Critique des prisons, pour l’abolition des prisons et du système carcéral. En préhumanité, les prisons sont un enfer, une image caricaturée du reste. Les prisonniers sont traités comme des personnes de seconde zone, entassées dans des cellules surpeuplées. Ce n’est pas en privant de liberté qu’on va apprendre à vivre libre, les conditions de vie dégradantes et dangereuses des prisons ne peuvent pas apprendre la dignité humaine, l’injustice de l’enfermement ne peut inculquer la morale et le sens de la justice.
Le minimum, pour une société qui se voudrait civilisée, serait de fournir des conditions de vie décente et de réels dispositifs d’évolution pour des prisonniers en nombre le plus réduit possible. Mais il faudrait surtout que les humains soient capables de changer complètement de société. L’enfermement ne pourrait subsister que pour des cas extrêmes qui menacent la vie d’autrui. Si une organisation sociale supprime tout ce qui est criminogène (inégalités, aliénations, courses au profit, nivellement par le bas, humiliations, frustrations diverses...) et si les personnes décident d’évoluer, le nombre de crimes réels devraient être de plus en plus réduits.
En outre, la prison, comme le chômage, sert à faire peur et à maintenir les déviants dans les rangs. La préhumanité veut protéger la propriété et l’ordre économique totalitaire au profit des riches, et la prison absorbe les « scories » sociales qui pourraient faire tâche dans le tableau édulcoré que l’on veut donner.