font des courbettes en Russie (les massacreurs de Tchétchènes) et en Chine (les massacreurs des droits de l’homme). Ils nous abreuvent de droits de l’homme alors qu’ils savent très bien que la politique entre Etats est une guerre sans merci où tous les coups sont permis, et où on se fiche pas mal des peuples et de la nature des régimes en place (sauf pour la galerie, bien sûr). Seuls les intérêts du moment comptent, les alliances se font et se défont sur fond de passation de marchés et de pots de vin.
Les USA et leurs alliés se contrefoutent pas mal de l’existence ou non d’armes plus dangereuses que la moyenne en Iraq, ou du fait que Saddam est un tyran et qu’il exécute des opposants. Les grandiloquents motifs mis en avant (désarmement, mise en place d’une démocrature comme chez nous) ne sont que des prétextes pour masquer les motifs bassement économiques et stratégiques. Les USA et leurs alliés veulent mettre le bordel dans la région, pour mieux la contrôler et faire passer l’Iraq et son pétrole sous leur coupe (et ensuite sans doute d’autres pays encore). Ils souhaitent ardemment que les arabes du coin et d’ailleurs se rebellent et mènent des actions terroristes, afin de trouver un bon prétexte pour les écraser, et continuer cette guerre perpétuelle qui distrait les masses. Il se moquent complètement de l’ONU et de la France. Les USA les laissent jouer leur rôle gesticulatoire le temps qu’ils préparent leur offensive et qu’ils aient suffisamment manipulé les opinions (consentantes). Ca fait un bon écran de fumée qui occupe les médias et laisse croire que tout a été fait pour éviter l’attaque armée. Si la guerre se déclenche, on peut parier que presque tous les pays européens s’y rallieront, en faisant semblant de traîner les pieds, ils ne voudront pas perdre les parts du marché.
En plus des avantages particuliers à cette zone (ils préfèrent faire la guerre dans une région permettant des avantages économiques que dans un pays sans ressources d’aucune sorte), il y a toujours les raisons valables pour toute guerre (voir "La guerre est nécessaire") qui entrent en ligne de compte :

L’axe du mal est composé de tous les Etats, tous les Etats sont terroristes, c’est leur nature. Les plus grands, du fait de leur potentiel de destruction plus important, sont encore les plus dangereux de tous. Les premiers des Etats à désarmer sont donc les USA et la Russie, suivis de la France, de l’Angleterre, d’Israël (pas grand mais très armé)...
Voir aussi : Démocratie totalitaire

Janvier 2003 :


-   Non content de prendre des mesures ultra-répressives du style de l’extrême droite, voilà que les députés (à l’unanimité en plus) ajoutent le délit d’outrage au drapeau français et à la Marseillaise. Ils ne reculent vraiment devant rien et n’ont pas peur du ridicule ! Mais l’outrage, c’est ce drapeau lui-même, symbole d’un Etat effroyable fondé sur la violence et la répression tout azimut, qui a participé à tant de guerres et d’écrasement de révoltes populaires, qui a colonisé et massacré des tas de populations, qui a étouffé les légitimes cultures régionales en les remplaçant par du folklore ou la doctrine patriocharde, qui méprise et exploite ses sujets, qui combat des minorités et des contestataires, qui réprime sans pitié les conséquences du système (pauvres, sans papiers, immigrés, prostitué(e)s, nomades, jeunes des ghettos...). L’outrage, c’est d’être obligé de supporter ce symbole de multiples oppressions, d’approuver un Etat quel qu’il soit. On nous sert que ce drapeau et ce chant sont avant tout symboles de liberté, tu parles ! Comme si des discours et quelques faits pouvaient masquer le despotisme de l’état français en général, et sa dérive totalitaire-autoritaire actuelle.
Qu’on aime sa région, c’est normal, mais le patriotisme aveugle et amnésique, qui se rattache à une entité antidémocratique, est assez affligeant. Et puis il est assez ridicule que des personnages de pouvoirs, souvent au-dessus ou hors des lois, des pantins qui pensent souvent à leurs carrières avant le bien commun, se permettent d’appeler les gens au respect et au civisme. Vous imaginez un mercenaire snipper se mettre à défiler avec des pacifistes...
Il ne faudrait pas se contenter de siffler l’hymne national, il faudrait aussi brûler le drapeau ou lui pisser dessus, ensevelir le parlement et le sénat sous une montagne de merde odorante, bombarder de tomates pourries tous ceux qui invoquent la république ou la grandeur de la fRance... On ne les outragera jamais assez, jamais autant qu’eux ont outragé, et outragent encore, les peuples.
Sur le web : http://www.outrages.lautre.net/

-   Paroles prononcées par John Swinton, rédacteur en chef du New York Times, dans son discours d’adieu à ses collègues, au cours d’un banquet en son honneur (en 1914), à l’American Press Association, à la veille de son départ en retraite (merci à l’Eglise Réaliste de nous avoir signalé ce texte excellent) :
« Quelle folie que de porter un toast à la presse indépendante ! Chacun, ici présent ce soir, sait que la presse indépendante n’existe pas. Vous le savez et je le sais : il n’y a personne parmi vous qui oserait publier ses vraies opinions, et, s’il le faisait, vous savez d’avance qu’elles ne seraient jamais imprimées. Je suis payé 250 dollars par semaine pour garder mes vraies opinions en dehors du journal pour lequel je travaille. D’autres, parmi nous, reçoivent la même somme pour un travail semblable. Si j’autorisais la publication d’une opinion sincère dans un numéro quelconque de mon journal, je perdrais mon emploi en moins de 24 heures, comme Othello. L’homme suffisamment fou pour publier une opinion sincère se retrouverait aussitôt sur une route à la recherche d’un nouvel emploi. La fonction d’un journaliste (de New York) est de détruire la Vérité, de mentir radicalement, de pervertir, d’avilir, de ramper devant Mammon et de se vendre lui-même, de vendre son pays et les siens pour son pain quotidien ou, mais c’est la même chose, pour son salaire. Cela, vous le savez et moi aussi : quelle folie alors que de porter un toast à la presse indépendante ! Nous sommes tous les ustensiles et les valets d’hommes riches qui commandent derrière les coulisses. Nous sommes des marionnettes ; ils tirent les ficelles et nous dansons. Notre temps, nos talents, nos possibilités et nos vies sont la propriété de ces hommes. Nous sommes des prostituées intellectuelles. »
Voir aussi : Prostitution : abolition ou légalisation ?

 
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Zora
septembre 2003
Mise à jour : 24 mars 2006
 
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